‹ Annales des missions franciscaines Volume 2Chapitre 59 sur 99 · TRES-REVEREND PERE MARCELLIX · texte numérisé non relu

TRES-REVEREND PERE MARCELLIX

Un des objets les plus importants, celui qui doit etre surtout clier au coeur des veritables Catholiques et des Gouverneur* de la Confederation-Argentine, dans 1 Amerique du Sud, c est sans contrcdit, de faire disparaitre Textreme ignorance, la misere et la barbaric dans lesquelles sont encore plongees les innombrables tribus sauvages eparses ca et la sur le territoire de cette confe deration, et (Tameliorer leur malheureux sort, en leur procurant pen a peu les jouissanccs de la civilisation cliretienne. Propo sition qui pent se passer de preuves, car le co?ur liumain est naturellernent porte a la compassion; il liait ^ignorance et la, cruaute, et desire la felicite de ses semblables, non moins que la siirete et les progres dans le bien pour son propre pays.

Parmi les nombreuses et diverges tribus d infideles qui habitent le territoire dc la Confederation-Argentine, et plus particulierement sur les deux vastes regions du Beraejo, depuis le Pilcomajo jusqu au. Salado, et de la Kouvelle Oran au Paraguay et au Corrientes, eelles qui m ont paru le plus digues de pitic, sont : les tribus des Chiriguanos, des Matacos, des Tobas et des Belelas. Pauvres, nus, affames entre tons, en proie a line stupide et sauvage ignorance, ces malheureux ne pourront savoir qu ils appartiennent a la iamille liumaine et sont enfants de Dieu, Createur de FUnivers, qu au moyen de la lumiere ct de la ciiarite evangeliques. Les leur porter est une ceuvre \yaiment grande, qui merite toutcs les benedictions du ciel et de la terre. C est la ce que vient d entreprendre, dans la partie superieure du pays, notre confrere, le Pere Joseph Puigdengolas, de Cata-

logne en Espagne; et je crois qu il irnporte dc retracer en quelques mots ses voyages, ses fatigues, ses souffrances et Fhistoire de la Mission qu il a fonclee.

Get excellent apotre avait ete longtemps meinbre de notre College de Tarata, et avait employe bien des annets a amener a une vie civile et chretieime les Indiens de Yuracares dans la republique de Bolivie; travaux, qui le fire nt nommer Prefet de ces Missions. Apres 1 expiration du temps qu il devait y passer, d apres nos regies, il se hata d aller a Jujui, dans la Coniederation- Argentine, oil devait s etablir im autre College de Missionnaires Eranciscains, destines a travailler a la conversion et a la civilisation des Indiens du Chaco. II voulait avec leur concours s occuper specialement des Tobas : c etait la le but supreme de ses saints desirs. Pour ne pas perdre de temps, il se rendit d abord a Salta, afin d y conquerir des ames pour le ciel. En efiet, lorsque, seconde de quelques compagnons, il eut donne an peuple des exercices spirituals, il est impossible de dire combien de pecheurs il convertit par sa patience et sa douceur, offrant a tons un mcrveilleux cxemple d edification par la pratique de toutes les vertus apostoliqnes. Aussi les habitants de Salta se rappellentils encore avec admiration et bonlieur Thumilite, le zele, la cliarite et la patience a toute epreuve de cet homme de Dieu.

Cependant ses pensees se dirigeaient toujours, comme nous Favons dit, vers la tribu de Tobas. Quand done il vit que la fondation d un college a Jujui ne se realisait pas, il quitta aussitot Salta et se rendit sur Irs rives du Salado, dans la province de Santiago de FEstero, comptaut partir de la, avec un guide, pour penetrer hardiment chez les barbarts qti il avait resolu de conque rir pour le ciel. Soutenu par cet espoir, il resta quelques inois a Matara, a Guaipe et autres lieux du Salado, attendant ^occasion favorable, et catechisant les iguorants, convertissant les pecbeurs, consolant les afflio;es. II eut bientot ^a^ne f affection ct Fadmira-

tion de tout le monde; aujourd^hui encore son nom y est cite avec veneration, sa vertu partout celebree.

Mais il avait beau clicrclier un homme qui consentit a Faccompagner dans le perilleux voyage qu ; il allait entreprenclre, il n cn pouvait pas trouver : tous avaient une peur extreme des barbares Tobas. Il retourna done a Jujui, et passa a llionejio, oil, trouvant enfin un guide, il partit de Santo-Pietro pour le Jjermejo, pensant toucher en quelques jours au but de ses desirs. Mais abandonne u moitie chemin par son compagnon, il se vit force de retourner a Santo-Pietro. Son courage n en diminua pas; au contraire, il sentit croitre son esperance, se transporta a San-

Lorenzo, pays de Cannes a sucre, a trente-cinq milles de la Tsoiivelle Oran, y trouva un horame qui offrit de Faccompagner a. travers les monts et les forets, commenca sa dangereuse peregri nation en se dirigeant vers le Bermejo, arriva, apres plusienrs jours d une marche difficile et penible, au lieu qu il avait tant desire atteindre, et y commenca sa mission.

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