‹ Annales des missions franciscaines Volume 3Chapitre 30 sur 107 · TRES-EEVEEEND PERE MARCELLIN · texte numérisé non relu

TRES-EEVEEEND PERE MARCELLIN

J aurais mille choses a vous dire des avantages que nos reli gieux procurent par leurs travaux et leurs oeuvres aux chretiens

de ces contrees, et non-seulement a ceux du rite latin, mais encore a tons les autres. Neanmoins, comme je n ai point le temps de vous ecrire longuement, et que je veux vous parler un instant de nos Olarisses, je ine contenterai de vous signaler un seul fait dont la publication dans vos Annales des Missions Franciscaines ne sera point sans utilite.

Or, il y a trois mois a peine qu un chretien Chaldeen, domestique chez un ministre Protestant, etant tombe gravement malade, fut, dans ce triste etat, jete sur la rue par son cruel maitre, et cela, parce que le P. Maxime de Pantasina lui avait administre les Sacrements de PEglise, et que Ton avait d abord essaye en vain par tous les moyens possibles de le gagner au Protestantisme. Averti de ce qui se passait, le P. Maxime courut, avec le P. Valentin de Yernazza, cure et gardien, au secours de ce malheureux, et le fit transporter en voiture a Fhopital des Grecs Schismatiques (auxquels il fallut payer une bonne somme d ar gent pour qu ils le recussent); la, quelques jours apres, ce chre tien soigne par nos religieux, rendit sa belle ame a, Dieu.

Venons en maintenant a nos soeurs, qui, comme vous le savez, se consacrent a Fenseignement scolaire et religieux et apprennent les ouvrages de femme aux jeunes filles de cette ville. Je suis heureux de vous dire que, malgre leur extreme pauvrete, elles ont vu leur nombre s^accroitre de six compagnes, qui, apres avoir satisfait a toutes les epreuves prescrites, ont ete admises a la profession solennelle dans I lnstitut. Elle eut lieu le jour des Epousailles de S* Joseph, au milieu d un grand concours de peuple, qui, non accoutume a de pareils spectacles religieux, y assista avec une profonde emotion, et je suis sur que cette emotion n aura pas manque de produire d excellents eflets quant a Fedification du co3 ur. Les Sceurs s^appellent : Marie Candide de S* Pierre d Alcantara ; Marie Celestine de S fc Antoine de Pacloue (toutes deux de Ferentino, dans FEtat Pontifical); Marie Mathilde du Mont de Sion; Marie de la Conception du Saint Sepulcre (toutes deux toscanes) ; Marie Therese de S. Giuseppe, Romaine, et Marie Bonaventure, de France. Oh! qu il etait touchant de voir ces anges d^innocence , avec une couronne de fleurs sur la tete, des lis sur la poitrine et un cierge a la main, se consacrer pour toute la vie a FEpoux Celeste dans Finte"ret de la jeunesse de ces contrees! Elles etaient entourees de

14 pensionnaires, de toutes les eleves, de 30 orphelines et cle beaucoup de dames de la ville, parmi lesquelles se trouvaient M me Macio, femme du consul d ltalie, M me Yernoni, M me Brucher, M me Yalmasti et d autres.

Je termine en vous disant que nous aussi, nous avons celebre un triduum solennel en Fhonneur de nos saints martyrs Japonais, par des messes pontificales suivant les rites armenien, grec et latin , en presence de tons les catholiques de chaque rite , qui y ont pris part avec grande edification. Le Seigneur nous console au milieu de tant de tribulations qui nous affligent en tournant nos yeux vers le Paradis, et ces epreuves sont le cliemin sur qui y a conduit heureusement les saints. Sur ce continuez a m aimer et croyez moi toujours.

Votre tres-affectionne confrere

Page 1