PEROU
Lettre du P. NICOLAS CAEINI DE CORIXALDO, 05s. de la pro vince des Marches , au Tres-Reverend Pere ANTOINE DE FANO, secretaire general de I Ordre Franciscain , sur les dommages que la revolution de la Nouvelle- Grenade a fait souffrir a
la Mission Franciscaine.
Lima, 21 aout 1863.
TRES-REVEREND PERE
Je saisis 1 occasion de vous rnanifester les sentiments d^es-
time que mon coeur vous porte , en vous rendant compte des e"venements facheux qui ont detruit notre mission dans la Nouvelle-Grenade. Depuis trois ans que nous y etions a evangeliser ces peuples prives de bons pretres, le bien qui s y faisait n etait pas mediocre, quand au mois de juin dernier les de putes de cette Republique voterent une loi d apres laquelle nous devious partir dans les trois jours, abandonnant a janiais notre cher college de la ville de Call. Et cela parce que nous n avions pas voulu prater le serment requis par 1 autorite civile (condition sans laquelle on ne pouvait exercer le ministere sacerdotal) pour nous soumettre a des lois nationales contraires aux prescriptions sacrees de TEglise.
Nous retirant, en consequence, au nombre de 17, nous nous dirigeames vers la cote de la mer Pacifique, afin de chercher un asile dans le Perou. Nous etant embarques, nous arrivames, en effet, apres douze jours de navigation sur un bateau a vapeur, sains et saufs au port de Callao, distant d^un quart de lieue de la capitale du Perou. La, Fetat du P. Jean de Castelplanio, depuis quelque temps malade, empira, et quelques jours apres il s endormit paisiblement dans le Seigneur. II en fut de meme du P. Pierre de Genes, peu de temps apres son arrivee dans la mission.
Quant a la mission de Cali, elle est perdue, si Dieu n j y pourvoit. Cependant le tres-reverend Octavien Garzen, qui nous a menes d ltalie en ces regions, et qui, en mission le long des cotes de la mer Pacifique au moment de ^expulsion, se trouve aujourd hui dans la ville de Guaiaquille (Republique de 1 Equateur), travaille, quoique absent, a recouvrer, s il est possible, ce convent, afin de ne point laisser ces peuples dans un complet abandon. Nous verrons ce qu il lui sera donne d obtenir; mais je ne conserve aucun espoir. En attendant, nous sommes, conformement aux ordrcs du T. K. P. Gual, loges les uns a Lima, les autres au convent d Ocppa.
Je vous prie de faire tenir de mes nouvelies aux membres de ma famille que je salue tous dans le Seigneur , en meme temps que, vous baisant la main, j ai Fhonneur de me dire
Votre sincere et tres-humble serviteur, FR. NICOLAS CARINI DE CORINALDO, Miss, apost. Min. Obs.
TROISIEME PABTIE,