DESCRIPTION SUCCINCTE
DU
FOSSILES GARUMNIENS DE LA FAUNE D'AUZAS
Melanopsis avellana, Sandberger.
(PI. 2, fig. 1 a, 6, et 2 a, 6.)
Dans son mémoire sur le garumnien catalan, M. Vidal a décrit et figuré (pi. 2 et 5) des Mélanopsides variables de forme qu'il a confondues dans une seule espèce sous le nom de Melanopsis crastiiia. Les mêmes coquilles existent aussi à Auzas, où elles se présentent également avec des formes assez différentes et qui semblent passer les unes aux autres. Nous croyons cependant pouvoir rattacher ces formes à l'espèce qui a été décrite et figurée par M. Sandberger, mais nous y distinguerions deux variétés, dont l'une se rapporte à des individus assez grands relativement, que M. Vidal a eus principalement en vue en créant son espèce, tandis que l'autre type, le seul qui nous parait avoir été connu par M. Sandberger, constituerait une variété que nous désignerions par l'épithète de spirata^ qui indique qu'elle se termine par une spire plus prononcée.
La première variété représentée fig. 1, a, fc, est allongée, fusiforme, subovoïde, terminée par une ligne spirale peu marquée; l'ouverture s'étend jusqu'un peu au-dessous de la région moyenne, où elle est comme étranglée par une callosité de la columelle. Test assez épais; longueur, i8 à 20 millim.
La variété 5/?imte (fig. 2 a, i, c), dont la longueur n'est que de 12 à 15 millim., est plus lisse et plus ovoïde que la précédente, dont elle diffère d'ailleurs par sa spire terminale courte et plus nettement marquée, et par son extrémité pointue, et enfin par la position plus inférieure de sa callosité.
Ces coquilles se trouvent assez habituellement à Auzas.
48 A. LEVmSRUS.
AcTEONELLA Baylei, Leym.
(PL 2, fig. 3 fl, 6.)
Cette coquille, d'une taille médiocre, a une forme trèsallongée qui rappelle celle des Cônes et se termine, comme cela a lieu dans les individus de ce genre, par une spire com^te et conique. L'ouverture est étroite et s'étend sur presque toute la longuem^ de la coquille ; la columelle porte au moins trois plis terminaux, aigus et saillants, qui se prolongent obliquement à l'intérieur.
Le test, assez mince, a souvent disparu et laisse voir le moule intérieur. Le fragment de roche représenté figure 3 b montre un de ces moules, où Ton remarquera dans la spire une disposition en gradin qui est moins sensible dans les individus pourvus de leur test.
Cette espèce, une des plus caractéristiques de la faune garumnienne, que nous nous faisons un plaisir de dédier à M. Bayle, qui a eu la bonté de l'examiner, est assez rare dans les lieux où abondent les Cyrènes, à Anzas, mais elle est au contraire commune en d'autres points, où des individus, en • partie représentés par leur moule intérieur, sont habituellement empâtés dans la roche (Auzas et Séglan). Ceux que l'on trouve libres à la surface du sol, avec les Cyrènes, sont toujours plus ou moins corrodés, et le labre n'y est presque jamais intact.
Dejanira Matheroni, Vidal.
(PI. 2, fig. 8 fl, 6.)
Petite espèce orbiculaire terminée par une spii'e presque plane, bordée par un cordon saillant qui laisse entre lui et le tour précédent de la spire une suture circulaire. Bouche triangulaire. Grosse callosité à la columelle, laissant entre elle et le dernier tour un pli bien accusé.
Cette espèce, décrite et figurée par M. Vidal (pi. 3, fig. 18) sur des échantillons provenant d'Isona en Catalogne, se trouve
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aussi à Âuzas, mais elle n'y est pas très-commune. Les échantillons que nous avons pu observer n'avaient que 40 millim. de diamètre sur 6 de hauteur.
Dejanira Heberti, Leym.
(PI. 2, fig. 6 et 7.)
Cette coquille, un peu plus grande, croyons-nous, que la précédente, en diffère essentiellement par sa forme et par son contour arrondi, où l'on ne remarque pas le cordon saillant caractéristique de Dejanira Matheronij et par sa spire un peu moins déprimée.
Ces deux espèces existent d'ailleurs ensemble à Âuzas-, avec les Cyrènes et les Mélanopsides.
Je dédie celle espèce à M. Hébert, à qui je dois la connaissance des premiers individus qui s'y rapportent.
Cerithium figolinum, Vidal.
(PI. 2, fig. 5 a, 6.)
Petite espèce allongée, caractérisée par trois rangées de petits tubercules sur chaque tour, séparées par un léger sillon portant lui-même de très-petits points tuberculeux.
Ce Cérite a été recueilli par M. Vidal dans le terrain à lignites des Figols, avec d'autres espèces. Elle se trouve aussi à Auzas, accompagnée de petites coquilles du môme genre, dont nous n'avons que des tronçons peu déterminables.
Cyrena garummca, Leym.
(Pi. 2, fig. 9 a, 6, et 10, et pi. 3, fig. 1.)
Belle espèce, de taille supérieure à la moyenne du genre, de forme variable, habituellement subtrigone, à contour arrondi, subéquilatérale, plus ou moins renflée ; crochets submédians bien marqués ; coi^selet allongé, lancéolé, au fond duquel se trouve encore le ligament*
Le test, remarquable par sa grande épaisseur, qui semblerait
AMN. 8C. 6É0L. IX. 4. — ART. N* 1.
50 A. LBYMBRIB.
indiquer un genre marin, est orné extérieurement de costules filiformes serrées et dont la largeur va en diminuant de la base au sommet, où elles finissent par s'effacer.
La forme de cette espèce varie beaucoup. Celle que l'on peut regarder comme type, représentée fig. 9 a, é, est légèrement transverse, mais il est des individus qui le sont d'une manière très-marquée (fig. 10), et d'autres dont la hauteur égale à peu près la hauteur (pi. 3, fig. 4). Ces formes, d'ailleurs, passent les unes aux autres d'une manière insensible.
Cette coquille, tout à fait caractéristique pour notre garumnien, se trouve dans certaines localités de la commune d'Auzas, en nombre immense, et dans un état admirable de conservation. Elle est aussi très-commune à Séglan et à Aurigiiac. Elle a été décrite en 1870 et représentée pi. 5, fig. 14, par Sandberger, sous le nom que nous lui avions donné dans des publications antérieures, et particulièrement dans nos Éléments de géologie, où elle est figurée.
Je ne pense pas qu'elle existe dans le garumnien catalan, ûien qu'elle soit très-voisine de plusieurs de celles qui gisent en grand nombre et dans un très-bel état de conservation sur cette partie du versant espagnol des Pyrénées, et dont les formes variées ont été comprises par M. Vidal dans une seule espèce qu'il a appelée Cgrena laletana. La Cyrène représentée dans notre planche 3, fig. 2, que nous avons recueillie dans le massif d'Ausseing, à la base du garumnien, nous parait devoir se rapporter à ce type catalan.
Cahdium Duclouxi, Vidal. (PI. 3, flg. 3.)
Cette espèce catalane, assez facilement reconnaissable à l'ornementation granuleuse et interrompue de ses côtes, n'est représentée à Auzas, où nous l'avons récemment découverte, que par de très-rares individus incomplets, mais elle vient d'être retrouvée dans le massif d'Ausseing (côté nord) par M. l'instituteur Pégot. La figure que nous donnons d'un
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individu provenant de ce dernier gîte, comparée à celle qui porte le n** 42 sur la planche 7 du mémoire de M. Vidal, ne peut laisser aucun doute sur l'identité des deux coquilles.
OsTREA LARVA, Lam.
(PI. 3, fig. 4.)
Nous avons fait figurer ici un exemplaire d'Ostrea larva, recueilli par nous dans la contrée d'Aurignac, où cette espèce sénonienne se trouve assez souvent en compagnie de Cyrena garummca. Elle existe également à ce niveau dans plusieurs auti^ localités.
OsTREA Verneuilli, Leym.
(PI. 3, fig. 5.)
Coquille d'assez grande taille, allongée, subacuminée, assez convexe et lamelleuse sur la valve inférieure, presque plane sur l'autre valve. Impression musculaire prononcée, mais relativement petite, placée un peu au-dessous de la ligne médiane, tout près du bord gauche.
Cette espèce, bien caractérisée par sa forme allongée et par la figure Unguiforme de sa valve supérieure, se trouve dans les contrées du massif d'Ausseing, qui font partie du département de l'Ariége (Merigon, Poudelaye, Sainte-Croix), et dans la Haute-Garonne, prè^ de Mont-Saunès, à Lacarrau et à Auzas.
J'ai eu la bonne fortune de la retrouver, dans la vallée de la Sègre, à la base du garumnien, et M. Vidal la cite, avec Ostrca gammnka^ dans les gîtes catalans qu'il a si bien décrits.
M. Coquand en a donné une description (p. 22) et une figure (pi. 33, fig. 4 à 4) dans sa Monographie du genre Ostrea (Terrain a*élace).
52 A. LBWMBRIB.
OsTREÂ GARUBiNiCÂ, Goquand.
(PI. 3, fig. 6) (1).
Nous avions d'abord désigné cette Huître par le nom de depressa, qui, paraît-il, appartient déjà à une autre espèce. M. Coquand lui a substitué celui de garumnica^ que nous adoptons (2). Cette espèce, dont le crochet est souvent tourné à gauche en spirale, comme chez les Exogyres, est d'une taille ordinaire, suborbiculaire ou ovoïde, très-déprimée. Valves planes ou légèrement bosselées. Valve inférieure légèrement convexe, adhérente par le sommet ou par sa surface entière ; valve supérieure concave, plane, ou très-légèrement bombée, portant, vers le milieu de la hauteur et assez près du bord gauche, une impression musculaire subcirculaire presque superficielle, de moyenne grandeur, à peu près aussi haute que large. Les deux valves sont composées de lames très-serrées.
Cette Huître ressemble beaucoup à Ostrea plana , Desh., du calcaire grossier de Valmondois, qui n'est connue que par des valves inférieures.
Localités. — Marsoulas, métairie de Lacarrau, près de Saint-Martory.
Elle se trouve aussi à la base du garumnien, en Catalogne.
Badiolites Leymeriei, Bayle.
(PI. 3, fig. 7 et 8.)
La localité d'Auzas, si riche en Cyrènes et en Actéonelles, ofl're aussi, mais en certaines localités particulières, de nombreux individus de Radiolites. Ayant soumis ces rudistes à l'examen de M. Bayle, si compétent en pareille matière, il a reconnu qu'ils appartenaient tous, malgré la variation de leur forme, à une seule espèce différente de toutes celles qui ont
(1) Confondue, par erreur, dans la légende de la planche 3 avec Ostred VemeiUlli.
(2) Coquand, Monographie du genre Ostiiea (Terrain crétacé), p. M, pi. 34, fig. 5 à 8.
ARnas K^ i.
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été décrites jusqu'à ce jour, et à laquelle il a voulu donner mon nom.
Elle est de taille moyenne, de forme habituellement allongée, quelquefois assez courte.
Sa valve inférieure est plus ou moins conoïde, rarement subcylindrîque, atténuée ou presque pointue à son extrémité, et est hérissée de nombreuses lames d'accroissement écailleuses, tantôt assez saillantes et tantôt réduites à des rides concentriques serrées et légèrement onduleuses. La valve supérieure consiste généralement en une calotte plus ou moins protubérante, presque lisse ou revêtue de stries concentriques peu marquées.
Elle parait sortir de l'intérieur de la grande valve, laissant entre elle et le bord de celle-ci un sillon d'une certaine largeur.
Nous avons dit que cette espèce variait de forme. En effet, nous en avons recueilli qui différaient beaucoup par l'angle du cône et par la protubérance de la valve supérieure ; il y en a qui passent à la forme cylindroïde (1).
Les figures 7 et 8 de notre planche 3 pourront donner une idée de ces variations.
Cette espèce ne s'est rencontrée, jusqu'à présent, qu'à Âuzas. Elle ne parait pas exister dans le garumnien catalan, où elle semble être remplacée par une espèce d'Hippurite {Hipp. Castroi) décrite et figurée (pi. 6) par M. Vidal.
HiPPURiTES RADiosus, Dcsmoulins.
M. Bayle a reconnu comme appartenant à cette espèce un gros tronçon d'Hippurite qui provenait du calcaire de Séglan, assise dépendante du système garumnien, qui, dans cette localité, offre des bancs pétris de Cyrènes et d'Actéonelles.
(1) Telle est celle que nous venons de faire représenter à la page 401 de nos Éléments de géologie (3* édition).
54 A. LiSYMEMB.