OU-TCHANG, EN CHINE
Nous extrayons le resume suivant d une lettre de I lllustrissime et Revereudissime Mgr Louis- Celestin Spelta, vicaire apostolique du Hu-pe et visitenr delegue par le St- Siege de tontes les missions catholiques dc Chine, au Reverendissime Pere Raphael de Ponticulo, General de tout 1 Ordre des Freres-Mineurs. Cette lettre est datee du 7 mai 1862.
" Les persecutions centre les Chretiens continuent ca et la dans cet im mense Empire, comme avant le traite de paix conclu avec les puissances occidentales. Ainsi Mgr Navarro, vicaire- apostolique d U-nam, a ete oblige de fuir recemment de son vicariat, on une petite eglise jointe a sa demeure et cette demeure elle meme, recemment construite, ont ete livrees aux iiammes. II craint le meme sort pour le seminaire.
Dans une autre mission, les memes Mandarins ont martyrise quelques ehretiens et un missionnairc franjais. Dans la province de Kiang-si, tons les orphelinats ont ete detruits, ainsi que leurs eglises. On cherchait le vicaire apostolique pour le faire mourir, et Ton avait promis une recom pense de cinq cents ecus a qui apporterait sa tete.
Ici , par la grace de Dieu , nous sommes tranquilles ; mais , si les Anglais venaient a s eloigner, je ne sais vraiment pas ce qui pourrait arriver.
En attendant, nous prolitons de ces instants de treve pour faire tout le bien possible; et je suis heureux de vous dire que le mois de Marie, que j ai institue dans ce vicariat , m a donne les plus grandes consolations par la multitude des fideles, tant Europeens que Chinois catholiques, accourus pour honorer la sainte-mere de Dieu.
Je vous remercie des nouvelles que vous me donnez et du saint que vous me transmettez de la part de tons vos religieux. Je le leur rends de grand cceur, surtout au T. R. P. Marcellin de Civezza, qui a bien voulu, sans que je 1 eusse merite en rien, me dedier le second volume des Annales des mis sions Eranciscaines.
Ma sante est toujours chancelante; je passe continuellement du lit dans un fauteuil et de mon fauteuil au lit. C est un etat bieu peniblc, mais il faut se resigner a la volonte de Dieu.
Je joins a cette lettre le tableau des sacraments administres dans ce vica riat en 1801, et la biographic de mes trois vicaires gent-raux decodes dernierement , biographic ecrite par un religieux de leur province , pour etre publiee dans les Annales du P. Marcellin.
OCOPA (PEROU).
Le P. Cuesta, gardien an college Eranciscain de la propaganda a Ocoj. dans Ic Perou, vient d ecrire an T. R. P. Pierre Gual, a Rome, pour his doniier dcs details sur les missions etablies parmi les sauvages de cette montagne. II lui apprend que la tribu des Remos a envoye, a Callarin , demander des pretres qui lui enselgnent la religion cliretienne. Le Perc Vergas s y est immediatement rendu, ne laissant a Callarin que le Pen- Ileus.
GEMONA EN ERIOUL.
Nous extrayons de VObservateur Lombard, du 15 mai 1862, le second article suivant sur le monastcre des Soeurs Tertiaires Franciscaines destin.ee* ai x Missions chez les infideles , monastere fonde tout recemmcnt dans cette
ville.
a Louanges a Dieu et a notre seraphique Fatriarche Saint- Eranfois ! Tel est le cri de joie parti du fond de mon coeur a la seconde visitc que j ai faite an nouveau et grandiose monastere des religieuses Tertiaires., a Gcmona. Oh ! oui , louanges a Dieu Tout-Puissant qui , clans cc siecle ou taut clc clioses attristent 1 arae . suscite des cocurs si grands et si genereux et fait eclater en eux la puissance de son bras ! Louanges au pauvre d Assise , qui , au milieu du refroidisscmcnt general de la foi et dc la charite , sait enflammer ses fils et ses filles de 1 esprit seraphique et d une sainte ardcur, pour les porter aux plus nobles et aux plus magnanimes entreprises. Jc voulus done rctourner voir cet admirable convent des Soeurs Franciscaines, et quelle ne fut pas ma surprise, quand j appris quo du 15 mars au 26 avril il y avait cu trois nombreuses professions , dont la derniere etait de qv.atorze novices, et que, par suite de nouvelles prises d habit, le nombre des religieuses s elcvait aujourd hui a qitatre-vingi-douze, sans comptcr un bon nombre d aspirantcs. Oh! qui n admirerait en cela Fosuvre ctonnantc du Seigneur et la benediction efficace du cicl ! Qu on no croie pas , cepcndant , que le vent soit to uj ours propice ct que la barque naviguc toujours, pour ainsi dire, a voiles deployees. Car le malin esprit nc manque pas de combattrc sa marche par son souffle perfide et dangereux , ct la noire calomnio est venue trembler la paix ineffable dc cc saint asile, en abreuvant d amcrtume Fame de cello qui en a concu 1 idec sublime et vraiment catholique. Mais dorenavant les mediants dcvront se tairc et s inclincr rcspectucusemcnt devant la majeste d unc si grande institution.
OGemona, noble ct deiicicuse bourgade du Erioul, j admire volonticrs les bcautes pittoresqucs de ta situation, j admirc les mines majcstueuses dc ton antique chateau , la masse imposantc de ta superbc basilique dc style bjzantin ct les precicuscs peintures clc Pomponio Amalteo. J admire plus encore ramabilite ct la courtoisie dc tcs habitants; et la foi arclentc qui
les aniine; j admire, avec une pieuse affection, melee de respect, le celebrc sanctuaire d Antoine de Padoue, la chapelle qu il a fait clever mi-memc, et le concours du peuple venant implorer la protection du Saint. Mais cc que mon ame ravie admire par dessus tout, avec amour et reconnaissance, c est le grand prodige opere nagueres dans ton scin, par la droite du Tout- Puis sant : la Eondation de cet illustre et merveilleux institut ! llejouis-toi, rejouis-toi, te dis-je, belle et fidele Gemona ; rejouis-toi grandement et rends de solennclles actions de graces au Seigneur !
Muni des permissions necessaires, j ai pu, cette fois encore, entrcr dans I interieur du cloitre, et la, outre une centaine de cellules, j ai vu avec un plaisir incroyable le grand refectoire, la salle des recreations, les ecolcs ct les parloirs : le tout d un gout exquis joint a une severite et a une simplicite qui cliarment le spectateur. Cela prouve combien 1 architecture gothique est merveillleusement appropriee a 1 idee d un monastere. Mais ce qui m a emu davantage, c est la saintc simplicitc, la seraphiquc pauvrete de tout ce qui concerne la personne et les besoms des soeurs, companies a la richcsse et a la magnificence de tout ce qui se rapporte au culte du Sei gneur et de ses saints. L eglise n est pas encore terminee, mais la chapclle du noviciat a quelque chose dc si suave, si delieieux, qu on ne saurait se l imaginer. Quand j allai dans la petite chapelle de la Mere superieure, chapelle construite en forme de petit temple dans la partie la plus elevee du monastere, comme pour se rapprocher encore du ciel et du. trone de Dieu, et d ou le regard embrasse la perspective la plus vaste et la plus enchanteresse, oh ! alors, transport^ a la vue de tant de merveilles de 1 art, dc la piete et de la religion, reunies- en ce lieu, choisies avec un gout exquis et d un prix inestimable, presque ravi en cxtase par la beaute surprenante du saint lieu qui me donnait un avant-gout du Paradis, je m ecriai : Oli ! oui, les anges du Seigneur doivent descendre ici. Oui, s ils quittent quelqucfois le celeste scjour, je suis persuade qu ils viennent visiter avec delices cctte sainte chapelle!
Au contraire, les cellules des rcligieuses ne respirent que la plus extreme pauvrete, une pauvrete vralment franciscaine. Une petite chambre nue et etroite, dont on toucherait a la fois les deux murs opposes, pour peu qu ou etendit les bras, un petit lit a peine eleve de deux empans au dessus dc la terre, une couverture grossiere, une croix de bois noir au chevet, un escabeau pour tout siege et, dansun angle, une cruclie d cau pour tout mobilier. La nourriture est celle que comportc la pauvrete dont elles out fait, profes sion; le vin qu ellcs boivent est tcllement allonge, qu on pourrait le nommer plus exactement de Yeatt rougie. Pas de nappe sur la table; clle est rcmplacec par un morceau de la toile la plus commune, les plats et les vases sont en terre grossiere, proprc a 1 usage des Frercs. Austerites et privations adoptees pour maintenir vivant 1 esprit de pauvrete absolue que le scraphi-
que Pere Saint- Francois a tant recommandee a ses fils, ainsi quc pour habitucr les jeuncs religieuses aux fatigues et aux sacrifices qu elles auront a supporter dans les missions aposloliques auxquelles elles se consacrent en se soumettant a la regie de 1 institut.
Comme des jeuncs filles accourent de toutes les parties de VEuropc pour se reunir ici, j ai demaride quelle langue on y parle, et j ai appris avec plaisir qu on y enseigne toutes celles de 1 Europe : les langues francaise, anglaise, espagnole, allemande, slave, et celle propre au monastere, c est-a-dire 1 italienne. Aussi, bien que la fondatrice soit une genereuse fille de la Gaule, comme la maison-mere est etablie sur les coniins do notre belle peninsule ct qu on y parlc plus specialement la gracieuse langue Toscane, nous avons bien lieu de dire que cette noble institution est une des plus grandes gloires de 1 Italie. Oh! courage, sceurs magnanimes, invincibles disciples de Saint- Franfois, courage toujours! Qae 1 esprit seraphique remplisse votre coeur; armez-vous d une sublime et apostolique intrepidite ; puis , emulatrices fideles des filles de Saint- Vincent, traverses 1 immensite de 1 Ocean, allez sur les rivages etrangers , unies a vos freres gencreux , les Missionnaires , vous devouer an bonheur et au salut de ccs chretientes abandonnees, et a la conversion des malbeureux peuplcs encore plonges dans les tenebres d6 ridolatrie.
Et toi, Sainte Eglise du Dieu vivant, epouse immaculee de Jesus-Christ, aujourd hui combattue par tes propres enfants, helas! en trop grand nombre ; toi dont le cceur est profondement blesse et contriste , regarde autour de toi : Leva in circnitu oculos twos et vide; vois les merveilles et les pro diges que Dieu daigne operer dans ton sein, et comment, au milieu des ordres nombreux qui te font une parure si merveilleuse et si variee , TEternel a voulu, dans ces temps calamiteux, t orner d un ordre aussi nouveau et admirable que celui de ccs dedicates jeunes filles, des plus illustres maisons de 1 Europe, qui se consacrent aux fatigues de 1 apostolat dans les missions chez les injideles, C. V,