III
: AMEillQUE MERIDIONALS. " "
Lettre ou le P. LOTJIS-MAUIE DE JESUS, Observ. de la Province de &-Louis de France, rend compte au T. 11. P. JOSEPH AHESO, son ministre Provin cial, de son voyage et de celui de ses comp agnails, quand Us se rendirent en mission dans la republiq2ie de Solivie.
Valparaiso ce 25 Janvier 1862.
Mon tres- reverend Pere,
Partis de Bordeaux le 19 octobre 1861, comme vous le savez deja, nous sommes arrives, aprcs une rapid e et tres-heureuse traversce, en cette ville de Valparaiso le 18 Janvier de cette annee : grace dont nous nous reconnaissons obliges a vos saintes prieres et a celles de tous nos freres de France.
Je trouvai ici trois families qui se montrerent pretes a nous munir de tout ce dont nous pourrions avoir besoin pour continuer jusqu a Clmquisaca notre voyage, lequel sera de pres de vingt jours tant par mer que par terre : M. Joachim Errero voulut prendre scul cette charge. C est un homme extremement estimable que Votre Paternite sera heureuse de connaitre bientot personnellement ; car le 3 du mois prochain il doit s embarquer pour la France, ou il ne tardera point a vous visiter, apres son arrivee , ayant n vous commimiquer je ne sais quelles affaires de la part de nos religieux de Chuquisaca. II est cousin <T Andre Errero, notre celebre Missionnaire Apostolique, qui a travaille avec un zele si ardent a la diffusion de la foi catholique dans la republiqne de Bolivie.
Je m embarquerai pour Chuquisaca le 23 du courant avec les freres Antoine et Martin; Thomas, Fidele et Franfois resteront encore ici une dizaine de jours, jusqu a ce quo soit dechargec la cargaison du navirc sur lequel nous sommes venus de France , et ou en verite nous avons ete parf aitcment traites .
Les habitants de ce pays me plaisent beaucoup par leur douceur et les bons sentiments dont ils font particulierement preuve dans leurs rapports avec les religieux. Le premier jour quo j ai celebre ici la Sainte Messe, j ai eprouve le plus grand bonheur a donner la communion a un grand nombre de personnes, et je n ai ensuite pas etc moins edifie de la devotion et de la modestie avec lesquelles les tierfaires out accompagnc la procession du Tres- Saint Sacrcmcnt, le troisieme dimanche du mois, consacre a notre Pere Seraphique. Mais en meme temps je me sentais profondement triste en pensant a 1 indilfurence qui rogne aujourd hui en Europe en fait dc reli gion , bien qu il n y ait pas mic partie du monde aussi favorisee de 1 amour de Dieu ; car c est Dieu qui y a suscitc des milliers de ministres, constammcnt appliques u travailler au salut des ames.
Ici a Valparaiso, ville d environ 20,000 habitants, il y a un assez bou nombre de convents cloitres : des Augustins , des Dominicains, des Jesuites, des freres adonnes aux ceuvres de charite ou a 1 enseignement ; et de notre ordre, des recollets et des observantins , outre pres de 200 tierpaires.
Santiago, capitale du Chili, ville ou Ton ne compte pas moins de 200,000 ames, possede aussi un convent de recollets avec pres de soixante religieux, un convent d observantius, et beaucoup d autres maisons religieuses, outre mille tierpaires.
Votre Paternite sait qne notre ordre a un grand nombre de provinces en Ameriqne. J ai ete bien heureux d entendre tous ceux qui m ont parle de Chuquisaca rue dire beaucoup de bien de nos confreres qui y resident , et qui sont veueres par le peuple comme de vrais serviteurs de Dieu; tant leur zele est grand pour sa gloire et pour le salut des ames. On m a fait les memes eloges du convent de la Paz, auquel sont destines les freres Thomas, Fidele et Franpois. Je deplore seulement notre petit nombre en face de la grande vigne qui reclame nos soins et notre culture. C est pourquoi je prie votre Paternite de reunir les religieux qui se sentiraient appeles a I ceuvre des saintes Missions et de les envoyer en Bolivie, ou un vaste champ sera ouvert a leur zele apostolique, et lenr permettra de recueillir une moissou abondaute pour le grenier mystique du souverain Pere celeste. J ajoutc que votre Paternite avec tons ses fils, nos bien aimes confreres, a ici une terre benie dont tous les habitants vous recevraient a bras ouverts, s il arrivait (ce qu a Dieu ne plaise !) que les vicissitudes de 1 Europe vous contraignissent a abandonner- notre cher pays, pour lequel nous ne cessons d adresse,r chaque jour de ferventes prieres an Seigneur.
Dieu vous conserve , mon Tres Reverend Pere , de tongues annees pour le bien de la France et pour 1 avantage de notre province de St Louis ; ne nous oubliez jamais dans vos prieres.
Votre humble fils,
FE. Louis MARIE DE JESTJS,
Missionn. apost. Min. Obs.