Poudingue à cailloux de la grosseur d'une
noix 1
C 12. Grès yerdâtre eiupAtant des cailloux de
( schistes et de calcaires it
Épaisseur totale 1 85 métrés.
Au sud du col de la Croix, est le ravin d'Osani, où nous allons retrouver les mêmes terrains, mais avec des couches d'anthracite.
Environs (TOsani. — La route nationale, en quittant le col de la Croix, se dirige à Test et passe au-dessus du ravin d'Osani. A 200 mètres environ au sud de la route, on a les restes de deux galeries et d'un puits ayant servi à Texploitation de l'anthracite. Ces galeries et ce puits sont creusés dans le grès vert et les calcaires noirs schisteux.
Ici ces couches renferment en assez grande quantité de l'anthracite. Les couches de calcaires, d'anthracite et de grès sont inclinées du N. au S. Dans le bas du ravin, les mêmes couches d'anthracite renferment de nombreux rognons de sperkise. En ce point, on trouve des empreintes de plantes, telles que Nevropleris tenuifolia et des Sphœnopteris.
Plus au sud, le grès vert à gros grains, empâtant des cail* loux de calcaire, est la roche dominante. Vers les monts d'Osani, si curieux par leurs grottes granitiques, avec petites stalactites de calcaire, on retrouve les calcaires noirs schisteux et le charbon. Il en est de même dans le ravin d'Espano et le bas de la Tuara. A l'est du puits d'Osani, on voit surtout des calcaires noirs schisteux.
On remarque dans le puits, au ravin d'Osani, plusieui^ cou* ches d'anthracite se superposant et alternant avec des calcaires.
On retrouve donc vers Girolata, le col de la Croix et le ravin d'Osani, les schistes luisants du ravin du Capitello, tandis que le calcaire gris de fumée, avec nombreux fragments de Crinoides et autres fossiles, manque. Ce qui cependant ne veut pas dire qu'il manque au sud de ce petit bassin primaire.
fi HOLLANTIIB.
En effet, à 500 mètres du pont situé sui^ la route nationale, à 2 kilomètres à Touest de Curzo, on voit des schistes luisants, avec quelques bancs de calcaires noirs, supporter un calcaire légèrement cristallin, d'un bleu cendré, lequel est sans doute l'analogue de celui du Capitello; slratigraphiquement, il en occupe la place. Je n'y ai pas trouvé de fossiles. Et c'est sur ce calcaire que reposent les calcaires noirs schisteux et les grès avec anthracite. Au nord de Curzo, vers le monte Capo alla Madia, on a absolument la même disposition.
De ces faits il résulte que les terrains primaires sont représentés sur la côte occidentale de l'île de Corse. On a, en allant de bas en haut :
4"* Des schistes luisants.
2** Un calcaire gris de fumée, avec fossiles du carboniférien supérieur.
3* Les terrains houillers avec anthracite pyriteux, alternant avec du calcaire et un grès verdâtre (1).
Ces dépôts primaires ont été fortement bouleversés par des porphyres, lesquels forment la majeure partie du Cinto, du Tafonato, etc., qui sont les montagnes les plus élevées de l'Ile. De telle sorte qu'il est permis d'admettre que cette région a été formée à la fin de la période houillère, et qu'elle est restée depuis hors de l'eau, attendu qu'il n'y a plus de ce côté aucun dépôt sédimentaire à partir des terrains houillers.
Roches értiptives porphyriques de ce bassin primaire. — Dans un voyage que Gueymard fit en Corse en 1820 (2), en compagnie d'un chef mineur et de plusieurs ouvriers, cet ingénieur explora avec le plus grand soin les environs de Galeria et de Girolata, à l'effet de se rendre bien compte du gisement des porphyres globuleux.
. « Les parties constituantes essentielles du porphyre globu- » leux, dit-il, déterminées par M. Montiero sont : feldspath et
(1) Dans la carie géologique d'André Dumont (E. Noblet, éditeur), la partie de i*ile comprenant les dépôts 1 , 2 et 3 est teintée comme appartenant au carboniférien supérieur.
(2) Gueymard, loc. cit. (aux archives d'Âjaocio).
» quartz. Comme nous traitons cette roche dans les vues les » plus générales de ses associations géographiques, nous pen- ]^ sons qu'il faut lui ajouter un troisième élément, qui est le ]^ talc.
i> Il est nécessaire d'examiner deux choses dans le por- » phyre globuleux : les noyaux ou globes, et le ciment qui » les lie.
i> En général, les éléments du ciment sont peu discernables, ^ et ce n'est que par analogie qu'on sait qu'ils consistent en ]& feldspath et quartz. Ceux des globes radiés sont pour la plu- » part visibles à l'œil. Ils le sont encore dans ceux à couches » concentriques, quand le diamètre excède 4 pouces; mais 3 au-dessous le tissu en est si fm, que la matière ne présente » plus qu'un tout homogène. Les globes sont en général plus
> colorés que le fond ou ciment, et surtout dans les variétés, où
> ils n'ont que quelques lignes. Comme ces roches gisent au » milieu des granités et des eurites ; comme les eurites mêmes 3 sont colorés par le talc, qui est comme fondu dans la masse,
> on ne peut conclure géologiquement que la couleur des por- 3 phyres globuleux est due à la même substance. Les éléments
> sont donc le feldspath partie dominante, le quartz, et enfîn le 3 talc ou mica, partie colorante ; mais. ces principes étant ceux 3 de l'eurite, il ne faut voir dans les roches dont il est question 3 que la première, avec une contexture particulière.
3^ On pourra objecter que ces masses de porphyres globuleux
> ne sont pas parfaitement homogènes, que les éléments sont
> tantôt discernables, tantôt invisibles. On peut répondre qu'en 3 géologie on ne tient pas compte de ces petites circonstances, 3> qu'il ne faut attribuer qu'à une force de cristallisation un peu » différente. Et d'ailleurs quel est l'eurite dans lequel on 3 n'aperçoit pas quelquefois les éléments ? Cette nature de roche 3 ne se distingue du granité à grains très-fins que par les pas- 3 sages, et ce n'est que par analogie ou parce que les élé- 3 ments se laissent surprendre à l'œil que Ton reconnaît 3 l'eurite.
3 Puisque le nom de porphyre globuleux a été reconnu
24 HfMXANOE.
]^ impropre et que celui de pyroméride (1) ne peut convenir
> davantage, en ce qu'il est trop vague, on doit, ce me semble,
> le chercher et dans sa composition et dans sa contexture.
i> Dans ce cas, le nom d'eurite globuleux convient pariaite- » ment à cette roche, et je le conserverai dans toute l'étendue * de cette relation.
>> 11 existe en Corse plusieurs variétés de ces roches qui sont :» bien intéressantes. Une courte description devient ici néces- » saire, pour ne pas y revenir toutes les fois qu'on les rencon- » trera et pour embrasser tout de suite leur ensemble.:
l"* Eurite globuleux à gros globules.
:» Les orbes sont de la grosseur d'une bombe et plus rai*e-
> ment au-dessous du volume d'un boulet. Le ciment est un :» eurite grisâtre, et les globules d'une couleur un peu plus
> foncée sont formés de couches concentriques. Les éléments » à très-petits grains sont souvent discernables.
2"" Eurite globuleux à moyens globules.
» Les orbes ont depuis un demi-pouce de diamètre jusqu'à D deux pouces et demi. Le ciment euritique est surchargé de » feldspath. Sa couleur ordinaire est le jaune sale. Les globules }> sont tantôt radiés et tantôt par couches concentriques. Les » premiers ont une teinte de jaune grisâtre et leurs éléments » sont souvent visibles. Ils ne le sont pas dans les derniers dont » la couleur est jaunâtre.
3*" Eurite globuleux à petits globules,
7> Les orbes ont depuis la grosseur d'une noisette jusqu'à 1» celle de la tête d'une épingle. Je ne sais pas si cette formation i> est connue et je vais donner quelques détails.
T> Les circonstances du gisement sont identiquement les » mêmes que pour les variétés précédentes. Ils n'en diffèrent
(1) Il est cependant désigné sous le nom de P. pyroméride (P. orbicnlaire, P. Napoléon) par la plupart des auteurs.
géologie: de la couse. 25
1» que par la couleur et par la proportion des éléments. En gé- ^ aérai les globules ont une teinte violacée plus ou moins » foncée , et c'est au talc ou mica à qui il faut attribuer i& cette couleur. Le fond de la roche est blanchâtre, grisâtre ou i> jaunâtre. Dans cette variété, les éléments ne sont nullement D discernables, et dans un même filon tous les globules ont i> à peu près la même grosseur. Il n'en est pas de même de la » deuxième variété, où Ton trouve souvent, au milieu de gros » globules, les petits de la troisième et identiquement les i> mêmes par la composition, la structure et la couleur (i). i^
Ces porphyres ont joué un rôle considérable dans la formalion de l'île de Corse : ils sont de l'époque carboniférienne ; il était donc de toute nécessité d'en donner une analyse exacte. Elle a été faite par M. Fouqué, professeur au Collège de France.
Au nord de Girolata, vers II Forno et le col délia Fuata, sont de grandes masses d'une roche formée par du quartz en grands cristaux, du feldspath monoclinique infiltré de quartz, avec sphérolithes de quartz, cristaux peu nombreux, distincts; microlilhes d'actinote ; fer oligiste.
Dans le ravin de la Tuara, vers le col de Parma et plus à Test, vers Capo alla Madia, cette roche porphyrique est traversée par d'autres roches éruptives à pâte très-compacte et rosée. En voici la composition :
4** Matière amorphe remplie de concrétions siliceuses sous forme de traînées de petits prismes incolores, sans action sur la lumière polarisée; touffes siliceuses actives enveloppées de plages granulitiques de quartz; concrétions chloritiques.
^ Matière amorphe semée de granules d'hématite en traînées fluidales; quartz ancien, quartz récent granulitique; concrétions quartzeuses sphérolithiques.
A l'est de le Canne et du ravin de la Tuara, au sommet des monts de Capo alla Madia et sur la crête de la chaîne primordiale du Paglia Orba au monte Padro, on trouve une roche por-
(i) Gueymard, loc. cit.
ANN. SC; GÉOL. IX. 7. — ARt. N® 2.
phyrique dont la composition est : concrétions orbiculaires de feldspath monoclinique rosé, associé à du feldspath transparent, grisâtre, rempli de petits microlithes prismatiques légèrement verdàtres ou de granules ou de prismes de limonite ; chlorite. Ces roches porphyriques sont souvent à l'état compacte, souvent aussi en boules. Cette roche éruptive est formée par un feldspath tricHnique, du pyroxène, de la chlorite.
Au Cinto, au Padro, etc., on trouve également une roche formée par du quartz granulitique, du quartz en globules à extinction complète, du fer oligiste. Cette dernière roche se rencontre depuis le ravin du Fango jusque dans le Niolo.
Le monte Cinto, le monte Tafonato, le monte Padro..., renferment des filons énormes d'une roche formée de quartz ancien et de quartz récent granulitique. Elle est en petites boules grosses comme une noisette, rarement comme une noix.
Ces porphyres du bassin carbonifère de la côte occidentale prennent une grande extension : on les rencontre souvent en filons dans les granités de la chaîne primordiale; mais ils forment surtout une grande masse, s'élevant du bassin primaire de la côte occidentale, vers le Cinto, le Pertuisato, le Tafonato. On les retrouve dans le Niolo. « On marche vers Albertaccie, » et jusqu'à ce village on ne voit que la protogyne de Corte enp trecoupée par de nombreux filons de grûnstein (c'est une » roche formée de feldspath triclinique, de pyroxène et de » chlorite, qui ont une tendance à se décomposer en boules). D Un quart d'heure plus loin, on trouve Teurite globuleuse » à tout petits globules , mais en cailloux épars. Comme » quelques-uns sont anguleux, il y a lieu de croire que leur » lieu natal n'est pas éloigné, mais qu'il nous est dérobé par la » terre végétale. Les petits globules, radiés du centre à la cir- » conférence, sont violets dans une pâte blanchâtre. Il est assez "$ intéressant de rencontrer à cette hauteur la môme roche }) trouvée dans le pays de Marzolino et de Galerîa, près de » la mer (4). »
(1) Gueymard, hc, ciL ARTICLE N<^ 2.
Ces poi'phyres s'étendent au nord vers le monté Ladroncello, le bois d'Asco, la Piedrella, le monte Padrô...
L'apparition de ces porphyres a certainement joué un rôle important dans la formation de la chaîne primordiale de l'Ile de Corse. A l'est de cette chaîne, ce ne sont plus les roches érup- Uves qui dominent, maie bien des dépôts sédimenlaires que nous allons décrire.