MONSIEUR LE DIRECTEUR
On a beaucoup parle en Europe des horribles carnages de Damas; mais en Espagne, notre pa trie, on ne sera certainement pas fache d en entendre parler encore une fois , quand on verra que cc n est qu a sa gloire et a sa louange. Apres les gloricux
lauriers, que moissonne pour notre palrie parmi les barbares Musulmans du Midi son armee triomphante , voila qu une troupe de sept de ses fils lui envoie maintenant du sein de 1 Islamisme Levantin les palmes du Martyr chretien.
On sait deja en Espagne que les Franciscains de Terre-Sainte avaient a Damas une paroisse et un petit couvent, qui devait servir de College aux jeunes Missionnaires Espagnols et que tous les Religieux de ce couvent, sans en excepter un seul, perirent dans le massacre general des Chretiens de Damas. Mais je ne sais si Ton a egalement une connaissance exacte de la maniere dont moururent ces nouveaux confesseurs de Jesus-Christ, qui tous, hormis un seul, appartenaient a notre chere patrie; quelquesuns d entr eux ne 1 avaient quittee que depuis deux ans seulement. Les nouvelles , que nous-memes nous en avions revues au commencement a Jerusalem , centre de notre vaste Mission , etaient trop differentes et trop opposees les unes aux autres, pour permettre d y ajouter une entiere foi. Ce fut alors que je me decidai a partir moi-meme pour Damas, et a recueillir sur les lieux des details plus precis et plus authentiques. Arrive dans notre hospice de Beyrouth, je fus retenu par le Pere Presi dent qui m apprit que les Chretiens de Damas, echappes au mas sacre des Turcs et qui pouvaient me donner quelques renseignements au sujetde nos Martyrs, se trouvaient precisement refugies dans la ville meme de Beyrouth. Alors je pris la resolution de me livrer la a des investigations.
Mais avant de commencer ce douloureux recit , que vous voudrez bien , Monsieur le Directeur, publier dans votre Journal si generalement repandu, qu il me soit permis d attester, sur ma conscience et sur mon honneur, que je n avancerai rien que je n aie recueilli avec la plus scrupuleuse diligence et de la part de temoins conn us pour leur probite et a meme d etre au courant de ce qu ils m apprenaient ; et que de plus ces temoins m ont certifie sous serment ce qu ils m ont raconte. Le premier d entr eux est le jeune Naame Mosabechi , d une conduite chretienne exemplaire que beaucoup de nos Religieux ont reconnue commc telle. II se trouvait a cctlc epoque au Convent aver
son frere cadet et son pere qui etait retribue par la paroisse en qualite de maitre d ecole. Naame echappa comme par miracle a ce carnage et n en vit pas moins toutes les horreurs. Fils reellenient infortune, ii assista a la mort de son propre pere, qui fiit assassine a cote du Pere Carmelo, dont nous parlerons plus loin et qui confondit son sang avec celui du malheureux maitre d ecole.
Le massacre des Chretiens de Damas commenca, ainsi que nous 1 avons deja dit, le 9 Juillet. Deja depuis le deux du meme mois le Pere superieur m ecrivait, que le ciel s assombrissait sur leurs tetes et qu ils s attendaient a une prochaine catastrophe. La crainte etant devenue une terrible realite, dans la fatale journee du 9 , le superieur ordonna d exposer le S. Sacrement a 1 adoration publique , afm d obtenir que le Ciel eloignat la tempete qui les menacait ou donnat de la resolution et de la force pour la supporter courageusement. Dans ce sens, il adressa du haul de 1 autel des paroles chaleureuses a nos catholiques, qui tremblants et les larmes aux yeux s etaient rassembles dans 1 Eglise. Cette emouvante ceremonie n etait par encore terminee, qu une horde furibonde de Turcs se precipite dans la retraite sacree. Je n essaierai pas de decrire cette scene de carnage et de destruction par le fer et par le feu, je dirai seulement com ment les paisibles habitants du Sanctuaire furent egorges.
Je commence par le Superieur dont j ai deja parle. C etait le Pere Emmanuel Ruyz de la montagne de Rinosa, age de cinquantesept ans et comptant trente-sept annees de vie claustrale et vingtneuf de Mission. Les premieres nouvelles que nous recumes, portaient que se \oyant assailli par les Turcs , il avail consomme le St. Sacrement, afm de le soustraire aux outrages des infideles et qu apres avoir ete inutilement sollicite a honorer Maho met, il avait obtenu de pouvoir choisir le lieu, ou devait s accomplir son sacrifice. Ses meurtriers 1 auraient ensuite conduit an Maitre-autel , sur la table duquel, il aurait pose la tete en leur disant : tranchez-la.Un instant apres celte tete, paraissant vouloir prononcer encore le nom de Jesus , expirait sur Tautel , tandis que les marches etaient inondees du sang qui jaillissait du
tronc. Monseigneur Jacub, eveque Syrian de Damas, me raconta, qu un Religieux, dont il ignorait le nom, avail etc tue a coups de sabre pres du Maitre-autel , lorsqu il eut declare de la maniere la plus explicite etre et vouloir mourir chretien. Une dame me fit connaitre encore que le Pere President avant de mourir precha de 1 autel contre la faussete des lois Musulmanes. Un autre chretien soutient que le Pere President, avant de recevoir la mort , communia. Naame Mosabechi enfin raconte , qu apres le desastre, il trouva le cadavre du Pere President pres du Maitre-autel.
Celui qui avait le meme nombre d annees de missionnaire que le Superieur, mais qui elait un an plus age que lui et en comptait deux de profession religieuse de moins, etait le Pere Carmelo Volta di Real de Grandia (1), cure des catholiques de rite latin et professeur de langue arabe pour les jeunes Espagnols qui se preparaient aux Missions. Ses meurtriers lui tirerent un coup de pistolet a la tete, qui ne lui causa pas la mort. Quelques Turcs le solliciterent a renoncer d sa fausse Religion, mais la plus claire profession de foi catholique fut la reponse de ce pretre. Ah chien! hurlerent alors ces bourreaux, et a coups redoubles de cimeterre, ils 1 acheverent. Ce recit m est transmis par Naame Mosabechi, et d autres Chretiens 1 ont confirme en ma presence. Environ douze jours apres, un certain Francois Nadin donna la sepulture aux cadavres des martyrs.
Le Pere Carmelo Volta avait pour vicaire dans 1 administration de sa Paroisse le Pere Engelbert Kolland, du Tyrol, et pour eleves de langue arabe les Peres Espagnols Nicolas Alberca, Pierre Soler et Nicanor Ascanio. Tous les quatrc suivirent le glorieux exemple de leur chef.
(1) Les noms de ce Pere et des suivants ne concordent pas exactement avec ceux qui se trouvent dans la lettre du T. R. Pere Bonaventure da Solero, inseree dans les Annales , page 38. Mais en faisant attention a la date de la presente lettre (20 Dec. 1860) qui est posterieure a cello de la premiere (6 Aout 1860) , aux moyens employes pour arriver a des renseignements plus precis , nous pouvons aisement justiiicr cette contradiction apparentc. (Note dutraducteur.)
Le Pere Engelbert Kolland , de Ramsau dans le Tyrol allemand, etait ne en 1827; entre dans 1 Ordre des Franciscains en 1847, il etait Missionnaire en Terre-Sainte depuis 1855. A 1 approche du danger, il s enfuit du couvent et alia se refugier dans une maison voisine avec un Marounite appele Metri. Ce dernier ayant echappe au carnage raconta que le Pere fut decouvert par les Turcs et tente par tous les moyens afin de le de cider a embrasser 1 Islamisme ; mais il repondait toujours : Je ne puis, parce que je suis chretien et pretre. Nous te tuerons , repondirent les furieux , et nous te donnerons en pature aux chiens, tes pareils. Faites, reprit le pretre, mais sachez que pour un seul poil de ma barbe mourronl soixante Turcs. A peine eut-il dit ces mots qu il recut un coup de cimeterre sur la tete, qui en enleva un lambeau de chair. Alors Metri le Marounite parvint a fuir et ne vit pas le reste du drame. Il y en a qui pretendent que les barbares lui couperent les mains et les bras. Francois Nadin, qui lui donna la sepulture, plusieurs jours apres, declara que son corps etant deja decompose et en putrefaction, il ne put y reconnaitre d autre blessure que celle de la tete.
Le Pere Nicolas Alberca (c est Mosabechi, temoin oculaire, qui fait ce recit,) interroge a son tour s il etait dispose a renier la foi de Jesus-Christ et a embrasser la religion de Maho met, repondit qu il souffrirait plutot milie morts et fit le signe de la croix. Un coup de pistolet 1 etendit a terre. C etait le plus jeune de tous nos confreres, car il n avait que trente ans. II etait ne a Cordoue ; depuis trois ans seulement il avail pris 1 habit de Saint Francois, au college de Priego. A peine avait-il ete eleve au sacerdoce qu il parlit pour cette Mission et se retira a Damas, ou a 1 aide de 1 etude de la langue arabe, il devint capable de rendre de grands services aux catholiques et de travailler a la conversion des infideles. Combien d esperances se sont evanouies avec la vie de ce jeune homme!
Nous avons a regretter tout aussi vivement la fin prematuree de Pierre Soler, natif d Orca. Plus age qu Alberca de trois annees, il fut son compagnon d ctudes an college de Priego
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et a celui de Damas et mourut comme lui sur le champ du martyre. S il 1 emportait sur lui en age , il 1 emporta encore dans les souffrances qu il endura et par le genereux sacrifice qu il fit de sa vie pour Jesus-Christ. Quand il apprit que les Turcs etaient entres au Convent, il prit par la main le petit frere de Naame Mosabechi qui n avait que douze ans, en lui disant : Viens avec moi; et si je ne comprends par bien ce que les Turcs me diront, tu me 1 expliqueras. Mais reflechissant ensuite qu il exposait ainsi cet enfant a une mort certaine , il alia le cacher dans un petit trou obscur sous un escalier, le couvrant de son propre corps. Les Turcs arriverent et, ayant apercu le Religieux, ils I arracherent de sa retraite sans fouiller plus avant. Ainsi le petit Beppino fut sauve et put nous raconter la mort de son sauvetir. Aussitot on lui demanda s il voulait se faire Musulman. Que voulez-vous dire, reprit-il, je ne comprends pas bien votre langage. Les autres surent mieux s expliquer et le Prtre les ayant bien compris, repondit sur-le-champ en mettant a profit le peu d arabe qu il connaissait : Non, non, plutot mourir mille fois. Puis pour donner plus de signification a la resolution inebranlable qu il avait prise , il fit le signe de la croix et se mil a genoux , comme pour offrir a Dieu le sacrifice de sa vie. Un coup de cimeterre 1 etendit la face contre terre, puis^ plusieurs coups portes avec la pointe de 1 arme, le percerent sans pitie. Ce fut dans cette position que le trouva le pieux Nadin , qui quelque temps apres le reconnut et lui donna la sepulture.
Jusqu ici on n a pu recueillir aucun renseignement sur un autre Pere qui etudiait la langue arabe, le Pere Nicanor Ascanio, de Villa Reios di Albosses. On croit qu il sera mort hors du Con vent, ou que son cadavre est encore enseveli sous les ruines de la maison et de 1 eglise de 1 Ordre qui furent detruites de fond en comble. II etait age de quarante-six ans et comptait trente ans de profession religieuse et deux de mission.
Les memes circonstances accompagnerent la mort du Religieux laiqtie, Frere Jean-Jacques Fernandez da Villa di Cea, qui ne s lUail eonsacre que depuis deux ans aux missions de Damns ;
age de cinquante-deux ans, il en avait vingt-neuf de vie religieuse. II fut trouve au milieu des ruines, et son cadavre fut reconnu quand on lui donna, comme aux autres, la sepul ture.
Un autre Religieux lai que se trouvait egalement dans ce petit couvent ; il avait cinquante-huit ans, trente ans de religion et en comptait dix-sept de sejour en Terre-Sainte. C etait le Frere Francois Pinazzo di Alpuente, qui fut attaque par les bourreaux sur la terrasse. Des temoins oculaires affirment, qu a cause de la distance ils n entendirent pas ce qu il disait, mais qu ils le virent elevant les mains an ciel , et priant sans discontinuer , jusqu a ce qu il fut frappe d un coup de maillet de bois qui lui rompit 1 epine dorsale, et perce d une arme a pointe, coups qui cependant ne lui donnerent pas la mort. Ce fut alors que les barbares le precipiterent de la terrasse.
Ici fmissent, Monsieur le Directeur, les notions que j ai pu recueillir touchant nos Martyrs recents de Damas. Je vous prie, par amour de la religion et de la pa trie, de vouloir les publier dans les colonnes de votre tres-estimable journal. En deposant la plume , mon cceur est partage entre le sentiment de la douleur causee par les terribles dommages que 1 extermination de Damas apporte a notre Mission et celui d une sainte satisfaction pour, la gloire que nos freres de 1 Ordre et de la Mission, en tombant sous le fer de 1 ennemi, se sont acquise par leur sainte mort. Plus d une fois de notre temps, on entend se demander : A quoi servent les Freres? Des ruines en core fumantes de Damas s eleve une voix que tout le monde devra entendre et qui dit : Quand bien meme les freres ne sauraient faire autre chose, ils font du moins ce que leurs detracteurs ne sauront jamais : c est-a-dire , repandre avec la verite de 1 Evangile la civilisation et sceller 1 une et 1 autre dc leur sang.
FR. JOSEPH MARIE BALLESTER, Procureur General de Terre-Sainte,
Fin du Rapport sur I etat des missions des Freres-Mineurs en Palestine, en I860, par le P. Fulgence de Turin et extraits d un nouveau Rapport qu il fit dans le courant de I annee 1861.
Plusieurs de nos lecteurs nous ont deja demande pourquoi nous ne donnions pas suite au Rapport du Pere Ful gence de Turin sur nos Missions de Palestine , dont la publication a etc commencee en grande partie dans la pre miere livraison de ces Annales (1). Cette reclamation etait juste et nous ne pouvons nous dispenser d y repondre.
Nous ferons remarquer d abord que la partie que nous avons publiee, contenait tout ce qui concerne la Palestine, excepte 1 institution du College d instruction publique d Alep dont nous n avons pas parle. II ne restait done qu a donner le nombre des Dioceses de France , qui ont recueilli des aumones pour la Terre-Sainte et a parler de la lettre de M. Ronland, ministre de Instruction publique et des cultes de FEmpire , adressee aux Prelats de France pour leur nolifier que le Gouvernement Imperial a remis en vigueur et en bonneur ( institution deja existante du Commissariat de la Terre-Sainte, dont le but principal est de recueillir des aumones pour venir au secours des Lieux-Saints en Palestine, ce qui par un ancien usage se faisait surtout le Vendredi-Saint. A cette fin, il les invitait a retablir, si telle etait leur volonte, ces collectes dans leurs dioceses respectifs. Comme dans la troisieme livraison de ces An nales (2) , nous avons consacre un long article au college d Alep, et que le reste etait si peu interessant qu il ne valait pas la peine d y revenir, il arriva ainsi que le Rap port paraissait devoir rester interrompu.
Cependant pour etre fideles a notre promesse , nous ferons
(1) Voyez pages 27 et suivantes.
(2) Voyez pages 167 et suivanles.
suivre ici quelques extraits d un nouveau Rapport, que le meme Pere a public recemment a Paris (1), a son retour d un second voyage en Syrie et en Palestine , ou il avail apporte le produit des collectes faites en France en 1860. Elles se montaient a la somme de 13,265 francs; tandis que celles de 1859 s elevaient a 25,000 fr. Voici comment il rend compte de ce second voyage.
AlJX EVEQUES DE FuANCE , AUX PIEUX PfiLERINS DE TfiRRE-SALNTE ET A TOUS LES BlENFAITEURS DES LlEUX-SAINTS EN PALESTINE.
Je m embarquai le 14 Octobre a Marseille pour me rendrc a Jaffa , en nourrissant dans mon cceur le doux espoir de mettrc bientot ici pied a terre, lorsque je rencontrai le tres-Reverend Pere Custode de Terre-Sainte, qui etait venu expres de Jeru salem, afin de m inviter a 1 aceompagner dans sa visite a nos Missions de Syrie, si cruellement maltraitees par les recentes revolutions des Druses et des Turcs.... Ainsi, je fis partir pour Jerusalem le Frere Maurice de Sainl-Etienne que j avais amene de Paris; quanta moi, je m embarquai pour Beyrouth en compagnie du Pere Custode. La, des notre arrivee, notre premiere visite fut pour son Excellence Monseigneur le Patriarche Latin et les autres autorites Eeclesiastiques. Nous nous rendimes ensuite chez M. Beclard, Commissaire du gouvernement Francais, pour les affaires de Syrie, chez M. Bentivoglio , Consul Genernl de France et chez les autres Consuls des gouvernements d Europe.
Nous n avons pas oublie M. 1 abbe Lavigeric, qui m y avait precede de cinq jours. Nous trouvames 1 excellent Directeur General de Tceuvre des ecoles en Orient et M. Jaulerry qui 1 avait accompagne , occupes a remplir avec un zele tempere par I mteliigence et la charite, la haute mission que le comite do leur avait confiee, mission qui reellement est tres-pe-
(1) Annales du Commissariat Genoral de la Terre-Sainte a Paris, 1801 , par Adricn Le Clerc et C if .
ruble, a cause des chaleurs insupportables , qui se faisaient en core sentir dans ces contrees.
Apres ces visiles, nous nous mimes a distribuer les dix-mille francs, que le Comite meme avait daigne me confier, pour secourir les malheureux Chretiens de Syrie. Cette tache nous couta assez de peines; car au milieu de tant de mines et de malheurs, nous nous faisions un devoir rigoureux de faire en sorte que les sommes fussent reparties avec toute 1 equite possible. Ce qui n etait pas facile , a cause des differentes commissions, qui en meme temps avaient la meme charge a Beyrouth ; toutes ne se composaient pas de catholiques, il y en avait de schismatiques et de protestants. Cependant la principale etait celle qui etait presidee par M. 1 abbe Lavigerie. Ainsi il fallait proceder avec beaucoup de circonspection. En agissant de la sorte et en nous adressant pour faire nos distributions avec egalite , specialement aux premieres autorites ecclesiastiques , nous sommes parvenus a savoir que les families chretiennes de rite latin, qui s etaient enfuies de Damas, etaient celles qui avaient regu le moins de secours jusqu alors, quoiqu elles eussent souffert le plus de dommages. En voici un exemple, entre bien d autres: 1 annee derniere j avais connu a Nazareth le chef de la famiile Scia, un des plus riches negotiants de Damas, qui se trouve actuellement avec toute sa famiile, composee de plus de vingt personnes, dans la plus extreme misere, etabli dans une pe tite maison, dependante de notre couvent de Beyrouth.
Nous avons done cru devoir distribuer cet argent specialement entre quarante-neuf de ces families, comprenant en tout deux cent-treize individus, comme on le verra par le suivant