CHAPITRE PREMIER
INTRODICTION.
Quand on consulte la Bibliographie géographique de la Palestine de M. Titus Tobler, publiée a Leipzig en 1867, on est vraiment effrayé par le nombre des publications dont cette contrée a été Tobjet. Cependant, malgré c^tte multitude d'ouvrages, on a pu récemment qualifier la Terre-Sainte de « terra incognita » , et constater qu'au point de vue de ses caractères physiques, cette région t'tait presque aussi inconnue que les déserts de l'Afrique ou de TAsie centrale,
ij} n*i*>t jvint. a oMipsûr. faut»^ de tb»^'»ries et o»- liissertatirins i\\h* !ious v»inînes si jvii avaiuv>. jnilj« ulir-ry-m'^nt »-!. «'^qui i-oncvnie la s^^'ltirie iir la Pak^ine. cut il e>: ]»'iâ «v }»:^»v> qui .iieiil ou le priviKv*/ d'ev-nvr ii liii aiiN>: bau: or-^v. fïau^ «rî i^iire d'idtvs. 1 iin.i^jiiativîj <îe> v».Ti,tj>^u!^. M.i;> :'*< •':»v.'!-\rtt."i> exaiies ^•nt ^mi/raWneîit iih «iflaul ju>}u"rt «>> ôrvLj'.-!> ^/!:.l•^. v» iv riobe btTitap?- lie v.iiuiut*>. qiir- ks lierDJtrs ^eLLi^ î. -.îji )v»> je iir\»il lie i>*piîdier. e<t l'ieiî y]vr,'*\ ]**ut eui ii!j >.0'i> vy-\-
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r,ÉOL(>(;iK DE I.A PALESTINE, 7
surtout apprécié les excellents résumés des travaux faits sur la géologie de TOrieut que l'on trouve dans \ Histoire des proyrùs de la géologie, de M. d'Archiac. Néannfioins, en Tabsence de tout contrôle direct, Téniinent académicien qui a doté notre pays de cette œuvre si utile n a pu, en ce qui concerne l'Arabie, la Syrie et l'Egypte, que reproduire fidèlement les opinions \Taies ou fausses des auteure dont nous îivons parlé, et malgré les remarques critiques et k^ doutes judicieux dont il les a accompagnés, ces résumés ne peuvent suffire à faire cx)nnattre la géologie de ces contrées. Il aurait fallu, pour obtenir ce l'ésultat, l'œuvre d'un voyjigeur de la trempe de Lefévre ou de Russegger, muni de connaissances plus spéciales en géologie, et qui pût résumer et coordonner entre elles les observations faites dans l'Afrique septentrionale et dans TAsie occidentale, après en avoir vérifié par lui-même l'exactitude. Ce voyageur aurait seul pu asseoir rapidement la géologie de l'Orient sur dos bases solides, en raccordant, par une chaîne ininterrompue d'observations, et par des comparaisons et des identifications rigoureuses, les matériaux et les documents disséminés sur ces vastes étendues. Il aurait présenté sous leurs véritables aspects ces pays si peu connus ou plutôt si méconnus, et je ne puis m'em- ))ècher de croire (ju'il eût trouvé dans leur charpente pierreuse plus de simplicité et d'uniformité que dans nos massifs europé«Mis. Ce voyageur est malheureusement encore à venir, et peut-être lattendra-t-on longtemps; aussi, malgré l'insuffisance de documents positifs, nous parîiît-il urgent de tenter un effort, quelque téméraire qu'il puisse paraître, pour sortir de ce chaos d'opinions contradictoires et se frayer au milieu d'elles, sinon une route, au moins un modeste sentier que d'autres élargiront bientôt et rectifieront dans ses nombreuses imperfections.
Tel est le but que nous nous sommes proposé et que nous avons cherché à atteindre, en présenfcmt dans C43 travail les lésultîits de nos recherches personnelles en Palestine, ainsi que dans une partie de l'Arabie-Pétrée, et en y lajoutant, pour les contrées environnantes, les notions positives que nous avons puisées dans les relations et les collections de plusieurs voyageui-s.
8 LOttlS LAmYBT.
Puisse cet essai éviter à nos successeui's quelques-uns des tâtonnements qui nous ont si longtemps arrêté dans ces études !
I-.es contrées auxquelles nous avons accordé le plus d'importance dans ce travail, sont naturellement celles que nous avons parcourues nous-même depuis le Liban jusqu'à la mer Rouge, et afin de préciser sur quelles portions de ces vastes étendues ont plus spécialement porté nos recherches, qu'il nous soit permis de présenter ici un rapide aperçu de notre itinéraire.
Une plume aussi fidèle qu autorisée a depuis longtemps déjà rendu cx)mpte de Texpédition du duc de Luynes(l). Notre compagnon, M. le lieutenant de vaisseau Vignes, a, de son côté, fait connaître les principaux incidents du voyage complémentaire que nous avons entrepris ensemble après le retour en France de l'expédition et conformément aux instructions de M. le duc de Luynes (2).
C'est à notre illustre chef qu'il était réservé de i*endre compte définitivement de l'ensemble de ces explorations, et son travail allait paraître lorsque la mort est venue l'enlever au paiys, à la science et à l'admiration de tous ceux qui l'ont connu. Je n'indiquerai donc que très-sommairement notre itinéraire que Ton trouvera d'ailleurs marqué par un ponctué sur la ciirte géologique qui accompagne ce travail.
Parti au commencement du mois de février de l'année 1864, nous arrivions dans le courant du même mois à Beyrouth, après un court séjour à Alexandrie. Une rapide excursion dans le Liban, aux sources de Nahr-el-Kelb (Lycus), nous fournissait bientôt l'occasion de découvrir une station humaine de l'âge de la pierre taillée, caractérisée par des instruments de silex de mêmeforme que ceux de nos cavernes du Périgord et des Pyrénées.
La caravane une fois organisée, nous partîmes de Beyrouth pour suivre les côtes de la Phénicie; puis, après avoir traversé la Galilée et la Samarie où nous eûmes la satisfaction de décou-
(1) Huillard Breholles, Expédition du duc de Luynes, tf après des documents inédits {B*vup contemporaine^ 1865, t. Il, 2« livraison).
(2) Extrait des notes d'un voyage d'exploration à la mer Morte, dans le waddy Anibab|
sur la rive f^Mf^he du lourdpîn et dans le disert de Taimyre* 4905, Pnrit.
vrir plusieurs gisements nummulitiques, nous arrivâmes, le 8 inai's, à Jérusalem. Nos braves marins nous attendaient avec les tranches de l'embarcation de fer « le Segor » , avec laquelle devait s effectuer notre navigation sur la mer Morte (1). Pendant qu on transportait ces pièces sur les bords du lac où devait s effectuer leur montage, nous faisions, M. Vignes et moi, des observations barométriques horaires correspondantes, Tun à Aïn- Feschkah, l'autre à Jérusalem, afin de déterminer avec précision le chiffre de la dépression du niveau des eaux de la mer Morte qui a été l'objet de tant de discussions.
Dès que l'embarcation fut prête à prendre la mer, nous y prîmes place, et tant que dura notre navigation nous descendîmes fréquemment à terre pour explorer avec soin les rivages et quelquefois même pour faire des excursions assez longues, entre autres celle de Kerak et de Rabbath Moab.
I^ 7 avril, nous avions fait le tour complet de la mer Morte et terminé l'exploration de ses bords. Bien que nous eussions passé près d'un mois sur ses eaux, aucun de nous n'en lavait subi de fâcheuses influences (2).
(1) Nous ne saurions ici oublier de mentionner l'aimable et hospitalier accueil qui nous y fut fait, et laisser passer cette occasion bien naturelle d'exprimer, en particulier, à notre consul général M. de Barrère, nos sentiments de gratitude personnelle pour les marques qu'il a bien voulu nous donner de sa bienveillance.
(2) C'est à ma connaissance la quatrième tentative de navigation que l'on a faite sur le lac Asphaltite depuis les temps anciens. 11 paraît que les Arabes nabathéens s'y aventuraient jadis sur des claies et des radeaux pour y pêcher le bitume ; ils auraient même de cette manière livré, au nombre de dix milhi, une sorte de combat naval à la flottille qu'Antigone y avait fait transporter pour s'assurer le monopole de l'exploitation de l'asphalte. En 1835, l'Anglais Costigan^ ayant fait transporter un bateau de Jaffa à la mer Morte, se hasarda sur ce lac sans autre aide qu'un Arabe, en explora les bords pendant trois jours au bout desquels il périt, probablement des suites d'une insolation.
Vn autre de ses compatriotes, le lieutenant Molyneux, ne navigua sur ces mêmes eaux que pendant vingt heures, et fut forcé de revenir à l'endroit où il s'était embarqué. Il mourut, aussitôt après son retour, d'une affection qu'il avait contractée dans ce voyage.
En 1848, le lieutenant Lynch, de la marine des États-Unis, y conduisit une expédition composée du lieutenant Dale, du midschipman Aulick, du botaniste Francis Lynch et de dix matelots. A son passage à Constantinople, il s'adjoignit M. H. Bediow; et à Beyrouth, la docteur Anderson, qui fut chargé de la partie géologique du voyage.
(^'expédition, ainsi composée, navigua une quinsaine de jours dans deux barques 'jQn^y MQ^Qn et Vmny dhitmer). Tune de cuivre, l'iulfe d^ f«r galyanî^ô» et lyrich
10 I^UIS LABTBT.
Grâce à un appareil spécial de sonde à renversement muni d'un instrument à puiser, que nous avions fait construire chez M. Froment avant notre départ de Paris, il nous avait été possible de recueillir de nombreux échantillons d'eaux en divei's points de la surface et de la profondeur du lac, de façon à étudier les lois qui régissent sa salure. Les densités et les températures, une fois prises sur les lieux, c>es eaux étaient conservées dans des tubes larges, fermés à Tune de leurs extrémités , effilés H lautre et que nous soudions sur place au chalumeau. Leur analyse a fourni de curieux et nouveaux résultats qui intéressent il un haut degré la physique du globe.
Après avoir abandonné le Segor, nous dûmes remontcM* la rive droite du Jourdain jusqu'à moitié chemin du lac TibiTiade pour pouvoir traverser le fleuve, grossi à cette époque de Tannée par la fonte des neiges de V Anti-Liban. En redescendant le long de sa rive gauche, nous eûmes occasion d'obser^'er le curieux district de dolmens d'Ala-Safat, puis, nous enfonçant dans les montagnes de TAmmonitide et de la Moabitide, nous pûmes faire ample moisson de fossiles crétacés et de roches du m^me âge, et observer des coulées basaltiques dont quelques-unes se prolongent jusqu'au rivage oriental de la mer Morte.
Après cette exploration complète d'un pays dont l'accès nous a été exceptionnellement })ermis, grâce ii l'influence et au dévouement de Gablan, le chef redouté des Nemr-Adouans, nous pûmes retourner à Jérusalem où nous entrâmes de nouveau le 24 avril.
I^ 2 mai, notre ravitaillement étant terminé, nous partions l>our la mer Rouge. Suivant d'abord la crête montagneuse de la Judée jusqu'à Hebron, nous organisions sur ce dernier \m\\{ notre caravane de chameaux et bientôt après, escoités d'Abou- Daouk et de s(*s Jehalins, nous descendions vers la montagne de
dressa une carte très-exacte du lac. Il n'eut à déplorer que la perte du lieutenant Dale, qui mourut avant d'avoir quitté la Syrie.
Le lieutenant Lynch a donné les noms de Costigan et de Molyneux k deux caps avancés de la presqu'île de la Liçan, et le nom de Dale à un cap de la rive orientale du hc situé entre' le Wady-Zerka Maïn et le Wady-Mojih.
(iÉOLOGIE DE LA PALESTINE. 11
sel de Jebel-Usdom, à l'extrémité méridionale de la mer Morte ; nous traversions ensuite la Sabkah jusqu'au Wady-Safieh où nous devions faire provision d eau, puis nous remontions vers le Sud le W. Jeib jusqu'à la ligne de faîte qui divise l'Arabah en deux versants anticlinaux et que nous avons trouvé formées par des assises crétacées. A partir de cette selle ou de ce seuil, dont les nivellements barométriques de M. Vignes ont parfaitement établi laltitude, nous n'avons traversé jusqu à la mer Rouge qu'un désert de sables tantôt mouvants, tîintôt cimentés par des incrustations sidines.En côtoyant de près les monts Seir, nous eûmes cependant de précieuses occasions d'étudier sur place les roches anciennes si répandues en Egypte et dans le Sinaï et qui manquent en Palestine. 11 nous fut également donné de découvrir un nouveau gisement nummulitique au Waddy- Gharundel.
Le 15 mai, nous atteignions la mer Rouge au fond du golfe d'Akabah et, le surlendemain, nous revenions sui* nos pas en nous dirigeant vers le Jebel-Haroun (mont Hor) et vers le Wady- Musa (Petra) où se trouvcMit les restes de la célèbre capitale troglodytique des Arabes nabathéens. Après quelques jours consacrés à l'étude des monuments et de l'intéressante géologie de ce district si curieux, nous traversions obliquement l'Arabiih, en nous dirigeant vers les plateaux calcaires qui forment la continuation du désert du Tyh,dans le Sinaï, et nous rentrions ensuite par Hebron et Rethléem à Jérusalem où nous arrivions k la fin du mois de mai.
\je progranmie que s'était tracé le duc de Luynes étant aloi's accompli, il se disposa à rentrer en Frîince en compiignie de notre excellent compagnon de voyage et de tente, M. le docteur Combe , et du reste de l'expédition. M. Vignes et moi devions, d'après ses instructions, remonter la rive gauche du Jourdain jusqu'à su source, et étudier la topographie et la géologie des nagions orientales du bassin juscjuà Damas.
Le 5 juin, nous accompagnâmes le duc de l^uynes à JafFa, où il s'embarqua avec le reste de l'expédition. Travei*sanl de nouveau la chaîne de Judée, nous fûmes de retour Je 8, à Jérusalem.
12 LOUM LAKTBT.
Le 10 juin, nous quittions pour toujours la ville sainte, escortés de nos fidèles amis les Adouans. Après avoir atteint et traversé le Jourdain à la hauteur du Wady-Zerka, nous nous enfoncions dans les montagnes d'Adjloun et nous poussions droit à l'est jusqu'aux ruines imposantes de Djerasch (Gerasa) , non loin desquelles se trouve un riche gisement de fossiles crétacés. Nous marchions de là au nord jusqu'à Irbid, d'où Ton aperçoit le massif volcanique du Hauran. Changeant alors de direction, nous recoupions les montagnes d'AdjIoun, en nous dirigeant au nord-ouest vers le lac Tibériade, à lextrémité méridionale duquel nous arrivions bientôt, après avoir rencontré sur notrt^ chemin les ruines considérables et la nécropole intéressante de Um-Keis (Gadara), l'ancienne capitale de la Pérée. Nous suivions ensuite le bord oriental dé ce lac et, après avoir traversé péniblement les immenses coulées basaltiques du Jaulan, nous arrivions enfin à Banias, au pied de l' Anti-Liban , où prennent naissance, sous la lave, les sources c^onsidérables qui sont à tort considérées comme l'origine du Jourdain.
Le 19 juin, nous remontions vers le nord le W. Hasbani (origine réelle du fleuve dont nous venions de parler) jusqu'à sa source, près de Hasbeya; puis, traversant l'Anti-Liban, nous débouchions à l'est de cette chaîne montagneuse dans la plaine de Damas. Nous entrions bientôt après dans cette ville, d'où nous repartions après deux jours de repos pour Beyrouth, terme de notre voyage.
Telles sont les régions dont nous avons pu reconnaître la structure nous-mème. Pour donner à cette étude les additions complémentaires qu'elle réclamait, nous avons dû puiser d'utilc^s indications dans les œuvres de nos prédécesseurs : Botta, Bussegger, Anderson, Hitchcock, Wettstèin, etc., et aussi dans celles d'un voyageur qui , ayant visité après nous la Palestine, a fait d'intéressiintes observations aux environs de Jérusalem, M. Fraas, de Stuttgart.
M. Mauss, architecte français de Jérusalem, m'a donné une turritelle fossile des environs de cette ville' et M. Durigelo, agent consulaire à Saïda (Sidon), m'ft r^mis une ammonite des envi-
GÉOLOCilK DE LA PAUKSTINE. 13
rons de Tebnin. Je n'ai reçu aucun autre fossile et si, sur ce point, j ai eu quelque désavantage comparativement aux voyageui*s d'une autre nationalité, qui trouvent chez leurs compatriotes des collections déjà formées, je m'en console assez facilement en considérant le nombre considérable de fossiles que j'ai pu recueillir par moi-même et la précision qu'ils donnent aux observations par la connaissance exacte que j'ai des points et des niveaux auxquels ils ont été recueillis.
M. de Vogue, membre de l'Institut, dont les ouvrages sur l'archéologie de la Palestine font autorité, a bien voulu me communiquer les roches et les observations qu'il a recueillies dans le massif volcanique du Safa, sur la lisière du désert de Syrie, et M. Guillaume Rey, bien connu par ses voyages dans les uiômes contrées, a mis à ma disposition, avec une spontanéité et une obligeance que je ne saurais trop reconnaître, une intéressante collection de basaltes du massif du Hauran ainsi qu'une série de profils de ses nombreux cratères.
Les échantillons d'eau de la mer Morte, des sources et coure d'eau qui l'avoisinent, ainsi que le sel du Djebel Usdom ont été soigneusement analysés par M. Terreil, aide de chimie minérale au Muséum.
Parmi les fossiles, les foraminifères ont été soumis à M. Terquem qui y a découvert des genres assez nombreux et une variété extrême dans les individus appartenant à chaque espèce. Les Nummulites avaient été déterminées par M. d'Archiac. Les Échinides ont été confiés à M. Cotteau, ijui a déjà montré qu'il s'y trouve des types nouveaux et intéressiints. M. Sauviige a bien voulu nous donner quelques indications sur les débris de poissons fossiles.
Quant aux Mollusques, qui sont fort nombreux, leur détermination m'a été singulièrement facilitée par l'accès de plusieurs collections, parmi lesquelles je dois citer : celle du laboratoire de géologie de l'École pratique des hautes études, formée par M. le professeur Hébert et dans laquelle M. Munier-Chalmas a bien voulu me guider obligeamment; celle de l'École des mines, où M. Bayle m'a procuré toutes les facilités d'études désirables; cdles du laboratoire de paléontologie du Muséum, où M.Fischer
m'a donné de précieuses indications ; enfin celles de la galerie de conchyliologie du même établissement, celles du British Muséum et de la Société géologique de Londres.
Pour les pays autres que la Syrie, la Palestine et lldumée, j'ai essayé de me rendre compte de leur structure géognostique, en contrôlant et complétant, par Tétude de collections fort précieuses trés-méthodi((uement recueillies dans ces contrées, les nombreux renseignements épai-s dans les œuvres des voyageurs qui les ont visitées.
Ce qui m'a facilité ciîtte tâche, c'est d'avoir vu moi-même en place, en Idumée, la plupart des terrains que l'on retrouve dans les pays avoisinants, condition qui rendait plus aisée la détermination et la coordination de ces matériaux.
I^es œuvres de Niebuhr, Burkhardt, Botta et de MM. Buist, (arter, Duncan ainsi que les collections de MM. Botta, Dussumier, Carter, Burr .... etc., m'ont aussi servi pour TArabie. IjCs travaux de Burkhardt, Bussegger, Hogg, HoUand, Figari. Duncan, Fraas, etc. ; et la collection de Lefèvre, si riche en roches, fossiles et minerais, ont été mis à profit pour la pres- ([u'Ile du Sinaï.
Parmi les nombreux ouvrages qui ont été publiés sur la constitution physique de TÉgj-pte, ceux de de fiozière, Bussegger. Lefèvre, Figari-Bey, Fraas, etc., et les collections de Lefè\Te. Horner, Ne>vloldt, Burton, Hawkshaw, Greenough, Everest, Vaillant, Delanoue, Unirent, etc. , nousont particulièrement servi.
Enfin je dois, en terminant, recoimaître combien ces recherches ont emprunté de valeur et puisé d'encouragements dans les conseils et la bienveillante direction de l'illustre chef de notice pxjH^dition, qui ne dWaignait pas d'y prendre souvent lui-même une pjirt active, et qui a voulu que les prémices de leur publication fussent offerts d'alwitl aux Sociétés scientifiques.
Qu'il me soit |XTmis de m'inscrire parmi les nombreux admirateui's et obligés de « ce grand homme de bien », et de publier ce travail si^us le i^mtriMiage d une mémoire si justement honorée. L. L.
Paris, a?rîl 1861».