TEES -RESPECTABLE MONSIEUR
Bien que j aie eu depuis quelques mois settlement le bonheur de faire votre eonnaissanee, par la lettre pleine de science et d 6rudition que vous avez bien voulu m ecrire le 30 septembre dernier sur un sujet aussi grave que le sont les maux auxquels est aujourd lmi en proie la societe europeenne, je compte sur votre amabilite pour me permettre de vous dedier ce troisieme volume des Annales des Missions Franciscaines , qui tend a retracer au monde 1 histoire rapide non-seulement de ce que les fils de S 1 Francois ont fait dans le passe, mais de ce qu ils font encore a present dans toutes les regions du globe. Les Annales ont obtenu un accueil favorable et bienveillant surtout dans la catholique Belgique, a laquelle vous appartenez, et c est dans votre ville de Gand qu on a songe aussitot a les traduire en francais, de sorte qu^elles se sont promptement repandues et dans toutes les Flan d res et jusque dans la France tres-chretienne. Je suis certain que vous vous en rejouissez d une maniere toute particuliere , d^abord comme excellent catholique, qui avez tant contribue au retablissement de 1 esprit de Jesus-Christ dans la societe civile, par la charite extraordinaire qui vous a fait travailler au soulagement des besoins des classes pauvres, en construisant dans ce but de grandes manufactures, ou a de divers travaux parfaitement ordonnes se joignent toutes les pratiques propres a
la vie cliretienne ; puis, comme His da Pere Seraphique, toujours zele pour rendre de plus en plus ilorissant en Belgique le Tiers-Ordre , fonde par lui dans Finteret des Seeiiliers, et si dignenient preside par vous, qui en avez etc elu superieur. C est que vous avez bien compris que de semblables institutions, qui ont sauve la societe civile au moyen-age, renfermeraient encore de nos jours, si elles etaient relevees et inaintenues dans leur veritable esprit, un des moyens les plus efficaces pour resister au torrent des mauvaises doctrines et des passions perverses par lesqu elles les ennemis de Dieu travail! ent a en detruire le regne sur cette terre. Je veux aussi que cette pauvre dedicace soit un temoignage de gratitude que je vous offre en m unissant a nies confreres Recollets de Belgique, qui ne cessent d eprouver les effets de la genereuse charite que vous leur montrez, en veritable confrere et bienfaiteur, qui desire ardemment les progres toujours croissants et la gloire de 1 Ordre.
Sur ce, je vous prie d agreer mes salutations et je suis heureux de me dire votre tres-humble, tres-devoue et tres-obeissant serviteur et confrere,