DE BOLOGNE
Nous consacrons a la memoire de ce cher Confrere , de 1 amitie duquel nous nous honorions, et qui n a point peu contribue par la diligence de son zele a nous procurer de precieux documents pour notre Histoire universelle des Missions Franciscaines, ainsi qu a faire connaitre, autant qu il dependait de lui, les presentes Annales, c est-a-dire le recit des travaux de
nos Missionnaires epars sur toute la surface de la terre, nous lui consacrons, disons-nous, Particle necrologique suivant, que nous empruutons a YEcho de Bologne du 3 mai 1863, et par lequel nous entendons le recommander aux prieres de tous nos bienveillants lecteurs.
a La ville de Cento a ete douloureusement frappee le 2 mai par la perte inopinee de 1 un de ses enfants, le P. Antoine Louis Stagni, Mineur Observantin. II comptait a peine quarante-six ans, et sa vie entiere avait ete employee a 1 etude, a I accomplissement des devoirs de 1 Institut Seraphique, et a une foule d oeuvres et de fonctions particulieres dont il s etait acquitte avec succes.
a Par la penetration de son esprit, 1 etendue de ses connaissances philologiques, son eloquence en chaire, et sa smguliere aptitude a recueillir des materiaux utiles tant pour I histoire de son pays que pour celle de son Ordre illustre, ainsi que par ses travaux publics ou inedits, qui attestent sonvaste savoir, il a merite 1 estime et 1 affection universelles. Ajoutez qu a ces rares qualites il joignait un caractere doux et ingenu, et une conversation ele gante, aimable et edifiante. Aussi son nom etait-il fort connu des ecrivains les plus celeb res de 1 Italie, et ils avaient assigne parmi eux au P. Stagni une place distinguee, qu il devait a une purete d elocution franchement italienne, a une candeur de style, qui refletait son ame, a un raisonnement clair, solide et rehausse de tous les charmes d une erudition de bon aloi. Comment done la ville et la Province de son Ordre, comment surtout les religieux qui avaient avec lui a Cento une residence commune, ne pleureraient-ils pas la perte d un moine si pieux, d un orateur si eloquent, d un historiographe si habile ! II rendait son ame benie, peu d heures apres qu on avait debite dans 1 eglise St Pierre, a Cento, un admirable panegyrique en 1 lionneur des saints martyrs Japonais, auxquels il avait exprime son voeu ardent d aller bientot les venerer dans le paradis. Salut , 6 saint Pretre, et daignez accepter de la liaut ce faible tribut d eloges, que vous offre, du fond de son cosur, un de vos plus tendres amis.