DU GHRISTNA ET LE CHRIST
SOUS la forme d^m cheval S tandis que les Bouddhas ne naissent que sous la forme humaine et jamais ailleurs que dans la famille d'un brahmane ou d'un roi (A).
D Quant à la yirginilé de Dêvaki, de la mère de Rrichna, le Vichnou Pourâna (Edit. de Bombay, 1. v, sL 63) ne laisse aucun doute à ce sujet, en disant que Dêvaki en était à sa 8* conception dans la personne de Krichna (B).
s M. J. donne au culte de Krichna une antiquité qu'il n*a pas. Suivant Eug. Burnouf, ce culte était nouveau dans Tlnde
I A propos de cette incarnatioiL de Vichoou, M. JacoUiot fait une erreur bien singulière. Au lieu de voir dans cet aDimal l'incarnation du Dieu, il en fait un monstre qu'il compare au cheval de rApocalypse. Voici sa phrase : « La prochaine apparition de Vlschnott-Ghristna sur la terre aura pour but » de délivrer le monde du cheval Kalki et de mettre fia au règne du mal» » Oq voit que saint Paul, Pauteur probable de Tapoeryphe évangile de » Jean, n*a pas eu beaucoup de peine à inventer son cheval de ï Apocalypse^ » (p. 268-269). »
(A) La source principale de toutes les erreurs de M. J. sur le Christianisme vient de ce que, comme beaucoup d'autres, il croit que le Christianisme a't commencé qu'à Tépoque où, il y a 1875 ans, le Vwhe s'est incarné dans l|t personne de Jésus-Christ. Or, -comme Jésus est identique au Verbe, et que le Verbe est celui par qui toutes choses oru été faites ^, et en particulier It présente société humaine, il s'ensuit que le Christ et le ChrisUanisme datent du commencement du monde. S. Paul Ta résumé en XkAb mots : Jésus Christus heri et hodie, ipse et in secula *. Or, que le Verbe dut s'incarner^ œla est renfermé dans les paroles adressées au Serpent, en pariant de la feoune : EUe-^méme te brisera la tête ^.
^ul doute qu'à ces brèves paroles furent igoutées des expllcaUons, les* quelles poitées partout par les fils de Noé, fondateurs des peuples, ont donné naissance aux diverses incamationt que l'on retrouve dans l'Inde^ au Tibet^ en Chine, dans la Grèce, à Rome et même en Amérique ^. Celui qui ne sait pas cela ne comprendra jamais rien à fhlstolre ancienne.
Ces diverses incarnations sont toutes plus ou moins ridicules. Ici Dieu devient une bête, là un enfant éternel ; mais ces erreurs renferment un fait réel et divin, qui a son accomplissement réel, et d'une grandeur vraiment dlnine, dans l'iocamation du Verbe en la personne de Jésus.
(B) La légende d*un Dieu dans une Vierge-Mère est encore une croyanee antique renfermée dans les paroles que nous avons citées. IsaSe l'a publiée
' Omnia per ipsum fiicta sunt (Jean, i, 3).
^ S. Paul, Héhr. xili, 8.
' Ipsa conteret caput tuum {Gen, m, 15).
^ Voir les divers textes Indiqués dans les tables générales des Annales^
quand le Bouddhisme s'y répandit ^^ et Colebrooke incline à croire que le déTeloppement des fables et des légendes qui ont fait un dieu de Krichna est postérieur à rétablissement du Bouddhisme. Que M. J. cherche le dieu Krichna dans le Féda^ il ne Ty trouvera pas ; mais, par contre, il trouverale culte de ce dieu très-développé après notre ère.
a Nous voulons prouver (ditM. J. p. 8) que Vincamalion B qu'on adore à Rome n'est qu'un reflet de celle qu'on ho- » nore dans l'Inde^ que le Christ n'a jamais existé tel que ses » historiens intéressés nous le dépeignent; et que les évangé- » listes n'ont fait qu'attribuer à un des leurs, ou même à un jD être' imaginaire, de miraculeuses aventures copiées par eux » dans les livres sacrés de Textrême Orient.
' y> On oublie trop que tous les savants de l'école d'Alexandrie » les ont taxés d'imposture et leur ont signalé les sources où V ils avaient puisé. t>
D M. J. oublie aussi que Rome n'est pas seule à honorer le Christ, et que les grecs et les protestants sont également intéressés dans la question qu'il soulève ici. On peut encore lui demander comment les Evangélistes ont eoptVles livres sacrés de l'Orient. Us savaient donc le 5amA:itnSice fait se confirme, M. J. a fait une découverte curieuse; et si tous les savants d'Alexandrie ont taxé les Evangéhstes d'imposture, pourquoi ne pas citer^ à l'appui de cette assertion^ le premier venu de i^es savants qui, sans doute, n'ignoraient pas où et comment les Evangélistes avaient appris le sanskrit (C).
plus explicitement quand il a dit que la Vierge, VAlma, enfantera '. Nous avons d^à donné les traces qui s*en sont oonservëes^ si évidentes, eo Chine *, et nous en redonnerons prochainement le texte. M. J. ignore tout cela; il ignore même ce que vient de lui apprendre M. Foucauz, que It Vierge-Mère de son Krickna avait déjà enfanté 7 enfants avant ce dernier accouchement.
^ Introd, à l'hist. du Bouddhisme, p. 136, et la note. Voyez aussi Mémoire sur l'Inde, par Reinaud, p. 123 ; et dans le iVouveau recueil de l'Académie des Inscriptions, t. xvi, un mémoire sur Krichna, par Langlois.
(C) Que Ton consulté les diverses ères chronologiques indiennes doonéei
* Voir l'afticle de la croyance générale des peuples sur une vierge-mire dans Anruilest t vn, p. 103 (1** série).
* Voir Annales, t. xix, p. 45 (2* série). '
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j> I/auteur de. Christna et le Christ n'est pas toujours d'accord avec lui-même. 11 nous dit dans ce nouveau volume, p. 50 : tt L'Inde, tournant sans cesse 'dans un cercle vicieux t entre le monothéisme et le polythéisme^ râle depuis 15^000 T> ans sous les étreintes du prêtre^ • après avoir écrit dans la Bible dans l'Inde^ p. 7 : « Vieille terre de Flnde, berceau du 1» genre humain, salut!... Oh ! comme je voudrais que ton 9 passé pût être plus tard notre avenir ! »
Et p. 192 * ^es merveilles de Fart indou qui inspira l'art • antique Egypte et de la Grèce. »
PuiSy p. 375 : « Les Indiens ne peuvent rivaliser avec les » splendeurs de Fart grec (D). »
M. J* assure, p. 52-53, « que le sacrifice des bêtes était con- > traire aux principes les plus sacrés et les plus inviolables des » Indous qui proscrivent toute espèce de meurtre, sous quel- » que prétexte que ce soit. »
S'il avait lu avec attention les lois de Manou, il aurait vu que non-seulement le sacrifice des animaux n'y est pas défendu, mais qu'il y est même souvent prescrit ^ Et pour un homme qui a longtemps vécu dans FInde, il est bien mal informé au sujet de Vaswamédha '^ qui, selon lui (p. 88)^ aurait
par M. l'abbé Gaérin s, et Ton aura la preuve que M. JacoUiot ne se doute même pas de la chronologie des livres indiens.
Quant à avoir fait des savants indianistes des 12 pécheurs de Galilée, cela prouve qu'il ne connaît pas un mot de la science historique de la Judée à cette époque. Il en est de môme de la science des savants de l'école d'Alexandrie. A coup sûr il ne les a pas lus.
(D) M . J. aurait bien dû nous dire où il trouve ces 15,000 ans de Thistoire de Tlnde, tandis qu'il est bien prouvé que dans les livres primitifs de l'Inde il n'y a pas de chronologie.
» Jfonou, livre iv, 26-27 j y, 16 à 27 ; 40-42 ; xi, 27.
^ Ihid., y, 53, XI, 74, 82, 260. l/aswamôda (sacrifice du cheval), avait un caractère à la fois politique et religieux. Quand un roi avait la prétenUon d'être un monarque universel, il choisissait un cheval qu'on laissait errer en liberté, mais en le faisant suivre par des hommes armés. Si un autr« roi contestait les prétentions du premier, il s'eCTorçait de s'emparer du chevaL Si les hommes afmés chargés de garder le cheval revenaient avec lui, il était alors sacrifié en grande pompe et sa chair était mangée et plus souvent brûlée. Ce sacrifice célébré cent fois élevait le sacrificateur au rang d'Indra, le seigneur des dieux.
' Vi^r ces. ères dans Annales, t. xviii, p. 291 (3* série).
m EXAMEN CRITIQUE
lieu chaque matin, tandis que ce sacrifice, le plus solennel de tous, doit durer un an et ne peut être célébré que par les rois.
M. J. dit, p. 74 : a Dans la primitive époque védique, avant » la codification brahmanique des Yêdas et de Manou^ les y> Qjfmnosophiâtes ou pénitents nus existaient déjà sous le » nom de Sannyasis, etc. »
Je demanderai d'abord à M. J. ce qu'il entend par codification des Vêdàs. Composés d'hymnes en l'honneur des dieux du feu, de l'air, de l'eau, etc., les Vêdas n*ont jamais constitué un code, et je doute qu'on y trouve les Gymnosophistes, comme je crois difficile de prouver que ce sont ces philosophes qui fondèrent le Djaïnisme, par opposition aux tendances polythéistes des Brahmanes.
Le Djaïnisme, suivant M. J., « était, est encore, et n'a jamais été que monothéiste. On ne nous montrera pas un senl »,texlcqui soit en contradiction avec ce fait. »
L'auteur parle bien à son aise du Djaïnisme qu'on a, jusqu'à présent, bien peu étudié, parce que l'on ne possédait pas les livres originaux de cette secte; mais le peu que Ton connaît de la doctrine des Djaïnas ne vient pas à l'appui de ce prétendu monothéisme ' (E).
Nous trouvons, p. 95: a L'âme, dont la souillure n'est \m » effacée ^ est condamnée aux transmigrations successives » établies par le Vèda. »
Le dogme de la transmigration n'apparaît pas dans le Rig Yéda, mais on le trouve dans les OupanichatSy livres composés à une époque qui doit avoir suivi d'assez près la période
1 V. Garrett, Classtcaî dictionary of Indta» au mot Djaina.
(E) Notons que quand même le djaïnisme sbtbM monothéiste, cela ne serait en aucune manière une preuve que le Christianisme est venu de Flnde. Cela prouverait plutôt que le Djaïnisme a conservé un fragment du Christianisme primitif. Or, que le Monothéisme ait été la croyance primitive de rinde, cela a été prouvé dans une discussion solennelle qui a eu lieu au sein de r académie des inscriptions '. M. Jacolliot ignore tout cela et prend ces preuves pour des objections.
^ Voir cette discuMion dans les ÀMuUest. xix, p. 264 et luiv. (&• rtrie).
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Yêdîque, et auxquels les brahmanes donnent aussi le nom de Védas •
Il n'en est pas moins vrai que Tépoque précisa et le lieu d'où est parti le dogme de la transmigration ne sont pas connus avec certitude. Ce qui est certain c'est qu'il est fort ancien, puisque la Grèce Ta connu par Pyttiagore^ et que César le retrouva en Germanie et en Gaule. Mais par quel chemin y était-il venu?
M. J., p. 98^ tranche la question de la manière suivante : « Il faut arriver à la période brahmanique ou époque de la a domination sacerdotale pour trouver dans le Manou abrégé » par les prêtres, dans l'intérêt de leur despotisme, la trans- • migration des âmes établie à Tétat de croyance dogmatique » eu Tan 13,300 avant noire ère. Bien que l'Inde possède des D monuments plus reculés encore, cette date doit suffire ^ pour lui assurer la paternité de celte opinion religieuse. »
J'avoue que je ne comprends pas comment le Manou abrégé par les prêtres peut dater de 13,300 ans K
Le sanskrit c/o^stfue du Manou^ tel qu'il nous est parvenu, diffère considérablement du dialecte des Vèdas, ce qui renverrait ces derniers bien loin en arrière^ c'est-à-dire, suivant M. J., à 15 ou 20,000 ans avant notre ère. Mais comment la langue sanskrite n'a«t-elle pas varié pendant un si long espace de temps, quand les peuplades qui la parlaient étaient plus ou moins disséminées, et n'avaient pas d'écriture pour fixer leur l^gue ? Cela ne ressemble guère à .ce qui s'est passé
^ A propos de ceUe date, j'engagerai M. Jacolliot à nous donner an tableau chronologique d'après son système qui semble un peu flottant, car je trouve, p. 13 : « En n'acceptant sa présence (de l'homme) qu'au moment où » elle est indéniable.., on donne encore à l'homme plusieurs centaines de » mille ans d'existence» »
Puis, p. 130. « Et le fameux livre des éclipses que M. Holbd, le savant
• indianiste, n'a pu que consulter, et qui remonte à des centaines de siêcles^Ji Et page 220 : « il y a 20,000 ans et plus qoe spirltaallstes et matérialistes » sont en présence dans l'Inde. »
Et enfin, p. 829 : • Les vieilles pagodes du sud é% rHindonstan conservent
* précieusement, dans leurs vastes dépôts, tontes les productions de l'eapiit B humoSn pendant une période de 25 à 30,000 ans, qui s'est éeoiilée.de l'Inde » patriarcale à la chute de la domination des brthmes. »
en Europe pour le grec et le lalîn fixés par récriture^ et à ce qui se passe, en ce moment, en Amérique, où Tanglaîs qu'on y parle Umd déjà, après moins d*un siècle de séparation, à devenir un dialecte du langage de la vieille Angleterre (F).
M. J. écrit, p. 229 : tt La Grèce est fille de Tlnde ; sa langue » est du sanskrit presque pur. »
Les hellénisles ne seraient pas fâchés que cela fût vrai, car ils pourraient alors, sans autre étude que celle de Talphabet •sanskrit, lire promptement les textes sacrés des Indiens. Mais, en admettant, avec M. J., que la Grèce (à laquelle il serait juste de joindre l'Italie) soit la fille de Tlnde, il n'en est pas moins vrai que, quoique sœur aînée, et non mère du grec et du latin, la langue sanskrite, tout en ne différant pas assez de ses deux sœurs pour qu'on puisse douter de leur parenté, en diffère assez, cependant, pour qu'un examen attentif soit nécessaire si l'on veut reconnaître son affinité avec elles.
M. J. répète plusieurs fois, et entr'autres, p. 276 : «L'œuvre D de Ghristna futspiritualiste, philosophique et élevée dans sa » partie morale. »
J'avoue que je ne suis pas frappé de ces qualités en lisant la Bhagavadgilâ^ poëme essentiellement panthéiste où je trouve cette jolie sentence : « L'homme, même le plus coupable, s'il » vient à m'adorer et à tourner vers moi tout son culte, doit » être cru bon (G). »
(F) Sur rage des lois de Manou, nous renvoyons aux preuves astronomiques données par le Manou môme, sur son âge, et l'époque où il a été révélé par le Soleil '. Celte époque astronomique est l'année 345 de notre ère. 11 en serait de cette antiquité indienne comme de celle des Zodiaques .égyptiens, que l'on nous disait être de 15 à 20,000 ans, jusqu'au moment où Ghampollion, inventant la lecture des hiéroglyphes, vint y lire le nom des empereurs romains '. Nous ne savons si M. Foucaui lui-même connaît la lecture faite par M. l'abbé Guérin de ce texte des lois de Kanou.
(G) On sait que tous les efforts des dévots indiens, tout le but de leurs grandes et souvent effroyables pénitences sont, non pas de ressembler à leurs dieux, mais de les détrôner, de les forcer à descendre de leur olympe et de
> Voir l'extrait dn Shourdjyo shiddhanto, donné par M. Goério, dans AwmUs, t XIX, p. 157 <5* série).
* Voir lei détails et le texte égyptien dans iitmalM, t. il, p. 422 et t. vil, p. 80 (l" Bérie).
DU GHBI81NA BT LB CHRIST. ftSti
Quant à la chasteté de Krichna, lisez le poëme intitulé Gitagôvinda, traduit en français par Nipp. Fauche ; et si vous Toulez un poëme plus sérieux , lisez les cinq chapitres du Bkâgavata Pourâna, qui contiennent les amours du Krichna avec les Gôpis, traduits par M. Hauvetie BesnauU, dans le Journal ctëiatique xle 1865^ vous y trouverez ce passage : « £n- 9 trantavec les Gôpis (bergères) dans une île du fleuve cou- D verte d'un sable frais, il prenait les bergères et^es enveloppait D dans ses bras, promenait sa main sur leurs mains, dans 9 leurs cheveux, sur leur taille^ sur leurs seins; il jouait, !es » regardait et souriait^ allumant et satisfaisant à la fois l'amour » de ces belles (xxix, 48^ 46). »
M. J., p. 327^ « pose en fait qu'on ne saurait étudier de son D cabinet la vieille civilisation des brahmes. »
Mais s'il s'agit d'exhumer^ suivant ses expressions, 25 à 30,000 ans de la vie de l'humanité, je ne vois pas qu'il soit nécessaire pour cela d'être dans l'Inde. Pourquoi, par exemple, serait-il plus facile d'étudier Alcibiade dans l'Athènes moderne qu'à Paris ou à Londres ? Les mœurs des Grecs d'aujourd'hui sont-elles toutes semblables à celles du temps de Périclès? Et qu'esl-ce que les Hindous de ce temps-ci ont de commun avec les pasteurs de l'époque des Védas (H)?
prendre leur place ^ MAs qa'imporle à M. Jacolliot que rhomme se fasse Dieu, et que Dieu soit rabaissé à la place de l'homme. Trèa-certainemeut il ignore, comme bien d'autres, de quelle merveilleuse maoière Jésus est venu diTiolser l'homme, sans atteindre aux droits de Dieu.
(H) Nous dirions au contraire que ce n'est que dans nos cabinets que l'on peut connaître rorlgine, la propagation, la véritable hi8toh*e de l'Inde, comme des autres peuples de TOrient Ces peuples ne connaissent que leurs livres i que leurs traditions. Hs ne peuvent aller au-delà. Leur vue est bornée au seul horùon que ces livres leur font. Pour nous, nous pouvons dire que nous connaissons en outre à peu près Thistoire de tous les peuples et de toutes leurs langues. Avec ces secours^ nous pouvons chercher l'origine des peuples, suivre leurs migrations, leurs mélanges, comparer les langues, et surtout, ce qui est ravantage unique des hommes de nos cabinets, nous avons la Bible, type unique de rorlgine historique, positive, de toute l'humanité.
* Voirie témoignage de M. Jacolliot dans Annales, t. ni, p. 866 (6* série).
'IWd.p.2i5.
256 £!I^AMEN CRITIQÇIS
M. JacoUiot part de cette idée : qu'on ne peut rien faire de bien boris de l'Inde, pour nous dire avec dédain (p. 328) ; i ^ » puis, d'où tenez- vou$ vos textes ? De la Société Asiatique de p Calcutta ! C'est-à-dire de la source la moins sûre, la moios n scientifique à laquelle on puisse puiser. »
J'avoue humblement qu'avec E. Burnovf, CK Lassen, etc,, j'ai toujours cru et crois encore qu'on peut avoir ponfiai^oe dans les travaux de cette Société qui a publié, dans sa Bibliotheca indica, des centaines de volumes de textes sapskrits qui j^nt Je ne crains pas de le dire, des documents plus sûrs que les manuscrits des pagodes du sud de l'Inde, n'en déplaiee à M. Jacolliot.
Je finis celte revue du Christna, et du Christ en répétant ce que je disais à la fin d'un article sur la Bible dans VInde : « Nous n'avoqs fait qu'un compte-rendu rapide de ce livre j> qui contient près de 400 pages, parce que la discussion de » tous les sujets qu'il traite exigerait un nombre de pages » considérable, f^ous avons seulement voulu montrer qu'il lailait lire avec précaution unouvrage rempli d'érudition, sans » nul doute, mais à la composition duquel le temps et la ré- 9 flexion n'ont pas suffisamment contribué. ^
Dans <l'âutres ouvrages S étrangers à la polémique religieuse, laquelle rend M. Jacolliot passionné à l'excès, il sait nous intéresser à ces récits et à ses aventures de voyage. Oo trouve dans ces ouvrages des pages vivement écrites auxquellef un esprit morose ne peut reprocher qu'une couleur trop orientale.
En un mot, M. J. aura, je crois, plus de succès avec ces livres-là qu'avec ses ouvrages d'érudition.
Ph. ^. FOUCACX.
C'est avec ces secours que nçus pouvons expliquer les races et les croyances 4e tout l'Orient, beaucoup mieux que ne peuvent le faire ceux qui les conservent ou qui en pratiquent les enseignemeota.
^ Les mœurs et les femmes de Vetctréme Orient ; Voyage au pays des Bayadires, etc.
DU OH&ISTN A ET LB GBKIST. 157
çpMCiàïïjn^JS.
Ce qui fait défaut à M. JacoUiot, c'est la science, la science Yraie.M.Foucaux,un Trai indianiste, vientdelelui apprendre. I) le lui a^ait déjà appris dans lei remarques (fli')l dvait faites sur son premier livre : la Bible dans l'Inde, et que nous avons inséré dans les Annales ^ Cest aussi ce que lui avait appiis M. Textor de Ravisi, dont nous avons aussi publié les observations ^. C'est là de la vraie science^ mais M. Jacolliot n'a cure de la science et de la vérité. Il a une haine ignare contre le Christianisme dont il ne coi^naît ni l'histoire ni la constitution, et il sé'henrte aveuglément contre Tune et contre l'autre.
Nos lecteurs peuvent connaître la véritable histoire de rinde dans les nombreux extraits des livres indiens que nous a\ons déjà donnés dans les Annales et dans les articles de vraie critique que nous y avons insérés '. Nous y renvoyons ; nous conseillons surtout de lire les extraits que nous avons donnés du livre sur V Astronomie indienne de M. Tabbé Guérin * dont nos indianistes ne parlent pas, et que nous recommandons sous Tautorité de M. Arago, qui le fit imprimer aux frais de TEtat, aussitôt qu'il Tout connu. A. Bonubttt.
^ Voir Annales, t jjx, p. 212 (5« série).
3 Ihid, p. 216.
3 Voir la liste dans Annales, t. xix^ p. 210 (5« série).
^ Voir ces extraits td. p. 254.
25S SAiOUON ET SES SUCCESSEURS.
Cl^r0n0lagte H^ibliqur.