DÉCOUVERTES EN PALESTINE
Ceci m'incline à croire que nous n'avons pas simplement un avis pour le repos sabbatique, mais une ligne de démarcation beaucoup plus importante et nécessaire.
» Quelle est la date de celte inscription ?
T> Paléographiquement et historiquement, il semble que nous pouvons hardiment lui assigner une date antérieure à Titus, au minimum. Je n'hésiterais même pas à la pousser jusfju'à la période des Macchabées durant laquelle Gezer joue un rôle si important et devient un centre politique et militaire. Les caraclères grecs et hébreux peuvent très-bien appartenir au l**" siècle avant J.-C. 11 est ainsi possible que celte date varie entre ces deux points extrêmes. Le nom d'A^xwç ne nous aide pas à la fixer.
» Est-ce !e nom d'un prêtre ou d'un gouverneur de Gezer?
» Il indique des habitudes hellénistes qui repoussent lespre* micrs Asmonéens, et qui tendent à rabaisser notre inscription jusqu'à l'époque Hérodienne, pendant laquelle l'hellénisme a été florissant. Quant à la forme tronquée Â>xto , on l'explique par le fait de deux te^ftes, hébreu et grec, placés bout à bout sur la même ligne, et commençant l'un à droite et l'autre à gauche. Le graveur, en sculptant son mot grec après rautre> n'a pu trouver de place pour le nom tout entier»
» En résumé cette découverte a pour principaux résultats :
» 1. La trouvaille d'un texte hébrseo-grec do date ancienne, très-important dans l'épigraphie juive.
»2. La confirmation positive que Gezer est réellementàTellel-Jezer, comme je Fai montré par des considérations critiques. Cette étonnante confirmation d'une identification obtenue seulement par une méthode inductive a son poids dans d'autres identifications bibliques établies sur les mêmes principes, leur confère la légitimité, pour ainsi dire, et corrobore le degré de crédibilité qui leur appartient.
» 3. 1^ solution probable de la controverse si débattue sur le voyage du jour du Sabbat, et les limites hiératiques des cités lévitiques...
n J'ai découvert ici une seconde inscription, qui est l'exacte reproduction et la plus frappante confirmation de la première. Elle est placée précisément au N.-O. de la précédente, à une
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distance de 150 mètres. Il en résulte que la limite sacrée était un carré ayant ses quatre angles aux quatre points cardinaux ^ »
Dans le Statement suivant, M. Ganneau a ajouté : « A propos de VAlkiog des textes bilingues de Gezer j*ai trouvé par hasard une singulière coïncidence. II y a'quelques années, UD sarcophage avec inscription grecque a été découvert à Lydda. On y fait mention d'un certain Pyrinoun, surnommé Malthakès^ petit-fils ii*Alkio$y fils de Simon, l^s deux noms i'Âlkios étant identiques, peut-être sont-ils ceux du même personnage ? En fait, entre la date de ce sarcophage, qui appartient probablement à la période llérodienne, cl celle d'AïkioSy il y a deux générations, ce qui nous mène jusqu'à l'époque des Macchabées à laquelle je place Tinscription de Gezer. » Les deux inscriptions bilingues ont été détachées du rocher; l'une a été transportée dans le sérail de Ramléh, et l'autre dans celui de Jérusalem.
//. Les Monticules de la Palestine,
Burckardt^en signalant les nombreux monticules de forme conique et évidemment faits de main d'homme qu'on rencontre dans les plaines de Syrie, remarque qu'Us sont toujours dans le voisinage d'un villago, d'une source, ou au moins (lun puits. Dans la plaine de Baaibekonen voit plusieurs» près de la source du Léontès. Ces tumulus, nommés Telh par les Arabes; se trouvent aussi fréquemment en Palestine. On ignore encore le mode et le but de leur formation. Le lieutenant Gonder pense avoir résola ce problème de la manière
suivante :
« Mon attention a été attirée par le grand intérêt que présentent ces curieux monticules dans lesquels le capitaine Warreu a d'abord fait des excavations, et qu'il suppose avoir été des fortifications. On a déjà constaté que de semblables monticules sont en coure de formation actuellement en Egypte
' Poar cette citation^ comme pour les suivantes, voir les N*' du Qi^arterly SidUmeni, Juillet et octobre 1874.
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et dans Tlnde^ étant prodiiiits par des rebuts accumulés de briques séchées au soleil qui sont mises en tas et détruites en servant comme d'une sorte de plateforme sur laquelle on cuit d'autres briques; c'est ainsi que graduellement un monceau s'accumule et lorsqu'il est abandonné, ayant atteint une excessive grosseur, il présente exactement l'apparence d'un Tell. Ck'.s Tells se remarquent dans la plaine d'Esdrélon, et dans celle de Saint-Jean-d'Acre, auprès du Gison, mais plus spécialement dans la vallée du Jourdain. Non loin de Beisan, et dans la plaine qui est au sud de'cette ville, il y a vingt vrais Tells, évidemment du même caractère que ceux de Jéricho, sans compter d'autres monticules formés de ruines broyées auxquels on applique aussi le nom de Tell.
» Pour confirmer la nouvelle théorie de leur formation, j'appellerai Tatiention sur un ou deux pointe. D'abord, ces Tells se rencontrent invariablement dans le voisinage immédiat de Teau, généralement près d'une source ou d'un ruisseau courant. Secondement, ils se trouvent toujours dans des plaines alluviales et en des places où Ton peut s'attendre qu'il existe de l'argile ; ainsi, par exemple, à Beisan, on les voit dans les terres argileuses entre Zerthan et Succoth (que l'on suppose généralement être Sakût)qui était au-dessous de Jezraël,etoù Salomon fit fondre les ouvrages d'airain pour le service du tempie. Troisièmement, il a été reconnu, du moins à Jéricho, que ces Tells se composent de briques séchées au soleil. On a aussi remarqué qu'ils se montrent aux embouchures de passages qu'ils sont supposés défendre; mais il me sera permis d'observer qu'il est difficile de faire de ceci une règle, puisque beaucoup sont dans des positions qui ne peuvent avoir aucun intérêt au point de vue militaire, tandis que les vallées à l'entrée desquelles ils sont placés contiennent toujours de l'eau. On ne peut non plus prétendre qu'ils défendent les gués du Jourdain, car plusieurs gués importants n'ont pas de Tells auprès d'enx. Les endroits où ils se rencontrent le long du Jourdain, ce son( ceux où des sources ou bien des ruisseaux tributaires découlent dans ce fleuve. Ce qui prouve leur grande antiquité, c'est, premièrement, qu'ils sont mentionnés dans la Bible dès les temps primitifs, c'est, secondement, que, dansun petit nombre
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decaS) ils ont été construits subséquemment» à l'époque ro maine. Cependant aucun des vrais Tells n'a été identifié avec des sites Bibliques, à nnoins, il est vrai, que nous exceptions ceux d'Aïn-el- Sultan.
» La forme et l'apparence des vrais Tells s'accorde aussi avec Texplication que je donne de leur origine. Ce sont évidemment des accumulations. Souvent on trouve ensemble deux Tells de diffétonte grandeur, ou bien deux plus petits prennent naissance sur une plate-forme formée par un autre plus large; quelquefois un monceau auxiliaire, bas c6mme s'il avait été commencé en dernier lieu, se trouvera au pied d'un très-grand.
B On ne saurait trop apprécier l'importance de ces restes. Ils donnent une clef pour l'intelligence de toutes les plus anciennes ruines en Palestine. Rien n'est'plus naturel et plus probable que de penser que les Juifs qui, en Egypte, comme nous savons, étaient employés dans les manufactures de briques, et dont les premières possessions dans le pays furent dans les plaines, auront eu recours à ces matériaux pour la prompte construction des villes ^nécessitée par la destruction totale des cités cananéennes. La méthode suivant laquelle cette destruction fut faite si complètement et si rapidement, semble montrer que ces villes n'étaieut pas d'une grande solidité, et il est même pos>ible que ces ouvrages de briques soient reculés jusqu'à l'époque des Gananéeqs.*. .
» Dans la moderne Damas nous avons un exemple d'une ville bâtie principalement en terre sécbée au soleil, et la paille hachée dans cet argile rappelle à l'esprit l'esclavage des campagnes Egyptiennes ou se faisait la brique. Ou se sert du bois en le combinant avec cette boue durcie, et ri peut en avoir été de mêm(i dans les plus antiques villes juives, à une époque où les arbres étaient plus abondanis que maintenant.
» En même temps, il faut reconnaître que la taille de la pierre a été entreprise avec beaucoup d'extension à une certaine période de Thistoire hébi'aïque, comme cela est démontré aujourd'hui dans chaque partie de la Palestine, quoiqu'il soit presque impossible de JétOrminer cette période. Dans la région des collines l'usage de lu pierre doit naturellement avoir été
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plus commun que celui de la brique. Ainsi actuellemeïvt, en Palestine, les villages bâtis sur des collines sont en pierre, et ceux des plaines ne sont que des collections de huttes de
boue. »