CHAPITRE SECOND
Epoques de la mort d'Alexandre, et de l'asservissèment de l'£gypte par les Romains.
§ I**. MoH d Alexandre.
Saint'Jean Chrysostôme , s'adressant aux Corinthiens, s'écrioit : Dites-moi où est le tombeau d'Alexandre , indiquez-moi le jour de sa mort (i). Si ces deux questions que réloquence chrétienne adressoit, comme un défi , à l'antiquité payenne , étoient dès lors difficiles à résoudre , on conçoit sans peine tout ce qu'un intervalle de quinze siècles de plus doit y avoir ajouté d'incertitudes et d'embarras. Nous allons néanmoins examiner ici la seconde , et chercher à reconnoître l'époque précise , l'année et le jour,
(i) Joan. Chrysost. in episL ad Corintb* Uomel, a6 , cap. XII , t. X , p. 6a5.
MORT D' ALEXANDRE. 6l
de la mort d'Alexandre. Cet événement est un des plus mémorables dé Thistoire ancienne ; peut-on savoir ce que seroit devenu le monde , si le conquérant macédonien avoit , quelques années encore , retenu la fortune comme soumise à ses destinées ? Il n'auroit pu rester en repos , dit son historien (i), tant que son ambition auroit convoité l'asservissement d'un empire ; et l'ambition heureuse peut -elle avoir d'autres bornes que celles de la vie ?
Deux moyens inséparables, ou plutôt conséquence l'un de l'autre, peuvent servira l'examen que nous nous proposons : le premier consiste dans l'ensemble des rapports authentiques des écrivains et des monumens de l'antiquité ; le second , dans la plus vraie manière de les entendre et de les faire servir à conduire au but indiqué.
Un académicien justement honoré a déjà fait observer que la chronologie de l'histoire d'Alexandre offre de nombreuses diffi-
(0 ArrUa., Vll,i6.
^2 ANNALES DES LAGIBES.
cultes (i) : les deux époques principales de la TÎe de ce prince , sa naissance et sa mort, ïk'en sont pas même exemptes. Il importe tellement au sujet de cet ouvrage de vaincre celles qui s^ opposent à une exacte détermination de la seconde époque , qu^on ne peut nous blâmer, après tant de travaux consacrés à sa recherche, d^essayer encore d'y parvenitJ
Nous écarterons d'abord de cette discus-^ sion , les opinions diverses émises par tous ceux qui , depuis la renaissance des lettres , ont entrepris de traiter la question que nous examinons après eux. Ce nèseroitpas marcher au but , que de rappeler leurs sentimens divers, d'en faire remarquer les dissemblances ou de les expliquer; de faire voir que la plupart des critiques modernes se sont plus occup es à faire valoir un système adopté d'avance, qu'à examiner la question, trèssimple en elle-même , quand on la réduit à ses véritables élémens. Nous croyons le faire
en reprenant les choses de plus haut , et
(i) Saintê^Croix ^ Hist. d*AIex.,58a.
comme si ce sujet n^avoit pas encore été discuté , en remontant aux sources pour y puiser les notions du moins authentiques qui peuvent seules servir à le traiter convenablement.
Celui des écrivains de Fantiquité, qui doit, lorsqu'il s'agit de l'histoire d'Alexandre , inspirer naturellement le plus de confiance puisqu'il ^ spécialement décrit les expéditions de ce conquérant , Arrien , s'exprime ainsi sur l'époque de sa mort : Alexandre mourut la cxiv* olympiajde , sous Farchontat d'Hégésias à Athènes ; il vécut treate-deux années et huit mois de la trentetroisième , comme le dit Aristobule ; il régna douze ans et ces huit mois (i).
Diodore de Sicile , racontant les événexnens qui se passèrent pendant la première année de la cxiv* olympiade , Farchonte d'Athènes étant Hégésias qu'il appelle Synagésias , met la mort d'Alexandre au nombre
(i) Arrian. , ée M^v* Ahw, Ub. VIL, p. Sog; Lugd. Bat. 1704, /*.
de CCS événemens, Caius.Popilius et L. Pa-» pirius étant consuls à Rome (i).
L^historien des Juifs , Josephe , qui est venu après Diodore, adoptant son indication, dit qu^on s^accorde généralement à croire qu'Alexandre mourut dans la cxiV* olympiade (2).
Enfin Eusèbe, dans sa Démonstration Evangélique (3) , répétant les paroles de Josephe dont il rapporte presque mot à mot le passage , ajoute un peu à son contenu , en indiquant la mort d'Alexandre pour le commencement de cette même cxiy* olympiade.
Si Ton veut exactement apprécier la valeur relative de ces quatre témoignages , on reconnoît qu'ils se réduisent à deux, puisqu'Eusèbe a copié Josephe , et que celui-ci n'a fait qu'adopter l'opinion émise par Diodore de Sicile. La manière même dont s'exprime Josephe , prouve qu'il exis-
(i) Diod, Sic.^ XVII. p. 349. Amstelœd., X74S, f».
(2) Joseph, coni. Appiùn, , lib. I. cap. aa.
(3) Lib. VUI , p. 3^9 , Parbiis , i&iS , f .
uoBT d'axexandre. 65
toit quelques doutes sur la certitude de ropinion qui fixe la mort d^ Alexandre à la cxiv* olympiade , puisqu^U donne cette indication , non pas comme positive , mais seulement comme assez généralement adop-
tée.
On peut examiner ici jusqu^à quel point ces doutes pouvoient être légitimes ; et, quoique nous ignorions vraisemblablement aujourd'hui la plus grande partie des faits sur lesquels ces doutes étoient alors motivés , les élémens qui nous restent peuvent cependant conduire à leur appréciation exacte. S'ils se trouvent fondés, ils serviront à nous faire trouver l'époque que nous cherchons ; car, après avoir réuni tous les rapports qui peuvent différer de ceux qu'on vient d'énumérer, il stra peut-être possible de tirer de leur rapprochement quelques résultats dignes d'une entière confiance.
Au premier rang des témoignages qui contredisent formellement les assertions d' Arrien et de Dîodore de Sicile , on trouve celui de Démétrius de Magnésie , cité par
66 ' ANHALES t>^ l^AaiBE^S.
Diogène de La'ëree (i). Dëmétrius dit qu* Alexandre movnit à B^yloqie y dans la cxiït* olympiade,^
^ Denys d^Halicarnâsse , parlaiftt. de la Harangue de Dëmosthèite , apologétique des présens d'Harpalus , dit qu'elle fut prononcée vers le temps de la mort d^ Alexandre , sous Tarchontat d'Anticlès (^) ; et Tardiontat d'Anticlès est de la quatrième année de la cxiii* olympiade (3).
Plutarque a placé, dans le huitième livre de ses Symposiaqttes (4) , Diogène de Pergame qui, recherchant des synchronismes historiques, rappelle que Diogène le cynique et Alexandre sont morts le même jour.
Satyrus , philosophe péripatéticien , qui avoit écrit la vie de plusieurs hommes célèbres , et dont Athénée (5) a conservé le
(0 />^ LaertittSy lif>. VI ^ im Diag. ton. II, 35x ,
(;a) Dionjrs. ffal. Mphioh fid, Àmmm r< i3.
(3) Corsini, Fasti Att. IV. 49. — (4) VÏIÎ, cap. i.
$oiiTemr«t les opinions, diBoitpositrvenieat dan& ViâstoStrt de Dîogèn^ le ^gruîque , q^'il etoit mort en ^e *iienâant aux jeus: olympiques. C'csl Saint Jérôme (i) qui Ta répété d^ Après lui , et nous a coB&ervé cette prédoe ifldîcation ; el: comme les jeux olympiques oirviireiit la premîène asmee de I0 €XJV* olympiade , Saint Jérôme et Satyrus ootis apprenaent que la mort de Dw^ae tst de la fin de Ifl cxiif *" , (pà etoît bieti le temps où ce pseudo-philosophe dermt s^ét^e mis en route po«r se rendjRe à ioes jeux.
Aussi Suidas , d'accord avec ^atym^ et Athénée , fiice également à cette même cxiir olympiade la mort de Diogèoe (2).
CoRime la mort d' Alexandre arriva au mén^ temps qiie ceHe de iDio^ène , elle doit appa:rtemr à la xstème époque ; et cWt en eftet ce ^qué Demétrius de Magnésie , déjà <àté {3) , assure po^itivemeat , en di-
■' m I ■ I I I ■ Il ■ Il I ■ la
{if s. ffieroBjrm., iVy 307. — (af) Sutdàs, v«fko tiùyUnç»
i^ JDJag, Lagrlf^ Jb J^îegi^^ov^* I^^P* 3^^; suivant la
correction faite panr Sainie^Croixy Hbt. d*Alex. , pag. i636,
note 7.
sant qu^ Alexandre mourut à Babylone le même jour que Diogène mourut à Corinthe ^ et dans la cxiii* olympiade.
Ainsi Suidas, Plutarque, Satyrus cité par Athénëe , Denys d^Halicarnasse , Démétrius de Magnésie dont Diogène de Laërce adopte les opinions, se réunissent pour fixer la mort d'Alexandre à la quatrième année de la cxiir olympiade , sous Farchontat d'AnticIès à Athènes, Eusèbe , dans sa Chronique , indique le même événement à la même année de la même olympiade (i).
Si Ton pouvoit hésiter un instant entre le rapport formel de tous ces écrivains, et l'assertion de Diodore de Sicile adoptée par Josephe, copiée dans la Préparation évangélique d'Eusèbe , on ne tarderoit pas de se rendre à Fensemblcdes témoignages des premiers , lequel réunit à une persuasive unanimité tout ce que le caractère particulier de ces écrivains , et le temps où
•MaaB^*«Hiaail«MaOT-MWM«MiMMiMiMM^MM«M»>-«MM>— *■■——«■■— Mandai.»
• (i) JBuseêii CAronUûn, p. x3d latine, et p. i63 gracè.
MORT D'aLEXANDHB. 69
chacun d'eux a vécu , peuvent encore y ajouter de certitudes ; et à cet égard nous devons rappeler, sans toutefois chercher à jeter de la défaveur sur la partie chronologique de l'ouvrage de Diodore de Sicile , avec quelle précaution il fiaut se servir de ses indications , dans la recherche de Fépoque d'un événement qu'il rapporte. M. dé Sainte-Croix , le savant Frérçt , l'exact .Corsini, ont pris la peine de le démontrer *(i). Il ne sauroit être agréable d'y ajouter encore ; mais l'intérêt même de cette discussion nous forcée de faire remarquer qu'après avoir mis la mort d'Alexandre au nombre des événemens arrivés pendant la première année de la cxiv* olympiade, sous l'archontat d'Hégésias, il transporte à FanQée suivante , la seconde de la cxi y* oly nipiade et sous l'archontat de Céphisodore, l'époque des dissensions qui s'élevèrent à
(0 Sainie-Croix ^ Hîst. d'Alex., 586. — Ftéret , Acad. des Belles Lettres, XXVII , 149. — Corsim, Fmti^ III, prol. xuv — xLvi.
JO ANKAL£9 ]>£6^ LACIDES.
Babylone même, parmi tes généraux, pour lé choix de sdti siikcéêssenr (i).
Il en rësoheroit que ces officiers d^A* lexandre auroientpasfi^ aumoms une annëe ejTtière sââs songer à ce choin ; cai'd'un côté lâmorid'Ale^ândriiiepeiitpasétre éloignée de répoc(ue de» )etk% olympiques qoi eurent lieu au Commencement de la première année de la Cxiv* olympiade, et de l'autre ce n'est que dans l'année suivante que les généraux auroient pensé à régler la succession à l'empire. Mais toutes les notions historiques contredisent formelkment ce résultat ; les dispensions doiit parle cet historien, et qu'il met sous Céphisodore, naquirent le lendemain même de la mort du roi : elles détouriaèrent pendant sept jours du soin et du deroir «de l'inhumer (2). Ces circonstances ne laissent done^ an rapport de Diodore qui place la mort d^ Alexandre à la première année de la CXI V* olympiade, que le mérite d'une indi-r cation approximative.
(i) Biod.Stc, XVIII, p. 627.
(a) Ç. CuH. , X , a6.
MOBT i>^A.IJKXAKDll£. 71
MàisssI Ton examiiie cette épOqut d^ap«*èa le» noms des cobsuIs que Diodoî*e kiîmêms y attache , on trouvera que ]a inort d' Alei^ndre , ût p^r suite ks première^ dis^Q^^iis qu^elle iituaitre pibrini ses génér raux , app^irtieûnent 4 la seconde moiUé de la cxiii*" olympiade , puisqu'il aanonce lui-même que ces dissensious , dont Fépoque et la caniSe ûe peuvetit être aépvëes de la moort d^ Alexaoïdre , eurent lieu sous le con-mlat de L. Furius et B. Jlunius. Or Ddh dwel et Corsini ont »echercW avec soi» H rfconmi positivement quelle* ouf étélea relatjofis de temps entre U eonsulat à Home et rexercké de rartholitikt à Athènes, qoeis sont même les ra|>ports des annéeâ de Rome avec les annééâ olympiques (i) ; et CcM^aîni , fixant Us résultats de ces recherduet po^r les appUqut^ à iine exacte détermination des Fistei» Miiques^ n'hésite pàe à faare ccmcourir Ici consulat de L. Fu-
(1) Dôivel^ dt CyclU, Dûs. X ^ f- 44*- — ^<''*«'> Fasii AU. , Ul, proleg. xxxvni.
7^ ANNALES DES LAOIBBS.
nus et D. Junius, désignes par Diodore; avec rarchondiat d'Anticlès, qui l'exerça la qu^trièine année de la cxiii^ olym-* piade (i), tandis queCéphisodore, nommé avec ces consuls par Diodore de Sicile , n'entra en fonctions que la deuxième année olympique suîva^nte (2).
Il faut donc admettre que si les . dis^ sensions causées par la mort d'Alexandre ^ se manifestèrent sous les consuls L. Furius et D. Junius, comme le dit Diodore, ces dissensions et l'événement qui les causa sont de la quatrièmie année de la cxiir olympiade , dont la fin précéda d'une année entière Farchoiitat de Céphîsodore , qui est de la deuxième année de la cxiv*. Ainsi par les archontes, en désignant expressément Hégésias, Diodore fixe la mort d'Alexandre à la première année de la cxiv' olympiade, et par les consuls , à la quatrième année de l'olympiade précédente , la cxiii*, toutefois
(i) {JtfJÎni^ ii/V. IV, 49> (a) Md. IV, 5a.
MORT D'ALEXANDRE. yS
en nommant avec les consuls romains Tarchonte d'Athènes qui n'entra en fonctions que plusieurs mois après eux , ce qui résulle de Ja différence existante entre Fépogue de Télection des consuls et celle de Telection des archontes (i). Maintenant peut-on savoir si, dans l'intention de Técrirain , Tune de ces deux indications sur la mort d'Alexandre , est plus réfléchie, mieux fondée , plus exacte que l'autre ? Corsini va répondre à cette question , en disant : In consuUbus ipsis ad annos olympicos refe^ rendis , nnllum tas Diodoro , antiquionbus prœsertim iemporibus , prœsidiwn sperari posse{ti), •
Il faut donc se résigner à ne trouver dans Diodore de Sicile , qu'une indication approximative de la mort d'Alexandre ; et comme l'époque la plus voisine du commencement de la première année de la cxiv* olympiade selon Diodore, né sau-
(i) Oo reviendra plus tard sur ce sujet, (a) CorsUn, Fast, Ait*^ IV, proleg. xtvi.
74' ANKÂLEft BES lAGinKS.
roit être que la fin de la quatriètiMS de Folympiade précédente ^ la cxAi' selon Plularqiie , Benys d'Halkaar&âsfie et Démé-* trius de Magnéfiâe j en adoptaiit les rapports positife de ces écriyains f c^est accorder à Diodove tonte la confiance qa^il doit obteiàrt que dé placer son indicatîoB à la suite de leur témmgiiage formel , et F on pofurroit dire ^éciad; car ils s'occupoient de fixer éxac^ temefit T époque de la mort de Dîo^ène et à' Alexandre , et non pas , tomme Ta fait Dîodore, à grouper autour d^un0 année indiquée , xm certain nombre de faits dont Tarrangement étoit plutôt sonmia au plan et à Tintérêt de la narration» qu'à l'ordre rigoureux dei temps* On est donc ramené, par toutes ces considérations et peir toutes oes^ autorités » à saroîr que la moi^t d'Ale?»âidre doit être de la dernière mmt de la cxiir olyinpiade ' et âe Tarcltontat d'Antidès.
Mais Arrien , le seul des auteurs anciens, contraires à ce résultat, qu'il faille examiner à fond, rindique positivement à l'année soi-
^sMe i la première de kt cxir* olyinpiade« N^ëêi» étant archonte.
Si Ton se rappelle, les propres pdroks d'Ârrien, on sant qu^U déclare , cp'^près atoir coQgalté les nombreux historiens d'AJexandre , il a le pins souTent adopté les opinions de Plolémëe et d'Aristûbule(i)^ long-tempsf alfâchéi^ à la fortuné de ce prince qn'ils Tirent mourir i Babylone* C'est en effet d'après Aristobule qu'il assure qu'Alexandre vécuft trente-deux aimées ^ et occupa encore huit mois de la trente-troisième , Car c'est ainsi qu'il s'exprime : Bft'*>
^ ^^ noix t^ax9vt* tt^f xa) x^ rftr^v fivr^otç iiUXa€tP
AeTà,Mc>67<£ X^f^d^uitff (2), et l'on Terra bîen^ tôt combien il importe à la Tenté de reprô^ duire ce passage dams tonte sa simplicité. Il prouTe toujours qu' Aristobule ^ qui aTôtt TU mourir Alexandre à Babylone , rappor;toit que ce prince aTpii Técu trente^eux ans et huit mois, et c'est éridemment de ce té- " — ■ - • -■ • -1 - — ■ ■ - - 1 • - - 1 - — ~- — ^^
(x) Artiàh, , de Ëxp. Atet, Prw/aih.
(fl> /iiV.,UVVlI,p.9è9.
76 anKales des lagibes.
moigtiage, imposant à la vérité, qu^Arrien a conclu qu'Alexandre avoit régné douze ans et huit mois, et qu'il étoit mort sous Farchontat d^égésias dans la première année de la cxiv® olympiade ; car ces indications sont une conclusion tirée par Arrien des paroles d'Ariçtobule , et non pas une opinion exprimée par celui-ci qui , dans le texte d' Arrien , ne donne simplement que le nombre d^années et de mois de la vie d'Alexandre. Arrien, en effet, dès les premiers mots de son Histoire, raconte que Philippe ayant cessé d^e vivre sous Tarchontat de Pythodème à Athènes, Alexandre son fils prit la couronne , et partit pour le Péloponèse , étant alors âgé de vingt ans environ. Alexandre vécut encore après son père douze ans et hiiit mois , selon Fâge que lui donne Aristobule ; Arrien ayant considéré Tarchontat de Pythodème à Athènes, comme la première année du règne d'Alexandre , les huit mois de la dernière tombpient à l'archontat de Hégésias , la première de la CXI V* olympiade ; il a donc dû, diaprés cette
manière d'entendre Âristobule , fixer à celte même année la fin de la vie et du règne d'Alexandre. Ainsi le rapport d'Arrîen n'est que l'explication du calcul d' Aristobule ; mais comme , en tenant compte de la grande différence qui existe entre le calendrier macédonien dont Aristobule se servit , et le calendrier d'Athènes employé par Arrien, on trouvera que les calculs dj Aristobule , parfaitement d'accord avec les Ëphémérides d'Alexandre réglées aussi par le calendrier macédonien , ne portent pas la tnort de ce prince au-delà de la quatrième année de la cxiii** olympiade , c'est à cette même année qu'il faudra la laisser d'après les Inombreux et imposans témoignages déjà cités; d'après même le témoignage d' Arrien , car étant ramené de nouveau dans la discussion lorsque les années et les mois donnés par Aristobule seront rapportés sur le calendrier macédonien , on verra qu'il ne contredit en aucune manière le résultat qui vient d'être énoncé.
Il est encore confirmé par un passage de la Chronographie du Syncelle qui , après avoir
7« AJfIfALES DZB XAGIDES.
dit qu'à la mort d'Alexandre se& généraux se partagèrent son empire,, afoi^te qn^e cela arriva la cxiv* ol/mpiadf^ çers sort commencement^ ou même avant qiCeile eût commencé (i).
Mais, pour obtenir un résultat complet:
«t décisif à cet égard , il est isidispensable 4e se livDer k une dificusfiîon <pA deviendroM: ^t plus difiicile et plus embarrassante si ^ dan^ l'examen des époques diverses qui seroxit rappelées ici , on n'en ramenoit pas l'expression à des termes semblables, he p^ qui Tient d'être dit nr la question préseiite ^ a déjà offert deux on trois sortes d'èises :, d'annéesoudeealendriers.Le'grand nombre de passages d'auteurs anciens que nous avons à citer, et qui énonceront des lépoques selon des calendriers divers , ajouteront encore à ces difKciiltés , si noxis ne porenionç
(i) ûeoTff. Syne, ChronogY* , pèg. ^4'*"^^* ^ \£JAjt. .est m«l poiiciu^^ ans lies édilH»ii#. \\ o^ dair ^v'ii Ca«4 vji {mînt après les mots \ wpiv ap^aoOici , le reste du passage se rapportant à la mort d^Aridée, postérieure de sept ans à ceile 'd^Alexandre. v
It doin de rapporter à Tannée yuHerme et à 1 ère chrétienne , les ères et les louiées di^ rerses qui sont employées par ces écriviûiis ; et comme on s'e$t généraletnent accordé râr les rapports âe» années olympiques avec les anflees juli^nes , rapports snr lesquels les imnneases iiedberdbes de Dodwel ne lussent presque nen h désirer {i), on sait d^ que la quatrième an»ée de k cxiii^ olympiade , que nous pouvons dès ce qio^ laent considérer wmme celle de la soort (f Alexlandre , aiiiusiqne la suite de la discussi(m le pro^veira sans restriction ^ place cette mort entne le soMice d'été de Tan 324 avant Tère cfaf^ieniie et le miéme solstice de r^mnée sitivante 3^3 , la quatrième année de k cxuf^ olympiade ocrapant à peu près rintenraUe qia sépare ces denic ^olstikces^
Ce f^mt done entre le mois de juin de Van 3^4 avant rèrejchrétienne , et le mois de (uâktde l'année suivaiite 3û3, qu'Ale^siandre
8o ANNALES DES LAGIDES.
mourut à Babylone , encore à la fleur de son âge : tel est le rapport de ses historiens. Le# monumens , il est vrai , ne nous apprennent rien sur ce sujet ; ils ne peuvent point servir à vérifier, corriger ou confirmer leur témoignage , à diminuer même ce qu'il présenteroit de vague ou d^indéterminé sur un événement aussi mémorable, et ce seroit cependant pour le but qu^on se propose ici , le plus désirable et le plus utile des résultats ; car la limite d'une année entière , dans laquelle, selon l'indication déjà tirée des historiens, se trouve placé le jour de la mort d'Alexandre , est, il faut en convenir,' bien peu satisfaisante. Cherchons donc ailleurs de plus précises notions , et , pour la première fois, empruntons des écrits de Ptolémée les exactes indications qu'il fournit sur ce sujet. Leur examen fera voir en même temps quel parti l'on peut tirer, pour le borner à un moindre inter\'alle de temps , de l'emploi de diverses années et de diverses ères , dont le commencement arrivoit à des jours différens dans l'année julienne.
MORT I)'âli:xandr£. 8i
Parmi les observations célestes , en asseis grandnonibre, quePtoléméë a inscritesdans sa Composition mathématique déjà citée , il y en a huit qui sont exprimées selon di*vers calendriers , diverses ères , et qu'il rapporte à celle que fit établir la mort d' A*lexandre. Nous avons déjà fait remarquer que l'existence et l'origine de cette ère sont prouvées pai* le témoignage positif dé Hipparque, Ptolémée, Théon et Censorin (i) :
ce que nous pourrons en conclure sera , par cela même, bien fondé. Des huit observations déjà indiquées, la plus ancienne est de la 44'' ^^née qui suivit celle de la mort d'Alexandre , et la plus récente de la 463" année de la même ère. Pour ne pas, sans besoin , multiplier les exemples , nous nous arrêterons à l'observation de Mars , faite le 25 du mois Ëgôn de la i2l^ année de l'ère de Denys, correspondant, selon Ptolémée , aû.2o du. mois égyptien Athyr de la 476* année de Nabonassar, qui fut, selon lui
(0 Slu^Àf Introduction, pag. 35 et 36.
^5^ ANî^ALSa Il£$ LAGIMS.
eii^ore 9 la 52'' aprèa lamort d^ Alexandre ( i ). Cette coneordanee fait voir^aan^diffîcuHé, quelapremièi^ aiinée de Fère d^ Alexandre , Coonue au^i aou» le nom d'are de Philippe Aridée aon successeur immédiat, étoit la4dâ^ de I^abona0$ar> et ccoaiséquemxrient que ce Ukt dans Tannée précédente , la 42^4^ t <ine la mort d'Alexandre arriva. Le rapproehe*nent des autres observations datées selon Tore d'Alexandre, dcume le même résultat, et i\ ne peut être fortuit tu l'étendue de VintejrvaUe , et la rigoureuse exactitude propre à ce genre de document ne souffrant pas ntéme les à peu près. C'est djonc à la 4a4'' ^^^^^ de l'ère de Nabon^ssar,! que les dates des huit ohserrationa indiquées fixent la mort d'Alexandre.
Le. Canon astrcmomique placé ea télé de l'Almageste, et dont l'authenticité se trouve assesn prouvée , donne encore la nxéme époque , en inarquant à la 4^^^
* fi) Almageste, lÎT. X, chap.' 9, p. â36, tom. Il* de Pédît. à%M»ffaima.
année dé la ifiilitie ère dé NftboHâsMf « Id première d« Philippe Aridëer, et ta méthode^ d'après làqiielte les années Bùfit difttriboéês pour la durée du règne des princes qui y sôflé nommé», ne cotitràrie pas cette iiïdicàlién.
Elle est donc eommë l'éic^prèssiôn du Èiétiti^ ment de Pt<rfemée, d'Hipparque, dé'timù^ charis et de plusietirâ atit^M astrMidme^ qtâ savoiént que là mort d' Aksaodre ëtoUarri^ ▼éo dans la 4^4^ ^<tiééf 4e Fère d€ Nd^ona^ sar , et Théon d' Ale^âiidrie , v^teiu après ^mx^ a confirmé leur ophnon en l'adoptait daaM ses supputations aslu*Odômt<}ii0S (t)^ Ràp^ prôchonè maintentiït c0tte donnée impor-^ tante ^ de celk qoenouiiairons d^ tirés àm écrivains <giiee» préeédemmetit otéfi.
Le plus graafid nombre g^accordt à r^oii^ ffioitre qiM tes érénemeù doM il'ést ici question , a^arfknnent à Id 4^ Mwée d« la citiir j^ytÀjf^iade. S^qp^rimée èeloA l*atiti^Q ^liennfê^ cette année ol^pique oourM
# ■■ I ■ • I II II iri i ^^a * ■ ■■ * ■,■ gr il ii g ir i r r < tt fc »»4&^ai#<ii*i<i^
(i) Théôat, CotoatentiiTei iàt k Caittim àei Itoîs, 1 bl aile é» mu Cfpritmiïïm dii<Z)(ii^4/. Ont»; i684, 9«< AppemdiSf p. 106.
84 ANNALES DES LAGIQ|;$.
entre la fin du mois de juin de la. 324* avant rère chrétienne, il le m^i$ de juiUçt de Tannée suivante, la 323^ avant la même ère. .
Ramenant aussi Tannée de Tère de.Nabonassar k Tannée julienne antérieure à Tère vulgaire, les tables d^ concordance de ces deux années montrent .avec certitude que là 4^4^ ^^ Nabonas^ar conimença le 12*" du moia de novembre de Tan 324 avant Tère chrétienne , et qu'elle ne (mit que le 1 1 du même mois de Tannée Suivante 323. Ainsi la 4'' année de la cxiii'' olympiade, qi|i a voit commencé à la fin du mois de jnin 324 « duroit depuis près de quatre mois el> demi , lorsque la 4^4'' ^^ Nabonassar eopimença ; et comme Alexandre mourut dans le courant de cette 4^4'' ^^"^^ de Nabonassar, on voit déjà que Tint^rValle d'une année donné par les historiens grecs pour Téppque de sa mort^^ se., rétrécit de c^s quatre mpis et demi» parce que., si la mort d'Alexandre étoit survenue un jour de ces .quati:e premiers mois et de la première moitié du
cinquième de la 4* année de la cxiii* olympiade , c'est-à-dire , entre la fin de juin et le 12 de novembre de Fan 324, comme cet intervalle appârtenoit à la 423* année de Nabonassar , ce seroit à cette 423* année que les astronomes d'Alexandrie auroient indiqué la mort d-Âlexandre. Mais ils la fixent mathématiquement après le commencement de la 424* de Nabonassar; ce commencement est du lâ novembre 324 ; celui de là 4* année de la txiiv olympiade fut de la fin de juin de l'an 324 ' ainsi la mort d'Alexandre , quoique étant de la 4* année de la cxiii* olympiade, n'arriva pas entre la fin dé juin d«i Pan 324^^ commença cette année olympique, et le 12 novembre suivant qui fût le premier jour de
l'année de l'ère de Nabonassar.
Réduit de quatre mois et demi par ce rapprochement , l'intervalle énoncé par les écrivains grecs , se trouve borné , d'une part, au commencement de la 424* année de Nabonassar, et de l'autre par la fin de la 4'' année de la cxiiv olympiade, ce qui comprend le
$$ ANNALES BflS IiAOlDES.
temps écoulé entre le la novembre 3:^4 avant Tère cbirétieim^ , ftt la fin de juin ^e Tannée suivante 3^)3 • C^est ce même rapr procbement 4^ Am% èrea ramenées, à unç troisième à laquelle ^le^ sqnt comparées, qui limite déjà à $çpt .moi* environ , Tiur tpryallô qui. d'aboid n'étoit pas moindre dVne année, Maiscet intejrv^e 4^àdîmi^ nue, Icj s^ra $eA$il>len)tent encore par le rapport de Plutarque ( i) et de Quinte^- Curce (2)« qui trouve ici naturellement sa place': ils ai&rm^nt Fun et l'autre qu^à répoque de la mort d'Alexandre , la chaleur était ex;cessive. hmrs expressions ne ^auroiexit être plus positivés : elles indi^ quent Tété de Baibyl.^1^ t. et comme cet été ne poùYQlt s'y faire sentir qu'après l'équinoxe du priptemps et ter^^ le solstice d^été , les limites de l'ifit^rvaUiQ. dé ji réduit, se réduise)|it encore de nouveau de t^us ks mois que le climat de Babylone laisse aux temps froide et brumeipix, e( C^ ^.^ f^
(i) FUti, In Mm, p. 767.^(3} Q* Cmri. , X j cap. 10.
MORT b'ALUXANBRE. 87
trop que de transporter de suite le pre^ mîar point de cet intervalle , du mois de BOTembrç de Tan 3a4 ^^ mois d^ avril de Tfannée l^uivaàte , la 3^3* avant Tère Chrétienne. Ainsi liûe méthode d^éKmination , dont Tém* pJoi nous semble suffisamment justifié, né lailse plus pour la mort d^ Alexandre , que ks mois d'avîilf mai et juin dé Tan 3^3, ksquelè tont les seuls <fii se trouvent appar^ tenir encore en ihéme temps à la 4'' année de la cxiir olympiade indiquée par les his-
torieas ^recs , et à la 4^4* ^^^^ ^^ l'èi*^ ^^ Nabonàasar adoptée par les astronomes. Là suite de la diàcussion va justifier les indica^ tions dés uns, les calculs des aultes et oàs pr<»pFes conclusions.
Pour la latitude de Babylone^ comme poui^ les pays situés sous le même parallèle , le^ naoîs de mai et de jain ont une tenipéra^ ture très-élevée ^ qui devenok plus sensible encore pour des hotnities babitués à un elittiat beaucoup moins ardent , comme Vé^ toit celui de la Grèce « souvent même froid et ^âal tel ^ue celui de la Macédoine.
Alexandre et ses Macédoniens purent' donc trouver des chaleurs excessives à Babylone / à répoque approximativement reconnue comme celle de la mort de ce prince dans cette ancienne capitalev Les indications de Quinte-Curce et de Plutarque la portent déjà au 'mois de mai ou de juin , la disrcussion 'qui les précède , à Tan 828 avant rère chrétienne : tâchons de compléter ces récherches en fixant le jour même de cet événement.
Pour une époque aussi célèbre , et cependant si incertaine jusqu'ici , ce seroit beaucoup sans doute que d'en avoir incontestablement déterminé le mois et Tannée; mais il nous a semblé possible de faire mieux encore. Plusieurs auteurs anciens indiquent le jour même de la mort d'Alexandre ; ils se servent de divers calendriers dont Tordre des mois et celui des jours ne se correspondent pas. Cette heureuse discordance , si Ton parvient à en reconnoître la cause, peut fournir un moyen bien certain pour cohnoitre le jour de la mort
MORT D^4LEXANDR^. 89
d'Alexandre, et nous avons dû tenter d*y parvenir.
Ici va commencer une discussion dans laquelle seront produites comme des faitsconstaoïs, des assertions dont il auroit fallu prpuver d'abord la vérité ; mais elles seront comme un théorème séparé de sa démonstration , et dont Texatitude est justifiée par son emploi même. Ainsi , ayant à comparer des dates exprimées selon le calendrier athénien , avec des dates selon le calendrier macédonien, il eût été convenable sans doute de se fixer d'abord sur la nature de celui-ci, les noms et Tordre des mois qui le composoient, le nombre de jours qu'ils contenoient, pour en déduire l'espèce d'année dont il prouve l'usage , et les rapports de cette année avec celle qui régloit le« calendrier d'Athènes ou le calandrier de l'Egypte , car tout est à faire encore sous ce point de vue si important. Fréret , dont les immenses travaux immortalisent le nom et honorent l'Académie qui eut l'avantage de les applaudir la première , disoit en 1 742 :
Q2 ANNALES DES LAGIIVES.
plus de bonheur peut-être , les élémens de la question qui s^y rapporte , favorisés d^ailleurs par le texte du monument cité qui leur fut inconnu y il a été possible ( tel est du moins notre espoir) de rétablir le calendrier macédonien dans toutes ses parties , et,, connoissant bien Tespèce d^année qui le régla, de déterminer ses rapports^ avee le calendrier athénien et celui de FEgypte.
LMtendue de ce travail ne permet pas de le reproduire ici tout entier (i); mais il ne peut se trouver aucune inconvenance à faire servir à une exacte solution de la question qui nous occupe , les résultats qui ont déjà été obtenus. On peut même jusqu^àun certain point se dispenser de les justifier ici , puisque leur vérité ressortira même de Tti»sage que Ton en va faire. On conçoit en effet sans peine que si, diaprés Tétat supposé d'un calendrier , on fixe la concordance
(i) Il fait partie de Xki» Recherches sur les calendriers comparés de plusieurs peuples auciens , dont quelques chapitres ont été lus dans les séances hebdomadaires de T Académie royale des wscriptions et belles-lettres*
MORT d'ALEXAINDRE. . gS
de ce calaidrier avec un autre qui est bien connu, il faudra croire que cette concordance est régulière, et que T état supposé de ce calendrier, d'où elle est déduite , est réellement exact, lorsque cette concordance expliquera complètement les dates comparées, selon ces deux calendriers, inscrites sur de^ monumens divers qui seront aussi d'époques diverses. Ainsi les historiens que nous avons déjà cités, donnent plusieurs époques de la vie d^ Alexandre, eten indiquent le mois et le }6ur selon le calendrier athénien et ' selon le calendrier macédonien comparés l'un à l'autre ; quelques unes de.
ces époques, celles de sa naissaiice et desa mort, par exemple, embrassent un intervalle de plus de trente années : s'il arrive que la concordance que nous supposons entre le. calendrier athénien et lé calendrier macédoDieii^'expliquanl d- abord Bépoquè de la naissance d'Alexandre, soit également exacte mois pofur inois et |our à jouri> pour celai de sa mort posierieat-eilieftren^ deux annéè^ir.sahaififianoét onn^r-j^um
g4 ANNALES D£S IiAGIBE5>
s^empéchèr. de dcmdure de cette éfuneii^ev que les rapports ënoncës enti*e les deux ca** Icndriersdomnt être exacts en effet, que chaque e3pèce d? année qui les régloit est* biea déterminée! , et Ton peut dès. lors être dispensé de reproduire. actiieUement Ven^' sentble des recherches dont on emploie its, résultats. G'esè-çn appliquant cette règle de : critique à c6 que nous allcrm dire du calen-* drier mac&l(nien et de ses rapports a^ec le calendrier d^ Athènes , que nous hov» bornerons à inscrire ici lès seules indications sur ce calendrier qui sont nécessaires à la discussion pi^senie. Avant de s^y livrer , il est toutefois indispensable de présaeter en peu de mots Fétat exact du calendrier athénien^ auquel celui des Macédomens va être comparé: .
A une époque trè^reciiye y wsk phibo'-' sophe grec instrmi par respéricnce de TEgypte^ Solon pent-éùre ^ fii ^iriircembieB ilimportoitdle régulariser .Fannée dviteeit' UBag& âaÙQs la Ctrèce^ laquelle étant hmaire^ et c awipoaée seukmept de 354 î^nitSy atta*
choit suceessîvément toutes les fêtes reKgieuses à toits les jours et à toutes les saisons de Tannée . A* Athènes , p ar exemple, cet inconvénient étoit très-graté , parce'qu^il arrivoît qa*une fête œssa bientôt d'appartenir ^ mois auquel elle avèit àùàné 9ê^a nom-. 'On fit donc parler Foracle, moyen impérieux et certain, ^ni, pour le vulgaire \ tient lieu de^ conseils qM loi donneroit une raîsc^ plus cuhivée ; et Foraele répdiidit
qu'il faudroit'à rai/!^nlr , en faisahl les sacri^
fices selon Tiisage dii pays , avoir égsbrd à troi$ choses, aux mo^/ aux foors et à Pannée^
ItJetv Kara T|)&t..., p^i^Aç, î?|»lpwçi mftutoôç ,*'Cè'' qùi
signilioit,^sek>i^*6emiHUS qui nous fournit te^ d^iiils, iju^il -faUoit régler Tannée sui^ la révolution solaire, les mois et les jorÉrs sur les réiFohitiëM^ hâiaires (i),
Censoriri (à), Soliii (3) et Macrobe* (4)
(x) Geminus^ Elemenï., cap. *B. {Àpud Dion. PetqfiH
(a) CensorinuSf de Die Nataîi j^tx^, i^^
(3) Solin,^ cap. 3. >
(4) Macroè.,XA^\i*^^:nJ, ' v
g6 ANNALES DES L AGIBES .
ajoutent encore que,, pQjur satisfaire .aux oirdres de Toracle , les, Grecs ayant reconnu que leur année de 354 jours étoit plus courte de 1 1 jours et un quart environ^ quelarévoJution solaire , ils multiplièrent par huit cette différence /et eurent un produit de 90 jours qu^ils divisèrent en trois, mois de- 3o jours chacun, régulièrement distribués , comme eœbolismiques ou intet'calés, dans:une série de huit années lunaires , laquelle forma ainsi une révolution de huit années solaii^ t^ppç lée pctaëtéride. Par ce moyen on ramenoit invariablen^ent le premier jour de la pre-r miere. année de chaque olympiade ^ vers la nouvelle lune qui suivoit le solstice d^été, époque où les jeux étoient périodiquement célébrés, Çest ceii^i a fait dir^ à Piudiire que le temps et Içs^; parques, avoient- présidé . à Jeur institution ( i ) ; ^on < scholiaste ajoute que la célébration de^ ces jeux avoit lieu alternativement dan^ le quarante-neuvième et dans le cinquaoïtième. moiade roc*
(i) Pindmrusj Ofymp» X » p^i^S e| teqg.
tactéride (i) , et Dodwel en a conclu, avec toute raison , que -les jeux olympiques arrivoient le quarante -neuvième mois parce que dans la première moitié de roctaëtëride il se trouvoit un des trois mois intercales , et que ces jeux étoient ensuite retardés jusqu'au cinquantième mois de la seconde moitié de l^octaëté^ide , parce que cette seconde moitié avoit reçu les deux autres mois intercalés (2). C'est d'ailleurs ce que Géminus explique en termes positifs, indiquant la troisième, la cinquième et la huitième année de l'octaëtéride comme celles qui prenoient un mois intercalaire , au moyen desquels, ajoute4-il, les fêtes revenoient aux mêmes saisons , et les sacrifices aux mêmes
époques (3).
(i) Sckol. IHmlar.y Ofymp. 111, >/. 34; et ces mois ëtotent,
lelon lui, alternativement celui à'ji/Mfilonius ^ et celui de
Panheiiiu^. Cette indication peut faire connoitre b patrie
du schotiaste ; il «'agit de savoir dans quel «calendrier les
mois d* Apollonius «t de Parihenius se trouvoient succéder
Funà l'autre. Voy. Corsini^ Dissert • agonist,^ 5.
(a) Doivtl^ de ÇycUs Grac, Dissert. IV, sect. 4, P- ^^
(3) Géminas, Elément. {ÂpuJ. Peuuii Dfuct.tempn lU»
p. ao. )
98 ANNALES HES IiAGID£S.
On a voit reconnu , dit encore Géminus , que le mois lunaire étoit composé de 29 jours et demi, et que deux mois en com-^ prenpient Sq \ ce nombre de jours , contenu six fois dans toute Fannëe , fut. reparti en deux mois , et le total des jours de Tannée en douze mois , qui étoient alternativement caves et pleins, xocXQvxat7r>np>îf«>îv«, c^est-à-dir© qu'ils furent 2|lteraativement de 29 et de 36 joufs (i) : 4^où il suit clairement que Tannée athénienne comprenoit 1 2 mois ,^ dont les uns étoient de 29 purs , les autres de 3o, et que Tannée qui étoit intercalaire avoit un i3? mois de 3o jours. Les noms et Tordre de» mois des Athémens étant bien connus, on trouve leur an^ée ainsi composée:
i» Gamëtion* 99 jour». 7. Hecatombœon . .aç) (ours.
a. Anth/e^térion. ...3ip 8. Mëtagitnioii....3o