Lettre de Mgr d'JLTMUw, éT6%«e de Teaee
/iprès la lettre de Mgr Filippi^ Mgr Gaume ajoute les paroles suivantes :
< Voici en quels termes^ uaautreévêque, noo moins illustre, nouB parle du Bref pontifical. Nous ie laissons S'exprimer dans sa propre langue :
« Ho ricevuto ronoriflcentissimo BreyediS. SantUà indi-
> riztato a V. S. Renda. £sso è \eramente preziozo in quanto
• alla qc^estione del insegnamento classico. Il Tum e tum ba
• ricevuto una spiegazioneautenticada non potersi desiderare
• più cbiara. Resta ora fermo che Tintenzione dell' Augusto Y Podtefice è questa : che gli autoricristiani sieno studiati, una
• cum i pagani a6 omnt tamen labêpurgaHs.,. Ricevete intanto
> le mie congratulazioni per tanto incorraggiamento e cosi » alto. »
7 Guigno, 1874. — B. d'AvANZO, \esc. di Teano *.
s. Iicitro de Mgr de I«ede«e, éTé^ee de Sevem.
Neven, le 26 novembre 1874.
Cher Seigneur et vénérable ami^ J'ai reçu avec reconnaissance Topuscule que vous m'avez adressé: Fie IX et les Études classiques^ et je me suis empressé de le lire. Vous avez résumé dans cet écrit substantiel et Jumineux les résultats de vos longues études, de vos i*echerxhes consciencieuses sur une question de la plus haute importance. Cest dans le diocèse de Nevers que vous avez commencé à prêcher la croisade destinée à délivrer, non le tombeau du Christ, mais son berceau^ les Bethléem d'où sortent les générations chrétien nés. L'Ëvêque de cet heureux diocèse nesaurait donc s'empêcher de vous féliciter pour le passé, de vous encourager pour l'avenir *.
* Ifgr d'Avanzo vient de publier une Lettre pastorale adressée à son séminaire, sur renseignement mixte, que nous ferons connidtre.
' Mgr Ganne était en effet vicaire général de Nevers lorsque, en 1851, il publia le Ver rongeur des sodétéê modernes, que quelques catholiques vinrent à bout de dénaturer en s efforçant de le rendre inuUle.
68 riB IX BT LB8 CU88IQUB8.
« Au moment de la Renaissance^ au 16* siècle^ TEurope eut à subir une invasion plus redoutable encore que Tinvasion musulmane. Le cimeterre des Turcs n'abattait que tes corps; la Rénovation païenne tendait à pervertir les âmes. A partir de celte époque, en effet, les efforts de la nouvelle école ue semblèrent avoir d'autre but que de déprécier les œuvres de la civilisation chrétienne, en exaltant les œuvres de la préten* due civilisation païenne. L'bistoire ue fut entre leurs mains qu'aune habile conspiration contre la vérité ; les glorieuses annales des Pontifes romains ; les vies admirables des héros chrétiens furent indignement travesties ; la philosophie des Pères, des docteurs, des théologiens ; les œuvres des poètes inspirés par Tesprit de TEvangile furent mises au dessous des productions païennes d'Athènes et de Home ; les chefs-d'œuvre de notre littérature nationale, qui ne le cèdent en rien aux épopées antiques, furent rélégués dans un oubli profond^ d'où la science moderne a bien de la peine à les faire sortir. Quand on songe qu'il n'y a peut-être pas encore aujourd'hui une maison d'éducation chrétienne où l'on parle de la Chanson de Roland^ \ L*architecture fut flétrie du nom de gothique et considérée comme barbare^; la sculpture, la peinture où respirait le souffle le plus pur du génie chrétien furent considérées comme indignes d'être proposées ppur modèles. Les institutions sociales de l'antiquité furent exaltées au préjudice des institutions chrétiennes. Le latin chrétien mérita par dessus tout l'anaihème des littérateurs puristes de la Renaissance. Sous l'influence de ces funestes doctrines, Y enseignement de la jeunesse devint plus pal^ que chrétien» Est-il étonnant que le 18« siècle ail abouti à la catastrophe de 93.
» Heureusement, le 19* siècle a commencé par un acte de merveilleuse réaction qui a providentiellement pris le nom de Génie du Christianisme, Avec les Martyrs, on a commencé à comprendre qu'il pouvait y avoir une poésie chrétienne aussi belle que celle de l'antiquité.
^ Publiée par M. Léon Gautier.
3 Voir la lettre de Fénelon, sur les oeeupations de VAceuiéih^^e dans tes Œuvres, t. vi, p. 048, Paria 1852.
LETTBES DBS fVÊQOES. 69
» Le livre du Pape a glorieusement réhabilité le moyen-âge et les Papes; l'architecture gothique et les arts du moyen-âge ont trouvé des vengeurs éloquents ; on peut dire que, sous ces divers rapports, la victoire est gagnée.
» Vous avez entrepris, cher et vénéré Seigneur, de réhabi* liler le latin chrétien^ la littérature chrétienne^ la poésie de TE^lise. Non content de la théorie, vous avez abordé le côté pratique de la question. Vous avez mis entre les mains des professeurs et des élèves les plus beaux modèles, je dirai les chefs-d'œuvre de la littérature et de la poésie inspirés par le souffle de l'Evangile. Vos éloquents écrits ont soulevé de nombreuses contradictions ; on vous a accusé d'être novateur, presque révolutionnaire ! Vous avez déjà reçu un précieux eDcouragement par la publication de rÊncyclique Inter mul^ tiplices, dont vous connaissez, comme moi, l'histoire.
D Nous étions ensemble à Rome quand cet acte pontifical fut promulgué, et vous pouvez en apprécier le sens et la portée* Vous venez d'en recevoir un nouveau tout personnel, ce der« nier aussi explicite que vous pouviez le désirer. Pie IX, dans le Bref qu'il vient de vous adresser, sanctionne de son auto-' rite pontificale laT ligne de conduite que vous aviez tracée. Après cette solennelle manifestation^ la cause du latin chré-^ tien, intimement liée à la régénératioa de l'enseignement, est gagnée. On peut dire : Roma locuta est, causa finilaest.
B Ce que je puis vous affirmer, c'est qu'elle est finie dans le diocèse de Nevers. Le clergé de ce diocèse, que vous connaissez bien, et où vous avez laissé de si profondes sympathies, a hautement manifesté ses sentiments dans le Synode tenu au commencement de septembre.
» Nos maisons d'éducation, qui étaient entrées dans la voie que vous avez ouverte, vont y marcher d'un pas plus résolu. Les heureux résultats déjà obtenus iront se développant ; aussi, quand vous viendrez nous revoir^ vous pourrez vous assurer par vous-même que vous n'avez pas travaillé en vain.
» Je fais des vœux pour que ceux qui sont encore en défiance lisent sans préjugés votre dernier ouvrage. Il me paraît diffi^ V[ «sÉRiB. TOMBix. N"" 49*, 1875. (88*> vol. de la eoli.) 5
n PIS IX BT LS8 CLASSIQIJBfl.
cile* qu'ils puisseat résistera la force entraînante de vos argumcmts et des? autorités que vous citez. ^
^ Recevez> cher et digne ami, Tassurance de mon affectueux dévouement en Notre-*Seigfieur. j»
Signé :
t Thomas-Casimir,
Evéque de Nevers,
« Fréjas» le 18 décembre 1874,
» Monseigneur,
]»Je viens de lire voti?e Appel aux pjères de famille et aux instituteurs de la jeunesse que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Je vous remercie de cet envoi et surtout de la vive satisfaction que m'a fait éprouver cette lecture. Vos pensées sur la funeste influence des Classiques païens sur l'esprit de la jeunesse, sont depuis longtemps les miennes et j'ai vu avec autant de surprise que de douleur les contradictions que V6U8 avez rencontrées dans ceux mênies qui ai\raient dû encourager vore zèle et soutenir vos luttes centre renseignement païen.
» Vos eSbrts, Monseigneur, vaillamment soutenus par vos ardentes convictions n'ont pas été stériles. Dans tous les éta- Uissements ecclésiastiques une part plus large a été faite aux elaœiques chrétiens, et un jour viendra bientôt, j'espère, où nos grands docteurs plus conaus et mieux appréciésdonneront ànosorateurs et à nos écrivains plus de justesse dans les idées, plus de fécondité^ plus de vie qu'ils n'en ont puisé jusqu'à présent dans la littérature vide et purement sonore du Paganisme.
» Ce- sera votre gloire^ Monseigneur^ d'avoir provoqué ce changement et votre mérite aussi . devaqt Dieu qui en sera glorifiée
» Veuillez agréer, Monseigneur, avec mes félicitations bien STûcèfës, ^assurance de: mon respectueux dévouement en Notre-SeigneuFk
» t J. HsKRi, év. de Fréjus et Toulon. »
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Nous devons ajouter à ces témoignages une nouvelle approbation donnée àTœuvre de Mgr Gaume par Sa Sainteté Pie IX.
Un des évêques les plus distingués de l'Italie fut prié de présenter à Sa Sainteté le livre de Pie IX et des études classiques, ainsi qu'un exemplaire Des études sur la langue latine chrétienne. Il en regarda le titre> et en ayant connu le sujet il dit aussitôt :
a L'infatigable Mgr Gaume aura un grand mériie devant
> Dieu, pour le zèle avec lequel il a défendu cette grande 9 cause, » et sur ce que le prélat présentateur fit observer que tous n'approuvaient pas ses efforts, Sa Sainteté ajouta : « C'est » ainsi qu*ll est arrivé en ce qui concerne la reprise de la Li- T> turgie. Il en est toujours ainsi pour les causes de Dieu. Vous
> verrez qu'il en arrivera de même pour les Classiques. La
> ténacité des habitudes résiste autant qu'elle peut résfster. » Mais à la fin la vérité reste victorieuse. »
Après toutes ces approbations on doit trouver bien étranges les efforts que font les PP. Jésuites des Etudes rdigietises pour soutenir que ces approbations ne signifient rien^ et qu'aucun changement ne doit être fait dans les études classiques ^ Mgr Gaume ne pouvait laisser ces assertions sans réponse, aussi il leur a adressé la lettre suivante, que nos lecteurs liront avec intérêt.