‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 70 sur 122 · I. INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I. INTRODUCTION

Tout le monde sait que les livres bibliques des Rois, ainsi que les Chroniciues ou Paralipomènes, contiennent une chronologie détaillée des rois de Juda et d'Israël. Une fausse critique seule a pu refuser, aux données conservées dans ces livres, la grande importance qu'il faut leur revendiquer pour la mesure des temps historiques. Aucune raison plausible ou digne d'être prise en considération n'a jamais été mise en avant par ceux qui ne reconnaissaient pas dans ces livres de l'Ancien Testament des documents de la plus haute autorité scientifique.

Le respect des documents par lesquels seuls on apprend et on peut apprendre l'histoire, est le premier devoir de l'historien, et le meilleur critérium de sa valeur ou de sa nullité. Celui qui méprise la source à laquelle il est obligé de puiser ne peut pas avoir de foi en ce qu'il en a déduit, et de pareils investigateurs devraient s'interdire des recherches auxquelles, au bout du compte, ils ne sont forcés par personne.

Cette prémisse de la véracité des documents historiques doit être maintenue, comparable en cela au palladium de la sécurité individuelle, à l'axiome: Quilibet prœsumitur bonus, donec

IimODCCTIOlf. 259

probeiurcantrarium. Dans la jurisprudence, la seule restriction repose dansle dernier membre delà phrase. En ce qui concerne rhistoire^ Tautorité des documents ne doit être ébranlée que par une critique basée sur des faits ayant la plénitude d'une force de démonstration. Je souligne, par une critique saine et sérieuse^ non par des recherches prétendues critiques qui^ malbeureusment assez en vogue maintenant, remplacent Texamen consciencieux par des computsnon fondés et non démon-< très; non aussi par des œuvres dont les auteurs dans leur suffisance s'imaginent de pouvoir dissimuler le vide par le grand mot de critique. Ces fantômes, comparables à ceux des Chinois, ne terrifient personne, et peuvent encore moins déterminer une conviction quelconque ; car, au fond, il n'y a derrière eux que des opraons personnelles, mais non vérifiées; elles ne se distinguent que par un degré phis ou moins grand de fragilité, et elles se ressemblent surtout en ce qu'elles ne sont protégées par personne, en dehors des auteurs mêmes.

Quant k Tautorité des historiens juifs, surtout à partir de Salomon, elle est élevée au dessus de tout soupçon par les sources nouvellement découvertes de Tbistoire d'Asie et d'Egypte, sources qui affluent en si grande abondance par les déchiffrements hiéroglyphiques et cunéiformes. Ce sont surtout les rapports des Rois assyriens qui, pendant trois siècles, nous fournissent des matériaux nombreux pour juger les livres des Rois juifs. Les récits, tirés des inscriptions cunéiformes, complètent souvent les documents bibliques ; ils nous donnent des renseignements sur beaucoup de difficultés découlant de notre ignorance des faits. Ils confirment^ en gros et en détail, la chronologie des livres des Rois, telle qu'elle se présente devant nos yeux, simple et inaltérée, dans les restes de rhistoire judaïque.

Ces sources, nous les examinerons sans préjugé, et sans passion, sans intérêt personnel, sans toutes ces préoccupationsqui sont beaucoup monls raresque des recherches sur des faits aussi éloignés pourraientle faire croire. Nous n'avons pas le moindre intérêt de placer l'âge de Salomon cent ans plus tard ou plus loi; nous accepterions même toute chronologie par respect ou

260 SALOHON ET SBS> SCCGE6SECR8. ^

par amitié, si n'était Tamour du la vérité. Nous scruter les sources avec la rigueur d'un arithméticien, nous ei^ di sageronâ les questions comme des problèmes mathématiq^ Car, ainsi seulement, et pas par d'autres procédés» il est possibles < d'arriver à la certitude. Ce n'est pas aux théologiciens, ce n|i et < pas aux philologues comme tels, de traiter ces questioi,^^^^^^ s'ils ne veulent être autre chose que des théologiciens ou <|i^d philologues. En posant les problèmes d'une manière exclut vement mathématique, on peut se rendre compte de Taprt^'^^^^ rence des contradictions, et ainsi seulement on peut résou#|^^ les questions par la seule manière de les poser,

CnAPITRB I.

Lies données des livres des Rois et des Paralipomènes, Les données des livres historiques paraissent être

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oral

de deux Annales royales qui sont désignées dans les livres dea^^^ Rois par les noms des ChroniqfAes des Rois de Juda, et dt$\>ùi Chroniques des Rois d'Israël. Ces œuvres officielles semblent b malheureusement s'être perdues bientôt après ladestruction des capitales des deux royaumes. Lors du temps de la fixation du canon^ elles n'existaient plus guères, car, en cas contraire^ elles y auraient été accueillies. Quelques savants ont cru qu'elles n'avaient pas paru posséder le degré nécessaire de rj^spn^-Sam^ pour être reçues avec les livres des Rois prophétiques. Nous devons déclarer ne rien savoir sur le caractère religieux de ces Annales perdues ; d ailleurs, toute tendance apologétique doit être écartée dans les écrits de science pure.

Il est certain que les Rois et les Chroniques ont puisé dans ces Annales; les Chroniques peut-être seulement des livres des Rois judaïques, qu'elles appellent Chroniques des Rois de Jvuia et d'Israël. Il se peut qu'une œuvre spéciale, portant ce titre, n'ait pas existé ; mais, en tout cas^ ce ne sont pas les livres des Rois que nous possédons que visent les Paralipomènes.

En dehors de ces chroniques, il exista des A nnales de Salomon; d'autres sources étaient fournies par les divers livres anéantis et attribués à des prophètes.

DONNÉES JM mois IT WM f^jOlilLIMBÊNBS.

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chronologiques de ta dernière période.

Isboset règne sur Israël David » â Hébron

ssifci les données des tirres, conservées et relali?es aux rois erijda et d'Israël:

2 ans Sam. ii^ 2, 10.

7 » 6 mois, ib. 6, 5. Chr. i, Z, 4.

Sam. II, 5, 4. ib. i, 29, 27.

R. 1, 11, 42. ib, (1,9, 30.

ib. 14, 23. ib. 12, r3.

tb. 15, 3. ib. 13, 2.

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DaTid

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Salomon

Rehabéam

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Asa

Josaphat

Joram

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