BASSI5 D0 LOUP
I/infralias remonte dans la vallée du Loup jusqu'à l'est de Cipière ; il se montre très-développé sur les deux rives, et se prolonge jusqu a la vallée de le Bar, où il a été rencontré par notre coupe générale. Il se présente toujours avec les mêmes caractères et repose sur la zone à ^r. contorta.
Nous avons décrit dans notre coupe générale Tinfiralias du bassin du Var.
E?CVIROXS D*HVÈRES.
Pour terminer ce qui est relatif au bassin méridional de la Provence, il nous reste à parler d'une petite région jurassique tout à fait isolée : les environs d'Hvères.
Deux observateurs du plus grand mérite ont dressé la carte géol(^que de cette petite région, M. Faisan en 1863 et M. de Mercev en 1865.
M. Faisan n*a rencontré, au sud d'Hvères, ni la rone à Av. contorta. ni Xinfralias. Mais la lecture du travail si remarquable de ce savant montre, avec la dernière évidence, que M. Faisan, préoccupé avant tout des idées complètement erronées de M. G>quand sur ce sujet, chen^hait Tinfralias et même le lias inférieur dans les cargnieules recouvrant le muschelkalk, et qui. à Hyèi-es. comme partout, si.int inférieures à l'horizon de \'Ai\ contorta.
M. de Meran-, qui avait aN^rdèl étude des environs d'Hyères débarrassé de ces préoccupations, y a parfaitement signalé la zone à Ar. contorta et Xinfralias.
La zone à Av. contorta et Tinfralias présentent au sud d'Hyères la même ronstitutiou pétrcçnraphique, et offrent avec les étages Voisins les mêmes relations générait^ que dans le reste du bassin. Il faut Sinileuient remarquer que la puissance' de l'infralias V reste beaucoup au-dessi>us d»* la nimenne, et que la zone à Av. contorta s'y montre pres?|ue rudimentaire.
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Bassin dn nord et du nord-ouest» ou liassln de la Dnranee.
(Fiç. 5, carie, les deux bassins sont séparés par une ligne brbée et ponctuée.)
Nous avons parcouru le département des Basses-Alpes dans tous les sens, exploré avec soin toutes ses vallées de quelque importance, et marqué sur une carte à grande échelle tous les affleurements de Tinfralias, sans nous préoccuper des directions générales. Cette étude nous a, en particulier, révélé deux faits généraux.
Le premier (voy. la carte), c'est que Tinfralias n'a pas, dans le bassin de la Durance, le caractère de continuité qu'il montre dans le bassin de la Méditerranée.
Le second, c'est que l'infralias, très-complet aux environs de Digne et de Castellane et dans la région comprise entre ces deux villes, cesse de l'être quand, à partir de Digne, on s'avance vers le Dauphiné.
A Digne, la puissance de l'infralias est de plus de 80 mètres.
A Saint-Geniez, l'épaisseur des assises comprises entre les cargnieules du keuper très-développées et les bancs à Gryphées arquées n'atteint pas 40 mètres. A l'est de Valernes, où l'infralias et le lias inférieur avec nombreuses Gryphées arquées, relevés jusqu'à la verticale, rendent l'observation très-facile, l'infralias ne mesure pas plus de 25 à 30 mètres. Plus au nord, au delà d'Amayon, dans la vallée de la Motte, à Saint- Bayons, etc., cette épaisseur est plus faible encore.
Au delà de la Durance, en pénétrant dans le Dauphiné, l'infralias continue à diminuer, mais en même temps les fossiles disparaissent de plus en plus. Ainsi, aux environs de Notre- Dame-du-Laus, nous avons vainement, et à plusieurs reprises, cherché, dans les quelques bancs dolomitiques inférieurs aux schistes liasiques, les fossiles de l'infralias. Nous n'avons rencontré que quelques débris appartenant certainement à des restes organiques, mais absolument indéterminables. En outre, en nous en tenant aux indications de la stratigraphie et aux caractères minéralogiques, seuls guides qui nous restent quand
&5& 91E1XAFAIT.
Félément paléontologique vient à faire défaut, il nous parait évident que Tiofiralias commence à diminuer par la base, et que cette diminution se continue dune manière plus ou moins régulière, mais incessante, à mesure que, partant des environs de Digne, on marche vers Gap. Il nous parait bien établi que les bancs infraliasiques du nord des Basses-Alpes et des environs de Notre-Dame-du-Laus sont le prolongement des bancs immédiatement inférieurs aux assises à Gr^-phées arquées de la partie moyenne et méridionale du département des Basses-Alpes. Ces indications de la stratigraphie sont indirectement, il est vrai, mais efficacement corroborées par les obsenations dont nous allons parler dans un instant, faites au quartier dAmayon (près de Châleaufort) et au-dessus de la Motte, puisque ces calcaires sont absolument, comme aux environs de Digne, recouverts par les assises à Gryphées arquées, tandis que la faune de la zone à Av. contorta fait déjà défaut, ou se trouve, dans tous les cas, singulièrement diminuée.
Si linfralias, dans la région que nous étudions, reposait sur les terraias anciens, la diminution que nous signalons serait un fait très-naturel. La mer de Finfralias, en montant peu à peu, aurait envahi successivement les parties déclives des terrains anciens. Mais, de la Méditerranée jusqu'à Gap, linfralias repose sur le trias le mieux caractérisé, comme il est facile de le constater dans la vallée de la Durance, et surtout plus au nord encore, à Notre-Dame-du-Laus.
Pour expliquer le fait de Tamincissement de linfralias, et surtout de son amincissement par la partie inférieure^ il n'y a qu'une seule hypothèse naturelle à faire, c'est qu'avant le dépôt de linfralias, les terrains plus anciens, et notamment les cargnieules du keui>er, ont été relevi^ dans toute la région située au nord de Digne. Nous arrivons dune, jxair le nord de la Provence, à des œnclusions identiques avec celles que nous avons déjà formulées pour la jiartie méridionale. c'est-îKlire qu'un mouvement considérable, commençant avec la fin du muschelkalk, a soulevé tout le système, et rendu tout à fait rudimentaire l'étage du keuper.
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Les rivages de la mer iufraliasique, constitués par les dépôts du keuper, ont été successivement envahis à mesure que la mer montait : suivant que les rivages, aujourd'hui accessibles à l'observation, correspondent à un niveau plus ou moins élevé, on voit, ou les dépôts les plus inférieurs avec tous leurs fossiles, comme dans le sud des Basses-Alpes, le Var et les Alpes-Maritimes, ou privés d'une grande partie de leur faune, comme au nord de Sisteron, ou enfin réduits aux couches supérieures, comme aux environs de Gap.
Ainsi donc Tétude du nord de la Provence conduit aux mêmes conséquences que celle de la partie méridionale, en ce qui touche les rapports de l'infralias avec le trias.
Au point de vue minéralogique, l'infralias est complètement distinct des dépôts triasiques sur lesquels il repose ; au point de vue stratigraphique, il est en complète discordance avec ces mêmes dépôts.
Donc, dans le nord comme dans le sud de la Provence, l'infralias est tout à fait indépendant du trias.
Il est un autre point du même ordre que le précédent dont nous nous sommes occupé avec le plus grand soin, c'est celui des rapports de l'infraUas avec le lias inférieur. Quand même celte question ne serait pas au nombre des principales que nous ayons à étudier dans ce travail, elle s'imposerait naturellement à nous, par le seul fait des recherches de M. Lory dans le Dauphiné. On sait en effet, depuis la publication du grand travail de la description géologique de cette province, que le lias inférieur, bien caractérisé par ses fossiles, n'a été signalé qu'en deux ou trois points tout à fait restreints de cette grande région. Il devenait donc tout à fait intéressant, en partant du lias très-complet des environs de Digne, de le suivre jusque dans l'intérieur du Dauphiné.
En remontant la vallée de la Bléone jusqu'au confluent de la Besse, on rencontre un très-grand développement des terrains liasiques. En quittant la vallée principale pour suivre celle de la Besse, on arrive dans le territoire des communes de Tanaron et de Roubine. En différents points, tout le système basique, et
i56 mwmiukWArr.
même les cargDÎeules et les gypses du trias, sont parfiûtement ^bles. Dans tout cet espace, les rapports de Tinfiralias, d'un e6té avec le trias, et de l'autre avec le lias inférieur, sont les mêmes qu'aux environs de Digne ; partout il repose sur les cargnieules rougeâtres cariées, et supporte les calcaires noirs et les marnes de même couleur remplis de Gryphées arquées.
A partir de la région précédente, Imfiralias, sourent même le lias tout entier, ne sont plus visibles, soit qu'on s'avance par le ncmi-est vers Seynes, soit qu'on marche dans la direction du nord, n en est autrement quand on se dirige vers le nordouest.
En ap(Nrochant de Castelar et de Mellan, on atteint la limite Dord-est des énormes dépôts tertiaires qui s étendent, à Tooest, jusqu'au delà de la Durance. De Mellan, en contournant la montagne pour aller passer au village d'Authon, on marche constamment, à partir du col de Mellan, dans des calcaires marneux en lits généralement assez minces, montrant en abondance les empreintes de Chondriies scoparius^'ei renfermant en outre les Ammonites les plus communes et les plus caractéristiques de l'oolite inférieure. Au delà d'Authon, ce même système, toujours très-fossilifère, offre un grand développement. On le suit peudant plus de 3 kilomètres, quand on marche vers Saint-Geniez de Dromont.
Bien quà partir dAuthon jusquau col de Saint-Geniez la route monte constamment, il est facile de voir que les couches des terrains s'inclinent de Saint-Geniez vers Authon sous un angle plus prononcé que langle moyen de la route. Aussi, en approchant du point culminant, à 2 kilomètres environ à l'est de Saint-Geniez, ou rencontre successivement les fossiles du lias supérieur, les gros bancs rougeâtres très-compactes du lias moyeu, les marnes et les calcaires noirs du lias inférieur remplis de Gnphéces arqués, les assises de Tinfralias, déjà bien moins puissant qu'aux environs de Digne, le tout reposant sur les dépôts de cargnieules rougeâtres cloisonnées du keuper.
n y a, dans tout le vallon partant du col de Saint-Geniez, à un kilomètre à Test du village, et se dirigeant à pe4i près parai-
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lèlement à la route pour aller passer à Authon, un énorme développement de gypses. Hs font partie du keuper.
 Saint-Geniez, les rapports de Tinfralias et du lias inférieur nous ont paru tout aussi complets et aussi intimes qu'aux environs de Digne, bien que, comme nous l'avons dit, Tinfralias soit déjà, dans cette région, considérablement réduit et trèsincomplet par la base.
De Saint-Geniez il faut, pour retrouver Tinfralias, marcher dans la direction du nord, franchir les hautes montagnes qui couronnent ce village, et atteindre la vallée secondaire de la Sasse entre Châteaufort et Nibles.
En franchissant la Sasse au pont de Yalemes, et en suivant la route qui longe immédiatement la rivière jusqu'à la Bastie- Blanche, on marche pendant environ 2 kilomètres dans ce même étage, dont les bancs fortement relevés sont presque parallèles au lit de la rivière.
En approchant des ruines d'Amayon, la route fait un premier coude brusque. Avant de l'atteindre, on voit apparaître les Ammonites du lias supérieur, puis les gros bancs du lias moyen, les marnes et les calcaires noirs du lias inférieur avec nombreuses Gryphées arquées, et enfin au-dessous, des calcaires grenus, traversés par des lamelles de carbonate de chaux blanc cristallisé. La ressemblance absolue de ces calcaires avec la partie supérieure de l'infralias des environs de Digne permettrait déjà, avec infiniment de probabilité, de la classer dans cet étage ; mais leur position au-dessous des marnes à Gryphées arquées donne à cette probabilité tous les caractères de la certitude. U faut remarquer toutefois que les quatre étages du lias n'offrent, en ce point, qu'une épaisseur relativement faible et hors de toute proportion avec ce qui a lieu dans les parties plus méridionales du département. Mais il faut dire aussi que, dans ce lieu, les quatre étages dont il s'agit sont relevés jusqu'à la verticale, et cela à tel point, que l'ordre de superposition des différents étages, heureusement très-bien caractérisés par leurs fossiles, nous a seul permis de déterminer dans quel sens s'était fait le relèvement. La faible épaisseur des quatre étages du lias
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dans les stations dont il s'agit peut donc être due au grand dérangement éprouvé par les couches.
Les calcaires rougeâtres du lias moyen se relèvent et vont passer sous les ruines dAmayon. La route, reprenant sa direction parallèle à la rivière, est ouverte dans la partie élevée du lias, mais en approchant de lauberge de Nibles, sous Tescarpement même que domine Âmayon, elle fait un nouveau coude : uo phénomène identique avec le précédent se produit, c'est-à-dire qu'on recoupe le lias supérieur, le lias moyen, le lias inférieur et les calcaires de la partie supérieure de Tinfralias, mais on ne peut descendre plus bas ; des éboulements énormes et bientôt la réapparition des marnes du lias supérieur et de l'oolite inférieure, due sans doute à une interversion de la stratification, empèdient complètement de voir si, en ce point, 1 infralias descend jusqu'à la zone à Av. contorta.
A partir du pont de Nibles, on marche pendant 5 kilomètres sans que le système liasique inférieur reparaisse.
On se trouve alors aux environs du lieu dit le Grand-Plan, au point de jonction des chemins de Vallavoir au sud, et de Clemensane à Test, avec la route de la Motte.
A partir du Grand-Plan, le système inférieur du lias est visible dans deux directions. Dans la première, on continue à suivre la vallt^ de la Sasse jus^ju'à Biiyons, en remontant au nord un de ses afSuents, la Chistre.
On i>asse ensuite à l'ouest d'Astoin, en marchant toujours au nord; on traverse Turriers, Bellafiiire, et l'on atteint la Durance au delà de Rochebrune. Dans la seconde direction, on suit la vallée du Grand-Ruisseau en passant par la Motte, le Caire, Faucon, le quartier de Pied-la-Gineste, Gigors, et l'on rejoint, à Bellafaii'e, la première direction.
Dans le premier parcours, le svstènie liasique inférieur se montre surtout au vallon de Ttnirnon , à 3 kilomètres de Binons, à Bîiyons même, à 2 kilomètres au nord de ce village, à l'est d'Astoin, à un kilomètre au nord de Bellafaire, à 2 kÙomètres plus au nord, à peu près à égale distance de Bellafaire et de Rochebrune, etc.
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Dans la deuxième direction , le système dont il s'agit se montre à la base de la montagne de Cbamplong^ à un kilomètre au nord de le Caire, sur la rive droite du Grand-Ruisseau, et en plusieurs points entre Faucon et Pied-la-Gineste. Enfin le système liasique inférieur est encore visible dans la partie septentrionale des Basses-Alpes, sur les bords de la Durance, au-dessous de Tallard près de Courbon, et sur la rive gauche de cette même rivière, à Test du pont de laDurance, notamment sur le territoire du village de la BréauUe.
Les gypses, les cargnieules triasiques et les calcaires magnésiens de rinfralias sont parfaitement visibles aux environs de Notre-Dame-du-Laus, dans le vallon qui, au sud de la montagne de Puimourel, s'étend jusqu'à Jarjayes, et surtout au bord de la Durance au-dessus de RemoUon.
Dans cette région et dans la partie méridionale du Dauphiné que nous avons parcourue, les terrains que nous étudions se présentent avec des caractères toujours les mêmes. Ao-dessus des calcaires magnésiens de Tinfralias, on rencontre invariablement des calcaires noirs en bancs minces se brisant suivant des plans bien différents de ceux de la stratificartion. Il en résulte que les débris de ces roches forment des amas à éléments polyédriques qui, à cause de cette dernière circonstance, attirent tout d'abord et forcément Tattention. Tous ces dépôts sont extrêmement pauvres en restes organiques et encore ceux qu'ils renferment sont tout à fait méconnaissables. Il n'y a de suffisamment conservé que quelques Bélemnites; mais comme, parmi les prétentions absolument inacceptables des paléontologistes, il faut mettre en première ligne celle de la détermination exacte des Bélemnites, il en résulte que la présence de ces corps dans les terrains qui nous occupent ne peut en rien servir à leur classement. Et c'est là un fait très-regrettable, car, dans le midi du Dauphiné, rien ne prouve que le système liasique soit complet, même en dehors de l'infralias, sur lequel nous n'avons pas à revenir. Préoccupé de cette idée, nous avons, depuis 1862, exploré successivement les vallées comprises entre Digne et la Durance, et suivi pied à
&60 mnsajkWAWT.
pied les modifications successives présentées par le système du lias à mesure qu'on s'avance vers le Dauphiné ; voici ce que nous avons reconnu.
Aux environs de Digne, le lias inférieur n'offre nulle part la division polyédrique dont nous avons parlé plus haut. Il en est de même quand, remontant la Bléone, on examine dans les vallées latérales les points où Tinfralias et le lias inférieur sont accessibles. Dans la région de Tanaron et de la Roubine, on rencontre des débris rappelant beaucoup ceux dont il est ici question ; mais comme la série est complète, il est facile de voir qu'ils ne se rapportent pas à un étage plus ancien que le lias supérieur; quelques-uns même, notamment dans les environs de La Javie, appartiennent certainement à 1 oolite inférieure très-développée et très-fossilifère dans toute cette région.
Dans la direction du nord-ouest, il en est autrement. A Saint- Gêniez, on rencontre quelques bancs présentant, dans leur division en fragments et dans leur aspect général, l'identité la plus parfaite avec les dépôts du Dauphiné supérieurs aux calcaires magnésiens de Tinfralias. Or, à Saint-Geniez, ces couches sont situées bien au-dessus des assises marneuses et des bancs de calcaire noir rempli de Gryphées arquées ; seulement ces bancs eux-mêmes ne m'ont offert aucune trace de fossiles susceptibles d'une détermination certaine.
Malgré le grand développement des assises à Gnphées arquées à Siiint-Geniez, le lias inférieur est déjà bien moins puissant qu'aux environs de Digne, les bancs de calcaires compactes surtout ont notablement diminué.
En continuant à s'avancer vers le nord, la variation précédente s'accentue davantage. Ainsi, à Nibles, au-dessous des ruines dWmayon, on voit les assises remplies de Grjphées aniuées se présenter toujours dans les conditions ordinaires ; mais les gros bancs calcaires sont l>eauooup moins nombreux, tandis que les calcaires, se délitant en fragments polyéih'iques, prennent un très-grand développement. Ici ces calcaires supérieurs aux assises à Gryphées an]uées, en restent toujours parfaitement distincts. H en est de même pour la région de Bayons
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et d'Astoin ; mais quand on a dépassé Bellafaire, la Gryphée arquée et tous les fossiles (Ammonites, Peignes, Limes, Térébratules, etc., etc.) qui raccompagnent disparaissent, et Ton n'a plus, comme représentant du lias, que des bancs calcaires assez compactes et les minces assises se délitant en fragments polyédriques dont nous nous occupons en ce moment. Le système liasique des Basses-Alpes devient dès lors identique avec celui du Dauphiné.
L'absence des fossiles du lias inférieur dans le nord de la Provence et le sud du Dauphiné, l'abaissement des calcaires polyédriques (supérieurs à l'horizon des Gryphées arquées), jusqu'au contact des calcaires dolomitiques de l'infralias, nous conduisent à cette conclusion qu'il s'est produit, à la fin des dépôts de l'infralias, un mouvement qui a porté cet étage hors des eaux. Il est resté à sec pendant que se formaient les dépôts du lias inférieur correspondant à l'horizon de la Gryphée arquée, et c'est seulement dans la période postérieure à la formation de ces dépôts que l'infralias a été de nouveau recouvert par les eaux de la mer liasique.
Dès lors nous arrivons, pour le nord comme pour le midi de la Provence, exactement à la même conséquence finale.
Linfralias est isolé à la partie supérieure par l'absence partielle ou complète du lias inférieur.
La région que nous venons d'examiner est de beaucoup la plus importante au point de vue qui nous occupe, à cause des variations de l'infralias ; mais il nous reste à faire connaître trois autres régions où il se montre à la fois bien plus complet et bien plus continu. C'est: 1* le massif compris entre Moustiers et Castellane ; 2* les environs de Digne ; 3" la petite région de Rians.