‹ Annales des sciences géologiques (volume 2)Chapitre 88 sur 126 · Ficus Giebeu, Heer · texte numérisé non relu

Ficus Giebeu, Heer

F. foliis pedalibus, late elongato linearibus, basin versus sensim angustatis, integerrimis, pinnatinerviis ; nervis secundariis numerosis, patentibus, camptodromis, arcubus margini parallelis.

Grès éocènes de Soucelles au nord d'Angers (Maine-et-Loire).

{{) De Saporta et Marion, op. ciU^ n« 7.

(2) Nous devons la communication de cette curieuse empreinte au savant géologue M. Ed. Guéranger, qui a si puissamment contribué àraTancement de la paléontologie de l'Ouest de la France.

l'ouest de la PBAliCE A L*ÉPOQUE TERTIAIRE. 39

LAURINEJE.

A répoque des grès éocènes de l'Ouest, vivaient de magnifiques Laurus qui nous ont seulement transmis leurs feuilles isolées. La nervation penninervée caractéristique de ces organes fait songer de suite aux Laurinéesàtypetrinerve. Par leur organisation, nos espèces fossiles pourraient se rapprocher des létranihéréesj groupe de Laurinées constitué actuellement par les Tetranthera, Jacq., CycodaphiCy NeeSyAciinodapAnâj Nées, Litsœa^ J . , Daphmdiuniy Nées, Undera, Thumb. , et LauruSy Tournef .

LAURDS, L.

27« Laueus Forbesi, de La Harpe (pi. K, fig. 60).

L. foliis coriaceis lanceolatis, basi angustatis, breviter petiolatis, penninerviis , nervis secundariis subtilibus simpHcibus {FI.tert.Heh.. III, p. 315).

Grès éocènes du Mans et de Cheffes près Angers.

Cette belle espèce parait voisine du Laurtisprsscellem^ Sap. , de la flore de Saint-Zacharie (Var),

28. Laurus DsscaisnkanA; Heer(pl. K, fig. 61). Grès éocènes du Mans et de Cheffes près Angers.

Diffère du précédent par ses proportions agrandies et ses feuilles moins longuement lancéolées.

GAMOPETALiE.

Les Gamopétales ont joué un rôle important dans la flore éocène du Mans et d'Angers. Six familles représentent cette grande division des Dicotylédones : ce sont les Rubiacées^ Apocynées, Myrsinées^ SapoiacéeSy Éàénacées^ Éricacées.

Les Rubiacées tiennent le premier rang non par le nombre des individus, mais par Tabondance d'une espèce unique : le

40 liOun cuMû.

Morinda Brongniarii^ Nob. ; viennent ensuite et dans l'ordre de profusion des espèces, les Apoq/nées^ Ebénacées^ Myrsinées, Sapotacées.

RUBIACEjE.

De tous les fruits fossiles de cette flore, ceux dont nous allons donner une analyse détaillée sont certainement les plus répandus. A une époque où la véritable nature de ces fossiles était complètement méconnue, les paléontologistes avaient eu en vue des fruits de Pandanés ou des cônes de Seçuoia; et sous la désignation vague de Steinhauera subglobosa, Sternb., on était généralement convenu de distinguer les mêmes empreintes. M. Brongniart, le premier, fit connaître les raisons qui l'engageaient à voir dans ces fruits des syncarpes d'une Rubiacée d'affinité tropicale, voisine des Morinda. Récemment, des recherches multiples favorisées par d'heureuses découvertes et surtout par la puissante direction du savant paléontologiste d'Aix, nous ont permis de reconnaître que cette fois encore, en ce qui concerne les fruits de nos grès, l'illustre professeur du Muséum était dans le vrai (1}. En consultant la planche M, où nous avons donné une analyse aussi complète que possible de ces syncarpes, on peut voir qu'ils existent sous trois états différents :

1** Jeunes et à peine fécondés ;

2"* A moitié développés ;

3"" Parvenus à complète maturité.

(i) MM. Unger et Endlicher placent, près des Conifères Abiétinées, un genre établi par M. Près], sous le nom de Sleinhaueray pour divers fruits des terrains tertiaires ; mais si j'en juge d'après une espèce, le St. subglobosa dont j'ai vu un échantillon venant de Bohême, et qui est fréquente dans les grès tertiaires des environs du Mans, ce genre serait tout à fait étranger à la famille des Conifères. Le St, subglobosa est certainement un fruit de plantes dicotylédones angiospermes. C'est un capitule formé d'ovaires soudés, surmontés chacun par un rebord calycinal pentagone, correspondant à deux loges infères, contenant chacune un ovule suspendu : organisation qui kne paraît très-analogue à celle des Morinda de la famille des Rubiacées (Voy. Ad. Brongniart, Tableau des genres des végétaux fossiles, p. 71. — Paris, 1849).

L OUEST DE LA FRANGE A l'ÉPOQUE TERTIAIRE. 41

!• Syncarpes jeunes et à peine fécondés {p\. M, flg. 94).

Il s'agit d'un organe cylindrique ou subcylindrigue que reconyrent de nombreux écussons pentagonaux. Chaque écusson présente cinq côtes, et il est facile d'observer vers le centre déprimé une cicatricule entourée de cinq lobes calycinaux assez saillants à disposition quinconciale. Le nombre 5 et la nature de la préfloraison semblent guider vers les Dicotélydones ; la cicatricule centrale marquerait l'emplacement d'une corolle qui aurait été supère et caduque, et c'est parmi les Gamopétales épigynes, vraisemblablement dans les Rubiacées, que doit être recherché quelque type analogue. Cet état de syncarpe à peine fécondé parait très-rare dans nos grès.

2* Syncarpes à moitié développés (pi. M, fig. 93).

Il s'agit visiblement d'un jeune syncarpe, et Iprsqu'on part de ce principe, que les parties actuellement pleines étaient creuses et vides dans l'original , on se représente les graines encore jeunes, pressées les unes contre les autres et attachées à un axe ou réceptacle central détruit et donnant lieu à un vide. L'échantillon original laisse voir le syncarpe divisé en deux parties presque égales.

3® Syncarpes parvenus à complète maturité (pi. M, flg. 88-91).

Les croquis 88, 89, 90 montrent trois syncarpes diversement présentés ; le fruit a été divisé longitudinalement en deux moitiés presque égales, tandis qu'il se détache à côté suivant une coupe horizontale (fig. 91). La figure 89 est des plus instructives : outre les graines très-développées qui étaient attachées à l'axe central détruit, on observe, vers le sommet du fruit, trois cicatrices fort nettes présentant chacune la trace de deux sillons semi-lunaires qui témoignent de l'existence des graines disparues dans l'échantillon. Nous avons représenté (fig. 92), une empreinte montrant aussi nettement que possible les cicatrices formées par les carpelles qui constituent

42 MMVMM immlt.

autant de fruits renfermant deux semences accolées ; quBnl aux cicatrices semi-lunaires des Morinda,réchantiIlon permet de lever tonte espèce de doute : trois de ces fruits qui occupent le sommet du syncarpe ont laissé après leur chute des traces des plus évidentes. En isolant plusieurs carpelles, il fut aisé de voir que chacun d'eux est bien réellement formé de deux graines accolées (voy. fig. 96). Ici, les trois fruits isolés présentent à leur base des parcelles de grès qui leur servent de gangue; on entrevoit, en outre, au sommet de ces fruits, les lobes calycinaux qui les couronnent. Plus tard, en disséquant avec soin des syncarpes de Marinda néo-<^édoniens, nous reconnaissions que ces fruits fossiles présentent une identité complète d'organisation avec les fruits vivants rapportés de la Nouvelle-Calédonie par M. Vieillard (PI. M, fig. 97). Aujourd'hui que des résultats aussi probants nous sont acquis, nous n'hésitons pas à voir, dans ces fossiles, des fruits agrégés analogues à ceux des Morinda. Vraisemblablement, nos Morinda des grès de la Sarthe présentaient des syncarpes à fruits charnus, drupacés et dispermes, rassemblés en un capitule subsphérique ; par une pression réciproque, ces drupes revêtaient une forme anguleuse, ainsi que nous l'avons observé chez certaines empreintes; enfin chacune d'elles portait à son sommet les cicatrices aréoléea laissées par le calice. Ces Rubiacées étaient des arbrisseaux ou des arbustes dont les feuilles ne nous sont pas encore parvenues ; nous avons fait connaître, au commencement de ce mémoire, les particularités essentielles qui nous permettent de donner notre avis relativement à leur mode d'inflorescence. L'uniformité de longueur des pédoncules accompagnant les mêmes syncarpes fait songer de suite au mode d'inflorescence que présentent de nos jours plusieurs Morinda néo-calédoniens. Chez plusieurs espèces sarmenteuses des environs de Wagap, les syn* carpes sont rassemblés en ombelles ou en cymes ombellées le long des rameaux, et dans ces plantes calédoniennes l'uniformité de longueur offerte par les pédoncules nous a également frappé. La rareté des échantillons accompagnés de

l'ouest de la FRAffOE A L^ËPOQUE TERTIAIRE. 43

leurs pédoncules dans nos grès du Maine parait significative : jusqu*à un certain point, elle nous fait entrevoir quel devait être le mode de disséminatiou des fruits parvenus à maturité. Dans la nature actuelle, les syndirpes des Morinda se séparent deleurô pédoncules qu'ils laissent sur la tige, sous forme de petits ramules brisés. La persistance de ces organes mftrs sur leurs pédoncules n'est donc qu'accidentelle, et nous pensons que ceux qui nous sont parvenus furent séparés de la tige, accidentellement, lors de la saison des pluies sous le coup des vents et des bourrasques. Au total, tous ces indices, d'autant plus vraisemblables qu'ils ne s'écartent en rien des faits que nous pou vous observer dans la nature actuelle, confirment l'assimilation de ces fruits à des syncarpes de Moiinda.

Nous dédions ces remarquables empreintes à l'illustre savant qui a si puissamment contribué au progrès de la paléontologie végétale et dont nous déplorons la perte récente.

GUETTARDACELE, Kimbb.

MORINDA.

Page 1