CREDO
E Vhakapono ana ahau ki te Atua te matua Kaha rawa; Kaihanga i te ranghi me te, whenua ki a Heu Kerito tona Tamaiti ko talii anake to tatou Afiki-i wliakaaliuatia e te Wairua tapu , i whanau i a Maria Takakau-mate iho i a Pohio Pirato , ripekatia ana, mate rawa, tanumia anaheke iho ana ki te iweri, i te ra tuatom i ara ake i te mate-kake atu ana Ki te rangi , n.oho ana ki te ranghi, noho ane ki te ringatinga matau o te Atua te Matua Kaha rawa-no reira e hoki mai ai ki te whakahoretanga o ngahar, whakava i nga tangata mate. E whakapono ana ahau ki te wairua tapu, hi te Hai tapu katorica , ki te komunio o nga Hato , ki te w Ki te aranga mai o te o te kikokiko ; Ki te ora tonu. Amene.
La prononciation de cette langue est tres-facile pour nous Italiens ; car elle se prononce comrne elle s ecrit , c est-a-dire qu on y donne aux mots le meme son que nous leur donnons dans notre langue, a 1* exception de quelques lettres aspirees et nasales. II n est neanmoins pas facile de Fapprendre, pas plus que de coraprendre les Maori , dont les diulectes changent suivant les lieux. De la vient qu ils ont la fourberie d^ employer dans la conversation un certain jargon pour ne point laisser connaitre leurs secrets a des etrangers. Leurs chansons ne roulent que sur F amour et sur la guerre; les Missionnaires catholiques y ont substitue quelques cantiques, mais avec peu de succes; car les Maori aiment leurs compositions , comme les meres aiment leurs enfants, fussent-ils des moustres.
SYEIE ET PALESTINE.
Lettre du P. PERPETUE BAMONTE, Min. Obs. au sanctuaire dc la Consolata a Turin, au Redacteur des Annales, sur qudques particular ites des Missions Franciscaines en Orient,
Turin, convent de la Consolata, 18 juin 1864. TRES-HONORE PERE MARCELLIN,
Le voyageur qui parcourt la Palestine, la Syrie, FArmenie , F Arabic, la Mesopotamie et les autres contrees de FAsie mineure, reste stupefait a la vue de tant de riantes coHines, de taut de belles vallees , depourvues de toute vegetation , malgre leur fertilite naturelle, et la facilite qu il y aurait a les arroser abondamment des eaux de mille canaux qu on pourrait deriver du Giahan , du Koik , de TOronte , du Jourdain , du Tigre et de 1 Euphrate. Mais son etonnement cesse quand il reflecliit que le gouvernement turc ne protege nullement les proprietes foncieres; il n y a la ni cadastre ni plan qui relevent et fixent les limites territoriales ; par consequent tous les dien$ sont communs et apparliennent au premier occupant.
Fait etrange, mais vrai ! II arrive en ce pays ce qui arrive dans la mer OIL les poissons les plus gros devorent les plus petits. Une tribu de Kurdes ou de Bedouins prend, par exemple, possession d une vallee; elle y seme son grain en decembre ou en Janvier, et garde son champ jusqu au mois de juin. Mais que voit-on? Quand viennent les jours de la recolte, voila qu^apparait une autre tribu plus puissante qui fond sur la tribu plus faible, elle la chasse, recueille le grain en sa place, puis se retire.
Quoi qu il en soit, on trouve la certains lieux qui surpassent en beaute, en amenite, en fertilite, tout ce que je me rappelle avoir lu de plus ravissant dans nos poetes d ltalie et dans ceux d Angleterre. Ayant voyage dans ces contrees en 1859, 1860, 1861, je me souviens notamment d avoir vu une plaine extremement agreable longue de 200 kilometres et large de 150, laquelle s etend d^Antioche jusqu^a Kerem-Kalas et pourrait etre arrosee par TOronte, dont les eaux feraient produire au terrain, la ou il est argileux et fertile, vingt ou trente pour un. J ai aussi vu a Esdrelon, au bas des monts de Gelboe et du Thabor, une autre plaine qui
pourrait etre arrosee par le Cison. La plaine du Saron, le champ des epis, les environs de Tiberiade sont encore autant de lieux riants qui, etant cultives, produiraient le triple, le quadruple, le centuple.
Mais une autre contree qui surpasse toutes celles-la, c est le Serrucese, nom inconnu jusqu ici dans les traites de geographic, dont je ne me souviens pas qu aucun ecrivain fasse mention. Elle m a ete revelee par un de mes grands amis qui demeure a Orfa, dans une lettre qu il m a ecrite le mois dernier et que je m empresse de vous commum quer, mon tres-honore P. Marcellin, pour que vous en fassiez profiter les lecteurs de vos interessantes Annales i .
Le Serrucese, en Mesopotamie, se trouve au sud-ouest de la ville d Orfa, dont il est distant de 150 kilometres. On y compte environ trois cents bourgs et villages, tant gros que petits, dont le chef-lieu est Serruce, qui a Faspect d une ville. Cette province ottornane presente une plaine doucement ondulee, entrecoupe"e de coteaux et de vallees, plaine qui s etend le long des bords riants de TEuphrate, ce fleuve historique. Voila je
*) Get excellent ami est le docteur Antoine Smania, natif de Venise, et docteur en me decine de la faculte de Padoue; il habitait Alep a 1 epoque ou je m y trouvais, et etait attache" au service des troupes ottomanes. A peine le college de Terre-Sainte d Alep ^tait-il ouvert (le 20 octobre 1859) que le Docteur Smania otfrit gratuitement ses services et les medicaments ne cessaires pour tous les professeurs et pensionnaires demeurant au college, qui tomberaierit malades. Moi-me me j ai pu e"prouver plus d une fois les eflets de Tassistance bienfaisante du bon medecin, qui a coopere" ainsi par les secours de son art a la fondation du nouvel dtablissement. C est la que je me suis uni a lui par les liens d une vive amitie", et je lui en adresse ici publiquement mes remerciements. II y a deux ans qu il a e te nomme" me"decin provincial d Orfa, ou il se trouve encore a present.
Puisque Toccasion nous amene a parler de me"decins, il faut que la custodie de Terre-Sainte sache qu elle doit la plus grande reconnaissance nonseulement au Docteur Smania, mais aussi au chevalier Docteur Vincent Tommasini, natif de Fano, consul d ltalie a Alep, qui depuis trente ans donne ses soins et fournit des remedes gratuitement aux peres de Terre-Sainte. Des que le college fut ouvert, il lui preta son art me"dical, ses ressources, ses fonds et son influence pour le faire prosp^rer ; il alia jusqu a payer les pen sions annuelles de trois jeunes gens qui devaient recevoir leur Education au college, et a cet 6"gard je puis Tattester hautement, puisque, comme econome de la maison, j ai regu pendant deux ans le prix des pensions.
crois, line region qui est la plus privilegiee qu il y ait au monde. Le terrain y est fertile a un point fabuleux et pioduit plus de trente pour un. On y voit des eaux limpides courir dans toutes les directions, et la secheresse y est chose inconnue. Un ciel toujours serein; des campagnes jamais atteintes par la grele; jamais d orages ni d eclairs, une nature toujours souriante; des paturages toujours verts; des arbres courbes sous leurs fruits; des sites enchanteurs; un printemps perpetuel! tel est le spec tacle qu offre Serrucese.
Hie ver assiduum atque alienis mensibus aestas.
Je crois positivement que c est dans le Serrucese, et non ailleurs, non dans les environs d Orfa ou de Damas, comme Tecrivent tant de geographes, comme le supposent et le pretendent .tant de voyageurs, que le premier homme a ete place pour cultiver la terre, et que dans toute la Mesopotamie aucun autre lieu ne conserve les traces de 1 Eden de la Genese et n en reproduit encore Timage. Oh! si notre Dante, ou le chantre anglais du Paradis perdu avaient vu le Serrucese! Quelle mine de grandes et originales beautes poetiques ils y auraient trouvee !
Voyez cependant! Ces habitants, qui appartenaient peut-etre primitivement aux tribus errantes et qui, epris de la richesse des paturages et de la fertilite du sol, y ont les premiers dresse leurs tentes, et y ont ensuite eleve des maisons et des palais pour y fixer a jamais leur demeure, seront contraints par la necessite a les abandonner pour reprendre leurs anciennes tentes, si le gouvernement ne les soutient et ne les protege par de mesures energiques. Autre inent, je le repete, ils devront renoncer bientot a leur vie pacifique, recommencer la vie nomade, se remettre a errer dans les deserts et a vivre de rapines comme autrefois. Et voici pourquoi. Les tribus errantes, sachant que c est la un lieu delicieux, riche en cereales, en legumes, en herbes potageres de toute sorte, ou Ton trouve une nourriture abondante pour les bestiaux, sont toujours a roder a Fentour au temps de la moisson, et semblables a Tepervier avide qui guette la tourterelle pour en faire sa proie, ces barbares, quand le grain ou tout autre recolte est mur, accourent et enlevent tout.
Ainsi Fannee derniere par une matinee de juillet, on vit toute la rive droite de 1 Euphrate se couvrir d une multitude immense
de ces pillards qui y dresserent leur tentes. Epouvantes de leur apparition, les habitants envoyerent des messages au pacha d Orfa pour solliciter du secours : le pacha vint a marches Torches et arriva a Serruce avec toutes ses troupes disponibles et une demi batter! e de canons de campagne. Que fit la redoutable troupe des brigands, quand elle s en apercut? Elle envoya aussitot son chef en message pres du pacha pour Passurer qu elle n avait nullement des intentions hostiles, qu elle n avait d autre but que de vendre la laine de ses troupeaux et d acheter du grain et des vetements, et pour lui demander qu en consequence il la laissat libre de faire ce qu elle s etait pro pose et qu elle avait besoin de faire. Ces raisons plausibles satisfirent le pacha; les nomades se mirent alors a conclure leurs marches et leurs affaires , et tout finit bien. Un mois se passe, la tribu leve ses tentes et s en va. A son tour le pacha quitte Serruce, reprend la route d Orfa, les bachibouzouks (gendarmes) rentrent dans leurs quartiers, et les habi tants restent sans garnison.
Les malheureux ! . . . On n etait pas encore arrive a la rniseptembre que deja les arabes etaient revenus, non plus avec des tentes, avec leurs families et un attirail embarrassant, mais comme des assassins. Cette fois une horde nombreuse des brigands les plus determines et les plus accoutumes au metier traverse rapidement le fleuve, se partage en grosses bandes toutes a cheval, et se jette, la lance en arret, sur la ville et les environs, ou elles pillent toutes les proprietes et frappent sans pitie les pacifiques habitants. Ceux qui semblent pouvoir opposer quelque resistance sont massacres. Les autres sont condamnes a transporter les produits du pillage et a mener eux-memes, s ils veulent avoir la vie sauve, leurs chevaux et leurs chameaux aux bords du fleuve. La des radeaux sont prets pour transporter le butin sur Fautre rive de TEuphrate, ou il se trouve en surete et a 1 abri de toute attaque. On en charge six mille chevaux et trois cents chameaux, et voila quails se dirigent tous vers Tinterieur du desert, ou jamais soldats du pacha ou troupes du gouvernement n iront les attaquer ni les troubler.
C est ainsi qu on est reduit a vivre dans la plus belle vallee de 1 Asie Mineure! et ces pauvres Serruciens sont toujours
exposes a de pareilles invasions ! ! Apres avoir travaille" toute 1 annee, paye les taxes et fourni des soldats au gouverneinent, ils croient avoir fait quelques epargnes pour les besoins de la vie, helas! une nuee de bandits accourt, les depouille de tout, sans que le gouvernement songe a eux, ou veille au moms a leur defense.
Tel est, cher Pere Marcellin, le malheureux etat des popu lations de TOrient, soit de celles qui habitent des maisons construites en pierres, soit de celles qui vivent sous des tentes, et telle est en meme temps la raison pour laquelle on ne saurait en ce pays cultiver la terre avec grand soin; car, si Fon y seme, on n est pas sur de recueillir ce qu on a seme. S il s agit de la securite publique des personnes, il faut dire qu elles y sont encore plus exposees au danger d etre egorgees et assassinees que les recoltes a celui d etre volees. Dans le temps que j ai passe a Alep, j ai couru si souvent et si serieusement le risque d etre massacre, que le seul souvenir m en fait encore fremir aujourd hui; j en raconte les principals circonstances dans mon livre intitule : La Syrie en 1859, 1860 et 1861, par le P. Perpetue Damonte, Min. 06s. Maintenant je vais vous raconter simplement comment a failli etre lapide un de mes chers compagnons de classe, le P. Isidore Morano, qui me remplace en ce moment a Alep 1 .
II m a ecrit a la date du 27 avril dernier, et voici ce qu il me
a ) Le P^re Isidore Moranno de Turin, Min. Obs. de la province de S Thomas de Turin, est parti pour les missions d Orient en 1881, et il a etc" charg6 de me remplacer comme professeur et e"conome au college de Terre-Sainte a Alep. II a termini avec moi ses Etudes a Turin, et il se montrait des lors plein d ardeur pour les Missions. (Test un religieux verse" dans la langae italienne, en philosophic, en the"ologie et en Eloquence; il est studieux, laborieux, pa tient, prudent; il saura done, unissant le gout des lettres et des sciences a la sainte crainte de Dieu, donner d excellentes lecons aux jeunes Levaritins; il saura leur inculquer profondement dans Fesprit les forts principes d une pi^te solide, d une espe*rance in^ branlable et d une crainte salutaire; il saura faire refleurir ce college pour Thonneur et la gloire de la Terre-Sainte. II y a des siecles et des siecles que le mysterieux Orient dort au milieu des tenebres de 1 ignorance; mais, pour Ten arracher et le reveiller, on commence a voir briller des lueurs et a entendre des voix qui ne tarderont pas a produire des re"sultats, et la civilisation europe"enne pourra e"clairer de nouveau ces lieux, antique berceau du genre humain, d ou jaillirent autrefois les premiers rayons de toute civilisation, de toute science et de toute instruction.
dit entre autres clioses : Yous qui avez, mon cher Perpetue, habite si longtemps cette ville, vous aurez pu observer quel est le caractere inliumain et feroce des Turcs fanatiques qui s y trouvent. Parmi tons les lieux de 1 empire Ottoman que frequentent les Missionnaircs Franciscains, il n en est peut-etre pas un seul qui ressemble a Alep par la haine sauvage qu on y a vouee au nom chretien. Quand il s agit de nuire aux chretiens, de se jeter sur eux, les Turcs d Alep sont toujours prets. II y a quelques jours le gouvernement de Constantinople appela sur un autre point les soldats en garnison en cette ville; cela suffit pour que les Turcs tinssent aussitot des reunions ou Fon deliberait sur la maniere dont il fallait piller les chretiens, et renouveler ensuite les massacres de 1860 et les devastations de 1850.
n Us auraient mis a execution leurs abominables desseins, si Pautorite locale ne s etait promptement servie du peu de soldats restes en ville pour multiplier les patrouilles, et faire garder les quartiers de Sciarraassus, de Gideide, de Giallum, occupes par les chretiens. Neanmoins, le dimanche 24 avril dernier, comme je devais aller a Kettab pour y celebrer la messe suivant 1 usago, voila qu au moment ou j^arrivais a la mosquee des Derviches pres de la riviere le Ko ik, une troupe de Turcs fanatiqu.es commence a me jeter de grosses pierres, en accompagnant son attaque de ces mots arabes : Casis ja man sciafu, dabbuz bain ctafu , mus j/ielace daccanu, siefjocta rasu; mots qu on peut traduire ainsi : o Pretre (c est le nom qae les Turcs donnent aux Pranciscains), o Pretre, cette fois enfin, il faut, qu un baton convert de pointes algues d acier pese sur tes epaules, qu un rasoir t enleve la barbe, et qu un sabre bien affiU te coupe la tete. Tels sont les compli ments ordinaires que nous entendons aujourd lmi. Daigue Dieu nous delivrer de pareils jfleaux et dissiper les tristes progres de ces pauvres aveugles ! Easse le ciel que les puissances europeennes, mettant fin a leurs vieilles querelles, remplissent le role qui leur a ete confie. Ne consiste-t-il pas a travailler au bonheur et a la prosperite de toutes les nations du monde ! //
Voila ce que m ecrit mon cher compatriote et concitoyen le P. Isidore. On voit par la que le feu musulman n est pas eteint, et qu on tend toujours des pieges aux infortunes chretiens, et surtout aux Pranciscains. Oh! qu ils se trompent ceux qui disent que les Pranciscains vont en Orient pour se promener et pour
prendre lenrs aisesl... Depuis six siecles qu ils occupent les Saints Lieux, ils ont toujours ete exposes aux memes perils, et chaque annee il y en a qui tombent sous les coups des musulmans, ou des Druses, ou des Grecs. Et quand on est si sou vent expose a perdre la vie, on songerait bprendre ses aises! Je vous laisse, a vous et a vos lecteurs, le soin de repondre. Sur ce crojez-moi toujours
Votre tres-devoue et affectionne confrere,
P. PEIIPETUE DA MONTE,
Min. Obs.