Marne blanche a Ananchttes
L Calcaire à Operculines.
Pour reconnaître ces éléments, on peut monter, à partir de Saint-Marcet, à la métairie de Joumet en traversant les diverses « assises sénoniennes, puis descendre de ce point culminant au sud-ouest. On traversera alors une contrée couverte de roches irrégulières, composées d'un calcaire compacte, subcristallin, souvent imbibé de silice qui s'y rassemble en nœuds formant ainsi une sorte de meulière dont on trouve de nombreux fragments jacents sur le sol. Ce calcaire, qui représente ici le calcaire lithographique de la montagne d'Ausscing, forme aussi des bancs réguliers (n"" 1 de la coupe) . En continuant à descendre, on rencontrera une petite assise (2 de la coupe) de grès très-friable, graveleux par places, renfermant des moules de Cardiacés et des débris d'autres fossiles marins. Après quoi on se trouvera dans une petite combe descendant vers le moulin des Plats, dont le versant méridional est formé par une marae blanche (3 de la coupe) renfermant, avec quelques Micraster de petite taille mal conservés, de nombreux individus d'Anan^ chytes (Echinocorys semi-globtts , Lam.), qui est très-connu des géologues comme appartenant à la craie. Cette marne constitue un faciès remarquable de la colonie, dont la détermi-
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nation se trouve encore confirmée par la juxtaposition de quelques couches du calcaire blancàOperculines, qui est si constant à la partie supérieure du garumnien. Quant au terrain à Nummulites, je n'en ai vu aucune trace de ce côté.
La petite dépression où nous venons de trouver la colonie n'a qu'une très-faible étendue. Plus loin, à l'est, le garumnien s'enfonce sous le plateau tertiaire caillouteux de Paillac, qui se trouve profilé au deuxième plan de notre figure 7, pour ne reparaître que dans la contrée de Latoue, où Ton voit le garumnien divisé en deux parties discordantes par la grande faille longitudinale qui a été signalée en commençant, et dont l'effet est ici très-sensible.
Le garumnien occupe tout le fond de la vallée à Latoue. Il s'étend peu du côté de l'ouest, où il se termine en pointe de chaque côté de la colline de Couradilles, couronnée par le terrain tertiaire de Paillac. Cependant l'étage dont il s'agit se . montre là avec tous ses caractères. On peut facilement l'étudier en une seule course en partant de Latoue. Pour cela il faut, en sortant du village, prendre le chemin de Sainte-Radegonde, chapelle qui se trouve à 3 kilomètres à l'ouest-nord-ouest, sur un petit plateau tertiaire, et, au moment de monter sur ce plateau, tourner à gauche pour se diriger au petit vallon qui longe au nord le coteau de Couradilles. Si l'on suit cet itinéraire, on rencontrera, avant de quitter même les dernières maisons de Latoue, des sables blancs et jaunes au sein desquels on remarquera des roches irrégulières, d'un calcaire compacte, le plus souvent marmoréen n* i, qui existe en bancs plus réguliers par dessous. C'est sur cette assise sableuse que l'on descendra au coteau ci-dessus désigné, où l'on trouvera la colonie représentée, comme à Saint-Marcet, par des calcaires marneux et par des marnes blanches revêtues, comme partout, d'un manteau de calcaire à Operculines. J'ai recueilli dans ces marnes des Micraster d'assez petite taille en assez grand nombre, avec
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Ostrea vesicularis (var, crochue), et enfin une Arche qui se rapporte à une petite espèce commune à Marsoulas.
Les sables garumniens, qui se montrent de part et d'autre de la vallée, contribuent beaucoup à caractériser les environs de Latoue. Ils sont plus blancs et plus purs du côté méridional. Naguère ils y étaient exploités sous les alluvions de la vallée. Ces sables sont ici dans une position normale, et c'est à la bande qu'ils forment au bord de Tétage sénonien qu'il faut rattacher le gite qui a été signalé plus haut, dans le petit massif tombé à l'Escalère, près de Saint-Martory.
¥al de BonneroBdfl.
Au delà de Latoue, la bande garumnienne poursuit régulièrement son cours jusqu'à la Garonne, en passant par Sepx, où la colonie offre des Micraster tercensiSy et par l'abbaye de Bonnefonds, au nord de laquelle des dalles calcaires sont couvertes de Cyrènes {Gyr. garumnica). Plus loin on la retrouve au pied de la colline d'Arnault-Guilhem. Là, des couches qui appartiennent, comme les précédentes, à l'assise inférieure, renferment Acteonella Baylei avec Ostrea larva et d'autres fossiles indéterminables.
La région que nous désignons par le nom de la petite ville d'Aurignac, qui en est le chef-lieu, occupe un espace large d'environ 24 kilomètres au nord de la ride de Propiary, et forme la zone la plus extérieure des petites Pyrénées au contact de la plaine, dont les strates horizontales viennent buter contre les couches inclinées de ces montagnes.
Cette région se compose de deux bandes bien distinctes et parallèles. Tune garumnienne et l'autre éocène, comprenant le nummulitique et le poudingue de Palassou. Cette dernière bande forme, au sud de la première, un large ruban qui aurait dû avoir un pendant au bord septentrional ; mais ce complément du système d'Aurignac ne s'accuse pas de ce côté, où il est recouvert par le terrain tertiaire de la haute plaine. Cependant
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son existence réelle est clairement indiquée par une sorte d'amorce que la carte montre du côté de Boussan, où Téocène, après avoir contourné l'extrémité du garumnien, sur les bords de la Louge, vient s'atténuer avant de dispai'aître sous le dépôt postpyrénéen que nous venons de citer.
Les deux bandes Se la région d'Aurignac n'ont pas la même étendue ; la bande éocène est plus large que l'autre, et le crochet qu'elle forme à l'ouest, pour entourer celle-ci à son extrémité occidentale, augmente sa surface. Sa largeur moyenne est d'environ 3500 mètres, tandis que celle de la bande garumnienne ne dépasse pas 3000 mètres.
Le garumnien est représenté par ses trois assises dans cette bande, où il acquiert un développement et une importance tout à fait exceptionnels. L'assise inférieure, essentiellement marneuse et argileuse, renfermant des bancs et plaques de grès calcaire et de calcaire marneux, y occupe la partie centrale, et c'est elle qui joue le rôle d'axe de soulèvement, comme les arçiles sénoniennes de Plagne le font dans le massif d'Ausseing. Il y a ici, comme à Ausseing, une boutonnière, mais celle-ci n'est fermée qu'à une extrémité du côté d'Aurignac ; l'autre extrémité, coupée par la vallée de la Garonne, reste ouverte, et l'une des lèvres de la boutonnière, la lèvre septentrionale, manque complètement.
Le terrain sénonien ne se montre pas dans cette bande d'une manière assez prononcée pour être marqué sur la carte, mais il gît sous le garumnien à une faible profondeur, et affleure même dans quelques ravins ou dépressions, surtout dans la partie orientale.
Les lèvres de la boutonnière incomplète d'Aurignac sont formées par des talus escarpés ou des crêts de calcaire compacte à silex, derrière lesquels se trouvent habituellement des sables qui tiennent ici, au moins en partie, la place de la colonie. Enfin, au dehors de ces sables, devrait se montrer, de part et d'autre, le terrain éocène ou nummulitique, mais il ne fait que s'annoncer au nord, comme nous l'avons déjà dit, tandis que du côté du sud il semble prendre sa revanche en s'étalant et se
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développant d'une manière extraordinaire, après avoir contourné le soulèvement garumnien à son extrémité occidentale.
Le rôle de centre de soulèvement que nous assignons aux ai^iles garumniennes est d'ailleurs bien accusé par les inclinaisons extérieures que prennent les couches de part et d'autre de l'axe de la région centrale, qui elle-même est trop largement bombée pour offrir des inclinaisons très-prononcées. Quant aux plongements de l'extrémité fermée de la lèvre nordouest d'Aurignac, on les voit affecter une disposition conoïde dans toute la partie contournée par la Louge, et, de la sorte, partout les faits se trouvent remplir les conditions exigées par la théorie.
On peut prendre une impression générale de cet ensemble soulevé, en se plaçant à un point assez élevé de la route d'Aurignac à Martres, qu'on appelle le Bout-d' Armas j point qui se trouve à une petite distance de la première de ces deux villes. On a alors devant soi le bombement argileux central, plongeant sous les calcaires compactes à silex, dont les escarpements forment, dans cette partie terminale de la bande, une sorte de cirque. Ce cirque se prolonge, du côté méridional seulement, en une crête linéaire, dont un point porte, à la métairie de Cabart, la cote d'altitude 531 mètres, la plus forte de toutes celles relatives aux petites Pyrénées occidentales.
Il est remarquable que dans cette partie des petites Pyrénées la colonie se trouve presque partout remplacée par une assise de sables et de grès. Il en est ainsi, notamment à Aurignac même, dont les maisons sont bâties en ligne droite sur une crête de calcaire à Miliolites, sous laquelle passe une assise .sableuse reposant elle-même sur le calcaire compacte médiocrement incliné. Il y a donc peu de gîtes de ce genre à signaler ici ; mais il n'en est pas ainsi pour le garumnien inférieur, qui offre en beaucoup de points les principales espèces que nous connaissons, savoir : Cyrena garumnica^ Acteonella Baylei, Ostrea Verneuilli, et Oslrea larva, qui s'y trouvent quelquefois représentés par de nombreux individus.
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