TEXAS
(Suite de V article pullie dans la 2e livraison , page 12S).
Une histoire complete des Missions du Texas a ete ccrite en 1783 par le P. Lecteur Jean Augustin Murfi. J en ai vu de mes proprcs yeux le maims crit, que j ai en vain cherclie a me procurer. Car M. San Martin, editeur d un journal cspagnol a New-York, qui en cst possesscur, m a dit ne pouvoir en disposer, sans en avoir d abord obtenu la permission de tellc personne, qui est actuellement en Espagne. Get ouvragc important et tres-bien ecrit se compose dc deux enormes volumes; mais quoiqu il soit inedit, il parait qu il en existe unc autre copie, comme 1 a dernierement annonce M. Shea. 11 faut done, quant a present, que je me contente de vous donner quelques courts renscigneinents sur les Missions du Texas, en attendant la proehaine publication de cet ouvrage.
De mcme que la Floride et le Nouveau Mexique, le Texas fut visite de bonne hcurc par les Missionnaires Eranciscains. Quelques-uns y etaicnt rcstcs, victiracs du zele avec lequel ils 1 avaient parcouru, lors de la pre miere expedition de Narvaez, a laquellc on a deja vu que quatrc sculemcnt
a ) Xon ex (tliis Iiominiliux finnt, luv/ clici , quom <>,r Us f/ui , .si in Ecclcsid permansissent, propter vitcc turpiiud.inon nilii/oininas j>criisscn(.
avaient survecu. Posterieurement les coinpagnons de Soto et de Muscoso y avaient egalement peri. Un seul missionuaire fiiiit par reussir dans une ent reprise ou avaient echoue tant d autres avant luL Ce fut le Franciscain P. Andre Olmos, qui, deja tres- verse dans plusieurs autres langues indicnnes, parvint heureusement a ecrire et a composer dans celle des Chachimuos, et qui, des 1544, fondait une mission tres-florissante a Panuco. Neanmoins cc ne fut qu en 1685 que des missions regulieres s etablirent au Texas. A cctte epoque, M. Lasalle ayant tente avec quelques recollets Francais d explorer le Mississipi du cote du Texas , les Espagnols en conpurent de 1 ombrage, et comprirent qu il etait de la plus haute importance de laisser en ee pays quelques missioimaires, qui y commencerent la mission de St Franyois. L annee suivante, ils furent rejoiiits par 21 Franciscains , dont quatorze pretres et sept freres lais : ceux-ci fonderent liuit missions : trois parmi les Texiens, quatre chez les Cudodaclios, et une le long du fleuve le Guadaloupe.
Toutefois ces missions ne reussirent pas encore, en partie par suite d une disette qui survint, en partie a cause de la mauvaise couduitc des soldats espagnols cnvers les Indiens. Mais en 1717 le P. Augustin Padron de Guz man parvint a relever la mission de Saint-Michel chez les Adages, et un autre Pere se fixa parmi les Texiens. De 1721 a 174G, on vit se fonder les Missions de San- Francisco, au centre du Texas ; de San- Jose chez les Nazones ; de Notre-Dame de Guadaloupe chez les Nacogdoches, et de Notre-Dame du Pilier chez les Adages, les Asinais ctles Acs. Elles etaient toutes dirigees par des Franciscains , venu la plupart des colleges de Queretaro et de Zacatecas. Leurzele les porta jusqu aux pays des Cocos, des Osages et des Missouris, ou Fun deux perdit la vie , et ou uu autre resta quelque temps prisonnier. Ainsi les Missions du Texas s etendaient jusqu au Nouveau-Mexique et comprenaient di verses tribus. Le P. Joseph Quadalupc Orado ct le P. Barthelemy Garcia furent du nombre des missionnaires qui se distinguerent le plus sur le champ apostolique du Texas.
Ces missions se maintinrcnt dans un etat tres-prospere jusqu en 1812, oil elles furent supprimees par le gouvernenient espagnol, de sorte que les pauvres Indiens resterent prives de Missionnaires jusqu au 1832, epoque a laquelle le Franeiscain P. Diax fut envoye a Nacogdoches Montrey; mais il n etait pas destine a y fournir une longue carrierc; car, il y avait a peine un an qu il donnait ses soins a son troupeau disperse , lorsqu il tomba victime de son zele sous les coups de quelques sauvages.
Quoique manquant dc missionnaires , beaucoup d lndiens resterent longtemps de fervents catholiques; de sorte que quand Mgr Zimon leur fut envoye en qualite de Visiteur Apostolique , il raconte que bien souvent il se lassait a administrer a des milliers de personnes le sacrcment de la confirma tion. En 1847, le Texas put enfin etre erige en diocese de Galveston, grace
an zele de Mgr Odin, qui, deja. consacro depuis 1842, en fut alors nomme eveque. Ce prelat fut derniercment transfere au siege de 1 eglise metropolitaine de la Nouvelle Orleans , et le siege dc Galveston resta vacant. Depuis la mort du P. Diaz, martyrise en 1832, comme nous Taverns dit, notre ordre en avait done disparu ; mais Mgr Odin, connaissant par experience le grand bien qu y avaient opere les Eranciseains , ne prit de repos que lorsqu il les y vit retablis au moins sur un certain pied. Ce fut en 1859 qu ayant rencontre le R. P. Emilien d Azzano a la Nouvelle Orleans, ou il s etait rendu pour quelques affaires, il ouvrit a cet effet des negociations qui aboutirent a une heureuse issue, dc sorte que le R. P. Augustin de St Damien d Asti alia bientot prendre possession 4e la mission de la villc et du district de Houston, avec le Tierfaire Mexicain Er. Trinite Torres, et fut rejoint pen de temps apres par le P. Eelix de Cannobbio, le P. Pacifique d Arlem, et le Er, Theo bald de Novella, laic profes,
Depuis que la guerre a interrompu les communications avec cet Etat, il j a plus de neuf mois que nous n avons pu recevoir aucune nouvelle de nos confreres. Nous n en rcndons pas moins de vives actions de graces a Dieu de cc quo 1 ordre Eranciscain ait commence a revivre sur un sol oil tant d eglises encore debout , des aqueducs ct d autres travaux publics, executes par des mains indiennes sous la direction de nos Peres, semblaient reclamer hautement leur retour. Et jc suis heureux de le dire, il serait aussi facile de le retablir dans beaucoup d autres endroits de FAmerique qu au Texas. En effet, les Eveques sont generalement tout disposes a nous confier des missions, ct rneme ils le desirent, taut a cause du manque d ouvriers evangeliques , que par leur extreme bienveillance pour 1 ordre Eraneiscain, dont le nom. venere se trouve a chaque page de 1 histoire de I Amerique. L unique difficulte vient du petit nombre des sujets propres a ce ministere. Car aujourd hui les missions dans ces contrees ne sont pas restreintes, comme autrefois, auxseules tribus indigenes de sauvages; il faut, aucontraire, s adresser a des liommes venus de toutes les parties du globe, et deployer constamment la plus grande activite , comme 1 cxigent le caracterc meme et les besoins d uue semblable population. Ainsi les religicux a cnvoyer en ces lieux doivent etre nou-sculement de bons religieux, mais des jeunes gens vigoureux et instruits ; antremcnt ils serviraient peu, et Ton nc pourrait guerc attend re un heureux resultat de leurs efforts. J esperc profiter de mon voyage a Home, lors de la reunion du chapitrc general, pour en choisir un certain nombre que pourront fournir nos differentes Provinces. Quant auxmoyens de subsistancc , la Providence ne nous laissc manquer de ricn ; le caractere des habitants s accorde tres-bien avec celui des Eraneiscains ; nous n avons ici qu a suivrc notre chemin , en nous faisant tout a tous , pour 1 amour de Jesus-Christ, suivant 1 avis de 1 apotre des nations.
(Sera continue).