‹ Annales des sciences géologiques (volume 2)Chapitre 3 sur 126 · APERÇU DES PEITTES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

APERÇU DES PEITTES PYRÉNÉES

La chaîne pyrénéenne se compose de deux parties presque égales et parallèles, distantes l'une de l'autre d'environ huit lieues, comme si la chaîne entière, supposée d'abord continue, avait été brisée vers le milieu de sa longueur, l'une des moitiés, la moitié orientale, ayant avancé au nord relativement à l'autre, restée en place.

Si Ton promène son regard sur la représentation des Pyrénées

ARTiaB N<^ 1.

TYPE GARUMNIEN : MONTAGNE D'AUSSEING. S

dans la Carte géologique de France, on remarquera que les zones colorées qui, dans la partie correspondante au département des Hautes-Pyrénées, se tenaient au pied des grandes montagnes, s'avancent beaucoup plus dans la plaine à l'endroit où elles entrent sur le territoire de la Haute-Garonne, en formant comme une lisière à la base de la demi-chalne orientale.

Ce chaînon avancé constitue les petites Pyrénées (1). Il commence à se manifester à Test du plateau de Lannemezan, justement sur le méiidien de la Garonne, au nord du point où ce fleuve, en sortant des montagnes proprement dites, se coude à angle droit pour prendre la direction longitudinale de la Neste, c'est-à-dire à peu près dans le prolongement de la ligne où se séparent et se raccordent les deux moitiés de la chaîne elle-même. D'où il semblerait naturel de tirer la conséquence que l'avancement au nord de la lisière extérieure des Pyrénées, dans la Haute-Garonne et TAriége, n'est qu'un effet concomitant de la cause encore inconnue qui a porté en avant la demi-chalne orientale.

La bande extérieure qui nous occupe ne s'accuse d'abord, au point extrême où elle prend naissance du côté de l'ouest, que par des affleurements restreints, au fond et sur le flanc de petites vallées du bassin sous-pyrénéen (2) ; mais, à partir de Saint-Marcet et d'Âungnac, la même bande, cachée dans l'intervalle pai' le dépôt tertiaire de la plaine, se relève définitivement sous la forme d'un chaînon qui se prolonge sans discontinuité parallèlement à la chaîne elle-même, jusqu'aux Gorbières, con--

(i) J'ai parlé des petites Pyrénées daDS oion Compte rendu des excursions et des séances de la Société géologique, réunie à Saint-Gaudens et à Luchon en 1862; mais, depuis, j'ai insisté sur les caractères d'individualité de ces petites montagnes marginales dans plusieurs communicationa faites à l'Académie des sciences de Paria, à la Société géologique» et enfin à la Société Ramond, qui a bien voulu donner asile dans son Bulletin (juillet 1872, p. 3), à une notice sur cette partie intéressante de notre grande chaîne.

(2) Ces affleurements sont représentés sur la Carte géologique|de France. Les principaux, ceux de Monléon et de Gensac, sont très-riches en fossiles sénoniens que j'ai figurés et décrits dans un mémoire spécial {Mémoire sur un nouveau type pyrénéen parallèle à la craie proprement dite) inséré dans les Mémoires de la SociéU géologique, S* séne, 1851, t. IV).

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stituant ainsi un bourrelet marginal allongé subordonné aux hautes montagnes.

Ce chaînon des petites Pyrénées a beaucoup plus d'importance qu'on ne serait tenté de lui en attribuer en considérant seulement sa position exceptionnelle. D'abord il forme, dans la direction normale de la chaîne, une ligne de collines séparée des hautes montagnes par une faille ou une suite de failles, séparation qui est même souvent indiquée par une dépression longitudinale. De plus, il se distingue par une structure et une composition toutes spéciales. En effet, les terrains supérieurs de la chaîne (craie et tertiaire inférieur) s'y trouvent rassemblés, et c'est là qu'ils se montrent exclusivement ; on en chercherait en vain des traces au sud de la ligne qui les sépare de la grande chaîne, qui se termine par le terrain crétacé inférieur (grès vert) superposé au terrain jurassique. Par contre, ces derniers terrains ne paraissent jamais dans le chaînon dont il s'agit, si ce n'est cependant dans la région de Foix, où ils ont été poussés au jour par un soulèvement assez énergique pour les voûter et rejeter à l'extérieur les assises habituelles du grès vert. D'où nous pourrions être autorisé à conclure que les Pyrénées proprement dites étaient déjà formées et jusqu'à un certain point soulevées, lorsque les terrains du bourrelet marginal ont été déposés, et que tout a été relevé dans une convulsion générale après le dépôt du terrain tertiaire inférieur (éocène).

A partir des points ci-dessus indiqués vers les confins des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne, la ligne des petites • Pyrénées s'allonge parallèlement à la grande chaîne jusque vers le méridien de Limoux, où elle rencontre le massif des Corbières, qu'il nous paraîtrait assez naturel de lui rattacher, en considérant cette montagne comme une partie extrême du chaînon considérablement relevée, élargie et divisée par le soulèvement des schistes et des calcaires anciens de Mouthoumet.

Le relief de ce petit système est assez varié, et l'on pourrait même dire caractéristique ; j'ajouterai que les dérangements de la stratification y sont très-marqués. Les couches s'y trouvent souvent relevées jusqu'à la position verticale, et même ren-

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versées. Il y a aussi des failles et des courbures. Il n'entre pas dans notre plan de décrire ici tous ces accidents ; nous nous contenterons de dire que, en laissant à part le massif des Corbières, on peut distinguer dans l'orographie stratigraphique des petites Pyrénées trois traits principaux, qui consistent en deux soulèvements longitudinaux et anticlinaux en forme de boutonnière [soulèvements d'Ausseing (Haute-Garonne) et de Lavelanet (Ariége)], reliés par une série monoclinale inclinée normalement au nord, qui traverse le département de l' Ariége, où elle se fait remarquer par de belles crêtes linéaires d'une régularité classique.

Les terrains supérieurs qui semblent s'être réfugiés dans cette petite chaîne sont : la craie sénonienne^ le terrain gartim-' nietty le système nummulitiqtie, et le conglomérat de Palassou,

Dans le bassin de Paris, le terrain crétacé supérieur, auquel seul nous attribuons le nom de craie, se compose de deux étages : turonien et sénonien. Ces étages sont bien représentés dans les petites Pyrénées, mais d'une manière inégale et assez différente, suivant les régions.

Le turonien, créé par d'Orbigny pour la craie impure de la Touraine, qui est aussi connue sous le nom de tuffeau, se développe assez largement dans TAriége et dans l'Aude, principalement sous la forme de calcaire à Hippurites ; mais dans la Haute-Garonne il est faiblement accusé, si ce n'est dans une localité du massif d'Ausseing, où il a été récemment découvert, et en un point à l'ouest de Saint-Martory, où il semble constitué en colonie vers le haut de l'étage sénonien.

En revanche, la craie sénonienne est des plus remarquables, dans le même département, par l'importance de sa faune et par l'extension qu'elle prend, par le bas, vers le turonien, et, dans le sens opposé, vers les couches les plus supérieures connues, sans atteindre toutefois l'horizon danien de d'Orbigny.

En effet, on y rencontre, dans la partie inférieure, des fossiles turoniens, mélange qui est surtout assez accentué dans les environs de Saint-Martoi7, et en général dans toute la bande occidentale à l'ouest de la Garonne. D'un autre côté, sa partie

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supérieure offre, avec une grande évidence, la faune de Maestrich, étage que d'Orbigny a compris, comme on le sait, dans son type sénonien avec la craie blanche proprement dite.

De là il résulte que notre sénonien doit être considéré d'une manière plus large qu'on ne le fait dans le bassin de Paris, et qu'il y a lieu d'y voir, non-seulement la craie blanche, mais encore, d'une part, la craie de Maestricht et, de l'autre, une partie de la craie marneuse de la Touraine, dont il m'a paru impossible de la séparer.

Tel est l'état des choses dans les petites Pyrénées à l'égard de la craie proprement dite, et il n'y aurait rien de plus à ajouter sur ses éléments géognostiques, si l'on y voyait le calcaire à Miliolites, qui constitue l'éocène inférieur dans nos pays, reposer sur la craie à Hemipneustes ; mais il n'en est pas ainsi. Entre les deux vient s'interposer un étage ayant environ 300 mètres de puissance, qui offre des caractères particuliers : c'est leffammnien, qui, avec de nombreux fossiles, la plupart marins, presque tous inédits, présente des genres et des espèces incontestablement crétacés, et auquel rien, dans la série de la craie, ne peut être comparé, si ce n'est peut-être le type danien, mais au point de vue purement synchronîque.

La petite carte qui accompagne notre Compte rendu des séances et des excursions de la Société géologique en 1862 (1) montre les petites Pyi'énées de la Haute-Garonne coupées par le fleuve, qui les divise en deux parties. La première, qui commence à Aurignac et à Saint-Marcet, et dont la petite rivière de la Louge contourne l'extrémité, semble sortir de terre sous le manteau miocène qui dissimulait sa liaison avec les affleurements de Gensac et de Monléon. Elle offre, sur la carte, la forme d'une large bande composée de rubans longitudinaux qui sont un effet de ridements et de failles parallèles aux Pyrénées, qui ne lui ont imprimé, d'ailleurs, qu'un relief très-

(1) Un tirage à part de ce Compte rendu se trouve à Paris, chez Baillière, et à Toulouse, chez Gimet. Le lecteur qui voudra se procurer cette brochure fera bien d'avoir toujours sous les yeux la carte et les planches annexées pendant la lectore du présent mémoire.

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modéré. Elle aboutit à la vallée de la Garonne, entre Martres et Lestelle.

Du côté opposé, à droite du fleuve, se trouve la montagne d'Âusseing, dont le relief, beaucoup plus accentué, est dû à un soulèvement dooi la forme rappelle celles qui sont habituelles dans les montagnes du Jura. Elle doit être regardée comme la continuation de la région précédente, bien qu'elle offre, à l'égard de celle-ci, une grande différence d'aspect et une discordance qui semblerait autoriser l'idée d'une fifacture qui aurait séparé les deux régions jadis continues, et rejeté l'une horizontalement, par rapport à l'autre.

Nous donnerons plus loin une légère esquisse de la région occidentale; mais nous croyons devoir décrire avec une certaine étendue la montagne d'Âusseing, incomplètement connue des géologues par nos publications antérieures, et qui mérite, à tous égards, d'être considérée comme type par le développe-' ment et les formes qu'y prennent nos terrains supérieurs, qui s'y trouvent tous rassemblés et disposés de manière à mettre en évidence leurs caractères et leurs relations.

DESCRIPTION DE LA MONTAGNE d'AUSSEING.

Cette petite montagne, nettement accusée sur la petite carte déjà citée, commence à Boussens, au bord de la Garonne, et s'étend jusqu'à Sainte-Croix (Ariége), où nous croyons devoir l'aiTêter. Elle peut être considérée comme le résultat d'un soulèvement longitudinal parallèle aux Pyrénées, offrant au centre une voûte argileuse surbaissée qui fait hernie dans une boutonnière dont les lèvres, qui ont pour forme .caractéristique de petites crêtes que nous désignerons particulièrement par le nom de crêt emprunté au Jura, sont composées d'un calcaire nankin à Orbitolites, avec deux épanlements en retraite, l'un garamnien et l'autre nummulitique.

La coupe transversale de la planche I annexée à ce mémoire accuse la voûte et la forme des épaulements. La longueur de ce massif, dans les limites que nous lui assignons, est de

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16 à 17 kilomètres ; sa lai'geur varie entre 5 et 7 kilom. Il s'allonge, comme nous l'avons déjà dit, dans le sens des Pyrénées ; toutefois on remarque, à son extrémité occidentale, ainsi que le montre la carte géologique, une courbure vers le sud, qui pourrait être un effet secondaire de la fracture à laquelle nous avons attribué la discordance qui existe entre les deux tronçons de part et d'autre de la Garonne.

La montagne d'Ausseing doit son nom au village d'Âusseing situé derrière un petit pic de son crêt méridional {Gardan de Montagu de Gassini) , qui est le point culminant de tout le système (altit. 628"°). Les ruines d'une tour située sur ce sommet ont été utilisées pour la triangulation qui a servi de base à la grande Garte de France. Gette altitude, au reste, doit être regardée comme tout à fait exceptionnelle; la montagne, considérée dans son ensemble, n'a que 200 mètres de hauteur, relativement à la vallée ; les formes néanmoins sont assez heurtées pour se distinguer de celles des collines sous-pyrénéennes qui la précèdent au nord. Il y a en effet, entre les unes et les autres, une différence très-sensible qui n'échapperait pas à un voyageur un peu attentif se rendant de Toulouse aux Pyrénées, lorsqu'il parcourrait dans la vallée l'intervalle qui sépare Gazères de Roquefort ; et le château ruiné qui domine ce dernier village, perché sur le tranchant d'une couche sénonienne très-inclinée, constitue un trait pittoresque qui contraste avec l'aspect monotone des talus miocènes au pied desquels coule la Garonne en aval de Gazères.

La région légèrement bombée et mollement mamelonnée qui forme le fond de la boutonnière d'Ausseing, et qui règne dans presque toute la longueur de la montagne, peut être regardée comme une sorte de vallée fermée qu'il est naturel de désigner par le nom du village de Plagne situé vers son milieu.

Son extrémité orientale, où les crêts sénoniens viennent se rejoindre et se confondre d'une manière des plus manifestes, se trouve tout près et à l'est du château de Poudelaye (Ariége). A l'extrémité opposée, l'assise argileuse qui constitue le bombement déprimé semble passer sous un arceau formé par des

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calcaires gris marneux inférieurs au calcaire nankin, pour aller affleurer au confluent de la Garonne et du Salât, au village de Roquefort.

Les crêts qui forment l'enceinte de la vallée, et que Ton pourrait comparer aux bords d'une boutonnière, sont constitués par un calcaire sénonien de couleur nankin ; ils s'élèvent de part et d'autre, accidentés par des pics. Derrière ces crêtes se trouvent les épaulements garumnien et nummulitique, dont le . premier s'accuse principalement par un calcaire compacte formant une crête que sépare du crêt sénonien un fossé creusé dans l'assise garumnienne inférieure. Â cette crête garumnienne succède, par l'intermédiaire de l'assise que nous appelons colanie, la série nummulitique qui se développe en un plan incliné assez régulier sur le versant sud, mais rétréci et abrupt du côté nord, suivie elle-même du poudingue de Palassou.

C'est ainsi que se présente l'état général des choses au pre-« mier aperçu ; mais un examen attentif et détaillé fera connaître des caractères qui ne sont pas dénués d'intérêt, et particulière^ ment une diflérence assez importante entre les deux côtés de la montagne. D'abord les crêts sont généralement moins élevés au nord qu'au sud, où ils atteignent 628 mètres d'altitude à la tour d'Âusseing. En second lieu, du côté des Pyrénées, la montagne offre un versant normalement incliné au sud, et qui serait entier s'il n'était traversé en dessous d'Âusseing par le ruisseau de Junac qui coule dans une fracture (1). Il n'en est pas de même du côté septentrional, où des fentes comparables aux ruz du Jura divisent le crêt et ses épaulements en segments dont l'un seulement a conservé l'inclinaison au nord, conforme à la disposition anticlinale du système, tandis que les autres ont été poussés en dehors assez violemment et renversés au delà de la position verticale.

Le tronçon qui vient d'être signalé comme ayant échappé au renversement est celui que nous désignerons par le nom du vil-

(i) n y a en outre, sur ce versant, deux autres solutions de continuité peu importantes entre les méridiens de Cérisols et de Fabas, sur le territoire de FAriége.

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lage de Saint-Michel, situé sur le crêt du calcaire nankin, et qui est remarquable par une protubérance {monl Saboth : altit., 514m.) signalée au voyageur, vers la station de Gazères, par une ruine qui en occupe le sommet. Ge tronçon, relativement normal, est compris entre deux ruz, fentes vives et étroites, de part et d'autre desquelles on voit les couches se renverser en éprouvant des déviations, des courbures et même des torsions qui accusent la violence de l'action qu'elles ont eu à subir. La principale de ces fentes, que l'on appellerait cluse dans le Jura, se trouve à l'ouest du mont Saboth. G'est celle où le ruisseau de Tunis, après avoir traversé le val de Plagne, se précipite en cascade dans une sorte de réduit où les couches de calcaire garumnien offrent un effet de rupture et une courbure circulaire d'une régularité classique.

L'état presque général de renversement dans la lèvre septentrionale de la boutonnière entraîne une plus forte inclinaison des assises, des pentes plus roides, et un rétrécissement accompagné d'une sorte d'écrasement, toutes circonstances qui ne peuvent que contribuer à rendre les observations, de ce côté, plus difficiles. Gependant ces perturbations n'altèrent pas sensiblement la direction générale de la stratification, qui ne subit de déviation notable que vers l'extrémité occidentale de la montagne par l'effet de la courbure qui a été signalée plus haut.

La composition géognostique de la montagne d'Ausseing, clairement accusée par la coupe n® 1 de notre planche, offre au complet les étages indiqués plus haut d'une manière générale pour les petites Pyrénées. Nous allons donner, pour chacun de ces étages, une courte description.

Get étage consiste en une assise argileuse sous-jacente à un calcaire de couleur nankin, qui lui'-mâme est séparé des argiles inférieures par des calcaires gris marneux.

L'assise argileuse, désignée par c' sur la coupe, constitue le fond du bombement en boutonnière dont il a été plusieurs fois question (vallée de Plagne) ; c'est géologiquement la partie la

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plus ancienne de tout le système, bien que son âge la rattache à la craie sénonienne.

Elle est essentiellement argileuse, comme nous Tavons dit, mais Targile grise ou un peu brunâtre qui en constitue l'élément essentiel renferme des dalles d'un calcaire argilifère de même couleur, qui montre souvent, à la cassure, des taches allongées d'un bleu de lavande, attribuées à la présence d'un sulfure de fer, et d'autres dalles composées d'un grès argileux d'une teinte assez sombre. Elle est fréquemment accidentée par la présence de petites plaquettes striées de calcaire blanc cristallin qui remplissent des fissures et qui gisent aussi sur le sol après avoir été rendues libres par les influences atmosphériques.

L'argile elle-même contient peu de débris organiques, mais les dalles que nous venons de citer, et certaines strates marneuses qui gisent dans les mêmes conditions, offrent à leur surface des Orbitolites planes, notamment Orbitolites socialis, quelquefois des Rhynchonelles, Rhynchonella Eudesi^ coquille qui se trouve principalement vers les bords de la vallée, là où l'argile passe au calcaire gris marneux. C'est au même niveau que se rencontrent des Huîtres colossales atteignant près d'un décimètre d'épaisseur, dont nous faisons une espèce sous le nom de spissa^ bien qu'on ait voulu la rapporter au type Ostrea vesiculariSj Lamk (1).

La partie supérieure des crêts est principalement composée d'un calcaire c^ subcompacte, de couleur jaune nankin passant quelquefois au gris, où s'intercalent des couches moins solides, quelquefois même argiUfères. Elle représente plus particulièrement la craie de Maestricht. C'est là que l'on trouve principalement les fossiles que nous avons signalés comme plus spéciaux pour cette assise supérieure de la craie sénonienne, notamment Nerita rugosa, Thecidea radiata, Ostrea larva^ Janira striato-coslata^ Hemipnemtespyrenaicus, Héb. Hemipn. Leymerieij Héb. ; mais il existe à la base une assise intermé-

(i) Cette Haitre, si remarquable par sa grande taille et par son épaissear, se trouve aux bains de Rennes (Aude), dans Fétage turonien, circonstance qui Tient appuyer le parti que nous prenons de la considérer comme un type spéciflque.

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diaire d'un calcaire gris plus ou moins marneux â^ et dont la teneur en argile semble augmenter en approchant du bord de la vallée. C'est là que gisent principalement les Huîtres gigantesques déjà citées, et Rhynchonella Eudesi, qui est réellement le fossile le plus habituel de cette partie inférieure de l'assise calcaire.

A l'extrémité occidentale de la boutonnière, le calcaire jaune manque sur la lèvre méridionale et semble être remplacé par un calcaire argileux, parfois noduleux, peu consistant et mal stratifié, d'un gris cendré, formant, au-dessus du village de Roquefort, une montagne arrondie appelée le Piqtwn par les habitants du pays.

Dans ce calcaire du Piquon j'ai recueilli plusieurs fossiles qui appartiennent à notre craie sénonienne, savoir : Inoceramus Cripsiiy Janira striatù-costata^ Exogtjrapyrenaica^ Rhynchonella Eudesiy Galeriles gigas, avec des espèces turoniennes, notamment : Lima Marrotianay d'Orb.; Mytilus ligeriensis^ d'Orb., Janira cequicostatay Lam. (1).

Les caractères que nous venons d'assigner aux lèvres immédiates de la boutonnière d'Ausseing se rapportent principalement à la région occidentale de la lèvre du sud comprise entre Roquefort et Ausseing. Du côté nord de la même région, les choses se passent à peu près de la même manière, mais trèsatténuées.

Dans la région orientale, les roches qui constituent les crêts subissent une modification trop importante pour que nous négligions de la faire connaître. Elle consiste dans la présence du quartz sous forme de petits cailloux bien arrondis, ou de grains qui, d'abord dispersés au milieu du calcaire nankin, puis plus abondants et plus serrés, finissent par constituer un grès jaune où le calcaire n'entre plus que d'une manière tout à fait accessoire. En même temps les fossiles deviennent plus rares, les

(1) Les fossiles ci-dessus mentionnés dans la craie d'Ausseing se montrent plus abondants et plus variés du côté occidental des petites Pyrénées, dans les affleurements extérieurs de Monléon et de Gensac, où j*ai pris les types des espèces décrites et figurées dans le mémoire déjà cité. ârucle n« 1.

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crôts s'abaissent pour aller se joindre en terminant de ce côté la boutonnière, et laissent prédominer le calcaire compacte garumnien. Celui-ci, à partir de ce point de confluence, joue le rôle de crêt relativement à la vallée centrale, alors constituée par les sables et les grès calcaires qui représentent le calcaire nankin.

Ce changement commence à Test de la tour d'Âusseing. Il est déjà très-avancé au méridien de Cérisols et de Saint-Michel, notamment au mont Saboth, où ce calcaire, devenu plus friable, est pétri de petits cailloux de quartz blanc ou coloré, d'une forme ovoïde, et polis, absolument comme ceux que l'on remarque sur les plages de l'Océan à Biarritz et ailleurs. En approchant de l'extrémité orientale de la boutonnière, le sol, déjà sableux, est jonché de ces petits cailloux, et à l'endroit même où les deux côtés de la lèvre se rejoignent pour fermer la fente, la roche nankin des crêts se trouve transformée en un grès jaunâtre friable, subordonné topographiquement à la crête garumnienne. Ce grès, associé à du calcaire arénifère, constitue le sol de la forêt de Poudelaye, et passe de là dans l'Àriége et dans l'Aude (grès d'Âlet), en prenant de plus en plus le caractère arénacé. En même temps les fossiles disparaissent, ou du moins deviennent très-rares; cependant j'y ai trouvé des Orbitolites aux environs de Sainte-Croix, des Cyclolites près du Mas d'Azil, et dans l'Aude le grès d'Alet et de Rennes-les- Bains renferme des débris de Peignes et d'autres coquilles qui attestent son origine marine.

CMiniBiBien.

Nous venons de voir que, dans l'étage de la Haute-Garonne, qui se rapporte au type sénonien, il n'y avait pas lieu de séparer la craie de Maestricht, à cause de sa liaison avec le représentant de la craie blanche. Il n'en est pas de même du type garumnien comparé à cet étage sous-jacent. Ici, malgré la concordance parfaite de la stratification, la séparation est indiquée par des différences très-grandes aussi bien sous le rapport minéralogique qu'au point de vue des fossiles. Il y a là évidemment entre

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la craie sénonienne et la formation nummulitique, qui commence par le calcaire à Miliolites, un [étage nouveau qui n'a pas d'équivalent dans le nord de l'Europe, si ce n'est peut-être la craie de Faxoe, en Danemark, dont d'Orbigny a fait le type danien, auquel il rapportait le calcaire pisolithique de Meudon. Dans tous les cas, cet étage est évidemment crétacé par les fossiles qu'il contient dans la Haute-Garonne^ ainsi qu'on va le voir, et constitue une craie distincte, plus récente que celle de Maestricht.

L'étage garumnien^ dont la montagne d'Âusseing offre le type réellement classique, forme, en dehors des crêls sénoniens, deux zones qui, dans notre coupe, s'accusent comme des épaulements, et qui s'étendent de part et d'autre dans la vallée de Plagne.

Le terrain est au moins aussi puissant que l'assise des cal caires sénoniens, soit 250 à 300 mètres répartis à peu près également entre trois assises {g\ g^^ f de notre coupe) dont nous allons esquisser rapidement les caractères.

Assise inférieure. — L'assise inférieure g'* s'accuse, en dehors des pentes escarpées des crêts sénoniens, par un fossé plus ou moins profond, composé d'argiles ordinairement bigarrées où s'intercalent des bancs de calcaire gris argileux troués et déchiquetés, et auxquelles s'associent des sables. La même assise est presque constamment séparée de l'assise suivante par un calcaire cloisonné subcristallin.

Dans la montagne d'Ausseing môme, cette assise inférieure n'offre presque jamais les intéressants fossiles que nous aurons à signaler dans la bande occidentale des petites Pyrénées, notamment les Sphérulites, les Huîtres particulières, les Cyrènes, les Âctéonelles et les Mélanopsides, qui abondent à Âuzas, non loin de Saint-Martory, où ils gisent avec des ossements de Crocodiles et de Tortues. Je trouve cependant dans mes notes la citation d'Huîtres en plusieurs points, et de Cyrènes au sud de Citas, dans la zone septentrionale (1).

(1) Depais que ceci est écrit, j*ai visité au Plao, prés Cazéfes, chez M. Tinstituteur Pégot, une collection formée par lui dans cette partie de la montagne ▲RTIGLB Vf" 1«

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Les argiles de cette assise fournissent la matière première à plusieurs tuileries et poteries qui existent en divers points de la montagne.

Calcaire compacte à silex. — L'assise moyenne g^ du nouveau type contraste avec la précédente par un relief prononcé qui consiste en une crête subordonnée au crêt sénonien de part et d'autre de la vallée intérieure de soulèvement. Cette forme saillante indique suffisamment une roche consistante. En effet, cette assise est essentiellement composée d'un calcaire de couleur claire, compacte au point de mériter le nom de lithographiquej et qui offre encore, comme trait caractéristique, la présence de silex grossiers meuliériformes, irrégulièrement distribués dans la masse. J'ajouterai que ce calcaire est habituellement bordé, à l'intérieur, par un calcaire très-blanc de consistance crayeuse, qui semble placé là comme une lisière séparant Fadsise moyenne de l'assise inférieure.

J'ai dit que le crôt sénonien était plus élevé du côté méridional que du côté opposé, où le système est habituellement comme abâtardi par le renversement. La même observation s'applique au calcaire compacte garumnien, qui, au sud de la vallée de soulèvement, se présente sous la forme d'un cordon saillant, souvent tourmenté et comme tordu en certaines places, qui est un des traits orographiques les plus accentués de la montagne d'Ausseing. Du côté du nord, où le système est généralement renversé, la même crête règne également, mais beaucoup moins saillante et fractionnée par les ruz, et c'est elle, presque toujours, qui offre ces ressauts qui accidentent à leur origine les petites gorges de fracture qui séparent en tronçons le circuit septentrional de notre montagne.

Je n'ai jamais trouvé de fossiles déterminables dans le calcaire lithographique ; on y a signalé des coquilles d'eau douce dans l'Ariége, mais sa position dans la Haute-Garonne, entre l'assise précédente, qui est presque entièrement marine, et la colonie,

où j'ai eu la satisfaction de voir plusieurs espèces de Gyrènes accompagnées d'antres espèces d'Auzas et des localités congénères de la Catalogne signalées par M. Vidal, notamment Cardium Duclonxi et Melania sUUans^

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OÙ il n'existe que des fossiles marins, est bien propre à laisser planer, à l'égard de Forigine de cette assise, une certaine incertitude.

Colonie. — C'est derrière la crête dont il vient d'être question que se trouve la colonie g^. Elle occupe une sorte de combe offrant deux assises marneuses fossilifères, entre lesquelles existe une légère protubérance parallèle à l'axe du soulèvement.

La première assise, qui repose immédiatement sur le dernier banc et au pied de la crête de calcaire compacte, est formée par des marnes d'un blanc grisâtre renfermant des couches de calcaire très-marneux.

On y trouve beaucoup de fossiles presque toujours à l'état de moule, et plus ou moins détériorés à cause de leur friabilité. On peut y recueillir un certain nombre d'espèces appartenant aux genres Natica^ Cardita^ Volulay Crassatelldy Vertus^ Ostrea, et c'est là principalement que gisent de petits Oursins réguliers dont M. Gotteau a fait le genre Micropsis. La plupart des coquilles sont nouvelles, mais on y trouve aussi quelques fossiles crétacés, et, chose remarquable, c'est dans cette assise inférieure de la colonie que l'on rencontre Natica brevispira^ et plusieurs autres espèces éocènes, comme Ventis striatissimay Bellardi, tandis qu'on n'y voit que très-rarement les Micraster et les AnanchyteSy que nous allons trouver dans l'assise supérieure.

L'assise intermédiaire, qui s'accuse, comme nous l'avons dit, par un relief peu prononcé, est formée par des calcaires un peu plus consistants que les précédents, et par des grès plus ou moins friables. On n'y rencontre pas de fossiles, si ce n'est quelques larges Huîtres, dont l'une, en forme de selle gauchie, sera décrite ailleurs sous le nom d'Ostrea sella.

Derrière ce pli de terrain, on retombe dans une nouvelle dépression dont le versant méridional est formé par une marne plus argileuse que la précédente et remplie de petits points glauconieux, qui représente la partie extrême de la colonie, et par conséquent de la craie, et, chose singulière, c'est là que les caractères crétacés devraient s'effacer et mourir, qu'ils se

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montrent au contraire de la manière la plus prononcée. On y voit en effet, avec des espèces propres au terrain, moins nombreuses que dans l'assise inférieure, comme des Arches et de grands Pleurotomaires, des Oursins crétacés, principalement MicrasCer tercensis, et presque jamais les espèces éocènes qui, dans les marnes inférieures, sont représentées par d'assez nombi^ux individus.

Étaye nummulitique. — Au sud du talus fossilifère qui représente la partie la plus récente, et en même temps la plus anomale de la colonie, se trouve un nouveau bourrelet accusé dans la coupe, au delà duquel commence et se développe le terrain dit nummulitiqvs j qui, malgré sa concordance parfaite et sa ressemblance lithologique avec la colonie, offre une faune absolument différente et qui n'a plus rien de crétacé.

Ce nouveau terrain apparaît à l'observateur placé sur cette légère éminence et qui regarde le sud comme un plan incliné où ses diverses parties se présentent entre la colonie et le village de Belbèze, à niveaux décroissants d'une manière régulière et dans leur ordre d'ancienneté. On peut y distinguer trois assises principales que nous avons désignées sur la coupe par les lettres e\^^à.

La plus inférieure ^S séparée de la colonie par une mince couche pétrie d'Operculines, commence invariablement par un calcaire caractérisé par des points blancs qui ne sont autre chose que des Miliolites. C'est là qu'on trouve aussi un grand Cérite, Cerith.garumnicumy de nombreuses Lucines et une Cardite particulière... Au-dessus viennent d'autres couches mamocalcaires contenant : Natica brevispiray Natica scalata^ Nerita conoidea, Echinanthtis scutellaj Goldf. (1).

(1) Un certain nombre des espèces que nous citons ici ont été décrites et figurées dans notre mémoire mr les Corbiéres et la montagne Noire (Mém. de kl Soc, géoL, 2® série, t. I); d'autres sont représentées par quelques figures dans nos Eléments de géologie. Nous nous proposons de reproduire ces figures, et d'autres encore, qui compléteront la faune, dans la Statistique géologique de la Haute-Garonne f actuellement sous presse.

ANN. se. CBOL. IX. 2. — ART. N* 1.

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La seconde assise e^^ séparée de la précédente par une couche marneuse où abonde une Huître très-caractéristique pour nos contrées, que j'appelle Ostrea uncifera {Éléments de géologie) ^ consiste en de nouveaux calcaires en partie concrétionnés, de couleur claire, caractérisés principalement par l'abondance des Mélanies ou Alvéoliiies Alveolina mbpyrenaicay Leym. (y est vers le même niveau que gisent Terebratula montolearensis, Leym., Spondyhis eocenuSj Leym., et des moules d'une Came caractéristique {Chama vulgaris, Leym.).

La troisième assise ^^ dont la teinte habituellement rousse contraste avec la couleur claire des précédentes, se distingue par la jwrésence des Nummulites représentées principalement par deux petites espèces : Nummulites Le^meriei, d'Archiac, et N. globultiSy Leym., accompagnées d'Operculines, Operculina ammonea^ Leym,, et de nombreux fragments de coquilles et de radioles d'Oursins. C'est dans cette assise que les Nummulites sont confinées, ainsi qu'on peut le vérifier sur le versant nord de la montagne, mais elles manquent du côté méridional, où cependant l'assise qui devrait les contenir est très-bien caractérisée.

Cette place, que nous assignons aux Nummulites de la montagne d'Ausseing^ est d'ailleurs celle qu'elles occupent dans presque toute l'étendue de la chaîne, où laprésencede ces Foraminifères est indiquée par le conglomérat de Palassou, qui lui sert pour ainsi dire de chapeau (1).

Conglomérat de Palassou. — C'est en effet au-dessus de l'assise à Nummulites que repose le conglomérat ou poudingue de Palassou {e*' de la coupe), auquel nous rattachons le grès de Fumes, grès roux, calcaire supérieur aux Nummulites, contenant des débris de coquilles marines, et au sein duquel on commence à trouver quel<iues cailloux calcaires. Le conglo-

(1) Ce niveau semble être supérieur à celui où ces Foraminiféres se déve- Joppent dans le bassin de Paris, tandis que c'est le contraire qui arrive pour les Miliolites. Nous ferons remai'quer, à cette occasion, que dans les assises qui se développent au-dessous de cet horizon, il y a de quoi représenter, et mâme Jargement, tout le suessonien de d'Orbigny.

AancLE N» 1.

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fnérat, dans cette partie du versant sud de la montagne d*Ausseing, se développe au-dessus de èe grès dont il partage Tmclinaison.

Les éléments conglomérés dans cette assise sont des fragments plus où moins volumineux ou des cailloux roulés, tantôt gros, tantôt assez petits, presque entièrement formés par des calcaires, où Ton reconnaît les caractères du calcaire à Caprotines, du garumnien et de Féocène. Ces éléments, qui semblent souvent se pénétrer à leur contact comme s'ils avaient été pressés les uïis contré les autres (impressionnés) , généralenfient liés et faiblement cimentés paf une matière terreuse grossière, passant au grès, à la marne et au calcaire, se trouvent aussi libres, gisant sur le sol par désagrégation.

Le tïom que nous donnons ici à ce conglonïéral rappelle que l'ancien et sagace géologue Palassou aVait su le distinguer et lui assigner un âge plus ancien que celui des dépôts diluviens avec lesquels les géologues modernes Font souvent confondu (1) .

J'ai émis Fidée que ce dépôt grossier pomTait bien avoir été formé sous l'influence des violentes secousses qui ont dû précéder le soulèvement pyrénéen, combinées avec agitation qui en serait résultée pour les emx de la mer éocène. Dans cette hypothèse, ce conglomérat serait nfttrin dans nos Pyrénées centrafes. Nous devons rappeler toutefois que, dans FAriége il s'y intercale des couches cakaires renferniant des coquilles d'eau douce.

Quant à Fâge de ce dernier dépôt pyrénéen, il semblerait correspondre à celui des assises supérieures de F éocène parisien, et particulièrement du grès de Fontainebleau.

Pour terminer cette rapide exposition des caractères généraux de la montagne d'Ausseing, il nous reste à faire connaître ses relations avec la plaine. Nous avons déjà indiqué la différence

(1) On a été même, dans ces derniers temps, jusqu'à le considérer comma une moraine.

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orographique qui fait distinguer au premier coup d'œil la plaine de la montagne. Le contraste est plus frappant encore au point de vue stratigraphique. En effet, suivant toute la ligne de contact des deux ordres de terrains, celui du bassin sous-pyrénéen vient buter horizontalement contre les couches redressées de l'autre. Il y a donc là une discordance absolue qui est d'autant plus intéressante, que les couches redressées sont d'origine marine, tandis que les autres ont été déposées dans un lac où les cours d'eau qui s'y rendaient ont dû entraîner les débris d'animaux de l'époque miocène {Rhinocéros, Mastodonte, Dino- Iherium, etc.), que recèlent ces dépôts. On peut voir cette discordance en plusieurs points de la limite nord de la montagne, particulièrement dans le ruisseau du Volp, qui se jette dans la Garonne un peu au-dessous de Cazères, et que l'on pourrait regarder, en amont du village du Plan, comme le collet de la racine des Pyrénées.

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