SUR LES MALADIES ET LA MORT
1861. — Demande. Quand l'un de vous est fort malade, que faites-vous?
Réponse. Nous cherchons à l'assister du mieux que nous pouvons.
Dem. Et si vous voyez quMl va mourir, que lui dites-vous?
Iïép. Rien; mais alors nous appelons notre médecin, Tiet, qui l'examine attentivement, et nous dit avec certitude s"il mourra ou non. Puis il nous ordonne de tuer un bœuf, avec les excréments duquel il lui frotte le corps, afin que le démon s'éloigne de lui et ne le conduise pas dans sa demeure.
D. Et qui mange ensuite la chair de ce bœuf?
R. Nous en donnons une portion au Tiet, et nous mangeons le reste avec nos parents et nos amis.
D. Et si le malade meurt 9
R. On lui coupe aussitôt les cheveux , on le replie et on le met dans la fosse, dans la position où nous sommes maintenant (ils étaient accroupis) ; puis, on le recouvre de terre.
D. Et où placez-vous la sépulture?
R. Toujours près de la cabane du défunt, afin qu'il ne soit pas trop facile aux hyènes de le dévorer.
D. Et pourquoi en creusant la terre pour l'ensevelir, voulez-vous que les autres se bouchent les oreilles avec cette terre?
R. Pour que cette terre empêche d'entendre les gémissements du trépassé.
D. Et les parents le pleurent-ils longtemps?
R. Tous ses parents le pleurent, et les plus tristes passent trois jours sans manger, si c'est un homme qui est mort, et quatre jours, si c'est une femme.
D. Et quand ces jours sont passés ?
R. Quand ces jours sont passés, tous les parents, accompagnés du Tiet, se rendent à la tombe avec un mouton; on allume un grand feu sur la tombe même; le Tiet, tenant le mouton par une corde, fait avec lui beaucoup de tours à côté du feu, et ensuite il le laisse aller dans le désert pour y être dévoré par les bêtes.
D. Et pourquoi toutes ces cérémonies?
R. Pour que le mauvais génie cesse d'en vouloir à la famille à laquelle appartenait le mort.
D. Et ensuite que font les plus proches parents?
R. Ils se dépouillent de tous leurs ornements, qui consistent en anneaux de cuivre ou de fer aux jambes, aux bras et aux oreilles; ils s'enlèvent du cou leurs perles de verre, et les remplacent par de fines écorces d'arbres entrelacées.
») V ci-dessus Mémoire sur les progrès de la Géographie, par Mgr Nardi, p. 23.
Nous leur adressâmes à ce sujet d'autres questions auxquelles nous obtînmes cette seule réponse : nous ne savons pas.