C. Yibius Maximus
ny T, • c» ^ I quifurent succe»»
T. Petronius becundu» 1 ^ . ,-,
. . > siTement préfata
Un autre Petronius l « ^^^
I de l£gjpie|
Petronius Balbus M. Ulpius Primianus enfin l'empereur Hadrien et l'impératrice Sa« bine. Hs certifient unanimement avoir en* tendu la statue de Memmon rendre des sont au lever du soleil. L'on peut et l'on doit même remarquer à ce sujet que l'histoire de l'existence de ce phénomène ne remonte pas plua hauttpxe la domination des Romains en Egypte. Hérodote, Homéré ne le citent pas, et rien ne prouve que les Egyptiens aient supp^if^ cftte
4i6 ANHALES 1>1Ê.S I<4GIDES.
qualité à la statue de Memnon ; mais leur si^ leuce y celui de Diodore de Sicile même , pourroit-ily pour les temps qui leur sont postée rieurs, infirmer les témoignages que nous venons d'indiquer?
Sans nous arrêter à examiner ici plus spécialement cette autre question^ nous dirons que cas témoignages , ces dépositions publiques existent encore dans les nombreuses Inscriptions grecques ou latines qui couvrent la partie antérieure des jambes du colosse de Memnon :
celle que l'impératrice Sabine y fil graver sera le sujet de ce Mémoire.
C'est une inscription grecque, de sept vers, qui se lit sur le pied gauche de la statue , dans l'espace existant entre une ^utre inscription où se trouve le nom de l'empereur Hadrien , et la naissance des doigts du pied. Pococke l'avoit vue et transcrite figurativement dans sonVoyage (i). Les membres de la Commission d'Egypte, qui ont éjtud^é • atjsc tant 4^. soins les ruinés de Thèbes > 4a» i^eproduisent. dai^s la JDescription de cette ancienne capitale (a),
. (i) Tom* I , pag. io5 , planche- 39. * .
(a) Description de l'Egypte* -— Antiquitës ; Descriptioa TieïTbèbes, pag. n4. . .. . '
APPEKDIX. 4<7
adoptant le texte revu et corrigé qu'avoient aussi adopté avant eux les divers auteurs qui l'ont rapportée : Leich, dans son Explication de quelques «inscriptions grecques du recueil de Mui'atori (1)5 d'Orville , . dans ses Commentaires sur Chariton (2)^ Jablonski^ dans son livre de Memnone Grœcorum (3) 5 Zoè'ga, dans ses Numi jEgfplii (4) ; enfln M. Langlès, dans son édition du Voyage de ^orden (5).
M. Frédéric JacoLs Ta citée aussi dans le Mémoire sur la statue de Memnon, qui fait partie de ceux de l'Académie de Munich (6)^ et il l'a ensuite instrée au tome i^" à.e ses Analecta (7), avec des différences assez essentielles puisqu'elles portent sur les deux derniers vers de l'Inscription où se trouve la date que nous nouis
(i) Ad Grgcas Murai orii Inscriptiones expUcat. eur» secundœ* Lipsîm^ 1745, 4^, pag. 84* (a) Page 53i.
(3) De Memnone y pag. 9a, iii-4".
(4) Numi /Egyptii imperatonî; Romm ^ 1787, 4^)P38 99 •
(5) Voyage de Norden; Paris, i^gS, 4^» *o™- H» P» 2^7'
(6) NoQYeauz Mémoires, 1809-1810, pag. 67 et snîv.
(7) Page 8aa. — Le Syncelle indique la sX^iixt parlante de Memnon ; mais est-ce- lui ou. Jules l*Âfricain qui la cite ? On ne sauroit le décider à la lecture de son texte , pag. 72. Jules TAfricaili n'ëcri^it qu'après Hadrien.
4l8 ANNALES BS& LAGIDES.
proposons d'examiner. Mais tous ces écrivains^ sont a peu près d'accord sur les six premiers verj qu'ils lisent ainsi :
EKATON AYAHCANTOC ETQ DOBAIOC BAABINOC •QNAC TAC OEIAC MEMNONOG H *AM£IïO«
flAeON OMOr A EPATA BAdAHIAI THAE CABIKA 0»PAC AE nFCi>TAC AAIOG ECXE APOMON
KOIPANO AAPIANO) nEXHTO AEKAT6> ENIAYTCO AMATA AE ECXEN AOXP EIKOCI KAI mCTPA.
Nous reviendrons sur le sixième vers ; mai^ on voit déjà qu'il s'agit de Publius Balbinus qui y étant venu accompagner l'impératrice Sabine, certifie avoir entendu les sons divins de Memnon ou Phamenoph , à la première heure de la course du soleil , la 1 5* annëe de l'empereur Hadrien, le mois égyptien athyr étant a son a4^ jour.
Pow coiinottre Ja date pr^Qis§ 4u Wt que cette Inscription rappelle , on doit déterminer avec précision deux choses également décisives : 1* ce qu'il faut entendre ici par la 1 5* année d'Hadrien ; 20 à quel jour d» (Wile^drier jujîen répondoit le a4 du mois égyptien athyr. Lorsqu'on sera fixé sur ces deux points, on saura à quelle époque précise Hadriçn étpit dans la Haute-Egypte, et exactement quel jour Sabine
et Hadrien lai-mém^ ^ç (rouvoient devant la statue de Mçipnon. Çiss époqufs^^ exactement connues, pourront fournir qu^lqties secours pour U cbrppQlogie selon divers ceilendriers conaparéç , et ppur l'histoire d'Hadrien en particulier. On verra aussi quels ^tiles éclaircissemens peut fournir^ dans les discussion^ du geiire de celle-ci, rj^ewero/o^e rétabli dans son exactitude primitive et tel que noua l'avons ailleurs présenté (i).
Le docte et laborieux Zoëga, rapportant dans l'ouvrage déjà indiqué une médaille d'Hadrien numérotée 58 (pag. io5), sur laquelle on trouve l'indication de la 6" année de son xègne et la figure d'une galère voguant à pleines voiles, a fait précéder, à ce sujet, le catalqgue des médailles de ce prince, d'une dissertation qui a pour titre : De Temporç <fuo in jEgjfpto fuit Hadrianus , ad numum cum typo nayis anno imperii VJ p^rcu^sum (2). Zoè'ga recberche , en effet , dans cette dissertation , à
(i) yûff£ l'Exposé des travaux cle la Classe d'Histoire et 4e liUtërature ancienne de l'Institut , depuis le i*' juillet s8i49 par M. Daunou, pag. 65, 66 et 67.
(a) Numi^igyptu^ pag. 94.
420 ANNALES DE& tAGIDE^.
quelle époque de l'histoire d'Hadrien se ràp-> porte la médaille qu'il veut expliquer et sur laquelle il suppose que la galère à voiles déployées indique un voyage de ce prince en Egypte. Par occasion, il transcrit aussi l'inscription qui nous occupe et il en retranche le septième et dernier vers, sans autre motif cependant que l'impossibilité présumée de lut trouver quelque rapport avec le reste de cette Inscription. Il examii;Le ensuite l'indication delà. i5* année du règne d'Hadrien qui se trouve dans son cinquième vers, s et san« chercher à résoudre la difficulté qu'il présente , il se contente de l'indiquer dans, ce peu de mots : at de anno dubium relinquitur utrumfuerit U,C.
883, an 884, q^t^d XV imperii ex jEgyp^ tiorwn calcula cwn priori convertit , XV tri" bunitiœ potestatis cum altéra. Ld difficulté que présente ce vers , est , en effet , de savoir si la i5« année du règne d'Hadrien y est indiquée selon la manière de compter à Rome les an* nées du règne des empereurs, ou selon la méthode adoptée à cet égard par les Egyptiens.
C'est là toute la question :' elle exige qu'on expose d'abord en quoi consistoient ces deu3^ manières si différentes L'une de L'autre.
A Rome y les années du règne des empereurs «e comptoient du jour où ils parvenoient au trône ; de sorte qu'après la révolution complète d'une année julienne, une année nouvelle de ce règne commencoit périodiquement à ce même jour. Ainsi , Hadrien ayant reçu la couronne le 1 1 du mois d'août ( i ) del'année 117 de l'ère vidgaire , le renouvellement des années -de son règne éjtoit irréyocablem^ent attaché • à «en* jour d'août 5 U seroit donc facile de dire en quelle année de la nt^me ère Hadrien visita la Haute^Egypte , si la 1 5* année de l'Inscription se rapportoit à la méthode romaine.
Mais, quoique 'soumis au sceptre de Rome, les Egyptiens se servirent d'une manière différente de compter les années du règne des empereurs. A cette époque e^core , ce peuple conservoit , autant que cela lui fut pennis , ce religieux attachement à ses usages nationaux, qui fut , dans tôual les temps et sous ses maîtres divers', le trait principal de son caractère. Malgré l'introduction de l'année jfixp par Auguste,
(i) ^llus Spartiànus : III iduum earumdem \'Augusii)^ çuando et natalem imperii instUuit celebrandum , excessus ei Trajani nuniiatus est* Tom* I. Hist A"S^ Scriptor.^ Bi^
422 ANICALES tttS tlGIDES.
Tannée vague fut presque généralement en usage dans toute l'Egypte, surtout daus les relations privées ; et Ptolémée y long- temps après Auguste, écrivoit selon le système de l'année tàgue, comme nous l'avons démontré ïiilleukri (i)> leà observations astronomiques consignées dans son Âlniagesle (2). C'eist ainsi que l'EgJ'pte , quoi<}Uie Jirovince romaine, persista dans sa coutume de coihpter les aniiées du régne des empereut*à selon uttè méthode qui lui fut particulière, et qui se rattachoit plutôt à l'année égj^p tienne qu'à l'année romaine • Nous avons dit , dans notre Mémoire sur
(i) Chromùlogle ée tAlmagesie^ Mémoire la à l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres de rinstitut , les 4 c^ II septembre 1818 ^ et faisant partie de nos Rithenhes sur les calendriers compara de plusieurs peuples anciens. (Su^k^ pag. 419* no^e i.)
(a) Il se serrit de l'année fixe dans son Calendrier des phases des étoiles pour les diverses époques de Tannée : Vd^acic AirX«vwy àor^v ^ 6u ïnerràntUimSUllarum Apparition mes. Il en avertit lui-même en disant: le 1*' dé HiblSh tépovà chei nous au ^ d*août : xa^ n^ il iLvyciçw x>\ Faèriciiu, Miéli'otK Grmcas tom. III > pag. lfi% (qui devroit être la Ifil^*), -- Fréret , Âcad. des Belîes-Lettrek , XVÏ, Mém. «3i. — JàeUr^ Ueeer den ktdemder. du PtaUmiiui Berlin,
VHémérologe (i), que lorsqu' Auguste asservit l'Egypte, il fit de rannée vague égyptienne de 365 j ours, une annéefixe de 365 jours et un quart, dont le premier jour ou le premier du mois égyptien thôth fut attaché au 29 du mois d'août romain soit pour les deu% premières années qui suîvoientûnebissettile julienne, soitpourlabis* sextile elle-même ; et au 3o d'août pour l'année t][ui précédoit la bissextile immédiatement. Ce fut ce même premier jour du mois de thôth qui continua de régler pour les Egyptiens, quoique devenus sujets dés Romains, le commencement de l'année civile dans l'un et l'autre système de l'année, fixe oti vague ; et comme s'ils avoient voulu concilier ce qu'ils dévoient à leur métropole avec ce tjue leur commandoît ce souvenir traditionnel qui faisoit pour eux du premier jour d« leur année une solennité politique et religieuse, ils s'empressoient, dès qu'ils étoient informés d'e l'élévation d'un nouveau chef au trône dé T-empire , de frappei» des tnonnoies à son nom , et ils les marquoieiit de !a première année de s^n règne. Mais à qHielque époque de
(i) Redierchés sûr les calendriers coinparës^ elr«, suprà , pag. 419 , note i.
Tannée que ce spuVerain fût parvenu au trône , le i" de tliôth égyptien ou le 29 août romain qui suivoit immédiatement cette époque^ de-p venoit le i^' jour àç la 'a"^ année de son règne , ne laissant ainsi à la i'^* que le peu de mois ou quelquefois le peu de jours qui s'étoient écoulés depuis Tavénement du prince jusqu'au l'^thôth ou 39 août d'après cet avènement. Cette supputation étoit continuée du premier renouvel-r lement de thôth au renouvellement suivant , c'est-à-dire^ selon les Romains^ du 29 août d'une année au 29 août de l'année suivante , ce qui rétablissoit l'ordre numérique dans la longueur régulière de l'année , toutefois en avan-r çant beaucoup dansia seconde lorsque souvent la première révolution annuelle n'étoît pas eii^core terminée ^ et comme la fraction qui étoit comptée pour la 1 "• année du règne d'un prince, appartenoit à une année qui déjà avoit été comptée comme la dernière de son prédéces<r seur, il en résultoit nécessairement des doubles et quelquefois des triples emplois de temps qui aujourd'hui^ si Ton n'en éloit prévenu, apporteroient le plus grand désordre dans une portion considérable de la chronologie ancienne. Par exemple , Othon , successeur d^
Galba, ne comerva la couronne que peu de jours 5 et comme, selon le rapport de Tacite ( i ), les provinces orientales et notamment l'Egypte le reconnurent, Antioche et Alexandrie frappèrent des monnoies <jui portoient son nom.
Celles d'Alexandrie ont toutes l'indication delà i*'** année, L.A. ( Auxaêovroç Trpwrou). Si le hasard eût fait commencer le court règne d'Othon de telle manière qu'un i*' de thôth ou 29 août se fût trouvé dans le petit nombi*e de jours de sa durée , Alexandrie auroit marqué la a* année » du règne d'Othon sur ses monnoies par L. B.
( Avxàêavroç Ssurépov ) 5 cette a** année auroit commencé le 2g du mois d'août, et si l'on ne connoissoit pas la manière de compter le temps du règne des princes adoptée en Egypte , on seroit fort embarrassé pour faire concorder celte 2* année du règne d'Othon qui seroit indiquée par des monumens, avec le petit nombre de jours de son existence comme prince prouvée par les historiens (2). Chaque renouvellement
(i) Hisforiarum lib. I^ cap. 76; lib. 11^ cap. 32.
(2) Notre exemple supposé est réalisé par les médailles de Galba , marquées de la 2^ année de son règne quoiqù*îl |i*ait duré que 7 mois (du 9 juin 68 au 16 jaavier 69) «
426 AimAI.ES DES iAGID£S;
de lannée égyptienne qui , devenue fixe , arrî" voit le 29 ou le 3o du mois d'août ^ marqnoit donc y pour le règne de 3 empereurs, le commencement d'une nouvelle année (i).
Ce principe est absolument vrai, et le renouvellement des ailnées marquées sur les médailles romaines d'Egypte avoit toujours lieu dans le système de l'année fixe , parce que rémission des monnôies légales étoit soumise à des règles certaines, et que, revêtues d^un caractère public, elles ne pouvoient pas consacrer l'usage d'une espèce d'année différente de celle que le gouvernement Ini-méme avoit établie. On ne doit donc pas chercher des traces de Tannée vague dans les médailles de l'Egypte romaine. Si l'on a cru qu'il existe à cet égard une exception dans les médailles de Probus(2)y
mais lin renouYellement de Tannée fixe égyptienne (le ^ août) eut lieu dans cet interralle ; de qui suffit, pour confirmer tout ce qu'on YÎent d'exposer*
(i) On connott sur cette manière de compter les années des empereurs ro ma i ns en -Egypte > les l i ec he r clies de Bîmar de la Bastie venu après le cardinal Noris, le P.Pagi» de laTorre ; et les contradictions de M. delà Barre. — Académie des Bell^-Lett'r'es ^ Ail, hist. , pag. 137.
(a) J^Nauze> Académie des BeOes-Lel^res, Mémoires, XIV, pâg. 34^.
cela n'est pas encore bien certain^ mais, dans tous les cas y elle n'est point applicable à Hadrien , dont la 22* année inscrite sur ses médailles ne peut être expliquée que par Tusage de Tannée fixe, comme on le verra bientôt.
Nous ne saurions nous arrêter ici sur les diverses quesrtions relatives au calendrier égyptien , qui sont encore à décider malgré les travaux de Scaliger^ de Pétàu , de Fréret et de LaNauze: on pourroit presque dire que M. de La Nauze embrouilloit d'une main te qu'il édaircissoit de l'antre ; et si quelques ùkies de ses oxpli cations ont fait connoitre quelques vérités, combien d'erreurs n'a-t-il pas accréditéies surtout en croyant à l'usage civil d'une année fixe en Egypte antérieurement à sa soumission aux Romains ? Lasuite de nos Recherches sur les calendriers des anciens peuples, nous permettra de fixer avec plus de précision , tel est du imoins notre espoir, tout x:e qui eM; relatif auk usages de l'Egypte daiis c^tte partie de ses institutions «i importante pour la chronologie.
En attendant , on peut encore remartfribr ici que le Canon Astronomique des Rois placé en ,^éte de l'Almageste de Ptolémée , est dres.sé
428 ANNALJ^S^ PES I«AGIDES;
d'après une autre méthode qui n'est ni celle ijue donne l'ordre chronologique exactement suivi, ni celle que nous trouvons par lés médailles et les inscriptions grecques de l'Egypte romaine. Mais dans le Canon Astronomique des Rois y comme sur les médailles et dans les inscriptions, c'est Tannée égyptienne qui a servi de règle à la division du temps, quoique une partie d^ cette liste ait été, dit-on mais sans preuve, di*essée à Bahylone, une autre partie en Egypte , et la troisième à Alexandrie sous les Romains,
Il suiEt ici de savoir que le Canon Astro-* nomique de l' Almageste doit être étudié d'après une règle particulière y laquelle fait aussi con^noitre pourquoi, p^trmi les princes qui occu^ peut l'intervalle de temps qu'emhrasse cette liste , on n'a pas compris ceux qui , dans cet intervalle, ont régné moins d'une année entière 5 de sorte que les mois et les jours de leur souveraineté se trouvent ajoutés aux années des autres princes. Mais tout ceci étant exposé dans une autre partie de notre ouvragç(i), nou^ revenops à Hadrien,
(i) Supra, tom. I^ Introduction^ pag. 3a à 43*
APPEKBIX; 4^9
Ce prince parcourut souvent les diverse^ provinces de son empire. Il ne pouvoit oublier l'Egypte, la' plus importante peut-être, dont il s'occupa plusieurs fois , et dans laquelle il eut à calmer des troubles sérieux qu'avoit fait naître dans Alexandrie la découverte d'un Apis que chacun vouloit placer dans un lieu différent(i) : nouvelle preuve de l'attachement que les naturels Egyptiens conservoient encore pour leurs anciens usages, à une époque où l'esprit et 1« but en étoient déjà ignorés. Mais cet événement fut antérieur au voyage d'Hadrien en Egypte, constaté par Appien (2), par Dion Cassius (3) j et par le rapport d'iElius Spartia- BLUS qui en parle en ces termes (4) :
« Peragrata Arabia , Pelusium venit , ei » Pompeii tumulum magnificentiîis exstruxit, » Antinoum suum , dum ver Nilum nas^igat , » perdidity cfuem muliehriterjlev^it. »
Il résulte de ce passage que l'époque de la mort d'Antinous fut celle du voyage d'Hadrien
(i) jEUus Spartianus^ apnd Historiœ Aug, scriptores; Bipontî^ ^i^l, in-8°; I, i3.
(a) Appian».^ Bell, Ch., II > pag. 48 x«
(3) Lib. LXIX^ pag. 7g3.
(4) JEUus Spartîanus (ulsuprà),!, z5.
43o ANNALES OXS lAGIDES.
en Egypte. Eusèbe, qui a noté cette mort dans sa Chronique , la place à la 1 3** année du règne d'Hadrien (i), laquelle commença selon la méthode romaine le 1 1 août 1 29 et finit la veille du même îour de l'année i3o de Tère vulgaire^ car Eusébe compte ici , comme dans tout le reste de son ouvrage, avec une^nnëe fixe. Cependant l'Inscription de Sabine est datée de la j5* année d'Hadrien , et si cette iS^'annëe étoit une année julienne et romaine , elle fixeroit l'époque du voyage de Sabine et d'Hadrien à deux années plus tard que la mort d' Antinous, au mois de novembre de l'an 182 de l'ère vulgaire. Mais la mort d'Antinous et le voyage d'Hadrien en Egypte ne pouvant pas être placés à deux époques différentes , on est ramené par le rapport d'Eusèbe à l'an 1 3o de Tère vulgaire, la 1 3* du règne d'Hadrien , et l'on est déjà conduit à penser q^e l'Inscription de Sabine est datée selon la méthode égyptienne. Pour préférer l'opinion contraire il faudroit d'abord supposer une erreur dans la Chronique , et l'oa verra plus bas combien sur ce si^jet elle mérite de confiance, et de plus ajouter une seconde supposition à la première en retardant de
(i) Euseèii Chronic, , pag. 167.
deux années la mort d'Antinous. Mais l'accord bien remarquable cjui existe à cet égard entre le texte d'Eusèbe, le texte de l'Inscription, et les médailles d'Hadrien et de Sabine frappées en Egypte à l'occasion et à l'époque de leur voyage , démontrera que l'auteur de l'Inscription a fait usage de la méthode jégyp tienne.
On a déjà vu que l'opinion des meilleurs cbronologistes place Hadrien sur le trône le 1 1 du mois d'août de l'an 1 1 7 del'ère vulgaire (i). Il régna 20 ans 10 mois 29 jours, et mourut le 10 juillet de l'année i38, dans la 21' année de son règne. Cette année fut comptée la 22* par les Egyptiens , parce qu'au premier renouvellement du thôth qui suivit immédiatement l'élévation d'Hadrien au trône , la 2'' année de son règne commença pour l'Egypte, ce qui arriva le 29 août de l'an 117, c'est-à-dire 18 jours seulement après le commencement de son règne . Ainsi , selon les Romains les années du règne de ce prince se renouveloient tous les 1 1 du mois d'août ^ selon les Egyptiens c'étoit tous les 29 du même mois, et les 18 jours qui avoient précédé ce premier 29 août ayant été comptes
(i) yof. TArt de yërifier les dates, tom. I, et svprà^ pag. 4^1^ note i.
43a ANNALES D£S LAGIDES.
pourmne aniiéi: , il en résultoit que la méthode égyptienne c toit eu avant sur la méthode ro> maine d*une année entière moins 1 8 Jours. Eà réduisant les deux méthodes à une expression commune, c'est-à-dire à l'année romaine, on en suit plus facilement la discussion ; et, d'aprèsi ce qui vient d'être dit^ on voit qu'Hadrien ayant commence de rég^ner le 1 1 août i i^^le ri août de Tannée suivante 1 18 étoit pour les Romains le premier jour de la 2* année du règne de ce prince , tandis que pour les Egyptiens cette 2* année étoit fiuie moins 1 7 jours , la 3* commençant le 29 du même mois. On voit aussi que dans le mois d'aoûl de la même année 118, et dans l'intervalle de 18 jours seulement (du 1 1 au 29), la i*'* année romaine s'accomplissoit le 10, la 2* commencoit le 1 1 , la 2* année- égyptienne finissoit le 28^ et la 3* s'ouvroitle 29. Cet ordre dura pendant tout le règne d'Hadrien , et ainsi il ne se trou voit qu'un intervalle de 18 jours entre la i*'^* aunce romaine et la 3* année égyptienne , entre la i"" année romaine et la 5* année égyptienne, la i3* et la i5*, etc. Le tableau suivant indique exactement ces rapports de la succession périodique des années de ce règne selon les Romains et selon les Egyptiens.
APlÇENDtX.