‹ Annales des sciences géologiques (volume 3)Chapitre 60 sur 68 · MASSIF COMPWS ENTRE CASTELLANE ET MOUSTIERS · texte numérisé non relu

MASSIF COMPWS ENTRE CASTELLANE ET MOUSTIERS

Le point le plus occidental où apparaisse l'infralias dans cette région est sur la commune de Châteauneuf-de-Moustiers, à l'est de Moustiers, au hameau de Maurel. L'exploration minutieuse

du terrain nous a seule permis de rencontrer l'infralias dans cette station, où il est, du reste, d'une richesse prod^euse en fossiles ; car, soit qu'on s'avance de l'est à Touest, en venant du c6té de Moustiers, soit qu'on s'élève du côté du sud, en partant du Verdon, on marche constamment dans les parties supérieures du Jura et dans le terrain néocomien le mieux caractérisé. D fieuidrait cependant se garder de considérer comme un accident local et de peu d'importance la présence de l'infralias et de la zone à Av. cantorta à Chàteauneuf-de-Moustiers, au milieu du terrain néocomien. C'est, au contraire, un jalon du premier ordre qui nous a permis de comprendre et d'expliquer les difficultés et les anomalies apparentes présentées par le massif de hautes montagnes que nous examinons en ce moment.

Quand on va de Castellane à Moustiers, en suivant l'ancienne route qui passe par le Villard, Chasteuil et Chàteauneuf-de- Moustiers, on suit, jusqu'au hameau de Maurel, le pied de hauts escarpements dont la direction est sensiblement est-ouest. A partir de Maurel, ils se courbent en arc de cercle et prennent la direction du nord-est ; ils vont, passant entre Najastre et la Melle, se terminer à la rivière de l'Asse. Cette route, qui, à Castellane, commence au niveau du Verdon, s'élève constamment jus(|u a Maurel. Des vallées toujours rapides, parfois même de hauts escarpements, s'ouvrent en un grand nombre de points, entre la région parcourue par la route et le Verdon. Or, tout l'espace compris entre la route et la rivière est formé, à la base, par des calcaires blancs compactes, appartenant à 1 étage néocomien, au Jura supérieur, et ensuite, par un grand développement de marnes noires, montrant à profusion les fossiles les plus fréquents et les plus caractéristiques du néocomien. En montant dans ces marnes, et arrivant au niveau de la route, au pied des escar]K*nients, on s'attend à y trouver des dépots supérieurs au néocomien, mais il n'en est rien : ils ap])artiennent à la toi'ination jurassique dont ils montrent la base la mieux caractéris4»e (zone à Av. contorta). H y a donc, entre Castellane et le hameau de Maurel, et se prolongeant au nord-ouest jusqu'à l'Asse, dans la direction que nous avons indiquée plus

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haut, une énorme faille qui a relevé, sans déterminer de dérangements bien considérables, tout le système jurassique et les étages crétacés inférieurs. Il en résulte qu'en suivant la base de ces escarpements, on rencontrera les terrains jurassiques inférieurs, et en bien des points même la zone à Av. contorta. Celle-ci, extrêmement riche et développée à Maurel, n'a pas une grande extension horizontale, mais son rôle n'en est pas moins considérable, puisque c'est elle qui donne naissance aux belles sources qui, sortant en ce point, portent sur leur passage la fertilité et la vie, et font du petit vallon de Maurel une riche et fratche oasis au milieu des terrains secs et arides qui l'encaissent dans tous les sens. Plus à l'est, la zone à Av. contorta, toujours très-fossilifère, reparaît à diverses reprises jusqu'à Chasteuil.

Quand on descend de Chasteuil pour prendre la nouvelle route de Castellane qui longe le Verdon, on rencontre bientôt, en sortant de la due Saint-Jean, un développement considérable de la zone à Av. contorta; elle se maintient avec quelques interruptions, sur le flanc de la vallée jusqu'à Castellane, et se prolonge même au nord du rocher qui supporte les restes de l'antique Castellane.

La grande faille qui a relevé jusqu'à Maurel la bîise de l'infralias n'est pas la seule que Ton constate dans cette région. Une autre, qui lui est sensiblement parallèle, part de la vallée du Verdon, au point où la nouvelle route de Draguignan s'embranche sur celle de Moustiers, et va passer à Rougon. Là le relèvement a été énorme. Les marnes irisées et les cargnieules triasiques sont très-développécs en face même du pont ; la zone à Av. contorta, très-fossilifère, vient au-dessus, puis l'ensemble de la série jurassique, le tout plongeant vers le nord de plus de 60 degrés.

Le trias et la zone à Av. contorta se développent dans la direction que nous avons indiquée, et en suivant la route de Moustiers, on la recoupe sous Rougon. Là, comme presque partout en Provence, ils donnent naissance à de très-belles sources dont les eaux, après avoir arrosé les jardins de Rougon, vont tomber dans le Verdon i

â6& mmnAPArÉ.

La position et rextension de la zone à Av. coniarta ainsi établies pour la partie sud et la partie est du grand massif que nous étudions, il fallait explorer le versant nord.

Quand on suit, à partir de Castellane, la route qui, en serpentant un grand nombre de fois, va passer à Taulane, on marche pendant assez longtemps dans le lias inférieur le mieux caractérisé. Le village de la Palu, quon laisse à droite, est connu de tous les géologues comme un des points classiques pour cet étage. Cependant, en approchant du col, un peu avant datteindre le hameau de Sioune, on voit à droite un petit escarpement appartenant à la base de linfiralias. D montre en abondance VAv. conioria parfaitement conservé, et beaucoup d'autres fossiles du même horizon. Bientôt il disparaît, et, en montant toujours, on rencontre successivement le lias moyen, avec d énormes Ostr. c^nbium complètement empâtés dans un calcaire en bancs très-puissants extrêmement compactes, tout à fait identique avec celui qui domine les bains de Digne, et avec celui qui constitue le même étage dans Touest du département du Var. Au-dessus, on voit le lias supérieur, puis les dépôts puissants, bien stratifiés, en bancs minces, de Toolite inférieure. Pour suivre la succession régulière, il faudrait quitter la route et s'avancer au nord.

Au-dessus du hameau de Sioune. on franchit le col et Ton entre dans le cirque de Taulanne. A 1 extrémité opposée, du côté de l'ouest, une fracture, agrandie artificiellement, permet à la route de sortir et d aller, sur la pente opposée, descendre dans la vallée de TAsse.

Quand on sort du défile de Taulanne pour passer sur le ver-* sant de r.\sse, on voit apparaître des calcaires marneux grisâtres, couverts de magnifiques empreintes de Chondrites scoparim^ et renfermant d'ailleurs les Ammonites les plus caractéristiques de loolite inférieure. Au-dessous, on rencontre des fossiles appartenant au lias supérieur ; mais cet étage, au moins comme épaisseur, est extrêmement réduit. On entre ensuite dans des bani-s de calcaires bleuâtres, tres-compactes, appartenant probablement au bas moven : au-dessous, sans traces de lias infê-

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rieur, on voit des assises dolomitiques appartenant à Tinfralias, puis un niveau marneux extrêmement important, puisqu'il renferme en quantité assez notable des exemplaires bien conservés de VAm. planorbis en compagnie de plusieurs autres fossiles du même horizon, parmi lesquels on voit surtout un grand nombre de moules de Cardinies de moyenne taille. On rencontre ensuite un ensemble de bancs épais de calcaires sans fossiles, puis une succession d'assises minces de calcaires, dont Tensemble mesure plus de 30 mètres, et qui renferment en abondance VAv. contorta^ de la base jusqu'au sommet.

La zone à Av. contoria descend du côté du sud dans la vallée de Taulanne, se montre dans les deux flancs de ce vallon, et va, selon toute probabilité, en s'avançant vers le sud, se rattacher sans interruption à celle des environs de Chasteuil et de Rougon.

Du côté de l'ouest, elle se prolonge en contournant les ravins d'où l'Asse tire ses premières eaux.

Quand on explore, à partir de Taulaime, les montagnes qui s'avancent dans la direction du nord, on ne tarde pas à reconnaître que tout le système (l'infralias comme le reste, par conséquent) s'incline assez régulièrement vers le nord. Aussi l'infralias reparaît en plusieurs points, à des altitudes bien inférieures à celle que nous avons signalée à Taulanne. C'est ce qui a lieu, en particulier, à l'est de Senez et aux environs de Gévaudan. Les marnes triasiques sont très-développées, et l'infralias se montre, surtout dans la direction du sud-est, sur des espaces relativement considérables; au nord, il se prolonge jusque sur le territoire de la commune de Saint -Lyons.

Région de Digne. — Le point le plus méridional où apparaisse l'infralias, est le ravin qui descend de la Clappe à la route et à l'Asse. On voit, entre la route et la Clappe, une grande barre formée de calcaires rougeâtres, très-compactes, s'étendant à l'est et à l'ouest, et plongeant fortement au nord. C'est le lias moyen a Osirea cymbium. Au-dessous, c'est-à-dire en se rapprochant de la roule, on rencontre des calcaires noirs en bancs beaucoup plus minces, remplis de Gryphées arquées,, et

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appartenant dès lors au lias inférieur. Ds reposent sur des calcaires très-compactes, bleuâtres, en bancs puissants, traversés par de nombreuses veines de carbonate de chaux disposées perpendiculairement aux plans de stratification. Leur aspect et leur position au-dessus du lias inférieur permettraient déjà de les rapporter à rinfralias; maison ne peut conserver le moindre doute à ce sujet quand, en arrivant à la base, on trouve la zone à Av. corUorta très-fossilifère, reposant sur les cargnieules et les marnes gypsifères du trias. En continuant à se rapprocher de la route, on retrouve la série en sens contraire, de telle façon que la route est ouverte dans les calcaires à Gryphées arquées. Le vallon de la Gappe présente donc ce phénomène d'un affleurement du trias, avec rejet en sens contraire de l'ensemble des couches, de part et d'autre de raffleuremeut. Malgré tout ce que le résultat précédent offre d'anormal, nous dirons que c'est le cas général dans le bassin de la Durance.

En suivant, à l'ouest, la base des montagnes, à partir du ravin de la Gappe, on voit les grands bancs du lias moyen se prolonger vers Chàteauredon, puis.au nordJusqu'àD^e. Bien qu'il soit à peu près certain que tout le système inférieur se maintient comme au ravin de la Qappe, la hase fossilifère de rinfralias disparaît sous les ebc»ulis et les dépôts tertiaires, et c^est seulement aux environs de Digne qu'on les ^oit reparaître.

Nous atteignons ainsi la petite r^^on qui a fourni a M. Hébert les principaux éléments de sou mémoire de 1861 l .

Nous n'avons rien de particulier à ajouter a ce que M. Hébert a dit sur l'infndiiis dans les environs de Digne.

Quand on s éloigne du centras mais s;\ns sortir de ta région, et qu'on examine les ravins iinalogues à oeiui de Cbampi>rcin. on œnstate qu'ils présentent dos fiiits t^^ut a fait du même ordre que i^ux des environs de Dipie. T«Hites les fàs que les denudations et les disKx^tions permettent de dnscvr ire a^^^z bas, v^n voit apyxiraîtrt^ la base fossilifère de Tinfralias avec des caraetèn^ toujours identique^. Mais -.juaiui oi* cvnîiuue a s a-

i. j^;. L xïx. ^ u*>

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vancer dans la direction du nord, les choses changent, comme nous Tavons vu précédemment, et Tinfralias diminue rapidement par la partie inférieure.

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