‹ Annales des CauchoisChapitre 18 sur 18 · II · texte numérisé non relu

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tapbe qai a été placée sur son tombeau , et remplie en huit mots de plusieurs antithèses, le peignait assez bien; elle le représentait humble et courageux , agneau et léopard ; elle est encore curieuse à lire aujourd'hui '. Jadis elle mentionnait la date et le liea du décès ^ ; aujourd'hui , il y a à cet égard des divergences , mais qui cependant doivent cesser devant les autorités qui fixent le 6 avril.

Dix-neuf jours après le décès de Richard , Jean vient faire son entrée à Rhoëm^. Le comte de Flandre, avec une suite nombreuse, veut assister à cette cérémonie'^, autant par curiosité que par intérêt, plutôt pour voir quelle est la disposition des esprits que pour augmenter le cortège, car il savait bien que, d'abord, Arthur allait se faire connaître en Touraine, puisque Philippe-Auguste allait reprendre ses prétentions sur le Vexin et le pays de Caux, ou bien qu'il allait avoir l'air de protéger Arthur pour se venger de Jean; mais toujours pour rejoindre à la France tout ce que Rollo en a détaché, et y annexer des contrées que RoUo lui-même ne possédait pas.

En effet, le premier acte de Philippe-Auguste, dès qu'il a entendu parler de la réception de Jean à Rhoëm, est de s'emparer d'Évreux^; il laisse aller Arthur vers la Touraine et l'Anjou ^ ; peu lui importe d'apprendre que l'archevêque de Rhoëm a remis à Jean la couronne ducale, Fépée ducale; que celui-ci s'est fait couronner roi d'Angleterre à Westminster et

(1) Toustain de Richebourg , t. S, p. SS3.

(2) Gron. 1581. (3) Id., p. 159.— Dict. dePEure, p. 39.— Pommeraye, p. 437. — Farin, t. 1, p. 398. —V. rilinéraire, parVabbé Delarue.

(i) Toustain de Richebourg.

(5) Roger de Hoveden. — M. Depping , t. 2 , p. 399.

(6) M. A. Thierry, t. 3, p. 293.

est revenu ensuite à Rhoëm par Dieppe ' ; qu'il a pris le scel de son frère avec les trois lions passants ^ ; il demande nettement tout le Yexin , par suite des anciens traités^ lors desquels il était le protecteur de Jean. Celui-ci refuse.

En septembre, Philippe-Auguste prend Couches 3, au ^aoo Avrilly, Acquigny 4; un peu plus tard, il s'empare de Lions-la-Forêt ^, des Andelys, de la vallée du Roule ^. Il résidera même longtemps à Lions, pour surveiller les opérations de toute son armée 7.

On fait croire à Jean qu'il ne peut tenir contre toutes les forces de Philippe. Warin de Glapion, son grand sénéchal, et Robert d'Yvetot^ lui conseillent de mettre de l'adresse dans un contrat, plutôt que de tenter la guerre. De là vient , après une entrevue entre Andely et Gaillon, et par T intermédiaire du connétable de Normandie et de Robert d'Harcourt, le traité de paix du 22 mai ^, la confirmation de l'échange d' Andely en date du 7 juin, la cession du duché d'Aquitaine à Éléonore^^; c'est alors aussi qu'Alix d'Eu portait à la maison de Lusignan le domaine d'Eu, c'est-à-dire un , château-fort avec de belles forêts" et, qui le croirait! la cession de Eilboë ou Quillebœuf au roi de France , à la condition toutefois qu'il ne serait pas fortifié'^. Ce que Philippe cède à Jean, pour tout cela, consiste seulement en quelques fiefs en Bretagne '^, puis, dans

(I) M. Depping, t. S. (S) M. Deville. (3) M. Depping, t. S, p. 408. (i) Guillaume de Nangis. (5) L. Thiessé , p. S04.

(6) Guill. Briton, p. 20i. (7) A. Passy, Disc, du il septembre 1845.

(8) MasseviUe, t. 2, p. 363.

(9) Guillaume de Nangis. — Toustain de Richebourg. — M. Depping , t. 2 , p. 408 , 411. (10) Guillaume de Nangis.

(II) Duchesne, p. 1055. —M. Eslancelin, p. 5. — M. D. Lebœuf, Hist. d'Eu. (12) M. Depping , t. 2, p. 409.

(13) Id., t. 2,p. 400etsuiv.

sa protection poar garder l'Angleterre; Philippe doit épouser la nièce de Jean ^ On affirme qu'âne clause secrète de ce traité a été que Philippe-Auguste livrerait à Jean-sans-Terre Arthur lui-même , et trahirait ainsi la confiance que cet enfant mettait en lui'; d'autres auteurs révoquent en doute cette convention ^; ce qui est certain^ c'est que, comme l'a remarqué M. de Sismondi, Arthur a été omis dans l'acte; que si Jean n'a pas eu, quelques jours après la mort de Richard-Cœur-de-Lion, Arthur en son pouvoir, on a pu promettre de le mal défendre.

Les clauses sur la renonciation du comte de Glocester au comté d'Évreux, sur la défense d'élever des fortifications près des frontières ^^ ne sont que des détails insignifiants au milieu de circonstances si majeures pour les deux pays.

Mais Philippe n'est pas plus tôt en possession des choses à lui promises, et débarrassé de la sentence d'excommunication qu'il a subie, par. son divorce ^ qu'il attend une occasion nouvelle d'envahissement. Ainsi Jean-sans-Terre commet le crime de rapt envers la fiancée du comte de la Marche^; le roi de France le dénonce au pape à son tour, et appelle les pensées religieuses des Normands à son aide 7. Jean a beau répudier Hadwise, son épouse légitime, et épouser Isabelle, qu'il avait ravie ^; on a obtenu du légat de mettre provisoirement la Normandie en interdit^; le duc de Normandie l'apprend quand il est près de

(1) Cron. 1581, (^ 159, verso. (8) L. Thiessé , résumé, p. aOi et suiv.

(3) Léon Thiessé , résumé. — Dict. hist. v« Jean-saus-Terre.

(i) M. Depping , t. 2, p. 409, 410.

(5) Leroux de Lincy. (6) Cron. 1581, P> 160.

(7) KogerdeHoveden. (8) Hénault.

(9) toustain de Richeb.

ANNALES DES CAUCHOIS. i69

Rhoëm, dans sa maison de plaisance d'AurivaP> avec les seigneurs Glapion et Pierre de Préaux , et avec Isabelle. Il ne vient à bout de détruire tant de mauvais effets, qu'en se faisant relever par le pape de son serment envers Philippe *.

Il avait beau vouloir, à l'imitation de Richard* Cœur-de-Lion, puiser des ressources pécuniaires dans la taxe de son scel^, à l'occasion des donations , comme celles faites par l'archevêque de Rhoëm à l'abbaye de Foucarmont^, par le même au prieur de Longueville ^ ; comme celle faite en faveur de Saint- Georges de Roscherville^; il a beau obtenir encore quelques sommes des juifs en leur accordant un bailli 7, gardien ou conservateur (custos judaeorum), en la personne de Robert de Villequier ^, recevoir des droits en créant beaucoup de barons ^, céder des domaines immenses à son favori Tesson ^^, créer une charge de fol de la cour '' ; tirer d'autres ressources : soit de Jourdain de Sanqueville, qui avait fait des dommages à la forêt d'Eawy*^; soit des patentes pour défendre au sénéchal de Normandie et au maire de Rhoëm de faire des procès à tel ou tel individu , moyennant une somme d'argent versée par celui-ci > si ce n'est en faveur de Raoul de Cailly '^; donner

(1) Aujourd'hui Orival, v. Charte du 18 juillet, Soc. desant. deNorm.

(2) Cron. 1581, f^ 160. (3) Spelman. (4) Mém. de l'Institut histor., juillet, 1835, p. 299. (5) Soc. des ant. de Norm., t. 10 , p. 363.

(6) M. Deville, Saint-Georges de Boscherville, in-fol. — Archives du département de la Seine-Inférieure. (7) Soc. des ant. de Norm. 1. 10 , p. 30a. (8) Mém. de M. Noël à TAcad. de Rouen , p. 43.

(9) V- Essai sur Évreux. — On affirme que le premier baron normand fut Ancel de RoncheroUes. (10) Soc. des ant. de Norm., 1. 10, p. 303.

(11) Matthieu Paris. — M. Depping, t. 2, p. 448.

(12) Ms. de TAcad. de Rouen , avec celte épigr. Ades à mihi,

(13) V. sur les fonctions du sénéchal, ms. acad. de Rouen, Ades ô mihi , p. 49.— Madox , cité par M. Depping , t. 2 , p. 435.

la garde d'une terre et de ses^jeunes seigneurs^ avec le droit de marier la veuve , leur mère, moyennant cent marcs d'argent , comme cela a eu lieu pour la veuve de Lambert d'Yvetot ' ; accorder des chartes au profit de certaines communes pour de l'argent comptant^; créer des charges de grand louvetier, de grand panetier, des juridictions de barons ambulants^; accorder au tiers-état des immunités qu'il n'avait jamais songé à accorder quand il était heureux^; il avait beau mettre son imagination à la torture pour inventer de nouvelles recettes, le coup était porté.

Un malheur simultané venait affliger la ville de Rhoëm. Le feu prenait, le 5 octobre, près de la porte Robec, brûlait Téglise de Saint-Maclou , la tour où se voit maintenant la halle, enfin, une grande partie de la ville ^.

Ao 4904 Â partir de ce moment, Jean vacille sur son trône d'Angleterre; il laisse Tépée ducale de Normandie s'échapper de sa main ; il tient à Rhoëm une assemblée de personnages notables^, pour aider aux réparations occasionnées par l'incendie, et parler du conflit avec la France, du casus belli7; Philippe-Auguste y vient aussi; ils ont une entrevue®; il semble qu'il ne s'agisse que d'exécuter des conventions déjà arrêtées; mais le but de Philippe était de se montrer à des partisans qu'il avait évidemment dans la ville, ou peut^

(1) Madoxi cité par M. Depping, t. 2, p. 433. (S) M. Depping , t. S , p. 436.

(3) Ms. Àdes 6 mihi.—y, l'écrit, descbartes du temps de Jean-fian»- Terre et Ricbard-Cœur-de-Liou au Musée de Rouen.

(4) V. M. Augustin Thierry.

(5) Revue de Rouen 1843, art. de M. Richard, archiviste de la mairie.

(6) Pommeraye, p. 435. — Servin, t. 1, p. S8i.

(7) M. Depping, t. 8, p. 417 et suiv.

(8) Toustain de Richebourgr4. 9.

être de s'entendre avec Jean sur ce qu'ils allaient faire d'Arthur, sauf au roi de France à faire tourner encore contre le duc les conséquences de Tévénement. Quoi qu'il en soit, voici les faits décisifs et importants qui ad ^aoa ont suivi cette visite : Philippe-Auguste semblait reprendre quelque intérêt à Arthur, qu'il armait chevalier, en lui faisant épouser sa fille, enfant de cinq ans ^ Il l'envoie vers le Poitou , où était la mère de Jean ^, tandis que lui, il va continuer ses envahissements en Normandie; le Vaudreuil, Radepont, Gournay ne se rendaient que parce que Philippe reconnaissait Arthur pour duc de Bretagne, comte du Maine et d'Anjou, sauf à les conquérir, à l'aide de Dieu^. Jean, appelé par sa mère, court de suite en Poitou; en mars, il fait prisonniers Arthur et une grande quantité de barons français 4. La guerre de Poitou était finie pour lui; il ramène son principal prisonnier de Mirebeau à Falaise, de Falaise à Rhoëm ^, le surplus est rapporté sur des charrettes ^; il met Arthur sous la garde de Robert de Vieux-Pont 7; cela déroutait un peu le roi de France.

Mais le 3 avril Arthur est tué^ dans la tour appelée depuis la Basse-Vieille-Tour. Jean est soupçonné de l'avoir assassiné de sa main ; Constance, la mère d' Ar-

(1) Sim. de Sismondi, l. 1, p. 305. — M. Thierry, p. 296. (8) Cron. 1581, f> 160.

(3) T. 17 des Uisl. de Fr.— Matthieu Paris, 1202. — Guillaume de Nangis dit qu'il a ÎDcendié le Vaudreuil, 1. 1 , p. 117. —Noël , l. 1.

(4) M. L. Thiessé place à tort le fait en 1201, résumé, p. 206. — V. Matthieu Paris, 1202. — M. Depping.

(5) L. Dubois, résumé. (6) Matthieu Paris. (7) L. Thiessé.

(8) Sim. de Sismondi. —Pommeraye, p. 434. — Chron. roth.— Dict. hist.vo Jean. — L. Thiessé. — M. Depping, t. 2, p. 423 et suiv., dit en 1203. —L. Dubois, p. 258. —Variantes, Thierry, t. 3, p. 296. — Servin place le fait en 1203, t. l,~p. 285. — Hugo aussi, Fr. Pitt.

thur crie vengeance ^; elle dit que Jean a tué son fils, en lui passant une corde au cou, et ensuite l'a noyé en mettant nne pierre à cette corde*. Ce fait si épouvantable, sur lequel la critique historique a tant de raisons de chercher la vérité , et qui , en définitive, peut être ramené à ceci : Jean n'a pas tué de sa main, mais il a ordonné l'assassinat, et a feint le suicide de celui qui était son neveu et son roi 3, ce fait, disonsnous, n'en est pas moins une occasion d'envahissement pour Philippe-Auguste. Jean va être cité, pour le 30 avril, devant une cour (que pour la première fois on nomme cour des pairs '^); il fera défaut, ou, pour mieux dire, il récusera cette juridiction; il sera déclaré rebelle, parricide^, condamné à la peine capitale; ses terres seront confisquées^; il n'y aura plus un seul titulaire pour s'opposer, ou même au nom duquel on puisse s'opposer aux projets de jonction si longtemps médités par Philippe-Auguste, non-seulement du Vexin, du pays de Caux, du Roumois, mais de toute la Normandie, pour en refaire une province de France 7.

La pairie normande est déclarée éteinte; mais le chef de la Normandie devait être un des six pairs

(1) Dict. hist. v® Jean.— L. Dubois, résumé.

(S) L. Thicssé. — Chrori. norm. ap. Duchesne. — Gron. 1581, f> 160.

(3) Dumoulin, Hist. de Norm., p. 514.

(4) Hénault , 1. 1, p. 167. — A. Thierry, p. 297.— Dict. hist. v« Jean.— Isambert, Lois anciennes, 1. 1, p. lOi. — M. Depping, t. S, p. 424.— Geoffroi de Villehardouin , le premier des chroniqueurs qui , selon M. de Sismondi , ait écrit en français ; il était chevalier croisé et maréchal de Champagne.— Tableaux de Versailles. — Sim. de Sismondi. — Mably.

(5) L. Dubois. (6) Dict. hist.

(7) Ghron. norm. ap. Duchesne , p. 1005 et suiv. — Sur la date précise de la confiscation et le point de savoir si c'est ISOl, 1202 , 1203 , v. brochure, de 1780, p. 10. — M. Michelet, p. 111. — L. Thiessé.

laïques de France ^ Rhoëm restait encore debout entouré de ses murs d'une épaisseur prodigieuse^ d'une grande hauteur^ et voulait du moins ^ avant de se rendre, stipuler des libertés, qu'alors on nommait des lois particulières ou privilèges. Un nouvel incendie, qui consume encore une partie de la ville ^, ne peut faire cesser cette résolution. Arques, défendu par Guillaume Martel et par Guillaume de Mortemer, imitait Rhoëm 3; Vernon n'avait pas voulu capituler davantage; le Château-Gaillard, défendu par Robert* de Lacy, n'était pas mieux disposé ; le comte d'Eu partait pour la Palestine plutôt que de reconnaître Philippe-Auguste^. On apprend que les forces principales du roi de France sont venues à bout de Couches; que Falaise, Avranches, le Mont-Saint-Michel ont fléchi ^j que les Français se répandent vers le Poitou, la Touraine et l'Anjou. Le roi Jean parle de quitter Rhoëm, où il affectait de venir avec sa jeune épouse au milieu des plaisirs ^; il se rend à Caen; il n'y reste pas longtemps, et bientôt il s'embarque pour l'Angleterre 7; les partisans de Philippe-Auguste s'emparent de Caen^; ce n'est qu'à partir de ce moment que ceux qui avaient amené tant de barons français prisonniers à Rhoëm, qui entretenaient des correspondances avec Verneuil, Arques et Château-Gaillard, commencent à désespérer. Pierre de Préaux, celui dont il serait si heu-

(1) V. Cours de droit politique , par M. Ortolan , Gazette des tribunaux du 6 octobre 1831. — Sim. de Sismondi , t. 1, p. 301.

(2) Cbron. roth. Delamarc. — Farin , t. 1, p. 509.

(3) Guillaume de Nangis, p. 120. — Gron. 1581, ^ 160, verso. ^ Hume , t. 2, p. 119. — Notice sur Arques, 1845, p. 7.

(4) A. Thierry, t. 3. — L. Thiessé. — D. Lebœuf.

(5) Sim. de Sismondi. (6) Hume, t, 2, p. 123.

(7) Hume. — L. Thiessé.

(8) M. I>eppinji{, t. 2 , p. 442 çt ^uiv.

reux d'avoir les traits pour lui élever une statue^ qui avait été commis à la défense de Rhoëm ' par Jean , parlait de capituler; Rodolphe de Tesson, le grand sénéchal, n'en était pas éloigné. Ce qui faisait naître cette pensée, c'est qu'on entendait dire que pour faire de l'argent, le roi normand, après avoir emprunté à tant d'abbayes, après avoir vendu aux moindres villages le droit de tenir des foires, vendait à un fils le droit de ne pas partager la succession de son père avec ses frères ^ ; cet acte de vertige le faisait considérer comme perdu.

40 4204 Eu janvier 1 204, on commence à souffrir a Rhoëm, qui était investi, d'une disette qui fait prendre des mesures sévères. En février, on apprend, avec horreur, qu'au Château-Gaillard un enfant nouveau-né a été dévoré^. Le 7 mars, la nouvelle se répand que cette forteresse s'est rendue la veille^, après des combats que les historiens anglais rapportent avec détail. Puis, en une heure, on apprend que les fortifications de Moulineaux sont rasées^; que Philippe-Auguste, revenant de la basse Normandie, arrive pour presser lui-même, avec des forces imposantes, le siège de la capitale normande, et enlever Arques^. On tient bon encore pendant tout le mois d'avril. On prend du bois dans les forêts royales pour palissader autour de la ville 7. Dans le courant de mai, on fait courir le bruit

(1) Hist. des ducs de Norm., édit. 18i0, p. 07, 98. (S) M. Deppiog, t. 2 , p. 431. (3) M. Deville. — M. Deppiug , t. 8 , p. 441 et suiv.

(4) Trivet, p. 144. — Hume, t.2, p. 126. — Guill. Britto, I. 7.— Ann. Warvel , p. 168. — Deville. — M. Depping.

(5) Duchesne , p. 1057. — Périaux , p. 103. — Des auteurs prétendent que c'est par rordjre de Jean-sans-Terre.— L. Dubois, p. 262.

(6) Masseviile , t. 2 , p. 265. — Servin , t. 1, p. 287. — Ghron. rolh. Delamarc.

(7) Fallucy des Enceintes militaires de Rouen. -' Richard , p. 10. J

que Jeaii-sans-Terre, pour quelques sommes d'argent, a cédé Vernon à Philippe-Auguste; que cette ville a été emportée d'assaut le 10; mais on apprend quelques jours après que, dès que le roi de France a quitté la ville, elle a repris son indépendance; elle a eu la pensée de faire une ligue avec Rhoëm ^ et Arques, où Guillaume le connétable s'était rendu *, ligue par laquelle ces places déclarent vouloir se défendre désormais pour elles-mêmes , et non plus pour uq roi qui les vendrait comme des bestiaux. 11 arrive souvent que ces belles occasions d'indépendance et d'honneur donnent une force et une trempe qu'aucun sentiment d'obéissance et de fidélité n'a jamais données. Les habitants de Rhoëm se jurent, entre eux, de se défendre pour leur propre gloire et leurs droits. Après avoir encore diminué les rations de pain ^, Pierre de Préaux s'enferme dans la citadelle 4, et Rodolphe de Tesson reste dans la ville avec le maire, Robert. Philippe-Auguste comprend combien de monde il peut perdre , quelle commotion la résolution d'Arqués et de Rhoëm peut occasionner; il réfléchit sur le sort que peuvent éprouver ses barons qui sont prisonniers. 11 entend dire aussi que les Bretons ont à leur tour des pensées d'indépendance, et peut-être de conquête^; que, pour le moins, ils peuvent secourir les Normands; alors il fait entendre qu'il n'est pas éloigné d'accorder les franchises que stipulerait une capitale qui s'est si bien défendue. Robert, Pierre de Préaux, GefFroi Duboc, Henri d'Estouteville, Hoël^,

(1) L'Art de vérifier les dates. — M. Depping.

(2) Cron. 1581, f> 160 verso. (3) M. Thierry, t. 3, p. 298 et suiv.

(4) Cron. 1581, f> 160 verso. (5) M. Depping, t. 2. (6) Duchesne , p. 1057.— M. Depping. — Soc. desant. de Norm., 1. 10, p. 467, 470.

i76 ANNALES DES CAUCHOIS.

Richard de Villequier, le baron de Say ' et autres, au nombre de vingt-cinq, demandent, le 1'" juin, un armistice de trente jours ^; on déclare qu'après ce temps, si l'on n'est pas secouru parle roi (et on n'y comptait plus), on se rendra; mais qu'on ne se rendra qu'au moyen de certaines conditions : la première est que le nom de Normandie restera à la province; la deuxième la garantie des coutumes jusqu'alors observées^; la troisième, le droit d'élire l'autorité municipale^, ou du moins les pairs de la cité devaient élire trois candidats, parmi lesquels le roi choisirait un maire ^; la quatrième, le droit d'élection des évoques^ par les chapitres métropolitains; la cinquième, la continuation du régime forestier existant 7; la sixième, la conservation de l'échiquier ou œil du prince®; la septième la loi du talion^. Philipppe-Âuguste y consent : cela s'appellera la Charte Royale^®, et sera scellé en cire verte et lacs de soie".

On envoie, comme pour la forme, des délégués à Jean : on assure qu'ils l'ont trouvé faisant sa partie

(1) A. Le Prévost , sur Rou , p. 23.

(2) MasseviUe , t. 2 , p. 260, 278. — Brochure de 1789. -^ L. Tbiessé. » La Cron. de 1581 dit soixante jours, f> 160, verso.

(3) Anciennes coutumes de Norm. au titre de Tusure. — Ducange, préf. des étabUss. — Delaroque , Hist. d'Harcourt. — Sim. de Sismondi. — Marnier, introd.

(4) L. Thiessé. — Chéruel. (5) Guichard, Jurisp. comm., p. 37.'— M. A. Thierry. — V. infrà , règne de Louis XIV.

(6) M. Depping. (7) Dict. hist. v» Jean.

(8) L. Thiessé. — Roupnel de Chenilly, sur Pesnelle. — Marnier , p. xxij. — Froland. — Floquet, t. 1, p. 83.

(0) Hénaultyt. 1, p. 178.

(10) Stabilimentum, ap. Duchesne, p. 1059.— Hist. des ducs, éd. 1840, p. 99. —V. Archives de Thôtel de ville de Rouen.— Floquet, Hist. du parlement , t. 1 , p. 32. — A. Le Prévost, sur Rou, p. 23. -^Th. l^atvallée, 1. 1, p. 327.

(11) Cron. 1581, f> 161.

d'échecs ', et qu'il a dit, fâché d'être interrompu , qu'ils fassent comme ils Ventendront. Cette réponse était décisive. Les délégués reviennent à Rhoëm le 30 juin^; on livre à Philippe-Auguste, qui était de l'autre côté du pont de Mathilde^, la barbacane, cette espèce de fortification, au bout du pont, que l'on voit représentée encore sur plusieurs plans de la ville ; on la lui livre avec dix pieds du pont ^ ; on annonce à Arques, à Vemon, que les franchises de la province sont respectées; les trois citadelles ouvrent leurs portes ^ , Arques la dernière ^ , et c'est en même temps un signe de gloire, un emblème de paix et la date précise d'un règne nouveau, et d'une constitution nouvelle. La période normande est finie, quoique le nom de Normandie subsiste encore.

(1) Cron. 1581, f> 161.— L. Thiessé.

(2) M. Sim. de Sismondi. — - M. Depping. — - On ne sait où M. Dubois a puisé la date dé la capitulation en mat', p. 261 à S63. — Lois Isambert, t. 1, p. 194. (3) Cron. 1581, f> 161.

(4) V. un des plans joints à PHist. et Cron. de Norm. 1581.

(5) M. Depping — Velly, t. 3. — Hume, t. 2, p. 127, 128. — Ypod. Ifeustr., p. 459. — Guillaume de Nangis, p. 122.

(6) Notice sur Arques, 1845, in* 8, p. 7.

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