CHAPITRE PREMIER
L'HtsTOiRE de TEgypte , pour les temps qui précédèrent son asservissement par les Rcm mains , se divise en trois périodes que les changemens survenus dans son état politique servent à fixer avec précision. Depuis plusieurs siècles elle se gouvemoit par ses propres lois , lorsque Cambyse , sans autre droit que celui du plus fort, alla s'asseoir sur le trône des rois égyptiens , qui devint l'héritage de ses successeurs. Alexandre , vainqueur des Perses , anéahtit leur domî-
nation en Egypte , y fit succéder la sienne^ et réunit ce royaume à ses autres conquêtes.
Enfin j Tun de ses lieutenams , Ptolémée fils de Lagus , qui n^en fut d'abord que le gouverneur , s^en déclara bientôt après le souverain : il fut le chef de la race royale des Lagides , qui finit , après trois siècles d'existence, lorsque César Auguste réduisit cette contrée en province romaine.
C'est ce troisième période de l'histoire de l'Egypte , qui sera le sujet de cet ouvrage^
On se propose de présenter la chronologie certaine de ses rois grecs macédoniens »
^ucce^eurs d'Alexandre-lc- Grand ; de réunir , sur la foi des monumens et des jai^tçurs les plys accrédités ^ les faits qui appartiennent k l'histoire dq cf)s rois , et de , rapporter à des dates précises tous ceux de ces fait* dont l'époque peut être exactement déterminée • ; ;
Afin de ne pap ^cçrpîti^ les difficultés
dé)a 9ombreuse^ quii^Qnt propre* à ce sujet , on, le renfermera diin^l/^. limites que )e$ termçs dii progi:amnpie lui ont naturelle-
ïnent données ; et , quant à son importance , elle ne peut ^tre douteuse, puisque une illustre compagnie littéraire fa désigné à rémulation des hommes habitués aux études qu'îJ exigeoit ; c^est ainsi encore qu'en sollicitant de nouvelles recherches sur les Annales des Lagides , V Académie a fait assez connoîttre Finsuffisance de ce qui existe déjà sur cette portion de l^istoire ancienne : elle a)ugé qtf il étoit possible de faire mieux»
Pour y réussir , et afin de répondre plus complètement â tous ses vœux , il a paru nécessaire d'examiner d'abord avec quelque attention les moyens que peut offrir à cet effet Tétat actuel des sciences historiques.
Elles ont été jusqu'à ce jour insuffisantes pour sei-Vir à résoudre, à l'égard des anciennes époques de J^histoîre , un grand nombre de questions , de fait» , de temps ou de lieux , que son étude a . fait naître ; des hommes laborieux les ont examinées , il est vrai , sans succès : mais leur zèle éclairé n'en est pas moins dîgne de nos éloges.
U arrive trop souvent que des t:)races
fugitives permettent à peine de saisir Taguement, et sous un seul aspect, un fait qui ne pourroit être bien connu que s'il étoit considéré sous ses faces diverses : il faut bien alors que la perspicacité de l'esprit s'essaie à suppléer au défaut de tout autre document : il se livre aux conjectures , raisonne sur des analogies , conclut sur des probabilités , et plus d'une fois leur association a conduit à d'heureux et d'indubitables résultats.
Mais il n'en est pas ainsi du sujet de cet ouvrage : les matériaux ne manquent point pour le traiter, du moins pour la plus grande partie du temps et des faits qu'il embrasse ; et le premier sentiment que leur réunion doit inspirer, c'est, à certains égards , le regret de les trouver trop abondans , puisqu'il faudra s'occuper d'abord ^ sinon à les réduire , du moins à les classer convenablement , après avoir apprécié leur valeur relative.
Un grand nombre d'auteurs grecs ou latins , historiens, pp'étes ou chronographes ,
renferment , en effet , des notions éparses 5ar l'histoire des Lagides en général ou sur quelques unes de ses parties ; et cette abon-* dance de documens qui, dans beaucoup d'occasions , seroit d'un utile secours , est ici même un embarras. Il naît des différences qui se trouvent dans les rapports de plusieurs écrivains sur un même fait considéré dans son époque ou dans ses circonstances , différences qu'il faut expliquer avec clarté , rectifier avec précision, ou rejeler avec fondement , mais qui ne peuvent être négligées.
Cest par cet examen critique et rigoureux , que le grand nombre de témoignages qui seront d'abord produits, se réduira finalement à quelques rapports primitifs, autour desquels viendront se grouper les narrateurs secondaires comme des témoins et des garans de leur véracité. Parmi les chronographes , par exemple , Eusèbe , la Chronique d'Alexandrie et Georges le Syncellc , ne formeront qu'un seul et même système de preuves , parce que le plus ancien des
trois esl Forigmal dont les deux autres ne sont que des copies. Cetle règle de critique , appliquée à chacun des autres auteurs qui seront consultés, ne leur fera cependant rien perdre de leur importance : qn les étudiant y comme on Tient de le dire ^ c^est prendre le plus sûr moyen de faire ressortir toute leur utilité.
Cette espèce de réduction^ ce système de familles de preuves, qst plus aise à établir parmi les chronographes que parmi les historiens. Les premiers ne contiennent que des noms et des nombres : là, tout ,est clair et précis ; un nom ne peut être confondu avec un autre, un nombre est 2ibsolu dans son expression ; les analogies et les différences seront donc aisément vérifiées. Dans les historiens, au contraire, il n^y a presque jamais de nombres , conséquemment point de ces certitudes si utiles à celui qui veut connoître Tépoque ou la durée d'un événement : on y trouve , il est vrai , l'ensemble des faits qui se rapportent à cet événement , et qui ne laissent aucun
INTROPUCTIOK. 7
(fodte sur sa réalite ; quelquefois les causes qui Font produit, plus souvent ses résultats et son influence immédiate ; mais ce sont là autant de conséquences qu'il faut déduire de cet ensemble de faits. C'est quelquefois comme une foule de lignes divergentes qu'il faut ramener à un seul point ; car si plusieurs historiens rapportent le même fait , iL» ne le rapportent pas toujours de la même inanière ^ le temps où ils ont écrit « Tordre d'idées particulier à leur position ayant dû produire autant de nuances différentes , quelquefois même déè oppositions bien tranchées dans leur manière de le raconter. Josephe, sans doute, mettra plus d^intérét à parler des bienfaits des Ptolémées envers les Juifs, que n'auroit pu et 4}ue n'auroit dû le faire Diodore de Sicile à qui les destinées de cette nation impor*^ toient bien moins réellement (i). Il faudra
i^MMuav
(i) Les Grecs et les Romains avoient tant de haine et de mépris pour )e peuple juif , qu^îls affectoient de n'en pas parler dans leurs écrits. SaiaU - Crûix » Ifistoix^ d'Alexandre, 555.
donc avoir égard à cette position particulière de chaque écrivain, apprécier Finfluence qu'elle exerça infailliblement sur lui, et Ton peut dire infailliblement, car cet écrivain étoit un homme.
Mais il est une autre espèce de documens qui , par leur nature , doivent inspirer une plus grande confiance ; contemporains des événemcns qu'ils rappellent , absolus dans leurs expressions, si le temps ne les a pas trop affoiblies , il suffit de ]es bien comprendre pour y trouver des notions d'une complète elcactitude. Chacun d'eux est pour ainsi dire un chapitre de l'histoire du prince dont il rappelle le nom ou dont il conserve le portrait , et telles sont les médailles et les inscriptions.
Monumens publics , revêtus d'un caractère tout particulier et qu'on ne trouvera pas dans le rapport d'un historien qui n'a presque jamais de commun avec eux l'avantage de la contemporanéité , de tous les genres de documens où l'histoire peut puiser des certitudes, les inscriptions et les
introdu<:tiok. g
médailles sont ceux où elle en trouve le plus. On doit, il est vrai, dans Fensemble de leurs dires , faire la part de la vanité dés princes, et de la flatterie des courtisans qui , dans tous les temps , se sont donné la mission de parler au nom des peuples ; on doit se garder encore de l'éclat des titres qui ne prouve souvent que l'étendue des prétentions : mais , hors cela , les médailles et les inscriptions sont les plus sûrs guides auxquels Tannaliste ou l'historien puisse se confier ; un mensonge ne s'inscrit pas sur le bronze ou sur le marbre comme étant un fait avéré; une sorte de pudeur publique garantit l'histoire de ces suppositions qui seroient trop hardies pour qu'elles soient possibles. On peut exagérer les circonstances honorables d'une action quelconque , mais non la supposer entièrement.
Pour ces motifs , on s'est attaché à recueillir soigneusement tout ce que les inscriptions et les médailles ont pu fournir de no^ tiens utiles au but que l'on s'est proposé. Les premières sont peu nombreuses ; mais il en
lO ANNALES DES LAGIDES.
est d'une haute importance pour leur étendue et le nombre de faits qu'elles relatent :
telles sont la belle inscription d'Adulis, l'inscription de Rosette plus belle encore et parmi les monumens paléographiques ,1e seul auquel se rattachent de grandes espérances , parce qu'elle peut nous ouvrir enfin les vieilles annales d'une grande nation . La première, celle d'Adulis, fut destinée à conserver le souvenir des conquêtes de Ptolémée Evergète dans l'Asie : vainqueur sur l'Euphrate, il le franchit, traverse la Babylonie , et va chez les Perses reconquérir, pour l'Egypte , les dieux que Cambyse lui avoit ravis ; il attache à son char de .
triomphe les rois vaincus, et emmène les éléphans qu'il trouve parmi le butin. Mais ce rapport historique , s'il n'est pas amplifié , doit perdre quelque diose de son utilité, parce qu'il n'a été ramené à aucune époque connue. L'inscription en effet n'a point de date ; car on ne sauroit adopter ccUe qui se lit sur un autre monument, lequel n'a d'autre rapport avec le premier, que d'avoir
INTRODUCTION. il
cV trouve dans le même lieu (i). Ainsi, réduite à ce qu'elle a de relatif à Ptolémëe Evergète, Tinscription d'Âdulifi ne fournira que des souvenirs.
Celle de Rosette , au contraire, donne des souvenirs et des époques (2) ; elle ccmtient plusieurs dates , elle indique le jour de la naissance de Ptolémée Ëpiphane , celui ou il monta sur le trône , Tannée de son inaur guration à Memphis après sa minorité, enfin les principaux événemens qui se passèrent pendant sa durée. Ce sont les prêtres del'Ëgypte, solennellement assemblés dans le temple, qui inscrivent, dans un décret public, le temps et les circonstances de
(i) Slipesire de Sacy, M«tn. sur rinscription iTAduIis; Annales des Voyages , XII , 33o.
(a) On sait que cette inscHption est un décret des prêtres ëgyplîens en Thonneur de ftolëmée Ëpîphane , et qu'il est grard sur la pierre troilfëc à Rosette , en caractères hiéro' glyphiques» en caractères alphabétiques égyptiens et en caractères grecs. En France, MM. Silvestre de Sacy» Akerblad, ChampoIKon le jeune et la Commission d'Egypte, en Angleterre Af . le docteur Young , se sont occupés du texte alphabétique égyptien de cette inscription. Ameilbon publia, en i8o3, des Eclaircissemeas sur le texte grec; Paris, Baudouin , ia-4*.
tous ces événemens, les bienfaits du roi envers les temples des dieux, ses succès contre les rebelles que la sédition avoit réunis dans un nome éloigné, sa clémence envers ceux qui ne furent qu'égarés , sa prévoyance contre de désastreux débordemens du Nit, et ses soins pour en réparer les dommages , sa munificence envers les collèges des prêtres débiteurs, au fisc royal de plusieurs années d'arrérages de rentes ; et ce «ont ces mêmes prêtres qui transmettent tous ces souvenirs et qui les expriment en termes positifs, il est vrai, mais que leur politique et leurs intérêts rendent suspects d'exagération. Cette suspicion néanmoins, si elle doit atténuer un peu l'importance des faits, ne sauroit nuire dans la même proportion à l'exactitude des dates qui en demeurent indépendantes.
Ces dates sont, dans le texte de l'inscription , ce qu'il importe le plus de reconnoître. Elles exigent encore de profondes recherches ; car celles dont elles ont élé le sujet n'ont pas jusqu'ici donné le moyen d'explî-
INTRODUCTION. l3
qacTy d^une manière complëtement satisfaisante , le passage de ce décret où Tépoque de rinauguration religieuse de Ptolémée Epiphane est indiquée au i8 du mois égyp^ tien de mëchir, qui répondoit au 4 du mois de xantique macédonien. On ne peut y parrenir qu'en fixant d'abord la concordance du calendrien égyptien avec le calendrier macédonien , et cette concordance ne peut elle-même se déduire que du rétablissement de ce dernier calendrier, sur lequel il reste encore bien dés doutes, après les longs travaux de plusieurs chronologistes. Ces doutes seroient moins nombreux si l'inscription de Rosette avoit été plutôt connue : favorisés parles dates qui s'y trouvent, et plus heureux à cet égard que ceux qui nous ont précédés dans les recherches sur le calendrier macédonien, nous avons pu les rendre plus complètes, assez peut-être pour fixer enfin l'opinion des savans sur cet important sujet. Nous produirons donc ici les nations exactes que nous croyons avoir obtenues de ces recherches , et avec d'autant plu$
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d'empressement , qu*elles feront retirer dti texte de l'inscription' tous les avantages que Ton peut en attendre , soit pour l'ensemble des événemens qui appartiennent aux huit premières années du règne de Ptolémée Epiphane, soit pour les dates qui serviront à les classer. Leur précise indication jettera aussi quelque lumière sur l'époque du règne des souverains qui précédèrent Ëpiphane et de celui de ses successeurs, résultat de la plus haute importance , et que présentent rarement les médailles.
On pourroit leur en supposer d'abord beaucoup plus qu'aux inscriptions ; mais il n'en est pas ainsi, pour les médailles des Lagides du moins ; car les règles , trèsvariables, qui dirigèrent leur fabrication, ne favorisent presque aucunement les recherches historiques , et l'inutile abondance de ces monnaies ne console pas même de cette fâcheuse vérité. Cela provient, on le sentira facilement , de deux causes principales : i**. du défaut de dates fournies par une ère qui auroit été commune à tous Jés
INTRODUCTION. t5
princes de cette dynastie , ère qui fut instituée par les Sëleucides et inscrite sur leurs monnaies f 2^. de l'uniformité des types imprimés sur ces pièces, sous tous les règnes et à toutes les époques des Lagides , unifoi^ mité que Rome se garda bien d'imiter , et qu'il étoit réservé à l'Europe moderne de reproduire dans ses monnaies, sans faire attention qu'elles deviennent par là muettes pour toujours , sur des événemens dont elles pourroient offrir d'irrécusables témoignages.
Ainsi les médailles des Lagides ne seront pas aussi généralement utiles à nos recherches qu'on auroit pu l'espérer d^abord ; néanmoins elles ne seront pas étudiées sans quelques fruits , sans en retirer même quel-ques indications d'un haut intérêt.
Peut-être en aurions-nous obtenu un plus grand nombre, s'il avoit été possible de donner à f examen de ces monumens tout le temps qu'ils parôissent exiger. Ms sont encore , parmi les archœologues , l'objet de beaucoup^ de doutés et de grandes dissi^
l6 ANNALES DES LAGIDES.
dences d'opinion. Il ne nous appartient pas de les juger , et nous avons dû nous borner ici à ce que le sujet que nous traitons sembloit exiger plus directement. Nous avons donc recherché dans les médailles des Lagides , classées ainsi qu'elles le sont d'après le sentiment des auteurs les plus estimés , les dates qui se trouvent sur un petit nombre de ces pièces , et qui doivent se rapporter au règne des princes qui les .firent frapper. Cette première indication scroit d'un grand secours, si l'on pouvoit toujours dire à quel prince appartient la médaille sur laquelle Tannée d'un règne est indiquée ; mais il est quelquefois difficile , impossible même , dé'se fixer à cet égard, la tête qui occupe un côté de ces pièces n'étant pas un guide assuré , puisqu'il n'est pas encore certain que ces têtes soient toujours des portraits , et c'est encore sous ce rapport que la fabrication des monnaies fut mieux réglée à Rome qu'elle ne l'avôit été par les Lagides.
. Il est ^Tai qu'un surnom fut particulier à
INTRODUCTION; t^
chacun de ces rois ; mais les médailles qui nous restent ne le reproduisent que rarement y car elles ne désignent que trois de ces princes par le surnom qu^ils portèrent :
Ptolémée Philopator, Philometor, et le second ETcrgète. Toutefois , lorsqu^il a été bien constaté que la tête qui se trouve sur un côté dt^ces médailles est le portrait du roi dont elle conserve aussi le suniom , la conformité des traits a pu sei^dr à recon-t noître, et à classer avec certitude, celles des médsdllesde ce même prince où ce surnom ne se lit pas, et dès lors il a été possible de profiter des dates imprimées sur les pièces dont les têtes ont été ainsi reconnues. Si cette méthode étoit applicable à Tensemble des médailles qui existent, on auroit un moyen sûr pour se guider au milieu des incer: titudes qù^elles font^ naître ; mais on ne sau^ roit Tespérer avec quelque raison , puisque les notions de ce genre fournies par ces médailles sont très-incomplètes. On ne peut donc en recueillir de plus ou moins exactes, que de quelques unes d^^tr^elles qui , rela-*
l8 ANNALES DES LAGIDES.
ûyttneht au but que nous nous proposons ici , peuvent être divisées en quatre classes partkulièties :
Ltt pt^mière , comprenant ks médailles sur lesquelles oki trouve fen mêmfe temps un suroom et une date ;
La set'onde > celles qui , san^ tomoms , conservent unte date , et appartiennent à un princb dont la tête est déjà connue par utie autre pièce ayant la même tête et de phts le surnom ;
Là troisième , tes médailles qui , ayant une à«te , Hé petil^^t appartenir qti^à certâîte t)fiicfe^ dont te règne dm-a autant ou plus d'ëilttée», i^ue le tioifabre ûe ceiles que la dâlë tapj^He ;
Et ta qùaltièïÀë^ les méiaStefi ^î> pwtàfà une dâtè^ «e pcuwHt ccpendaeat être clas^éé^ quîB p«r éofajfecttare.
On Voit ï>ai- Jà ^«fé te plus igcmi noiAre aeà ôiéasâltefe «îui iïoitsties»irt des I-agwies^ eîft iJbsôWitAeiit M^tîie àtenr*fetoàre^à!léur cfil^otioïoêîte ; <A4* tîèàteîj qui rrofraiit dans rtmé dfeë quatiré 'dasèés ^'^oii vient d'indi*
INT&ODUGTI0V. l^
fuer, et qui sont aussi les sci^fis qu'on deiye ca/iâolter, sont ptoportimine)le|[iiisnt ep petite quantité : il ne faut donc pas s^éttmner si les annales de ces princes offrent encore sipfffl de c^'-rtiludes. Néanmoins, ea petit nopubiA des raédaiiies qin sont «itiles>, se trouTe presque compensé par Fexactitude de la plupart des renseignemens quVUes fournissent) car q;iel<pieâ points |)ién d^er^ minésdiois l'int^rralle qu'elle$ eipbrassent , divisent cet intervaUe en plusieurs par-* ties qui spnt d^auta^ ptus fa^^és It bien connoître , que ces parties sont moins ^tetidues, et qu'une seule d^te intejrin^dlaii^e règle ^rec un certain degré de v^té ; une psrtie du temps, qui la précéda et de celui qui la suivit.
Toutefois, 6n esttou/dùrs ranum^ 4 ^tte pensée , que le aystènie mpnitaire d'aucun autre JEAM nV)£(r6 autant d^irr^giodarités que celui de TËgypte des l^lém^es; et comme si ce nVtoit pas assez 4e rinu^^^e iini-* foroùté dés tjrpes , du défisiul presqift constant des ^urnqms 4je ces priq^e? et de^ ^n-
20 AKHALES DES LAGIDES.
nées de leur règne , on y rcconnoit encore quelquefois , quand les dates s^y trouvent , qu^elles se rapportent à des ères différentes. C^est ainsi que les médailles des deux successeurs immédiats d^ Alexandre présentent^
trois manières distinctes de supputer leurs années. Il est vrai que ce désordre même , si nous en avons bien compris la cause , j^era d^un grand secours pour fixer exactement les époques des deux premiers Ptolémées ; mais ce désordre n^en est pas moins réel , sans que l'avantage fortuit que Ton en tire puisse en aucune manière faire excuser rimprévoyance qui le fit naître.
Ce sera donc sous ces divers. rapports seulement que les médailles des Lagides serviront à leur histoire ; réunies aux chronographes , aux historiens et aux inscriptions y elles complètent Tensemble des notions que les mônumens de tout genre peuvent fournir concernant les annales de ces princes (i).
On a . tenté plusieurs fois de les écrire ^
(i) Terme» du Progranune publié pat T Académie.
raTRODUCTICra. 21
. «tteFtamement sans succès, pùisqu^on proroque sur ces ujet de nouvelles recherches.
. Mais doit-on avec confiance en attendre de plus heureux résultats ?
On peut répondre à cette question toute naturelle ^ que le mérite reconnu de la plu«part des écrivains qui ont traité ce sujet avec plus ou moins d^ étendue, pourroit faire accuser dHrréflexion ou de trop de suffisance ceux qui Tentreprendront encore, détruire même Tespoir de satisfaire aux vœux de r Académie , s'il n'existoit quelques circonstances éminemment favorables à ces nouvelles tentatives.
Kous considérons comme Tétant réellc- • ment, les monumens ou les auteurs conte-* - nant des notions sur Thistoire des Lagides , ' qui furent inconnus aux écrivains antérieurs à répoque présente , soit parce que plusieurs d'entre eux n'étoient pas découverts lorsque ces écrivains composoient leurs ouvrages , soit encore parce qu'ils négligèrent de se servir de quelques autres, quoique connus depuis long -temps. L'inscription de
22 ANKAIiBS D£S I.AGIDES.
Rosette ^ si importaoïte sdus tous les rapports ^ est du nombre des premiers ; et ^ parmi leê secoiuk ^ on peut nommer au pre-> mier rang la Coihposilion Mathémat^ue de Ptolëméè d'Alexandrie^ ouvrage plus connu âous le nom dUAbnàge^e.
De toiis kls écrivains de l'antiquité, qui j>euvent être consultés aviec fruit sur les temps et Tbisto^'è des successeurs d'Alexandre en Egypte, Ptolëmee est sans contredit celui qui le sera avec le plus d'avantages imitiédidis \ et , {bar une singularité bi^m remarqUâdaie , il ne l'j presque pas été par ceux qui , jusqu'ici , ont écrit sur quelque point 4es Annales des Lagides : Vaillant lui-même , qui consacra vingt années à expliquer leur» médailles pour écrire leur histoire ( I ), ne cite qu'une i^ule fois, ctcomme * ■ '• - . • • I .
(i) ÏTishHa Ptoîemœérum MgypU Aegum , adfiâem numisnmUtm aetémiMéUtn. ÀmïUÙtâ, i^oi^ In^/êLs prtrf- p^g-^- — Cet ouvrage a servi de guide aux antiquaires qui ont écrh , après Vaillant, sur les médftines des t'tolémées : on sait auJ0Ur(f*ltaii i|)i*dn doitrftlMinâdntier^Mnir'«¥leAit' Une cIâs* sification phis complète et plus exacte. Nops.ne (>ouyans pas développer ici cette opinion qui a pour elle d*imposans suffiiages.
INTEOPUCTION. a3
par hasard, le grand ouvrage qui vient d'être indiqué ; de sorte que Vaillant , qui a réuni , avec tant de soins , les rapports des auteurs anciens contenant quelques faits de Thistoire des Ptolémées , a préci^ sèment omis de se servir de l'ouvrage où il devoit trouver les plus importaps, les plus propres surtout à répandre quelque lumière wr Ji'ordre des teijnps, c*r jusqu'ici ce n'esjb >pas l'exactitude quji a manqué d^ns la réunion de ces fs^its , m^is bieifi plut&f; les certijtudes nécessaires dans leur arrangement chronologique : voyons coiahi^ TAlmageste peut contribuer à J Ytai^lir-
L'ancienne astronomie se trouve toute ^ntieFe dans cet ouvrage* Jjcs théories, alors en usage , y sont exposées avec une méthode remar^^le ; ^tde^d^pnstrationsqui ne le sojDitpas nuj^ns , tendent à fajre voir qu'elles u>nt fondées sapdes fa^ pr/esqvie lo\is bien constatés. O9 ne peujt refuser de cons^déjrer comme tels , ^e? diverses observations de phénomènes célestes, transmises par des astronomes plus anciens que Ptolémée, et
citées par celui-ci qui les rapproche d'autres observations analogues qu'il dit avoir faites lui-^méme , afin d'en déduire des principes qui ne sont autre chose que les théories qu'il expose. C'est dans quelques unes des anciennes observations rapportées par Ptolémée , que Ja chronologie des Lagides puise d'utiles renseignemens. Il cite en effet deux observations de Vénus faites par Timocharis à Alexandrie, dans la treizième année du règne de Ptolémée Philadelphe (i), et une éclipse de lune observée dans la même ville pendant la septième année du règne de Ptolémée Philopator(2). L'année, le mois, le jour et l'heure de ces trois observations , sont exa,ctement indiqués dans l'Almageste selon le calendrier égyptien ; si l'on peut rapporter, avec toute l'exactitude nécessaire , ces indications selon le calendrier égyptien sur le calendrier julien , la date de ces trois observations devient alors facilement intelligible, et Ton connoît très^
(i) Almageste^ IW. X, chap.4* {9) lôiéi., lîr. VI, chap. 5]
iKtRODTTCTION. . sS
exactement les années juliennes qui furent ia treizième du règne de Philadelphe , la septième de Philomëtor, et celles de l'avènement de ces deux princes s'en déduisent naturellement.
Deux passages de l'Âlmageste suffisent donc pour fixer, avec certitude , Fépoque du commencement du règne de deux Ptolémées , et de la fin de celui de deux autres ; et pour cela il ne faut que transporter exactement les dates égyptiennes sur le calendrier julien. On verra plus bas qu'il n'est pas difficile de remplir cette condition.
On tire encore du texte de F Almageste , d'autres résultats non moins utiles que celui qui vient d'être sommairement indiqué. Les Annales des Lagides sont renfermées dans des limites hors desquelles les temps qui les précédèrent ou qui les suivirent sont indifférens, et ces limites sont, d'une part, la mort d'Alexandre, et, plus près de nous, l'asservissement de l'Egypte parles Romains.
Ces deux points extrêmes ne sont pas moins împortsois ni moins difficiles à déterminer
a6 ANNALES DES LAGIDES.
que les époques intermédiaires de Tinter-* Talle qu^ils indiquent : TAlmag^^te offre encore, sous ce rapport, de bien grands secours. On les trouve dans la date de huit observations astronomiques rapportées par Ptolémée non seulement à Tère de Nabonaâsar, m^is encore à la mort d^ Alexandre , en disant à quelle année cafard ou depuis la itaort de ce roi, appartient |e phénomène observé (i) ; et comme ce phénomène a aussi, selon le calendrier égyptien, une date que Ton rapportera sur }^ c^endner julien, Ton en déduira encore T^iinée de la mort d^ Alexandre, qui ouvr^ Tère des liagides et fournit les premières pages à leurs Annales.
Ptolémée fait connoître ;iussi la durée totale de Fempire djes Lagides en Egypt€(2) ; à l'indication de la mort d'Alexandre , il ajoute celle du * commencement 4u règne d'Auguste (3), et, distribuant ensuite entre les princes descendans de La,gus les années
(i) Alinageste , liv. III , chap. a. — X y 9- -* XI, 3,
(2) I6id,t Ht. III , chap. 6.
(Zyiâid..
INTRODUCTIOIÏ. ^^
comprises dans cet intervalle , il fixe avec certitude Tordre de leur auccession au trône d'Egypte , et la durée du règne de chacun d'eux.
Ainsi les renseigoemens que coatient l'AImageste sufiiroient presque seuls pour écrire , avec une satisfaisante exactitude , les Annales des Lagides. Gomment se faitil donc que lés auteurs qui ont tenté une aussi utile entreprise , aient précisément négligé le livre qui présente ^ sur ce sujet , les plus précieux et les plus nombreux documens ?
U ne petit être hors de propc» d^examiner cette question ; elle n^est pas sans quelque intérêt , et la discussion qu'elle amène ici ne sera pas non plus sans utilité ^ puisqu'elle fiera recohnottre combien les rapports de Ptolémée méritent de confiance, et justifiera d'avance toute ceQe qui lui est accordée dans cet ouvrage.
On devra remaarquer d'abord que la critique historique, pour fixer avec plus de certitude l'époque de quelques évétie-
mens connus , s'est servie assez tard de Tobservation des phénomènes célestes dont l'histoire ancienne a rapproché les époques de celles de ces événemens : cette utile innovation est due presque entièrement à rimmortel Fréret qui , par le savant usage qu'il en a fait , en a prouvé en même temps toute Fimportance. On ne pensa donc pas assez tôt à étudier les temps des Lagides , avec le secours des observations conservées 4ans TAlmageste.
Mais si Ton avoit connu moins tard tous les avantages que Ton pou voit en retirer, il restoit encore une difficulté jusqu'ici presqu'insurmontable pour le plus grand nombre de ceux qui se consacrent aux pénibles recherches de l'érudition ; absorbés par l'immensité des études littéraires qu'elles exigent, ils n'ont pas toujours le temps d'y associer celle des sciences exactes , et pour ceux-là , r Almageste pourroit quelquefois présenter de graves "difficultés. Pour ne parler que de celles qui se rapportent au sujetprésent, etsil'on veut faire servir à son
INTaODUCTlON. 29
exacte explication les données nombreuses gue Ptolëmëe peut fournir , on doit songer à traduire toutes ses . dates égyptiennes en dates juliennes , et pour le faire avec exactitude, il faut reconnoître d^abord de quelle espèce d'année égyptienne Ptolémée s'est servi , quel étoit le rapport de cette année égyptienne avec Tannée julienne,, à quel jour julien se rapporloit le premier jour de Tère selon laquelle Ptolémée compte les années dans ses dates , enfin quelle fut suc* cessivement la concordance des jours de^ années égyptiennes de Ptolémée avec les jours du calendrier julien , concordance qui devoit varier sans cesse, si, comme cela •arrivoit en effet, Tannée égyptienne, dans sa durée et dans la distribution de ses jours en mois , n'étoit pas semblable à Tannée julienne. Sans ces renseignemens préliminaires, les dates de Ptolémée sont inutiles à Thistoire des Lagides , à celle même de Tas-, tronomie ; et cpmme ces renseignemens n^ existent nulle part bien complets, qu'aucun des historiens ou des annalistes des Lagide»
3o ANNAL£S DES LAGIDES.
ne s'est livre aox longues recherches qu'ils exigent , les plus précieux ducumens sont , ainsi qne nous Tavons dit , encore sans em^ ploi , et les écrivains modernes sur Fhistoire des Lagides presque excusés de ne s'en être pas servis.
On les trouvera réunis dans cet ouvrage, et tput ce que Ptolémée a écrit d'applicable aux époques diverses du règne des Lagides, y sera exactement rapporté , les dates que Ptolémée exprime selon le calendrier égyptien y étant soigneusement traduites selon le calendrier julien. Pour y parvenir avec certitude, nous avons premièrement reconnu , par des vérifications multipliées , le jour, le mois et l'année selon le calendrier julien , qui furent ceux où commença l'ère de Nabonassar que Ptolémée emploie constamment; deuxièmement, reconnu encore et démontré que raiméef de cette ère est une année vague de 365 jours sans aucune intercalation ; troisièmement , fixe la concordance des années vagues de l'ère de Nàbonassar avec les années juliennes , la première
IirrRODUGTlOlf. 3«
pluscourCe quéla seconde d^on quart de jour^ rétrogradant perpëtueDement datiscelte-ci, au point <pie le preinier jour d^iute année Tftgne ne répondait que pendant quatre années seulement au même jour de Tannée fixe ; qualnèniei&ent enfin , eittrait de cette même coacofdance et dt cette rétrogradar ûoa , les rapports réguHèrenent inconstans du calendrier égyptien et du calendrier jVf lien. C^est ainsi qiie le& dates ^^yptiennes de r Almàîgeste , qui peuvent servir aux an»
nales des Lagides , éts^t bien délerninées et bien traduites ^ il <st devenu plus ladle de se retrouiteï' Jàu milÂêu des mcerti^ tudes teinbreuises profires à ce période historique.
On «fit redervable de cet avantage au caractère de certitude qui est <en quelque sorte particuUér aux notionts que l'AlnugesÉe a fournies. Aussi précises que celles que Ton peut tirer des médailles et des inseriptioas , felles le sont plus encore que lesT^^porls des lûstoriensqui ^nt écrit dans des temps et dans des lieux divers ;
3l ANNALES DES LAGIDES.
et quant aux chronologistes, fort postérieure^ au siècle de Ptolëmée , ils ont presque tous écrit diaprés lui , en prenant pour guide le Canon astronomique placé en tête de VAlmageste.
C'est une table qui contient une liste de rois assyriens ou ihèdes, depuis Nabonassar jusques et y conàpris Nabonad , qui jîit son dix-septième successeur; de rois des Perses, depuis Cyrus jusqu'à Alexandre ; de rois macédoniens, depuis Philippe Aridée(i) jusques à Cléopâtre, la dernière des Lagides; enfin d'empereurs romains, depuis Auguste jusques à Antonin-le-Pieux; Ses successeurs se trouvent aussi dans la suite de cette longue liste, mais il nous suffit ici dé la portion qui comprend les princes que nous venons de désigner. Cette table considérée dans son texte grec , et il ne faut pas s'en écarter si l'on veut la bien comprendre, cette table est partagée en
deux grandes divisions : la première a popr
.it—^< Il I < I 11 I ■ Il—— i— ■ ■— ^— — »i^— 1— a— — ^
(i) Les auteurs anciens et modernes ont écrit indiffé-r remipent Aridie et Arrhiiéc*
introduction: 33
titre : Années des rois avant la mort d*Aleœandre açec les siennes , et celle première partie indique , en effet , après le nom de chaque roi assyrien ou perse , le nombre des années de son règne , et ensuite caUes d'Alexandre lui-même. La seconde division est intitulée : Années des rois macédoniens après la mort d'Alea^andre.
A la liste de ces rois on ajouta ensuite celle des empereurs romains depuis Auguste jusques et y compris Antoiiîn4e-Pieux , et cette dernière liste pourroit être considérée comme une troisième partie de la table générale du Canon appelé Astronomique.
La première colonne , après celle des noms qui le composent, contient en nombres, ronds , sans fractions d'^année, la somme de celles du règne de chaque prince, et dans une seconde colonne ces années sont successivement additionnées. On voit que la première ^ division dç la table en comptant 4^49 I^ seconde 4^3, lé total des deux s'élève à 907 ; et comme la première année de cette tablé est aussi la première année de Tère de
à/^ ANNAI.ËS DES LAGIDES.
Mabonassar , les additioas successives de la seconde colonne donnent pour chaque règne les années de cette ère depuis la première jusqu^à la neuf cent huitième , en même temps que la division du canon en deux grandes sections indique, Tune les années avant Alexandre^ et Tautre les années après sa mort. Ainsi chaque règne serapporteàdeux ères, à celle de la mort d^ Alexandre et ^ celle de Kabonassar.
Pour comprendre Forigine et la forme de cette table ,: il suffit de la rapprocher du texte d^ TAlmageste.
Nous avons déjà fait remarquer que Ptolémée ; pour établir ses théories astro-.
nqmiques et prpu ver kur exactitude, se sert d'un grand, nombre d'observations antérieures à son tetmps , et les rapproche d'c^** servations analogues qu'ildit avoir faites hii-r ni^me. Il emprunte celtes d'Hipparque , .de Théon , de Timocharis et autres géomètres qui avoient écrit avant lui, à des époqae^ et dans des contrées différentes. Parmi cc^ observations anciennes, les unes sont ex-
INiaOBUCTtON* 35
pnmées selo^ Yere de Ddnys (i), d*autres seiûnIapériodedeCalippe(2). Aristarque et Hipparqiie V entre lesi^els il s^écoula phis de cent TÎngt années , se servirent de cette dernière période , et presqu'en même temps un autre astroncMne datoit îses observationa avec rère deDenys (3); et comme, pour les rendre utiles à la sciçncQ, il étoit d'abord nécessaire que les astronomes s'entendissent bien sur le moment où ces observations avoient été faites, il est certain que là mort d'Alexandre fut comme une ère à la-% quelle on convint da rapporter ces diverses mianières de dater les> obs^rvationsv afin de les réduiire à .tiiie expir^ssioii commune.
Théon et Ceusorin difi^t ; en effet que le commencement du rè^ne de Philippe-, suc-^ cesseur immédiat d' AJjex^dre , . fut aussi, le commenceis^nt d'une ère en usagé parmii les astronomes (4) , et le témoignage posi-
■itas*
(i) Almagesté, liv. X, chape g. — Liv* XI , chap. 3. (a) lâid. , Kvl Ifl, clvap. a,
(3) Voy. Note-jH'eiBtère.
(4) Ihéûn, ta CûBûHhj Prmf.--^Cemorin,^ tfe die aatali , €^L XXI,
36 ANNALES DES IiAGXDES.
tif d'Hipparque lui-même ne permet nulle-* ment d'en douter ( i). Ptolémée, comparant ses observations à celles de ses prédécesseurs , les indique d'abord pour Tannée du règne d'Hadrien ou d'Antonin, durant laquelle il les a faites ; mais , comme il faut les comparer aux vieilles observations qu'il a déjà rapportéies^ il doiJt aussi, pour leur plus sûre intelligence et pour bien en appré-. eier les intervalles , soumettre les observations qui lui sont propres , à l'expression qui est commune à celles de ses devanciers ; et c'est ainsi que pour déterminer la Ion«gueur de l'année sokdre (2) , se servant dw solstice d'été observé par Aristarque dans la quarante-quatrième année après la mort d'Alexandre, ainsi que d'un équinoxe de printemps observé par Hipparque dans la cent soixante- dix -huitième année de la mém^ époque , il les rapproehé du solstice d'été, d'un équinoxe d'automne et d'un équinoxe de priritemps.qu'il, a observés lui-
(i) A]mageste, lÎT^V, cb. 5. Observation» faite» à Rhodes, (a) /^/V., liy. III, chap. II.
même dans la troisième année du règne «d'Antonin ; mais il dit que cette troisième anùée du règne d^Antonin est la quatre cent soixante - troisième depuis la mort d^ Alexandre.
il a plus fait encore : ce rapprochement présente bien, il est vrai, un certain nombre d^observations sous une expression qui leur est générale , mais elle ne Test pas pour toutes celles qui sont consignées dans TAlmageste.
Ainsi Ptolémée n'a pas trouvé dans les mémoires quHl consulta , que les éclipses de lune qui eurent lieu, soit dans la première et la seconde année du règne de Mardocempad, quatrième successeur de Nabonas^ sar'(i), soit dans la vingtième et la trente^ et-unième de Barius 1*^(2) fussent, pas plus que les observations de Méton et d'Eue* lémon (3) , pas plus que d'autres faites à Babylope (4) , indiquées selon Fèrc qui
(i) Almageste , JiV. IV , cbap. 5.
(a) liid. , Uy. IV, chap. 8,
(3) lâid. — lâiJ,
(4) /^i^., Uy. iV, chap. lo.
commença à la mort d^ Alexandre; ces observations la pï'écédèrent xl^un grand nomJbre d'années, même de plusieurs sièclest, et Ton ne pouvoit^pas alors soupçonner la future adoption de Fère d'Alexandre, car malheiirensement on ne sauroit prévoir la venue d'un conquérant pas mieux que celle d'un déluge. Il suit des termes dans lesquels les observations de Méton, celles de Babylone et autres se trouvent énoncées , et de ce que l'ère d'Alexandre a été donnée pour date à un certain nombre d'autres observations, que, dans cet état, les époques des unes et des autres ne sont pas clairement déterminées , et pour Ptolémée lui-même, qu'elles ne pouvoient l'être qu'au moyen de calcub qui dévoient être renouvelés toutes les fois qu'il vouloit 'se servir de chacune d'eUes.
Mais , en ramenant toutes ces observations à une ère-connue , dont le commencement eût précédé la plus ancienne , et dont la durée embrassât même les temps de Ptolémée , celui-ci les coordonnoit à un sys-
IKTRODUCTION. Jg
terne général , rendoU, en €[uelque sorte, inyariable l^indication de Tépoque de chacune d^-elles, et trouvoit ainsi un moyen aussi sur qu'expéditif d^apprécier les intervalles qui les séparent, intervaUes dont j'exacte connoissance devait et pouvoit seule donner la quantité et les lois du mouvement des corps célestes qu'il étudioit. Il satisfit à toutes ces conditions en rapportant à Fère de Nabonassar les observations consignées dans son ouvrage.
Ici pourroient se trouver sur cette ère, son institution et son usage , des considérations bien utiles sans doute , mais qui nous -éloigneroient trop du but que nous nous :6ommes proposé. Nous nous en écarterions beaucoup en effet , si nous cherchions à résoudre les questions qui peuvent se présenter, et dont Teicaraen nous diroit si T ère de Nabonassar , qui prit naissance dans Tempire d'Assyrie, fut jamais en usage en Egypte ; si les rois assyriens ou mèdes , en instituant cette nouvelle ère dont Tépoque étoit aussi celle d'un nouveau règne , y em-
4o ANNALES DES LAGIDES.
ployèrent les mois du calendrier de FEgypte à l'exclusion des mois de leur calendrier propre; enfin si l'ère dé Nabonassar, telle que nous la connoissons, n'est pas une traduction égyptienne d'une ère toute chaldëenne dans ses divisions comme dans son origine (i). Pour ne pas ajouter ces non- Telles recherches à celles déjà assez nombreuses qui sont exigées par le sujet que nous devons plus spécialement traiter ici\ nous iferons remarquer seulement que Ptoléméé , parlant pour la première fois de l'ère de Nabonassar dans le chapitre de FÂmalgeste relatif à l'époque des mouvemens moyens du soleil (2) , avertit que par la comparaison de ses observations sur le lieu de cet astre , avec les plus anciennes de celles qui ont été conservées, et en se
. (1) On peut voir , en attendant mieux, deux Mémoires de Fréret : le premier , sur les années employées à Ba~ bylone y avant et depuis la conquête de cette ville par Alexandre (Acad. des Belles-Lettres , XVI , Mém. p. aoS.) ; Je deuxième \ Remarçucs sur le Canon Astronomique^ — - ( Même recueil , tom. X^VIL) (a) Almageste , liv,, III , cliap. 6^
INTRODUCTIOir. 4<
servant des moyens mouvemens déterminés par cette comparaison , il Ta rapporté à la première année du règne de Nabonaçsar , laquelle , dit41 plus has , commença selon rère égyptienne , le i"" de tholli à midi (i). C'en est assez de ce peu de mots pour en conclure qu^il existoit en effet une traduction égyptienne de Vère assyrienne dé Nabonassajr, qu^elle étoit connue avant Ptolémée , qu'elle ayoit été astronomique^ ment et chronologiquement déterminé^ dans son commencement , dans Fespèce et la division des années qui la composent ; mais qu^ Ptolémée, la premier de tous, js'en servit poqr placer sur une échelle cpm* mune, une série d'observations importantes embrassant un espace de huit cent soixante années qui, par-là, se trouvoient toutes rapportée^ à un seul instant dont chacune d'elles indiquoit exactement l'éloignement, ainsi ^e les iiitervaUes qui la séparoient d'une autre. Ce travail, qui ne peut être dil qu'à un esprit essentiellement géométrique ,
(i) Almageste , Ht. III ,t chap«6«
4a ANNAUlS DK5 LAGIDE$.
app^uiient à Ptolémée , carc^est toujours lui qui, citant les observations faiteaàBabylone, à AthènesyàRhodes, à Al6xan<bieraéine(i), indique expressément Fannée de Fère de Nabonassar à laqueHe correspond celle ou du règne d^un prince , ou des périodes de 'Galippe , ou de Fère de Pkilippe Aridée « ou de Fère de Denys, qui se trouve dans la date primitive de^robscrvalicMi. Ptolémée peut donc être considéré comme Fauteur du Canon chronologique placé en tête, de FAlmageste , puisqu'il paroît avoir été conçu pour cet ouvrage.
' Quels sont les avantages que Fon peut en retirer pour les Annales des Lagides ? Il est temps de revenir à ce sujet , en examinant cette question.
Tous les faits astronomiques rapportés par Ptolémée sont certains , parce qu'ils sont tous des phénomènes naturels, dont les circonstaiices sont bien déterminées, dont les lois sont bien connues , et que les époques se déduisent facilement des unes
(t) Almageste , tiv. IV , ohap. 7» çhap. S, ti^assim.
INTRODUCTIOK. 43
et des autres. Le moment où chacun de ces phénomènes a été observé, est indiqué, dans VAlmageste, selon une ère dont le premier jour a pu être fixé avec certitude , parce qu'on Fa rattaché, et Ptolémée y contribua particulièrement, à un état du ciel qui ne convient rigoureusement qu'à ce premier jour. Lalande , qu'il su£fit de nommer , a dit à ce sujet : « Il ne peut y avoir » de doute sur cette époque , car on trouve }> dans Ptolémée le lieu de toutes les pla« i> nètes pour le commenceinent de cette » époque, et il ne peut y avoir qu'une » seule année et un seul jour qui réponde » à la fois à toutes les longitudes ; celle de /> la lune surtout confirme parfaitement la » date dont il est question (i). » Et cette date c'est celle du commencement de l'ère de Nabpnassar , gui a été attaché au 26 février de l'année julienne 747 avant l'ère vulgaire.
Or l'AImageste conserve des observa-
(i) LaUndCy deuxième Mémoire sur Mercure; Acad. def Sciences , annëe 1766 , pag. 4^v
44 ANNALES DES lAGIBES.
lions dont le jour se rapporte à riine des années du règne de divers princes, et parmi eux se trouvent nommés Alexandre , Ptolémée Philadelphe et Ptolëmée Philométor. L^auteur de FAlmageste , en citant le's obser^^ations faites pendant le règne de ces rois, a le soin d'expliquer à quelle année de Tère de Nabonassar correspond Tannée de l'observation ; et comme l'on sait
' sans difficulté , de combien de jours se composent les années et les mois de Tère de Nabonassar, que l'on sait aussi quels sont les rapports du calendrier de cette ère avec le calendrier julien, il devient dès lors facile d'avoir en jour julien le jour de l'observation, et en année julienne celle du règne où elle a été faite. C'est ainsi que les observations consignées dans l' Almageste , donnerontaux Annales des Lagidesl'époque
. de la mort d'Alexandre où elles prennent naissance , l'époque du règne de Philadelphe et de celui de Philométor ; et si, parmi les observations comprises dans FAlmageste, il s'en trouvoit quelques unes , même ime
INTHODUCTIONé 45
.seui^Y de particulières au règne de chaque prince de la race de Lagus, ramenées à I ère de^abonossar et celle-sci au calendrier julien, elles suffiroieat pour fixer avec une complète certitude Tordre et la durée du règne de tous les princes de cette famille , parce que là série de& années ne pourroît, en aucune manière, être intervertie, Ptolé-»
mée lui-même ayant dû prendre ces obserrations àTec tous les âémens de leur date , sans y rien changer ni les modifier .
Rien ne dit que Ptolémée ait consigné dans TAlmageste toutes les anciennes observations qui étoient connues de son temps ; foré souvent, aiiccHitraire, il a le soin d'avertir qu'il fait^ parmi ces observatioiôs anciennes, le choix de celles <ïuHl croit les pks utiles h sou but (liv* lY, chap. 5) : il en existoil donc alors une plus grande quantité parmi lesquelles Ptolémée a pti choisir ; on peut donc croire que dans cette quantité r il &^en trouvoit encore d'autres dont la date se rapportoit au règne de quelque prince lagide*
Rétablissement de leur dynastie enEgyptç
connottre une suite d^observalÂons dont les époques se rattachoient au règne de chacun des princes de la dynastie des Lagides.
Ce que nous voulons conclure de cet exposé, nous semble d^un grande intérêt pour jeter quelques luiiniéres , faire obtenir même de grandes certitudes sur le^ annaleis de ces princes. Si Voh (Considère en effet la* liste des rois d'Egypte qui commence la seconde division du Canon chronologique* de TAlmageste, comme étant lé résultat ^ de connoissances positives sur Favènement et la durée du i^hfpe de chaque prince^ rien n*^st plus convendble , plus nécessaire méme^ que. de prendre cette liste pour guide ^Uùris^ les recherches présentes. Or , soii que Ton i dise, avec Fréret, que cette liste est Touvrage des astronomes grecs d'Alexandrie (i)^ soil que Ton en fasse honneur à Ptolénlée lui teul^ il faut adntettre que Patiteur,.
quel qu'il soit, de ce Canon des Rpis , fut placé dans des circonstances extr^mem,ent> favorables à son travail, vivsmt dans la
(i) F^énf, Acad. des Bejles-Xiettres » XXVII , laS.
iNTRODUCTIOK. 49
tâpitale même de TEgypte ^ possesseur de documens en tout genre sauvés des cata»^ trophes qui changèrent Fétat moral de ces contrées câèbres, ayant sous les yeux, comme le dit M. de Sainte -Croix (i), quelque catalogue des Rois, celui d^Eratos^ thène sans doute (2) ; enfin obligé pour ainsi dire par le genre de ses travaux^ à Térifier chaque jour l'exactitude des rapports (|ui leur servoient de fondement. En faut-il dayaïitage pour que cette liste des Rois, par son antiquité , par le nom de Fhomme célèbre qui Ta produite , par Tauthenticité des documens d'où il put la tirer, obtienne ici toute notre attention , se place en première ligne parmi les moyens de reconnoître exactement les temps des Lagides , et devienne pour la suite de ces recherches , le guide auquel nous laisserons , par une légitime préférence , le soin de nous conduire au but indiqué ?
Nous serons donc certainement approuvés en lui donnant cette préférence ; et n'est-
(1) Hist. d'Alexandre , pag. 643. (9) /»/</. , pag. S79.
5o ANNALES DES LAGIDES. «
on pas heureux lorsque , sur une période dont' les premiers jours furent marqués par la mort du plus admiré des conquérans , et les derniers par la'chute simultanée de la plus ancienne monarchie et de la plus puissante des républiques , on peut Consulter des contemporains , et que ces contemporains sont des géomètres qui, d-avanice, ont fait pour nous des supputations de temps que nous ne pourrions faire aujourd'hui sans eux?
GVst ainsi que le Canon des Rois qui précède r Almageste, nous donne avec certitude l'époque de ïa mort d'Alexandre-le-grand»
celle de l'avènement de chacun des princes qui lui succédèrent en Egypte , la durée de leur règne, et le temps de l'asservissement de ce royaume par Auguste. Avec un semblable moyen de classer tous les faits de l'histoire de& Lagides dont la date est certaine , leurs Annales se trouvent écrites et d'après des renscignemens qui commandent toute confiance , car on n'aura fait que reproduire, à leur sujet, l'opinion deXimochariS| d'Hipparque leurs contemporains, et
INTflOPUCTIQN. 5l
ttOe de Ptolémee qiû trouroit leur nom et Jes faits de leur ystwe partout, sous sâimaia "et sous aes yeux. Leur sentîmeut sem donc le notre , et peut-être a-t-on songé trop tard à s'y confier entièrement.
Quelles que puissent être» cependant la foi que nous accordons ici au Canon astronomique des Rois et la wpârioyité que nousreconnoissons à ce docimient irégard de presque tous les autres , eUo^ q6 nous porteront pas néanmoins à négliger quelqu'un de ceux qui, parleur authenticité, sont propresaconcourir au résultat important que Ton se propose de fixer. Dans TensemUe des rapports, quelquefois opposés ou du moins différens , qui se déduisent des moantniens et des au-< teurs , le Canon des Rois sera éxos doute comme un fil conducteur au milieu de ce dédale d'assertions et de con)e<^ures ; il pourra servir à nous faire apprécier leur degré de certitude absolue ou relatÎTe , et divisé eh autant de parties de temps <pill y eut de prinf:es,faire donner plus sûrement icfaaqm époque ce que les inscriptions, les médaille^
les dironologistes et les historiens rapportent de relatif au règne de chacun d^eux ; par-là encore ces rapports divers pourront se coordonner en un système unique de principes et de conséquences , et c^est le Canon des Rois qui en fournira spécialement les moyens.
Mais nous devons aussi faire remarquer combien il diffère essentieUement de plu** sieurs autres récits , même de quelques monumens , sur un point d^une importance majeure : sur Tordre dans lequel les Lagides occupèrent successivement le trône de leur père. Des dissensions de famille , trop communes et trop possibles dans les états où la loi ne règle pas invariablement Tordre de successibilité à la couronne , troublèrent plusieurs fois en Egypte celui qui s^y trouvoit établi par un usage constant, mais que rien ne garantissoit de fréquentes et arbitraires infractions. Des usurpations heureusement tentées, placèrent plus d'une fois sur le trône celui que la loi ou Fusage en avoit légalement exclu ; Tambition des
Semmes veuves et mères de rois produisit plus d'une fois ce déplorable scandale ; et l'influence s'en fait sentir encore aujourd'hui, car ces désordres sont une des causes principales de la difficulté qu'on éprouve à s'entendre sur le commencement et la durée du règne de chaque prince. Dalis le Canon chronologique, cette difficulté est tranchée ( toutefois sans être résolue ) par l'application d'un principe que l'on pourroit appeler le principe de La légitimité; on n'y tient aucun compte , en effet , des interrègnes ni des usurpations. Le Syncelle rapporte que Philométor, après avoir régné onze années , vit son trône envahi p^r Evergète II , qui l'occupa pendant six ans , après lesquels Philométor régna seul dix-huit ans encore, après lesquels aussi Evergète remonta sur le trône , qu'il occupa de nouveau pendant vingt-I|e^f ans. Son successeur , Ptolémé^ Soter II , éprouva la même catastrophe. Sa mère Cléopâtre et son jeune frère Alexandre , se conjurèrent pour lie déposer, occupèrent sou trôpe pen-
dant dix-sept ans , en furent précipités par ceux qui les y avcJîent élevés , et lui-même, rappelé, reprit la couronnie, qu*U porta huit ahs encore . Mais k Canon des Rois ne no^nme dans l'espace de temps compté depuis r avènement de Philométor jnsqu'à la mort de Soter H , que \ts souverains légitimes de TEgypte, Philoméfcor auquel il donne vingt-cinq ans àt règne , Evergète H qui en a vingl-hèuf, et Sôter II, trentesix , sans parler ancuttement du premier règne d'E vergeté ni de Tèsurpatiiott de Cleopâtre et d' Alexandre, dont toutefois les temps sotitcompris dans le nombre d'années dn règne des princes nommés. Ainsi tous les temps sont exprimés sans latunefs , et la ttiélJiode adoptée par rauteiir dû Canon reste comme xxû cadre dans lequel tous les élémens doivent venir se placer", les faits historiques être circonscrits ; fet'le principe qui a réglé sa rédaction , principe tout arithmétique, garantit assez son é^iàctitude. On a donc pu , malgré les différences qtS viennent d'être indiquées , le prendte ici pour
INTnOBUCTION. 55
premier guide , et foûder Àut son emploi la ju3te esp^ance que , combiné avec les médailles , les inscriptions , les historiens et les chronologistes , il pourroit conduite à de satisfaisons résultats* -
Tei est r ensemble des documens que Tantiquitépeut foul:iiir à la discussion présente.»* et qu'une judicieuse critique doit rapproduer et comparer avec une pareille attention^ Ce sont là les, sources primitives auxquelles oa doit puis»^oserons*iious dire exclusivemcot à toute autre qui ne-sieroit que secondaire?.
Celles de cet ordre y en effet vpoiirroècnt*^ elles obtenir le même degré de confiance ?
on ne le pense pas, puisqu'elles ne sont i]iiè des dédiictions d'un principe dont la^eonr^ noisaance esl ici d'autant plus impotente ; d'autant plus néeessaice , que ces mêmes déductions ne sont pa^cQnsi4é|[:ees oo^àtne coa^lètemenl exajcte^ ; .-rt : il :seroi'ï}¥éf itorr Uement inutile de rte faire quelw^epto-r duire^ puisque avec elks la ques^imij; proposée n'ein est pas moins ' jfuaqû'i^i , dan», ré;ponse . Ge n'est pis -.queîikvpîupdirt .^'ctttre