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mois de novembre dernier, où l'inondation a tout détruit. Nous désirions donc vivement ouvrir un canal navigable et creuser un lac destiné à l'irrigation. Mais nous n'osâmes point nous lancer dans les dépenses énormes qu'exigeraient de pareils travaux, sans avoir d'abord bien exploré et nivelé le terrain.
Vous apprendrez aussi avec plaisir que les Missionnaires se sont construit un bateau, dont l'exécution, il est vrai, n'a point, par suite de l'inhabileté de l'ouvrier, répondu au désir général, mais qui, fendant les eaux du Bermejo, n'en a pas moins parfaitement servi à transporter les vivres, à nous mettre en communication avec les autres lieux, et en cas d'inondation à passer sur l'autre rive du fleuve. En outre, nous avons conclu avec la société qui veille à l'accroissement des troupeaux, un marcile d'après leepiel elle doit pourvoir à tous les besoins de la mission, "nous avons aussi fondu des cloches pour réveiller les Indiens et pour les accoutumer à obéir à la voix de Dieu, quand il les appelle à la prière, au travail et à l'enseignement de la sainte religion du Christ. Xous avons également pourvu les églises des ornements convenables pour célébrer avec pompe et dignité le divin sacrifice et les autres cérémonies sacrées, qui édifient si pro fondement les sauvages autant crue les chrétiens.
Voilà, Très Révérend Père Marcellin, ce crue les Missionnaires Franciscains ont fait au Chaco dans le courant de l'année1; en ce moment, ils vont ça et là, à de grandes distances, porter des consolations aux affligés et administrer des secours spirituels aux chrétiens malades, naguère leurs ennemis. Il n'est aucun Indien qui, s'adressant à eux, ne trouve l'accueil de la charité la plus indulgente. De plus, nous préparons et disposons ces pauvres gens par des instructions journalières au saint baptême, qu'ils montrent le plus grand désir de recevoir; toutefois, avant de les satisfaire à cet égard, nous éprouvons leur constance dans leurs propos de vie chrétienne, à moins qu'ils ne se trouvent à l'article de la mort. Enfin nous nous occupons à amasser les matériaux nécessaires pour bâtir des maisons d'éducation où la jeunesse des deux sexes apprendra, avec la piété et la religion, les arts et les métiers les plus utiles à la vie sociale. ISos pères avaient déjà accompli tout cela au mois de mars 1861, dans l'intérêt des sauvages du désert du Chaco, et ils en auraient fait bien davantage, s'ils n'avaient point été arrêtés par les contradictions ci-dessus mentionnées; néanmoins ils espèrent arriver, avec l'aide du Seigneur, à de meilleurs résultats dans l'avenir.
En attendant, mon Eévérend Père, veuillez porter ce qui précède à la connaissance des pieux lecteurs de vos Annales en
Italie; certes, ils acquerront de grands mérites devant le Seigneur, si leur piété les pousse à contribuer à une œuvre si sainte, telle que d'amener à la foi et à la vie civile ces malheureux sauvages. La Société catholico-civilisatrice, que j'ai fondée à cette fin et dont je vous adresse ci-joints les statuts1, a reçu l'approbation solennelle des officialités ecclésiastiques de Parana", de Cordova"', de Salta4, ainsi que du gouvernement5; en outre, elle a obtenu la bénédiction spéciale du Souverain Pontife régnant, le Pape Pie IX, qui a bien voulu charger la Saerée Congrégation de la Propagande d'accorder à perpétuité, à tous les membres de la société, une indulgence plénière pour le 24 juillet, fête du glorieux saint François Solano; le même bienfait, une fois par mois, à ceux d'entre eux qui, vraiment repentants, se confesseraient, communieraient et visiteraient dévotement quelque église, en priant Dieu selon les intentions du vicaire de Jésus-Christ et pour la propagation de la foi; et enfin un privilège pour l'autel sur lequel se célébrerait la messe de Requiem pour chacun des associés défunts6.
Plaise à Dieu que cette institution bienfaisante excite les sympathies de tous les catholiques! Vous, mon bon Père, priez pour moi; car bientôt je m'éloignerai du port de votre belle ville de
*) Voir la quatrième partie de la livraison.
2) Par un décret du 16 juillet 1859, signé Michel Vidal, vicaire apostolique.
s) Id. du 27 août 1859, signé Joseph Vincent, évèque de Cordova.
*) Id. du 10 décembre 1859, signé Laurent Asnares, vicaire capitulaire.
5) Par un décret daté à Salta le 18 décembre 1859, et signé Solà et Goytia.
6) « Audience du S' Siège le 29 décembre 18G1.— ?>Totre très-saint Père le Pape Pie IX, par la providence divine, sur le rapport du soussigné, secrétaire de la Sacrée Congrégation de la Propagande, a bien voulu accorder une indulgence plénière une fois par mois, ainsi que le jour de la fête de S1 François Solano, aux fidèles des deux sexes inscrits dans la pieuse confrérie établie dans la République Argentine pour la conversion des infidèles, sous l'invocation de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie et de S1 François Solano, pourvu que, s'étant confessés avec une véritable contrition et ayant reçu hi sainte communion, ils visitent dévotement quelque église, et qu'ils y offrent pendant quelque temps de ferventes prières à Dieu, suivant les intentions du Souverain Pontife et pour la propagation de la foi.
»En outre, il a bien voulu accorder qu'en cas de mort d'un confrère, l'autel sur lequel la confrérie fera célébrer une messe de requiem pour le repos de son âme soit à cet effet privilégié; — toutes dispositions contraires étant nulles et non avenues.
» Donné à Rome, au siège de la dite Sacrée Congrégation, jour et an susdits, gratis et sans aucun frais quelconque.
«H. Capalti, Secrétaire.)»
— con —
I rênes, pour retourne* à ma Missictoj que j'ai quittée il y a quelques mois, appelé en Italie t comme vous le savez, par des affaires qui l'intéressaient* Sur ce, je suis
\ otre très -affectionné confrère, Fu. Piemie M. Pellïct, Mïru 06s. , Préfet apostolique des Missions dit Chaco. es, ce 30 avril 1862*