‹ Annales des missions franciscaines Volume 4Chapitre 53 sur 73 · DEUXIEME SONNET · texte numérisé non relu

DEUXIEME SONNET

La raeilleure partie de ton etre s est envolee dans le ciel pour recueillir une ample recompense de ses merites, et il t a plu de faire reposer 1 autre en ce lieu . grand titre de gloire pour le Tib re ! Prosterne sur ton tom-

beau, je venere aujourd hui de coeur ta depouille sacree; 6 toi, modele de quiconque demande a t imiter dans les fonctions et dans le zele apostoliques ! et je me transporte en esprit pres de toi, la ou reside le souverain Bien ! Je te salue trois fois , 6 valeureux et invincible champion, veritable heros de 1 Evangile, te suppliant de Jeter un regard sur cette humble troupe 1 . Ah! apprends-nous a braver les perils et la mort pour 1 amour du divin Nazareen, et accordes a 1 univers entier la PAIX et un plus bel avenir.

CHINE

Le P. RAPHAEL DE PONTECCIIIO, Rdverendissime General de bOrdre, nous transmet la lettre suivante , oil Vun de nos Missionnaires en Chine lul rend compte de son heureusc arrivee en ce pays,

REVERENDISSIME PERE

Ce n est qu a Suez, au moment de partir pour 1 Inde, que j ai recu votre lettre si consolante et si veritablement paternelle; de sorte que je n ai pas eu le temps de vous faire conuaitre, en vous repondant, le courage dont elle m a anime, et de vous remercier, comme il conveuait, d une si grande charite. C est de ce devoir que je m acquitte aujourd hui tout en voiis rendant brievement compte de mon voyage. Nous partimes de Suez, au noin du Seigneur, le 28 avril, sous 1 habit Eranciscain, que nous dumes ensuite echanger, a Aden, contre des habits seculiers a cause de la chaleur qui etait insupportable ; nous le reprenions neanmoins de temps en temps sur le bateau a vapeur, et aussi dans les differents ports ou nous celebrions la messe. Mais au dela de 1 Egypte, il n est plus counu que des Europeens , et il est fort incommode de le porter. Apres avoir mouillc a divers ports, ou nous nous arretions pour prendre des provisions, nous abordames heureuseinent a Saigon, station francaise en Cochinehine, et nous y restames huit jours. L amiral qui y reside donna ordre au commandant de notre fregate de se rendre directement a Shang-Hai, sans toucher a Hong-Kong. Ces dispositions nous affligerent vivement; car nous savions que le P. Procureur se trouvait en cette derniere ville. Mais que faire? II nous parut que le seul parti a prendre etait d obeir, en nous abandonnant entierement entre les bras de la Providence, et en verite nous n avons pas eu lieu de nous en repentir. En effet, huit jours apres, c est-a-dire le 17 juin, nous arrivamcs a Shang-Hai, et des la premiere soiree les Peres Jesuites nous offrirent une gracieuse hospitalite. Bientot ils nous firent une bien agreable surprise en nous apprenant que la route que nous avions suivie nous avait rapproches de cinq ou six jours de notre mission, et que notre Procureur avait a Shang-Hai un correspondant dans la personne d un P. Lazariste pres du-

J ) Des religieux du college de S 1 Barthelemi en 1 lie.

quel nous demeurions, et qui nous facilitcrait le reste de notre voyage. Le bailment qui nous transporta s appelait la Sarthe ; nous y fumes parfaitement traites, respectes de tous, ct abondamment pourvus de tout ce dont nous avions besoin pour la nourriture et le repos. Nous n avons jamais eu la mer mauvaise, pas meme un seul jour, et dans tous les lieux de debarquement ou nous nous presentames aux missionnaires catholiques, nous avons re9u de tous line hospitalitc si cordiale, que nous en etions confus. Je ne sais quand nous partirous d ici , mais ce sera probablement bientot , et j espere que le Seigneur m accordera la grace de me faire arriver au terme de mon voyage, d ou je ne manquerai pas au devoir de vous en envoyer la relation. En attendant, je vous prie, Reverendissime Pere, de me recommander chaque jour au bon Dieu et a sa Tres-Saiute Mere, afin qu ils me fassent la grace d accomplir la volonte divine. En outre, je vous prie d oftVir mes hommages au T. R. P. Frediano Pardini, procureur general, et de lui dire que quand je serai a mon poste, je 1 mformerai de la mort de 1 excellenfc Pere Sandriui. Enfin je vous demande la benediction seraphique et je me dis avec le plus profond respect,

De votre Paternite Reverendissime le tres-devoue fils en J.-C.

FR. AIME PAGNUCCI, Min Obs., Miss. Apost.

Shang-Hal en Chine, de la Procure des Lazaristes, ce 19 juin 1864,

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