LE COUVENT DE NESTVED
R-ecit de la dispersion du couvent de ISlestved, arrivee en 1 an de grace de Notre Seigneur 1532, le lendemain de 1 Assomption de la Sainte Vierge. Mogens Gjoe, digne disciple de Satan, avait souvent menace de cliasser les religieux de ce couvent. Et comme son grand pere et sa grand mere etaient morts en cette ville , et que le premier avait fait don d ua ealice au couvent, Mogens Gjoe le reprit au moment de la dispersion. Puis il envoya en ce lieu des predicants Lutheriens, auxquels il recommanda de declamer centre les religieux. Pen content de cela, il leur joignit les fameux Jean Kjoege et Nicolas Christensen, deux veritables brigands, apostats de notre Ordre, avec la mission de suivre attentivement les sermons du P . Erasme Olufsen , Lecteur du couvent , qui avait ete specialemeiit charge de combattre Theresie.
Ces espions , ayant releve quelques maximes pretendues heterodoxes, les envoy erent a Mogens Gjoe, auquel ils fournirent un pretexte pour interdire la predication au P. Erasme et a tons les autres religieux, tant qu ils ne lui auraient pas rendu compte des propositions qu ils avaient avancees. C est pourquoi Erasme, ayant pris pour compagnon le P. Jac ques Hansen 1 , coadjuteur du Provincial, se rendit a Copenhague, afin d y
*) Ce sont ces deux religieux qui ont e"crit la presente chronique.
defendre sa doctrine devant le conseil du royaume. En fait, tous les raembres de ce conseil , soit ecclesiastiques , soit seeuliers, reconnurent, apres avoir la ces propositions en langue vulgaire , qu elles etaient ortliodoxes , de telle sorte que plusieurs d entre eux allerent jusqu a verser des larmes , en sachant quelles etaient les choses qu on mettait en question; car ils craignaient qu une si grande iniquite n attirat les maledictions du ciel sur leur patrie. Alors Tyg-Krabbe prit les pieces et les presenta a sa Majeste; le roi les defera sur le champ a 1 examen de Mogens Gjoe, et celui-ci les soumit au jugement de quelques Lutheriens. II est facile de deviner le resultat d un pareil ex amen , et Mogens Gjoe s en prevalut pour ecrire secretement aux magistrals de Nestved que ces propositions avaient etc jugees heretiques par le conseil du royaume. II accompagna sa lettrc d une dissertation depourvue de sens commun, qui doit se trouver encore entre les mains des bourgmestres de la ville. Apres cela les deux religieux susnommes retournerent a Nestved , d ou le ministre Provincial rappela le P. Jacques, son coadjuteur; mais bientot le P. Jean Nyborg, Vice-gardien de cette ville, se rendit a Roeskilde , afin de voir le Ministre. Ils en partirent ensuite ensemble, et furent temoins de 1 execution du dccret royal, qui or donnait 1 expulsion de tous les religieux du convent 1 .