DE SUÈDE
pmr m. «. CdT'TBAt).
Parmi les nombreux fossiles que M. Hébert a rapportés de son dernier voyage en Suède, et que nous avons pu examiner dans le laboratoire de TÉcole pratique des hautes études dirigé par ce savant professeur, se trouvent trois espèces d*Êchinides qui lui avaient paru nouvelles et dont il nous a confié la description.
Les deux premières ont un gisement bien authentique, M. Hébert a constaté qu*elles proviennent du grès vert de Kôping (Scanie), qui, dans son opinion, correspond à la base de la craie supérieure. — ^Les motifs de ce classement sont que ce grès vert renferme à la fois des fossiles de la craie de Meudon, Belemnitella mucronata^ Ostrea semiplana^ etc., et de nombreux Cirripèdes semblables à ceux de la partie inférieure de la craie grise de Ciply.
Quant à la troisième espèce, Cyrtonia Niksoni^ son gisement est tout à fait incertain. Elle a été recueillie par une personne qui h*a pas fourni les renseigtiements rléce^saires ; mais c'est un tjpe bxtrémement curieux et rare: nous sommes heureux d*en faire cotinatlré une nouvelle espèce.
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HoLASTER s€ANiENsis, Cotteau, 1870.
Espèce cordifonne, subcirculaire, échancrée en avant et subacuniinée en arrière. Face supérieure renflée, uniformément liombée, arrondie à Tambitus, un peu tronquée au-dessous du périprocte ; face inférieure presque plane, déprimée autour du péristome, légèrement convexe sur Taire interambulacraire impaire. Sommet presque central, un peu rejeté en avant. Sillon antérieur large, subcaréné sur les bords, très-apparent surtout vers lambitus et près du péristome. Aire ambulacraire impaire droite, formée de pores petits, arrondis, disposés par paires obliques et qui s'espacent en se rapprochant de Tambitus. Aires ambulacraires paires apparentes, surtout à la face supérieure. Zones porifères inégales dans chacune des aires, les postérieures un peu plus laides, les unes et les autres formées de pores subvirgulaires, transverses, qui s'amoindrissent, s'espacent et deviennent moins apparents au fur et à mesure qu'ils se rapprochent du bord. Péristome transverse , subréniforme, arrondi en avant, s'ouvrant à peu de distance du bord, dans une excavation profonde. Périprocte ovale, situé assez près du bord postérieur, au sommet d'une dépression verticale très-vaguement indiquée. Appareil apical un peu moins allongé qu'il ne l'est ordinairement chez les Holaste)\ composé cependant de plaques génitales ocellaires superposées et en contact par le milieu. — Hauteur, 37 millimètres. Diamètre antéro-postérieur, 50 millimètres; diamètre transversal, 49 millimètres et demi.
Rapports et différences. — Cette espèce, par sa forme snbcirculaire et renflée, se rapproche de certaines variétés de VHolas ter subglobosus de Tétage cénomanien. Elle s'en distingue par son aspect plus cordiforme, son sillon antérieur beaucoup plus prononcé et plus sensiblement caréné sur les bords, par son péristome s ouvrant dans une dépression plus profonde, son
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périprocte placé plus près de Tambilus, son appareil apical relativement plus large et moins allongé, sa face inférieure plus plane. Ce dernier caractère donne à VHol. scaniensis quelque ressemblance avec VHolastej' carinatus; les deux types cependant ne sauraient être confondus, et XHol. carinatus sera toujours reconnaissable à sa forme plus allongée, moins renflée, moins uniformément bombée, à son sillon anal moins profond, à sa face inférieure beaucoup plus plate, à son péristome moins déprimé. \j! Holaster planns ^ dont le type a été figuré par Manlell, diffère également de notre espèce par son sillon antérieur presque nul et sa face inférieure plus plate.
Localité. — Kôping (Scanie), grès vert à Belemnitella mucronata (craie supérieure).
Coll. de mademoiselle Niisson, à Lund.
MicRASTER biË, Gotteau, 1870.
(Fig. Û-7.)
Espèce cordiforme, dilatée, fortement échancrée en avant, rétrécie en arrière. Face supérieure médiocrement renflée, déclive en avant, sensiblement carénée dans la région postérieure, ayant sa plus grande épaisseur un peu en arrière du sommet apic4il ; face postérieure étroite, tronquée presque verticalement; face inférieure arrondie sur les bords, un peu déprimée en avant du péristome, saillante et subrostrée au milieu de l'aire interambulacraire impaire. Sommet apical un peu excentrique en arrière. Sillon antérieur étroit, très-profond, caréné sur les bords, s'élargissant vers l'ambitus, qu'il échancre assez fortement. Aires ambulacraires paires inégales, les antérieures longues, subflexueuses, les postérieures un tiers plus courtes, les unes et les autres profondément excavées. Zones porifères à peu près de même laideur que rintcrvalle qui les sépare, placées prescjue verticalemenlsur les côtés de la dépression ambulacraire. Tubercules très-petits, épars, espacés, à peine scTobiculés a la
face sufiérieure, plus gnis, plus serrés, eutourés d'un scrobicuK* plus profoDcl vers Tauibitus et à la face inférieure. Péristuuie semi-luDaire, transverse, muni d'une lèvre à peine apparente, a ouvrant à environ 10 niillimétres du bord antérieur. Périprocte subelliptique dans le sens du diamètre antéro-postérieur, élevé, placé au-dessous de la carène postérieure, sans trace de sillon. — Hauteur, âO millimètres. Diamètre antéro-postérieur, 49 millimètres; diamètre transversal, 50 millimètres.
Rapports et différences. — I^ Micr. Idœ^ par sa forme dilatée, un peu plus large, que longue et rétrécie en arrière, ainsi c|ue |)ar la position de son [léristome assez éloigné du liord autéri(»ur, ra|)pelle le Micr. brevis. 11 s'en distingue nettement par S5i face supérieure plus obliquement déclive en avant, plus saillante et plus sensiblement carénée dans la région postérieure, son soninuît plus excentrique en arriére, son sillon antérieur plus étroit et plus profond, ses aires ambulacraires plus int'^ales, relativement plus courtes et beaucoup plus fortement excavées, son [)éristome muni dune lèvre moins apparente. La fasciole n'est pas très-visible dans les exemplaires que j'ai sous les yeux; Tun des échantillons ce|>endant en présente quelques traces suffîsantes i>our iiidicpicr (pie 1 espèce appartient au genre Micraitiep\
Localités. — Kiiping, grès vert à Bel. mucroiiata.
Coll. de mademoiselle Nilsson. — Coll. Sori)onae.
Cyrthoma Nu^ssoni, Cotteau, 1870.
(Fig. 8-li.)
Espèce sulK'îirculaire, un peu plus longue que large, arrondie en avant, dilatée et subrostrée en arrière. Face supérieure assex uniformément l)ombce, rapidement déclive sur les côtés, subtronquée dans la région postérieure ; face inférieure plane, subpulvinée sur les bords, profondément dépiimée au milieu. Sommet prescpie central. Aires ambulacraires formant des pétales
ÉCHINID^ DE SUKDfi. SS5
très-courts ot qui ne s'étendent piis ^'^u delà de h moitié de la face supérieure. 2ones porifères larges, composées de pores trapsyersîes, étroits, serrés, peu développés, la rangée interne moins apparente que la rangée externe. Zone interporifère à peu près de même largeur que chacune des zones porifères. Audessous des pétales, les pores s'espacent et deviennent très-petits. Le milieu de la face inférieure est occupé {Kir un tloscelle fortement développé ; les pbyllodes, que séparent des bourrelets trèssaillants, présentent à leur partie supérieure un demi-cercle de pores aigus, et à leur base deux pores arrondis, rapprochés Tun de l'autre, très-ouverts. Tubercules petits, serrés, subscrobiculés à la face supérieure, plus gros et plus espacés autour du floscelle. Péristome étoile, pentagonal, un peu excentrique en arrière. Périprocte subcirculaire, légèrement transverse, s'ouvrant à la face supérieure, dans une dépression assez profonde, environ au tiers inférieur de l'espace compris entre le sommet et le bord postérieur. Les plaques qui surmontent le périprocte sont brisées et il n'est pas possible de reconnaître d'une manière positive s'il existe, chez cette espèce connue dans les autres Cyrthoma^ un petit sillon ou canal au-dessus du périprocte. Appareil apical subquadrangulaire, remarquable par le développement de la plaque madréporiforme qui se prolonge au miUeu de l'appareil. — Hauteur, 32 millimètres. Diamètre antéroposlérieur, 77 millimètres; diamètre transversal, 73 millimètres.
Rapports et difftrences. — En 1840, M'Clelland, dans le Journal d histoire naturelle de Calcutta (1), établit le genre Cyrthoma pour certaines espèces crétacées de l'Inde, qui, par l'ensemble de leurs caractères, ont beaucoup de rapports avec le type curieux que nous venons de décrire. En 1846, Forbes décrivit, sous le nom de Nudeolites {Cassidulus) elatus (2), une espèce recueillie par M. Kaye aux environs de Pondichéry, dans l'Inde, et appartenant certainement au genre Cyrthoma. Plus
(1) The CnlcuUa Journal of nalural Uistory^ vol. 1 (1840), p. 155.
(2) Report on thc fossil învertcbrata froni South. -India colled. by Mr Kaye and Mr Cuniiffc^ in Trans. Oeol. Soc, second ser., vol. VU (1840), p. 97.
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tard d'Orbigny, qui sans aucun doute n avait pas connaissance du genre Cyrthoma, créa en 1855, dans la Paléontologie franraise, pour le Nttdeolites elatus de Forbes, le genre Stimatopygus qui fait double emploi avec c^lui plus ancien de Cyrthoma (4). Le Cyrthoma Nilssoni se distingue très-nettement de ses congénères, et notamment du Cyrth. elatum, par sa taille plus forte, sa face supérieure beaucoup moins renflée, sa face inférieure moins plate sur les bords, ses aires ambulacraires plus élai^ies vers Tambitus, son périprocte plus transverse et s'ouvrant dans une cavité plus apparente.
Localité. — Inconnue. — Coll. de mademoiselle Nilsson.