FAR CHARLES PÉRIN
aussi bîen pour Jes hommes réunis en société que pour les ' ho'mmes pris individuellement, et que, par conséquent, c'est de Tobseirvance de cette loi une que les nations doivent attendre Tordre, la proèpêrîté, TavancemenL
DifGcile, certes, et d'un rude labeur, est l'œuvre que vous avez entreprise, — mais pour raccomplir vous avez été aidé tant par les sciences spéciales que depuis longtemps déjà vous enseignez avec un si grand succès, que par la forcé, la pénétration, le discernement de voire esprit, et surtout enfin par la religion, par une fermeté qu'aucune contradiction ne peut ébranler, par l'amour de la justice, et par une soumission absolue aux lois de l'Eglise et au magistère de cette Chaire de ïa Vérité.
Aussi, bîen que Nous n'ayons pu parcourir que peu de pages de vos deux volumes, Nous avons pensé qu'il était juste de louer la perspicacité et la liberté avec lesquelles vous exposez, expliquez et défendez les purs principes, et avec lesquelles, traitant de tout ce qui dans les lois civiles peut s'écarter de ces prinx^ipes, vous condamnez certains de ces principes, vous condamnez certaines de ces déviations et vous enseignez que certaines autres — si elles ont été introduites sous l'empire de circonstances pour éviter des maux plus graves — peuvent à la vérité être tolérées, mais non élevées à la dignité de droits, vu qu'il ne peut y avoir aucun droit contre les éternelles lois de la justice.
stemam Jasti legem, hanc unam diotam aque foUse hominibiis sive siogulis sive conjanctis, et ex bcUus unias idclrco obaervantia, oréinem^ prosperitatem, incrementa natioDibas esse expectanda. Arduam eerte et immania laboris opas auscepisti ; sed ^us modi, cal perfîciendo auffragalse fùerint tam peculîarea disciplin», qaaa jamdiu tanto cum successu tradis, tnm via, penpicacia, jadiciam ingeoil tui, tum demum maxime religio, flrmitag nollo cornmoveoda diacrimiDe, justiti» amor et absolatam erga Eccleais legea ohsequiQm et erga hujus VeritaU8 Cathedra magisteriam. Hino, licet, pauca de tois voluminibaa delibarc potuerimus, merito commendarl censuimas perspicuitatem et libertatem, qua sana priDcipia proponis, expllcai, tueris, ot qaa qoidquid ab iia deflectat In clTilibua legibus, aat condemnas, ai Imperanlibua rerum âdjanctis, ad graviora mala vitaoda invectum faerit, fblerari quidem posse doces, aed non erehi ad honorem jnria, cam nullum Jus esse posait ad* versus aetemaa JQStiti» leges. Atque utinam id ilii intelUgerent, qui se Gatholico
i 58 LES LOIS DE LA SOGliXÉ CHRÉTIENNE
Et plût à Dieu qu'ils le comprissent ceux qui se vantent d'êlre Catholiques, bien qu'ils adhèrent avec une telle opiniâtreté aux libertés de conscience, des cultesy de la presse, et autres du même genre proclamées par les Révolutionnaires à la fin du siècle dernier, et constamment proscrites par PEglise, — que non- seulement ils prétendent qu'on doit les tolérer, mais encore qu'on doit pleinement les tenir pour des droits^ et les favoriser et les défendre comme nécessaires à la condition présente des choses et à la marche du progrès ; comme si ce qui est en opposition avec la vraie Religion^ ce qui fait l'homme autonome et l'affranchit de l'autorité divine, ce qui ouvre la voie large à toutes les erreurs et à la corruption^ pouvait apporter an% nations, prospérité^ profit et gloire.
Si les hommes de cette espèce n'avaient pas mis leur sens projpre au-dessus des enseignements de l'Eglise; s'ils n'avaient pas ainsi, peut-être sans s'en rendre compte^ tendu une main amie aux adversaires haineux de l'autorité religieuse et de Tautorité civile; s'ils n'avaient pas ainsi divisé les forces unies de la famille catholique, — les machinations et l'audace des perturbateurs eussent été contenues, et les choses n'en seraient pas arrivées à ce point que le renversement de tout ordre est à craindre.
Mais bien qu'il n'y ait absolument rien à espérer de ces hommes, qui ne veulent pas écouter rEglise> votre ouvrage
] aotant, Iloet adeo prœfracte adhsreant libertatibus conscienUœ, cuUoum, typoram^ aliisque id generis promulgatis a rebellibus exeunte prasterito sbculo, et constanter ab Ecdesla proscrlpds, ut non solum eas tolerandas eontendatt aed habendaa omoino loco jariam, et fovendas propngnandasqoa uU necessarlas prawenti rerum conditioni progreasuique promovendo ; perinde ac ai quod vers Religiool oppooltur, qaod homioem aatonomam facit et divioo solatum imperio, quod amplam pandit viam erroribua omnibus et corruption!^ proaperitateni, profectum, gloriam afferre posaet nationibus. Si hujuamodi homiuea opinionem auam non prstulissent Êcclesis dooumentis, fll amicam tta manum, fortaase nec opinantes, non prfiBbuissent ejoa et ciTilia auctoritatia oaoribus^ ai non acidiasent ita conjunctaa catholics familifl virea ; perturbatorum machinationea et audacia retus» fuissent, resque eo non devenissent, ut timenda aU ci:uu8viB ordinis aubversio. Verum etii ab istis^ qui Eccteaiam audire nolunt, nil omnino aperandnm ait, opns toam
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fournira néanmoins des forces et des armes à ceux dont {et idées sont droites; il pourra éclairer ceui qui hésitent, relever et raffermir ceux qui chancellent. Pour yous qui, sans craindre le choc des opinions contraires et méprisant les séductions de la faveur, avez librement écrit pour la vérité, vous ne manquerez pas de recevoir de Dieu la récompense que vous avez certainement méritée. Nous le prions^ en attendant, de vous combler de ses secours et de ses dons, et Nous désirons que la Bénédiction Apostolique — que Nous vous accordons^ cher Fils, avec une grande affection et comme témoignage de Notre bienveillance paternelle, soit pour vous le présage de ces faveurs divines.
Donnée Rome, près Saint-Pierre, le 1«' février 1875, de
notre Pontificat la 29« année.