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» De Welte, Beitrdgê etc., î, 172.
ET LA BiDÀGTION MOSAIQUB DU PEIITÀTBIJQCB. 149
tradition sansdoute, qu'il y aua livre de la Loi, et il le montre par sa conduite. La circonstance qu'on retrouve Texem** plaire du temple qui, comme le remarque Haneberg et d'autres,x était peut-être l'autographe de Moïse, circonstance qui n'a rien de bien extraordinaire^ puisqu'on peut bien retrouver ce quia été cacbé^ et le livre avait peut-être été relégué comnae importun dans un coin du temple ^ par les prêtres complaisants aux idolâtries phéniciennes des rois précédents, ou bien, comme le dit Josèphe ^, et ceci est plus probable, il avait été caché par des prêtres qui, sous le gouvernement si misérable et si troublé de Manassé, avaient craint que Texemplaire authentique ne fût demandé pour être profané ou détruit; puis, bien caché, on avait oublié l'endroit où on l'avait mis, comme pareille chose arrive ou est arrivée à chacun de nous; — je dis, la circonstancéqu'on retrouve l'exemplaire du temple j(621 av.J.*C.) procure à Josias la connaissance positive du livre, ce qui naturellement devait faire une vive impression sur un prince qui marchait déjà dans la bonne voie. Le livre retrouvé était du reste bien le Pentateuque entier et^non une partie du Pentateuque comme nos critiques sont réduits à le soutenir en désespoir de cause et encore sans pouvoir s'accorder là-dessus.
Ainsi Yater^ dit, que c'est un code abrégé des lois; de Welte 4 que c'est le Deutéronome; Gramberg *, que c'est l'Exode; Hartmann ^, que ce sont des extraits réunis et pris dans lés quatre derniers livres du Pentateuque, et ainsi de suite. Mais la preuve que ce livre est bien le Pentateuque tout entier, c'est qu'on le désigne par l'expression sepher hathorotC, le livre de la loi^ qui ailleurs le désigne aussi, ou tout court, par ftosepher le livre, ainsi qu'il est déjà nommé dans TExode •. Puis le dernier doute à ce sujet est enlevé par le verset 25 du chap.
^ DoeUlnger, Heidenihum und Juienihum, 787.
' Àntiq, jud, 1. x, c. 5.
' CommeiUar ûber den Pent, 585.
* EifUeU, in dos À.^T. 175.
* Krit. Gech. dtr Rel. W. des A.-T. i, 306.
* Veher den Pent. 566.
'JV Reg.xtn, 8.
^ I>eut. xxn, 26 ; Néhém. tiii, 2 ; et alibi.
» xvn, U.
VI« SÉRIE. TOME IX. — N» 50; 1875. (88- vd. de coll.) 10
iSO LE MOÏSE HISTORIQUE
xxiii, où il est dit que Josias se tourna vers Jehovah... selon toute la loi de Moïse^ n^ rrrtn 0^53. C'est une remarque de l'écrivain, dira-t-on. Soit. Mais est-ce qu'il aurait pu la faire, si tout ce qui se passait alors n'avait été marqué à Tempreinte de la loi du Pentateuque ? Que cette remarque n'est pas arbitraire ou subjective, mais que c'est l'état historique des choses qui l'a dictée à l'écrivain, c'est ce dont chacun peut juger en lisant l'histoire du règne de Josias. Il suffira d'en citer quelques traits. Ainsi il est dit que les prêtres des hauts lieux n'officiaient plus sur l'autel de Jehovah à Jérusalem, mais qu'ils mangeaient des pains sans levain parmi leurs frères ^ Pourquoi cela ? Parce que les prêtres qui avaient offert des sacrifices illicites étaient assimilés à ceux qui avaient quelque vice corporel. Us pouvaient encore manger le pain du sanctuaire, mais ils ne pouvaient plus l'offrir sur l'autel (|ue Dieu s'était réservé, et cela conformément au texte de la loi ^. Il est vrai que ce texte ne parle que de défauts corporeU, mais il saute aux yeux que ces paroles : « il ne profanera pas mes » saintetés, car nioi, Jehovah, je les sanctifie ', » devaient naturellement donner lieu d'appliquer la même défense aux défauts spirituels, surtout s'ils étaient de la nature de ceux qu'avaient contractés les prêtres par l'exercice d'un culte défendu. C'est aussi le sentiment de Clericus qui dit : <c Ht sacerdotes illicitis hostiis impurati habiti sunt veltUi immundi et instar eorumqxii vitio aliquo corporis laborabant^ quos vetuerai Moses accedere ad offerendum cibum Dei sui * », et Doellinger remarque fort bien que tout Israélite aurait regardé comme insensé ou comme un sectaire celui qui aurait voulu lui soutenir qu'il ne fallait croire absolument que la lettre de la thorah et que l'interprétation de la lettre par la tradition de- Tait être rejetée ^ — Enfin, voyez Josias comme il procède à l'abolition du culte idolâtre et au rétablissement du culte légitime; il imite évidemment le zèle de Moïse : comme lui, il
MV Reg,x\uu 9.
* Lév. XXI, 17, 23.
^ Clericus, Petit, Mosis.
^ Doelling. Jud, u. Heid. 820.
BT LA RÉDACTION MOSAÏQUE DU PSNTATBUQUB. 15i
rûle et réduit en poussière les idoles et anéantit ce qui a ervi à leur culte *.
TermlDons maintenant cette démonstration en établissant antiquité du Pentateuque par le texte des prophètes Joël et [ichée qui prophétisèrent en Juda. L'un et l'autre abondent en llusions aux institutions de la thorah et en citations textuelles. 'est au point que la critique rationaliste, embarrassée de ce lit et De sachant comment l'expliquer, prétend que le Pentaluque a été composé en partie sur Joël^ !
Toute la prophétie de Joël, et tout d*abord le chapitre I, rouve que le culte de Jehoyah en Juda était identiquement il qu'il est établi dans le Pentateuque. « Gémis, dit-il à Juda, gémis comme une vierge revêtue d'un cilice pour l'époux de sa jeunesse. L'offrande et la libation sont éloignées de la maison de Jéhovah. Les prêtres, ministres de Jébovah, sont en deuil. Lamentez-vous,., ministres de l'autel... car la maison de votre Dieu [est privée d'offrande et de libation 3. > Cette allusion à la thorah du sacrifice, établie dans Uvitique, obtient un sens plus précis par le verset 10, qui
rapporte directement à DetU. xxviii, 51, et le blé, l'huile le vin constituaient l'offrande et la libation ^, puis la libam suppose les autres sacrifices ^. — Un autre rapport de ^I avec le Pentateuque est celui du v. 2, ch. n^ ainsi qu'on ut s'en convaincre en ouvrant l'JE'â^ode au chap. x, 14; la i^roduction est on peut dire textuelle, sauf les différences qui Qt exigées par la forme de la citation. Qu'on en juge *.
st-à-dire, « il (Dieu) est clément et miséricordieux et plein
le bonté, et il revient sur le châtiment. »
}uanl à Michée, il est plein de réminiscences du Pentateu-
IV Reg, xxili, 4 sqq. cf. Exod» xxxii. 19, 20 ; Peut, tx, 21.
Bohlen, Genesis, ltt, CLni; Gredoer, CommerUar zu Joël i, 7S.
Joê), T, 8, 9, 13.
lév. 11, 1, aqq. Num. xxvm, 14. Exod, xxïx, 40.
Ib. 41 ; Num, xxvili, IS, 24 et aUbi.
roëI,U, 13 et Ex. xxilY,6; xxxii, 14,
iSÎ LE M0I8B HISTORIQUE
que et les citations textuelles y sont en grand nombre. Remarquons d'abord celle-ci qui est fort caractéristique : « Gommedes » torrents sur l'herbe*, ^^isnrhst ^i^^Vp t; elle est prise dans le Deutéronome^. Puis cette réminiscence, en partie littérale : a Lorsque je t'ai fait monter de l'Egypte, que je tai racheté de j> la maison d'esclavage^, et que j'ai envoyé devant toi Moïse, » Aaron et Mirjam K v Et cette réminiscence est suivie d*une autre qui, comme le remarque très-bien Haevernick *, n'aurait pas eu de sens dans la bouche du prophète, si le Pentateuque n'avait existé comme document écrit. La voici : c( Mon peuple, rappelle-toi donc ce qu'a prémédité Balak, roi » de Hoab, et ce que lui a répondu Balaam, fils de Béor. «
Comment le prophète aurait-il pu exiger du peuple qu'il se rappelât des paroles dites il y avait plus de quatre siècles, si elles ne s'étaient pas trouvées consignées dans un livre accessible à tout le monde? Est-ce que nous saurions exactement ce qu'a dit, il n'y a pas deux siècles encore, Louis XIV dans telle ou telle occasion solennelle, si ces paroles ne nous avaient pas été conservées dans l'histoire contemporaine? — Voyez ensuite les versets 14 et 15 du même chapitre, et d'abord cette phrase: « Tu mangeras, et ne seras pas rassasié >, qui est dans le Lévitique : a Tous mangerez et vous ne serez pas ù rassasiés ^; d puis ces deux passages : « Tu ne t'oindras pas » d'huile... et tu ne boiras pas de vin, d qui sont textuellement dans le Deutéronome ^, sauf la transposition des mots, ce qai est ici absolument sans importance. L'emploi tout particulier du verbe -pp oindre, dans le sens de recuetZ/tr,. marque suf6samment que le passage est^^nprunlô au Pentateuque. Voici du reste le texte des deux passages :
* Michée, y, 6.
s XXXI I, 2.
3 Deut. vii, 8.
^ Mlch. Yi, 4.
» Handb. zur. EnleU. in d. i.-T. III; il, 616.
* Lév. xxvl, 26.
7 XXVllI, 39, 40.
BT LA BiDAGTION MOSAÏQUE DU PBNTATBUQUI. i83
Ainsi, on le voit, la citation est littérale, sauf que Uicliée dit: «Et point ne t'oindras d'huile, et point ne boiras devin,» tandis que le Deutéronome écrit : « Et d'Iiuile peint ne t'oin- > dras, et de yin point t)oiras. »
Nous pourrions multiplier encore beaucoup ces preuves ; mais en voilà assez, je pense, pour qu'il reste constaté aVec une évidence entière que le Pentateuque, tout le Pentateuque, a existé et a été connu aux temps de Josué, des Juges et des Rois, et que, par conséquent, sa haute antiquité historique demeure un fait acquit comme il Ta elé par le passé. Celui qui, après avoir pesé tout ce qui précède, se refuse encore à convenir que la lettre et l'esprit du Pentateuque se trouvent indissolublement unis à la vie des Hébreux dans les époques précitées, celui-là me paraît plus aveugle qu'un aveugle*né, et j'estime que personne ne pourra lui enlever la cataracte qui lui obscurcit son esprit.
G. SCHOBBKL.