PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANGE
Dans la thèse soutenue par M. Hollande sur les terrains sédimentaires de la Corse, Tauteura été amené secondairement à dire quelques mots des roches éruptives de ce pays.
Il y a quelques mois, ayant apporté à Paris divers échantillons de ces roches (environ une vingtaine d'exemplaires), il avait bien voulu me les communiquer, en me priant de lui indiquer les principaux minéraux qu'elles renfermaient. Je me suis acquitté de cette tâche, laissant ensuite à M. Hollande le soin d'appliquer aux roches en question les dénominations qui lui paraîtraient les plus convenables. Les désignations qu'il a choisies ne sont pas toujours celles qui me semblent le mieux justifiées par l'examen pétrographiq.ue ; c'est pourquoi je crois devoir ajouter quelques indications à celles qu'il a publiées.
Parmi les roches soumises à mon examen, il y en a qui appartiennent au type granitique ou plutôt granulitique (granités à mica blanc). Les unes sont remarquables par leur richesse en talc et en épitode, par la prédominance du feldspath monoclinique et du quartz granulitique. Ce sont de véritables proto* gines.
D'autres sont presque exclusivement composées de quartz et d'orthose, avec la structure et le mode d'association habituels dans la pegmatite graphique.
Un seul échantillon m'a offert nettement la composition
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rainéralogique et la structure des porphyres de la base du carbonifère : cet exemplaire, très-quartzeux, possède une pâte presque entièrement constituée par une fine miçropegmatite.
A côté de ce type, plusieurs échantillons, considérés par M. Hollande comme appartenant an môme massif éruptif, sont cependant de structure très-différente. Ils possèdent aussi une pâte éminemment quartzeuse, mais celle-ci présente un cachet marqué de fluidalité ; les sphérolithes pétrosiliceux y sont communs.
Un échantillon rapporté à ce groupe de roches par Tauleur n'est même autre chose qu'un rétinite perlithique très-calcédonifié et appartenant probablement à l'époque permienne ou triasique.
Des diabases, des euphotides, avec les serpentines qui en dérivent, figurent encore parmi les échantillons que j'ai examinés.
Enfin on compte en outre , parmi ces roches, une amphîbolite et plusieurs schistes talqueux.
En somme, il y a la une réunion de roches très-divei'ses et certainement d'âges bien différents. Plusieui's d'entre elles sont fort remarquables par les particularités de structure que la silice libre leur a imprimées.
Avec le petit nombre d'échantillons qu'il m'a été donné d'obsei'ver, il est tout à fait impossible d'arriver à des déductions positives sur les relations d'âge et sur les conditions de genèse de ces roches. Mais le simple aperçu que je viens de tracer suffît pour montrer l'intérêt qu'il y aurait à faire une étude pétrographique complète de tous ces produits, surtout si une telle étude était unie à une observation attentive et détaillée des gisements qui les fournissent.