‹ Annales des missions franciscainesChapitre 55 sur 81 · DES COSTUMES · texte numérisé non relu

DES COSTUMES

Autrefois les hommes se paraient comme les Egyptiens, les femmes ne se couvraient que de la ceinture aux genoux; mais aujourd'hui elles sont: très-décemment vêtues. Les hommes du peuple n'avaient qu'une seule femme légitime; mais les grands seigneurs lui adjoignaient beaucoup de concubines. Quelques-uns s'en donnaient jusqu'à huit cents! Aujourd'hui tous vivent en bons chrétiens et se contentent d'une seule épouse. Us n'étaient pas cruels dans les supplices infligés aux coupables, si ce n'est pour le crime d'adultere. En ce cas, la femme était empalée, son complice était étendu sur un rocher, pieds et poings liés, et le mari outragé lui écrasait la tète avecune grosse pierre.

Us ne savaient ni écrire ni peindre, mais ils avaient une mémoire extraordinaire, et formaient de jolis dessins avec des plumes et clés pierres de diverses couleurs. Maintenant ils peignent mieux que nous, et font, en plumes, des figures de Saints. J'en ai vu deux que des Religieux qui passaient ici ont emportées à Rome, pour les offrir à IN' otre Saint -Père le Pape Paul III. Elles sont vraiment plus belles que si elles étaient en or ou en argent. Les Indiens ont aussi envoyé trois boites eie pierres précieuses, plusieurs figures faites avec des pierres semblables et deux beaux coussins (spedere), le tout destiné à Sa Sainteté,

DES EDiriCES.

Les maisons des Indiens sont basses, mais bien construites ; ils ont des villes aussi grandes et d'autres même plus grandes que celles de l'Europe. Il y en a qui contiennent quatre-vingt-mille feux. Ordinairement ces villes n'étaient pas closes, les Espagnols leur ont appris à les entourer de murs. Us ne combattaient de loin qu'avec des arcs et des flèches et, de près, avec des glaives de pierre.

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