‹ Annales des sciences géologiques (volume 2)Chapitre 9 sur 126 · OU MARIN · texte numérisé non relu

OU MARIN

L'étage ganimnien caractérisé comme nous venons de le reconnaître dans la montagne d'Ausseing, à Marsoulas et dans les petites Pyrénées occidentales, commence avec cette petite chaîne elle-même au village de Saint-Marcot (Haute-Garonne"), d'où il s'étend, à Test, toujours parallèlement à notre grande chaîne, sur une longueur d'environ 48 kilomètres, dont 12 seulement appartiennent au département de l'Ariége. La Haute-Garonne en occupe donc les trois quarts. C'est là qu'il est particulièrement remarquable, double circonstance qui nous a suggéré le nom de ganimnien^ qui a été généralement adopté.

Le même étage poursuit son cours dans le même sens à travers le bas Languedoc et la Provence, mais avec un facios exclusivement lacustre, ainsi que nous le dirons plus loin.

La faune garumnienne, entre les limites où elle offre un faciès marin, se compose de deux parties : l'une qui gît à la base du terrain, et l'autre à la partie supérieure (colonie). Ces deux faunes toutes spéciales, séparées, comme nous l'avons vu, par l'assise des calcaires compactes à silex dépourvus de fossiles caractéristiques, sont absolument différentes ; il n'y a pas une espèce, circonstance qui nous paraît très-digne d'être remarquée, qui soit commune à l'une et à l'autre.

Nous allons donner quelques notions générales sur ces deux horizons fossilifères en nous servant des observations que nous avons faites dans les lieux où ils sont le mieux caractérisés.

Nous commencerons par la faune inférieure déjà connue des géologues sous le nom de faune d'Auzas, parce que c'est à proximité du village qui porte ce nom qu'elle est le plus caractérisée.

Toutes les espèces de cette faune, ^dMÎOstrea larva, Lam., qui s'y trouvent quelquefois, étaient inconnues des géologues avant nos recherches. Les principales sont : Cyrena garunmica,

TYPE GARUMNIEN : MONTAGNE d'aUSSEING. 39

Leym., figuré dans nos Éléments de géologie; Acteonella Baylei, Leym., et Radiolites Leymeriei, Bayle, l'un et Fautre inédits. Nous avons donné, à l'article spécialement consacré à Âuzas, la liste complète de ces espèces, qui se trouvent décrites et figurées dans le petit travail que nous avons déjà indiqué à la suite de notre mémoire.

Cet horizon est encore remarquable par la fréquence des débris de Reptiles (Crocodiliens, Tortues) qu'on y rencontre dans presque tous les gîtes.

On voit que cette faune, toute spéciale, porte un caractère crétacé par la présence des Radiolites, d'Ostrea larva, et aussi d'Hippuriles radiosm. On peut y remarquer encore l'absence des Oursins.

La faune supérieure, dont nous avons déjà reconnu quelquesuns des caractères dans la montagne d'Ausseing et au Tuco, se compose de Mollusques et d'Oursins.

Les Mollusques, la plupart à l'état de moules, paraissent inédits ; on y remarque cependant quelques rares fossiles crétacés {Rhynchoiiella Eudesi)^ et môme un certain nombre d'espèces nummulitiques (Naticabrevispira, Venus striatissima^ Bellardi, etc.). Les principaux genres sont : Pleurotomaria^Natica^ Cerithium, Voluta^ Crassatella^ Arca^ Lucina. Les Pleurotomaires sont remarquables par leur grande taille et par l'extrême ressemblance de l'un d'eux (Pleurotom. danica^ Leym.) avec une espèce de la craie de Faxoe. Nous n'insistons pas, quant à présent, sur cette faune malacologique dont nous nous proposons de décrire les principales espèces dans la Statistique géologique de la Haute-Garonne. Elle n'est d'ailleurs intéressante que par son faciès essentiellement marin et par la variété et la nouveauté des espèces qui la composent.

II n'en est pas ainsi des Échinodermes, dont le caractère crétacé constitue, à l'égard de la position qu'ils occupent, un fait anormal d'une grande valeur, et qui est bien propre à faire réfléchir ceux qui accordent aux lois paléontologiques une confiance absolue.

Ce fait est déjà connu des géologues par plusieurs de mes

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publications; cependant quelques géologues ont émis à ce sujet des doutes, et j'ai pensé qu'il ne serait pas inutile de faire confirmer par une étude sérieuse et définitive les déterminations antérieurement faites par les paléontologistes les plus compétents. Nul ne pouvait se charger de ce soin avec plus d'autorité que M. Cotteau, qui avait déjà étudié un certain nombre de nos espèces, et j'ai été assez heureux pour qu'il voulût bien accepter cette tâche. Le lecteur trouvera, annexé à ce mémoire, le résultat de ce nouveau travail, dans lequel notre savant confrère a repris l'étude de cette faune enrichie de nouvelles espèces avec des descriptions et des figures qui devront faire disparaître toute incertitude dans l'esprit des géologues et des paléontologistes qui n'ont pas de parti pris et qui ne recherchent que la vérité.

Je renvoie donc le lecteur, pour cet objet, au travail de M. Cotteau. Cependant je crois pouvoir me permettre d'en faire connaître le résultat, et de dire que sur 15 espèces provenant de nos principaux gîtes de la Haute-Garonne, 8 sont nouvelles et spéciales à la colonie, et 6 se rapportent sans incertitude à des types bien connus pour appartenir à l'horizon de la craie blanche (sénonien de d'Orbigny). Voici les noms des espèces qui composent chacune de ces catégories :

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