‹ Annales des Lagides, ou, Chronologie des rois grecs d'Égypte, successeurs d'Alexandre-le-Grand;Chapitre 49 sur 105 · I. — PTOLÉMEE SOTER · texte numérisé non relu

I. — PTOLÉMEE SOTER

bien remarquable en effet , qu'après avoir rapporté les circonstances de la guerre contre les Etoliens , après avoir dit expresr sèment que cela se passa pendant Thiver, et lorsque L. Furîus et D. Junius étoient consuls à Rome» Céphisodore étant arct^pnte à Athènes, il passe aussitôt à un autre arclvonte et à de nouveaux consuls pour exposer les faits historiques arrivés pendant leur magistrature ? Or, le renouvellement des consuls alors avoit lieu à Jloine plus de six mois avant ou de six mois après celui de Tarchonte à Athènes :

quel avantagç résulteroit-il donc de ces indications de Diodore, puisqu'on ne pourrait jamais connoître les faits dont il a conservé le souvenir , qu'au risque de se trompet d'une année entière sur leur date ? Une se;aiblable manière d'énoncer les époquef de l'histoire seroit trop grossièrement er^ronée pour que Diodore ait pu vouloir l'employer; il dut sans doute en trouver facilement une autre plus appr-opriée au but qu'il se proposoit, et plus en rapport

aussi avec l'Importance de son ouvrage. En considérant donc que Diôdore écnvoit h Rome , Sous la domination dés Romains , dont retendue , disoit-il , n'avoit de limite^ que celles de la terre (i) , et dans un temps où la Grèce soumise ne pouvoît pas espérer de voir adopter ailleurs, et moins à Ronie encore , ses propres institutions , on est dispose à croire qu'entré les ères grecques et les ères romaines , Diodore dut ne pas hésiter et se déterminer à classer les époques de son histoire d'après Fuisàgie adopté par les Romains , selon leur calen^ drlef et plutôt selon les consuls que selon les archontes. Cette conjecture est suffisamment justifiée par l'exemple que nous venons de citer, et qui nous montre Diodore ouvrant une nouvelle période d'évé- ^emens immédiatement après avoir parlé d'une entreprise faite pendant les rigueurs de l'hiver (2). Ôr, on sait que du temps où

(i) Diad. Sic. y I, i^i, pag. 3,

(2} Ce fait contredît uo peu l'assertion , peat-étre trop absolue , d*un auteur qui a décidé que Diodore divisa les

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Diodôre éc^rîvoît , les consuls étoienf alors renouvelés à Rome au mois de janvier, que ce renouvelleTitent des consuls servoit à la division du temps , et comme d'ère , sôit pour les actes publics , soit pour les épocîues de Thistoire de Rome, iet Diodôre , pour lé temps et pour le lieu où il écrivoit, ne pouvoit pas en adopter une autre. ïl paroît donc que c'est selon les fastes Consulaires et le calendrier romain que cet autetit- rédigea ses histoires dont la disposition fait de véritables annales, puisqu'elles ^ont divisées par la succession des consuls qui étoient renouvelés chaque anhée, et qu'en général rtialgré les fréquentes ittégularités qui avoient lieu dans l'époque de ces élections, de nouveaux consuls indiquoient une année nouvelle î Diodore toutefois ne s'étoit pas astreint à soumettre ses divisions chronolo-

tetnps que son oavrage embrasse , par lès années olympiques comptées d*un solstice à'éié k un autre. Jordan^ Excerpta ex apparatu chroBologico {ad cale em Hîsi* Diod* Sic, Ams« Ml«d. Wetslen., 1645, fô).

giques aux vicissitudes de leur renouvelle* ment.

Mais Diodore nomme aussi presque toujours les archontes d^ Athènes , dont la série successive fut aussi, pour la Grèce, un moyen usité dans les actes et les monument publics pour marquer la succession des années. Cette seconde manière d'indiquer Fépoque d'un événement par le nom de l'archonte , peut donc être , dans l'ouvrage de Diodore de Sicile , un supplément utile aux autres indications que donnent lés noms des consuls, l'une pouvant être vérifiée par l'autre. Il n'y a point de doute, en effet, que ce moyen de vérification , cette espèce de contrôle d'une date par une autre, n'existe par le rapprochement des noms des consuls et du nom de l'archonte, soit dans l'intention de l'historien , soit aussi par le fait : sans cette intention , à quoi bon rapporter ces noms aussi régulièrement ? Il ne s'agit donc que de connoître avec précision la méthode d'après laquelle Diodore les a employés et comment il les a mis en rap-

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