Tombeckiana^ d'Orb
Des Gastéropodes :
Nûtica.
Des Ëchinodermes :
Echinospatagus Collegnii, d'Orb« Pseudodiadema Malbosii^ Gott.
Enfin des
Orbitolina conoidea^ Alb. Gras.
Ammonites consobrinus^ d'Orb.
l^*autilus Neckerianus^ Pictet.
Terebratula tamarindus^ Sow.
— Moutoniâna, d'Orb* Rhynchonella lata, d'Orb.
Panopœa indéterm.
Trigonia indéterm.
Cor bis corrugata, d'Orb.
Venus allaudiensiff Matb,
Pleur otomarta.
Pseudodiadema Trigeri, Cott Peltastes Archiaci^ Collcau.
I Orbitolina discoidea, Alb. Gras.
Comme on peut le juger par l'inspection des fossiles ci-dessus désignés, on a bien affaire à des assises du néocomieu supé-
TëERAIN crétacé INPÉBIEUa DB LA CLAPE, ETC. 19
rieur, essentiellement caractérisées par ÏOstrea Aquila et le Plicatula placunea.
Il est vrai qu'on trouve en même temps des fossiles que l'on avait considérés commeappartenant exclusivement au néocomien moyen, tels que les deux espèces d'Orbitolines que nous avons citées ; mais nous devons ajouter tout de suite que les Orbitolines ne caractérisent pas un niveau distinct, puisqu'on en trouve dans le crétacé supérieur des individus qu'il est bien difiScile de distinguer des espèces conoidea et discùidea.
Nous avons vu à la Sorbonne des échantillons d'Orbitolines rapportés des calcaires à Ichthyosarcolithes de la Bédoule, par M.Hébert, et il nous semble difficile de séparer spécifiquement des Orbitolina conoidea que nous avons trouvés tant à la Clape que dans les Corbières les échantillons coniques trouvés par notre illustre mattre dans les beaux calcaires de la craie glauconieuse que nous venons de citer. Nous en dirons autant pour l'espèce discoidea. Ces deux espèces d'Orbitolines sont assez abondantes dans cette assise, surtout en certains points, mais pourtant leur nombre est de beaucoup inférieur à celui que nous avons trouvé dans les assises de notre zone supérieure.
L'assise n* 6 qui vient immédiatement après, est un calcaire marneux jaune, d'une épaisseur moyenne de 6 à 7 mètres^ renfermant un grand nombre d'Huîtres ; en certains points et dans la partie supérieure, les bivalves forment une véritable luma* chelle. L'espèce qui domine est celle qui a sans doute été décrite par nos devanciers sous le nom d' Ostrea Boussingaulti ; mais il nous paraît qu'il n'y a pas lieu de la rapporter à cette espèce. Nous n'avons pas trouvé d'espèce à laquelle nous puissions la rapporter et nous croyons que c'est une espèce nouvelle.
Cette assise supporte immédiatement les calcaires compactes à Réquiénies, qui forment à eux seuls notre zone moyenne de la Clape.
D'après ce que nous venons de dire de notre zone inférieure, on voit tout d'abord que M. d'Archiac était dans l'erreur en assignant comme terme le plus bas de la série des couches de la Clape ses marnes grises schistoïdes. Il est vrai que généralement.
âO F. CAIBOL.
dans ces montagnes, les pentes ne sont pas assez longues, ni les vallées assez profondes pour permettre l'observation de l'assise nM.
L'assise n"» â avait échappé aussi à nos prédécesseurs ; elle a pourtant une très-grande importance à cause du Plkatula placunea que l'on y trouve en assez grande abondance, et qui est caractéristique du néocomien supérieur (aptien de d'Orbigny).
Nous avons dit, en parlant de notre n"" î, que ces calcaires à Ostrea Aquila et Orbitolines étaient le terme inférieur des couches constituant les montagnes de la Clape.
M. Goquand voit, au contraire^ comme base de ces couches, une masse inférieure de calcaires compactes à Requienia Lons-' dalii. Il nous sera aisé de démontrer que M. Goquand a émis cette opinion parce qu'il a été trompé par l'illusion toute naturelle qu'offre à une première vue'Jes vastes plateaux qui s'étendent au pied des escarpements formés par le calcaire compacte.
Il convient d'ajouter tout de suite que ce n'est qu'une pure illusion, puisque nous prouverons que ces plateaux inférieurs sont formés par le même niveau de calcaire compacte que celui qui forme les escarpements. Les preuves à Tappui de cette assertion sont multiples, et dans la suite de cet exposé, quand nous ferons passer sous les yeux du lecteur la série des coupes relevées par nous, il sera facile à chacun de se convaincre de cette vérité qu'il n'y a dans la Clape qu'un seul niveau de calcaires compactes, dont la place véritable est au-dessus du n"" 6, comme nous l'avons figuré dans notre tableau et comme l'indique Tescarpement qui limite la pente de Ramade au S. E.
Nous pouvons, du reste, énoncer d'ores et déjà les preuves en faveur de cette assertion.
Partout ces calcaires reposetit sur le calcaire marneux jaude avec lumachelle d'Huttres n"" 6.
En bien des points^ si Ton suit les couches qui constituetit les plateaux inférieurs, on les voit se raccorder très-exactement avec celles qui forment les plateaux supérieurs, sans qu'il y ait trace de faille*
Enfin là où la différence de niveau s'observe, cette différence
ARÎIGLfi n<^ 2.
TfiaRÂlN CRÉTACÉ INPÉRIBUE DB LA CLAPfi, £TC. ' 21
n'est due qu'à des failles qui ont, avec la dénudation, donné à cette contrée son relief actuel .
Zone moyenne.
. Des calcaires compactes subcristallins constituent à eux seuls cette zone ; ils offrent dans les cassures fraîches une couleur d'un gris plus ou moins foncé. Us sont traversés par des filons de âpath calcaire. Ce calcaire est en général d'un grain très-fin, qui permet de l'utiliser comme marbre; il est en effet susceptible d'un beau poli : on s'en sert pour faire des soubassements de maisons, des pierres tumulaires, et même comme pierre de taille dans la confection des ouvertures des maisons. Quand on casse avec le marteau cette roche, il s'en dégage une odeur fétide et caractéristique, qui reste longtemps après au point du marteau qui a été en contact par le choc avec le calcaire.
Mais à l'extérieur, la roche qui constitue à elle seule cette zone moyenne est extrêmement corrodée par les agents atmosphériques. Les plateaux qu'elle forme, et qui, comme celui de Plan de Roques, sont constitués par des couches sensiblement horizontales, ne présentent pas des surfaces planes, comme on pourrait le croire, mais bien des cassures et sillons verticaux qui dénotent l'intervention d'autres agents. Ces plateaux ont en effet été profondément ravinés par les agents d'érosion qui ont enlevé de grandes épaisseurs de couches et qui ont laissé de nombreuses traces de leur puissance sur les parties libres de cette assise.
Les fossiles sont loin d'être rares dans ces calcaires. Nous y avons trouvé des Orbitolines, les mêmes que celles de la zone inférieure, mais en très-petite quantité, des Brachiopodes trèsrares, tels que Rhynchonella lata^ Terebratula indéterminé.
Mais le fossile qui a jusqu'ici servi à désigner ces calcaires, est Une Réquiénie qui a été appelée par M. d'Archiac Caprotina Lonsdalii ou carinata^ et Requienia Lonsdalii par M. Coquand.
Ce fossile se présente à l'observateur par une multitude de boUpes de coquilles noirâtres à structure fibreuse, tellement em- |[iâtées dads la roche et faisant corps avec elle, qu'on ne peut
22 W. CAiRttL.
guère en avoir des exemplaires qu'en sculptant pour ainsi dire le fossile dans la roche elle-même.
Cette Réquiénie est-elle bien la même que celle qu'on trouve partout ailleurs dans le néocomien moyen du midi de la France, et qui est caractéristique de l'urgonien de d'Orbigny, ou bien est-ce une espèce nouvelle qu'on n'aurait pas encore signalée, ou bien encore l'espèce qui en Angleterre se trouve dans le néo^ comien supérieur?
Quelques échantillons recueillis par nous en 1870 avaient paru se rapporter à Tespèce qui avait été trouvée dans la Pro-* vence et désignée sous le nom de Requienia Lonsdalu; mais jusqu'en 1872, le mauvais état de ces fossiles recueillis ne nous avait pas suffisamment 6xé sur leur véritable nature, quand une bonne fortune a fait trouver sur les pas d'une jeune personne qui nous était déjà unie par des liens qui sont devenus depuis indis« solubles, un exemplaire qui, envoyé à M. Hébert à la Sorbonne, a été déterminé sûrement par ce savant et par M. Munier-Chalmas, qui a fait une étude toute spéciale de ces Rudistes, sous le nom de Toucasia carinata^ qui est le même que le Requienia carinata de M. Malheron. Les fossiles qui ont été désignés sous le nom de Requienia Lonsdalii, en Provence, dans le Daupbiné, dans les Pyrénées, dans les Gorbières, doivent» d'après ce que nous en a dit M. Munier, changer de nom, le véritable Lonsdalii étant d'Angleterre, et se trouvant dans l'aptien ou peut-être dans un niveau supérieur. Pour lui, il n'y aurait que deux véritables Requienia^ le R. ammonia, et le gryphoides. Mais le nom de loucasia carinata^ par lequel nous désignons notre fossile du calcaire compacte, n'empêche pas dans notre esprit la synonymie avec le Requienia Lonsdalii et le carinata de la région méditer^ ranéenne; c'est une correction que l'on introduit dans la science et dont nous usons volontiers.
La partie inférieure de cette zone est remarquable par un banc de près de 2 mètres d'épaisseur, sorte de lumachelle uni« quement composée de Rudistes paraissant appartenir à la même espèce.
Indépendamment des Réquiénies, les bancs inférieurs préseû*^
TERRAIN GRÉTAGË INFÉRIEUR Di!!: LA CLAPE, ETC. 23
tent eu certains points des Êchinodermes fort difficiles à déterminer ; ils sont en noyaux assez grands parfois. On trouve aussi dans la section de la roche des baguettes d'Oursins, des Nérinées et des Polypiers; mais la dureté de la roche ne permet pas d avoir des échantillons déterminables de ces fossiles.
Zone supérieure,
La zone supérieure se compose d'une intercalation d'argiles entre deux assises de calcaires. Un des points les plus intéressants pour l'étude de cette zone, est le voisinage de la métairie de Rouquette, partie S. Ë. de la coupe, qui est représentée dans la figure 1 .
On voit sur ce diagramme tout un système de couches butant en faille contre le calcaire compacte. C'est la zone supérieure, que nous divisons en trois assises bien distinctes au point de vue stratigraphique et pétrographique.
L'assise inférieure n" 8 repose en plusieurs points en stratification concordante sur le n""?, ou calcaire compacte, et doit être nettement distinguée et séparée, comme nous le prouverons plus tard, des assises inférieures aux calcaires à Rudistes, contrairement à l'assertion de M. d'Ârchiac. Cette assise, qui n a pas moins de 30 mètres de puissance, est formée par des calcaires jaunes en plaquettes parfois assez minces, à surface rugueuse, et offrant pour caractère très-apparent d'être pétris d'Orbitolines : c'est au point que les habitants du pays les appellent pierres à lentilles à cause de la ressemblance de forme de ces fossiles avec les graines, petites, plates, rondes et amincies sur les bords, qui sont employées comme aliment. Parfois ces calcaires sont très-compactes, renferment assez peu d'Orbitolines, et si ce n'était la stratification et leur rapport avec les couches inférieures ou supérieures, on serait bien embarrassé pour les distinguer du véritable calcaire compacte à Réquiénies.
Darrs tous les cas, on ne trouve point de Réquiénies dans cette assise, qui renferme un certain nombre d'autres fossiles, à part les Orbitolines, que nous avons citées et qui sont les mêmes
ANn. se. GÉOU III. 6 — ART. R* 3.
â& b*. CAIROL.
spécifiquement que celles de la zone inférieure à Orbitolina conoidea^ O. discoidea.
Nous avons recueilli dans ces couches fort peu de Céphalopodes, dont deux Ammoniles, qui sont YA./issicostatus, Phillips, Y Ammonites Cornuelianus, d'Orb., exemplaire de très-grande taille ; un fragment de Bélemnile, qui nous a paru se rapporter au Belemnites semicanaliculatus ^ Blainv.
Des Brachiopodes :
Terehratula sella, Sow. 1 Hhynchonella Iota, d*0rb.
Terebratuia prœhngaj Sow. |
Des Lamellibranches
Ostrea Aquila, d'Orb.
Panopœa indéterm.
Lima ludéterm.
Trigonia indéterm.
Venus indéterm.
Cardium indéterm.
Pholadomia indéterm.
Cyprinia indéterm.
Panopœa ?
La plupart de ces Bivalves sont à Tétat de moules très-mal conservés et souvent indéterminables comme espèces, et parfois comme genre.
Des Gastéropodes, tels que Natica, de très -grande taille, et une autre espèce de plus petite dimension, Trochm^ Pleurote^ maria ^ etc.
Des Échinodermes plus faciles à déterminer :
Ëchinospatagus Collegmi, d'Orb,
Comme on le voit, la plupart de ces espèces se trouvent dans la zone inférieure; on reconnaît donc aisément que Ton a toujours affaire au même niveau.
L'assise qui porte le n"" 9 dans notre coupe est très-différente au point de vue extérieur de la précédente : elle est constituée par des argiles feuilletées schistoïdes, en général gris de cendre, et noires quand elles sont imbibées d'eau, comme il est facile de le voir dans les ruisseaux humides. Ces argiles sont grume^ leuses, et cette particularité est due à la présence d'un nombre incalculable d'Orbitolines : leur abondance est telle que, en certains points, si Ton recueille une poignée de cette roche, on a sous les yeux plus de ces fossiles que d'argile, (rest au poiut
que certains sables des ruisseaux qui traversent ces couches sont uniquement formés de ces fossiles entiers ou usés par le frottement. Nous avons même vu des murs dont le mortier qui relie les pierres les unes aux autres est tout noir de ces corps organisés.
Cette assise a environ une trentaine de mètres de puissance, et renferme dans sa masse un grand nombre de lits de nodules intercalés par intervalles de &0 à 50 centimètres, caractère qu'il est bon de noter, puisqu'il est au nombre des preuves que nous donnons pour séparer cette assise de l'assise 2 et & de la zone inférieure. Ces nodules des argiles grises sont trè&-compactes^ gris-bleuàtre foncé, parfois jaunâtres, tenaces, à cassure unie, finement esquilleuse, et composés de calcaires, d'un peu d'argile et de sable siliceux très-fin.
Us sont disposés en lits réguliers ; leur grosseur varie depuis celle du poing jusqu'à celle de la tète, et ils passent insensiblement au dehors à l'argile qui les enveloppe.
Les fossiles sont très-abondants dans cette assise :
Ammonites fissicostatus, Phillips.
Ammonites Comuelianuf^ d'Orb.
Fragments de Nautilus indéterminables; Belemnites^ probablement semicanaliculatus.
Terebratula tella, Sow.
— prœlonga, Sow.
— TamarinditSj Sow.
Terebratula Moutoniana^ d*0rb.
Rhynchoneila lata^ d'Orb.
Ostrea AquilOf d'Orb.
Ce dernier fossile se trouve à profusion dans cette assise, principalement à la partie supérieure des lits de nodules calcaires dont nous avons parlé. Il atteint des dimensions énormes en comparaison des échantillons que l'on recueille dans la zone inférieure, et cependant, dit M. d'Ârchiac, il conserve les caractères propres au type d'Angleterre.
U Echinospatagus Colleynii^ d'Orb. , y est représenté par de nombreux individus qui paraissent se rapporter à plusieurs variétés du type de d'Orbiguy*
â6 F. €.%III«L.
On y trouve aussi :
PseudocUadema Malbosii, Cott. | Holectypus neccomtensts, Alb. Gras.
CyphosomaLoryij Alb. Gras. |
Un Cidaris pyrenaica sur lequel M. Cotteau fait la remarque qu'il a la zone miliaire moins large que le véritable type.
Pour terminer Ténumération des fossiles recueillis dans oes couches» nous ajouterons que M. d'Archiac a signalé le Plica" titla plactmea à la Quintaine, dans des couches qu'il classe dans ces marnes néocomiennes, et qu'il considère comme inférieures aux calcaires compactes, parce qu'il n'a pas reconnu les failles qui font le plus souvent buter cette zone supérieure contre la zone inférieure ou mo venue.
Nous n'avons pas eu la bonne fortune de trouver ce fossile, mais nous croyons l'auteur du mémoire sur les Corbières assez digne de foi pour ajouter quelque créance à ce fait ; du reste, la présence de ce fossile nous parait assez vraisemblable au milieu de couches où l'on rencontre à chaque pas VOstrea Aquila et les Echinospatagm Collegnii, Pseudodiadema Malbosii^ qui sont des types véritablement caractéristiques du néocomien supérieur.
Au-dessus de ces 30 mètres d'argiles à lits de nodules vient une autre assise de près de /iO mètres de calcaires jaunes en plaquettes, parfois très-compactes, et formant en certains endroits des abrupts qui les feraient confondre avec les calcaires compactes de la zone moyenne, si l'on s'en tenait à la simple vue; mais, en y regardant de plus près, on ne tarde pas à voir, soit le contact par faille avec les assises inférieures, soit la superposition de celte assise n*" 10 aux argiles du n"* 9. La plupart des bancs de cette assise sont pétris d'Orbitolines comme les calcaires de l'assise qui sert de base aux argiles : la plupart des fossiles que Ton trouve dans ces calcaires sont ceux des deux assises inférieures.
Après avoir donné quelques détails sur les caractères extérieurs des diCTérentes assises que nous distinguons dans la Clape, il est utile et indispensable d'entrer dans le détail des dia*
TERRAIIf CaÉTAGÉ INFÉRIEUR DE lA GLAPE, ETC. 27
grammes que uous avons tracés dans une série de coupes qui nous donneront la preuve et les raisons de cette subdivision des couches qui constituent le terrain crétacé inférieur de la Clape.
Nous avons à prouver d'abord qu'il n'y a qu'une seule masse de calcaires compactes à Caprotines; en second lieu, qu'il y a un second niveau de couches à Orbitolines, supérieur aux calcaires compactes, niveau qui est le terme le plus récent du terrain crétacé inférieur de cette contrée.
Dans la première de ces deux preuves, nous aurons à critiquer les observations de M. Coquand ; dans la seconde, celles de réminent auteur de V Histoire des progrès de la géologie.
Il M'y • daafl le« nfto â» » » 4« ■• Clape ^n>i*wi seal Biveas de ealeairefl eesipaelee à Ré««léBleii| et ee niTewi eMMiltae moire sene moyenne
Pour prouver cette assertion, reprenons d'abord la coupe que M. Coquand a insérée dans le Bulletin de la Société géologique de France (1).
Ce géologue signale, après Ricardelle, un niveau de calcaire compacte kRequienia Lonsdalii, A de sa coupe : il le représente très-ondulé et supportant en stratification concordante les couches calcaires B, C, D, qui supportent à leur tour un niveau supérieur de calcaires à Requienia Lonsdalii^ E.
Pour lui, ce niveau inférieur forme le plateau qui sétend depuis Ricardelle jusqu'à Figuières; il reparaît ensuite à la base d'une pente, à la hauteur de Pierre-Droite, et est dominé de part et d'autre par des abrupts occupés par le niveau supérieur.
En confrontant la coupe de cet auteur avec le diagramme que nous donnons ici (fig. 2), qui suit à peu près la même direction, on comprendra c« qu'il y a d'inexact dans les faits énoncés par M. Coquand, sans qu'il soit besoin d'insister.
Après avoir traversé la plaine deNarbonne, en suivant la route
(1) 011//. de la Soc. géol. de France, 2« série, 1869, t. XXVI, p. 187.
!28 F. € .%lilOL.
de Gruissan, nous avons pris à Ricardelle un petit sentier qui conduit à la ferme de Figuières. Depuis le bas de la pente jusqu'à une certaine hauteur, on foule aux pieds le poudiugue tertiaire P.T., composé dans le bas d'éléments assez petits et d'éléments plus gros en gravissant la hauteur. Ce poudingue
FiG. 2. — Coupe de Ricardelte à Tétan^ de Gniissui, par Figaières
et Pierre-Droite.
Échelle. - Longnenr, 1)60000*; h«ntenr, i/15000*.
nierr^ÂroiÉ^
Oruifsaao
P.T. Pondiogae tertiaire rempli d'Orbitolines remaniée!, prorenant des couches de la lone sapérieure.
(Voyei la fij^re 1 pour Texplication des antres signes.)
renferme des Orbitolines en assez grande quantité ; il est du reste formé aux dépens des roches des n"" 8 et 7, qui ont été remaniées sur place. Les fragments de calcaire qui entrent dans sa composition sont très-reconnaissables et appartiennent à ces deux niveaux. Quelques Oursins roulés, et qui sont probablement \ Echinospatagus Collegnii, sont une nouvelle preuve de Tassertion que nous avancions tantôt. L'épaisseur de ce poudingue est de â à & mètres; il plonge de hff" au N. 0., et repose en discordance de stratiGcation sur les calcaires à Orbito* Unes de la zone supérieure. Ce fait prouve qu'avant le dépôt de ces poudingues, il y avait eu fracture des couches de la Clape et dénudation des couches des trois zones, en tant qu'elles avaient été mises au jour à la suite des failles.
Ce poudingue, composé, comme nous l'avons dit, de fragments des calcaires noirs du "^ 7 et des calcaires jaunes du n* 8, a ses éléments divers reliés par un ciment jaunâtre assez peu abondant.
La présence dans ce poudingue de nombreux fossiles des couches sur lesquelles il repose en discordance de stratification
TERRAIN CBÉTACF!: INFÉHIEUB I)K LA CI APK, ETC. 29
prouve aussi que les couches crétacées ont été remaniées sur place par les eaux de la mer qui venaient battre les falaises de rtle, qui occupait en étendue toute la superGcie des montagnes de la Clape. Du reste, une autre preuve, c'est qu'on ne voit nulle part ici de traces de l'assise essentiellement argileuse n** 9 de notre tableau.
Vers la moitié de la pente, le poudingue en question forme une crête rocheuse, sorte de renflement elliptique à parois abruptes et verticales, qui joue d'assez près Taspect du calcaire compacte n"" 7, situé à quelques mètres au delà vers le S. E.
M. d'Ârchiac, qui signalait la superposition en stratification concordante de ce poudingue sur le n"" 8, .ou calcaire à Orbito- Unes, n'avait pas vu de près très-certainement cette espèce de chapeau du poudiugue en stratification discordante sur le calcaire jaune précédent. Car le poudingue a son inclinaison, comme nous l'avons dit, vers le N. 0., tandis que le calcaire jaune sous-jacent a une inclinaison opposée, comme le marque notre coupe vers le S. E.
En suivant le sentier qui gravit la montagne, on voit, immédiatement après le revêtement du poudingue, un calcaire jaune en plaquettes pétri d'Orbitolines et butant en faille contre les assises supérieures de la zone inférieure et aussi contre le calcaire de la zone moyenne.
Celte particularité très-importante que nous avions observée tODt d'abord dans nos premières excursions, et que nous avons vérifiée depuis en compagnie du savant professeur de géologie de la faculté de Montpellier, M. de Rou ville, cette particularité avait complètement échappé à M. Coquand, comme on peut le voir à la lecture des détails de sa coupe de Ricardelle à l'étang de Gruissan.
A la gauche du cheuiin, le calcaire compacte n'' 7 plonge très-brusquement vers la plaine de Narbonne et décrit un arc de cercle assez accusé, puisque en ce point Tinclinaison est bien de 45* au N. 0.
Outre ce plongement très-brusque, la faille que nous signalons en ce point, et qui va à peu près du N. au S,, fait buter
30 F. CAIROL.
le calcaire à Orbitoliaes de la zone supérieure contre le calcaire compacte. Et ce contact CAche partout le calcaire jaune niveau n"" 6 de la zone inférieure, sauf en une partie très-circonsente de la couche où le calcaire à Orbitolines, butant contre cette assise» permet de l'apercevoir.
C'est là que nous avons pu avoir la preuve de la faille dont nous parlons, du contact anormal du n* 8 avec le n* 7, et surtout de la véritable place à assigner à ce calcaire compacte qui forme tout le plateau que traverse le sentier de piétons jusqu'à la ferme de Figuières.
Ce calcaire jaune, qui ne se montre que sur une épaisseur de 1 mètre à i",50, le reste étant caché par le calcaire à Orbitolines, est exactement la même assise que celle que nous avons décrite dans la pente de Ramade comme servant de base à la masse des calcaires compactes. Nous y avons retrouvé les mêmes Huttres que partout ailleurs, là où cette assise supporte les calcaires des plateaux supérieurs.
Ces Huttres sont XOstrea Aquila et une petite Huttre que nous avons reconnu être caractéristique de cette assise.
Le calcaire compacte qui repose sur ce calcaire jaune à lumachelle d'HulIres forme un immense plateau sur lequel on arrive en montant des degrés successifs qui portent leur épaisseur à plus de 80 mètres. Ce plateau se continue au N. jusqu'à la ferme de Ramade, au bas de la pente que nous avons décrite et figurée dans notre n*" 1 .
Ce calcaire se relie très-intimement à cette hauteur avec le calcaire du plateau supérieur de Plan de Roques.
C'est une preuve de plus en faveur de notre assertion, à savoir que les deux niveaux distingués par M. Coquand appartiennent à la même masse de calcaires compactes.
Un peu au nord de Ramade, à la hauteur de Bringairet le bas, le calcaire n* 7 qui forme les abrupts à Test plonge brusquement à Touest, en se reliant intimement avec le calcaire du plateau inférieur, de sorte que ce calcaire, qui à Plan de Roques atteint 210 mètres d'altitude, ne se trouve plus qu'à 126 au nord de Bringairet et à 130 à Touest de Ramade.
Si nous continuons la description de notre diagramme fig. 2, nous trouverons, après avoir traversé le plateau rocheux formé de calcaires compactes, cassés, corrodés et sillonnés de stries verticales à l'extérieur, un léger abrupt formé par le même calcaire. C'est à la gauche du sentier qu*il se trouve, et nous le signalons parce que nous y avons trouvé une nouvelle preuve de l'identité de ces calcaires que M. Goquand croit appartenir à une masse inférieure, avec ceux qui forment les abrupts limitant à Test le vallon fertile de Figuières.
Le calcaire n"* 1, en efTet, après avoir décrit une courbe assez accusée depuis la hauteur de Ricardelle jusqu'à moitié largeur du plateau, atteint en ce point la cote 1&9, et depuis ce point jusqu'à l'extrême bord à l'est, il constitue une suite de degrés que l'on descend sans interruption jusqu'au petit abrupt dont nous avons parlé tantôt. Celte série de degrés est fort difQcile à saisir, à cause de la confusion du sens de la stratification ; mais on en a la preuve saisissante à la vue de la superposition de ce calcaire sur un calcaire jaune renfermant les Huîtres caracléristiques du n"" 6, calcaire qui est le même que celui que nous avons signalé àRicacdelle, à la hauteur de notre première faille, et qui se voit aussi sur notre coupe à la seconde faille de la figure 2.
Cette assise étant bien la même que celle qui supporte le calcaire compacte vers le S. E., le calcaire du plateau inférieur est bien le même que celui du plateau supérieur. Si en outre on se rappelle ce que nous avons dit tout à l'heure du raccordement des deux niveaux au nord de Bringairel et de leur fusion en ce point, il paraîtra hors de doute que c'est à la suite d'une faille que ces assises 6 et 7, qui atteignent l'altitude de 179 mètres à Test de Figuières, ont été portées à une cote plus basse de près de 80 mètres.
Notre coupe donne ensuite une pente formée par la zone infé« rieure, mais la faille n'a pas été assez grande pour permettre aux assises inférieures de se montrer à découvert. Le vallon est creusé dans les parties supérieures des argiles feuilletées schistoïdes n"" &', mêlées aux marnes jaunes qui, entraînées par
3'i F. CAIROL.
les eauX) ont servi à amender le sol. Toutes les terres cultivées sont situées en plein n"* ky et la pente est formée par les assises supérieures.
Les calcaires jaunes marneux ainsi que les marnes de la cinquième assise sont très-riches en corps organisés, mais principalement en Ëcbinodermes et en moules de coquilles bivalves des genres Ostrea^ entre autres Ostrea Aquila^ fossile des plus communs à la Clape, avec les OrbUolina conoidea et discoidea^ le Terebratula sella ^ et les Echinospatagus Collegyiii et Pseudodiadema Malbosii.
En gravissant cette pente assez roide, on atteint la base des calcaires compactes, caractérisée par la présence des petites Huttres dont nous avons parlé.
C'est le même niveau que celui qui sert de base aux calcaires compactes dont le léger abrupt est figuré sur notre coupe à la hauteur de Figuières.
A partir de ce point, notre diagramme, qui avait pour direction N. 0. S. E., prend une direction très-accusée vers le sud; nous avons agi ainsi pour suivre complètement pas à pas la coupe de notre devancier.
Mais avant de pousser plus loin nos investigations, arrêtonsnous à une idée qui a frappé M. Coquand. Une des raisons qui lui font croire à la présence de deux niveaux, c'est que dans les plateaux inférieurs ce calcaire paraît avoir une plus grande épaisseur que dans les supérieurs; mais on comprend très-bien que la dénudation peut être la cause de cette différence de puissance ; en effet, les plateaux supérieurs, étant plus à découvert et moins abrités, ont dû éprouver les effets de Térosion beaucoup plus que les plateaux inférieurs, qui se trouvaient abrités par les premiers. Une autre preuve sur laquelle nous insisterons plus tard, c'est que çà et là sur les plateaux inférieurs on voit quelques lambeaux des couches supérieures au n° 7, dont on expliquerait difQcilement la présence en ces points si Ton avait deux niveaux de ces calcaires compactes.
On voit des lambeaux de l'assise inférieure n** 8 à Orbitolines en plusieurs points de ce plateau de Figuières. •
ARTIGLB N* 2.
Le sentier qui va de Ricardelle à cette dernière métairie passe sup des calcaires pétris d'Orbitolines qui appartiennent à ce niveau.
La ferme de l'Hospitalet, à moitié chemin de Pech-Redon à Ramade, est également construite sur un lambeau de calcaire du n"* 8, lequel repose en stratification concordante sur le calcaire compacte du plateau de Figuières.
En faisant le calcul des épaisseurs des couches visibles et les comparant à la côte la plus élevée de la Clape, M. Coquand s'exprime en ces termes : « L'ensemble compose une épaisseur » totale de 106 mètres, ou mieux de 130 mètres, en y ajoutant » les 25 mètres des calcaires supérieurs. Comme au signal de » de Pech-Redon, la Clape atteint l'altitude de 215 mètres, on » s'expliquerait difficilement cette cote élevée, si au-dessous des ^ argiles aptiennes il n'existait un terrain plus ancien qui forme » l'appoint de ce qui manque pour arriver à ce chiffre de » 215 mètres. Or ce terme n'est certainement pas le terrain ju- » rassique, qui a'est visible dans aucune partie de la Clape, mais ^ bien les 60 ou 80 mètres de calcaire urgonien que nous avons » vus former la base du système marneux, d
Le raisonnement de M. Coquand ne nous paratt pas trèslogique : en effet, quoiqu'on ne voie pas le terrain jurassique dans celte contrée, s'ensuit-il qu'il n'existe pas sous le terrain néocomien? Et pourquoi serait-ce plutôt un calcaire à Réquié* nies, qui n'existe pas, plutôt qu'un calcaire jurassique, qui formerait le sous-sol de cette région ?
Le terrain jurassique n'apparaît pas, parce que les failles ne sont pas assez grandes pour mettre à nu toute l'épaisseur du terrain néocomien.
Pour nous, nous sommes convaincus, après avoir visité les Corbières, que c'est précisément ce terrain jurassique qui concourt à faire l'appoint des 215 mètres. Il ne faut pas, du reste, aller bien loin pour le trouver; et nous l'avons vu, en effet, au delà de la plaine de Narbonne, à l'ouest de la Clape, et il s'est présenté à nous avec des fossiles essentiellement caractéristiques tels que V Ammonites bifronsj Ostrea Macullockii^ etc.
Pour nous donc, il n'y a pas de doute, le niveau du plateau supérieur et du plateau inférieur de Figuières est exactement du môme âge.
Les Réquiénies sont assez abondantes dans ce plateau supérieur de Figuières, qui est dénudé, sillonné de stries verticales, comme celui que nous avions traversé en quittant Ricardelle.
Notre coupe laisse à gauche la chapelle des Auzils^ qui domine au loin le pays. Elle a été bâtie à l'extrémité de ce plateau ondulé qui n'est qu'un vaste champ de pierres, d'où Ton peut se faire une idée des caractères orographiques de la portion méridionale de la Clape, de sa composition, et des accidents variés qui lui ont imprimé son aspect particulier.
La grotte qui sert de crypte à cette chapelle est une excavation naturelle dans l'assise des calcaires compactes ; les parois sont toutes tapissées de nombreuses sections de Réquiénies qui, à la partie inférieure de l'assise, forment, comme nous l'avons déjà dit, une sorte de lumachelle.
En continuant notre coupe et arrivé en face de la métairie de Pierre-Droite, on se trouve sur le bord d'un abrupt vertical en face duquel correspond un autre abrupt. L'intervalle compris entre ces deux murailles rocheuses est occupé par les couches des assises n°' 6 et 5 qui forment deux pentes, l'une au nord, l'autre au sud. Le vallon qu'elles forment est seul cultivé. Les terres défrichées sont donc ici dans les marnes jaunes à fossiles sensiblement apliens; nous y avons recueilli :
Echinospaiogus CoUegnii, d*Orb. 1 Peltasles Atrhiaci, Cott.
Pseudodiadiema Maibosii, Cott. | Ostrea Aquila^ d'Orb.
Des moules nombreux, souvent indéterminables, et une Ammonite d'assez grande taille, qui appartient à l'espèce Comuelia-nusy d'Orb.
Le glissement, à la suite de la fracture des calcaires compactes, d'une partie du n"" 7, au milieu des couches sous-jacentes, a trompé encore ici M. Coquand ; il figure en effet dans sa coupe, au point où il place la ferme de Pierre-Droite, une apparition de son niveau inférieur des calcaires compactes à Réquiénies; mais
ARTICLB M* 2.
comme nous venons de le dire, la roche n'est nullement en place et ne se trouve dans cette position que par suite d'un glissement local dû, soit à la dénudation, soit à une fracture.
On conçoit en effet que les agents d'érosion, en minant les couches marneuses et les entraînant, ont pu faire ébouler une partie mAme considérable de la roche, qui formait abrupt au nord ou au sud.
Nous avons gravi ensuite Tabrupt situé au sud de Pierre- Droite et traversé un troisième plateau pierreux, du haut duquel on découvre l'étang de Gruissan et ce village lui-même. Ici encore M. Coquand signale son niveau inférieur à Réquiénies, qui supporterait, dit-il, des bancs marneux à Orbitolines.
Comme nous le figurons dans notre diagramme, il y a bien une assise de calcaires à Orbitolines superposée à une assise de calcaire compacte , mais dans des conditions tout autres. Au bord de notre abrupt, nous avons retrouvé l'assise la plus ancienne de la zone supérieure butant en faille contre le calcaire compacte et contre les assises qui lui servent de base.
M. Coquand confond ici cette couche à Orbitolines avec l'étage inférieur des marnes néocomiennes de M. d'Archiac; mais les caractères de cette assise sont bien tranchés et ne nous permettent pas de les confondre ensemble.
Le n"" 7, qui lui sert de base, repose sur le calcaire jaune de notre n"" 6, qui est supporté lui-même par les bancs de calcaires marneux à Echinospatagus Collegnii, Pseudodiadema Malbasii^ Ostrea Aquila^^ etc.
On voit combien la coupe de M. Coquand mérite d'être rectiGées, et combien les conclusions qu'il en tire sont éloignées de la vérité. ^
En suivant le diagramme, on voit les couches de calcaires marneux jaunes disparaître sous les eaux de l'étang de Gruissan et constituer toutes les terres du domaine de Capoulade, transformées pour la plupart en vignes d'un très-bon rapport.
M. Coquand résume ainsi ses observations sur la Clape : « Le n groupe urgo-aptien se compose dans la Clape de trois sys- 9 tèmes, dont l'inférieur, dit calcaire à Chama^ correspond
» à Tétage urgonien des géologues et au calcaire à Dicérates » de Dufrénoy. Le second, formé de calcaire et d'argiles avec » Orbitolines, Plicatula plaamea^ correspond à Tétage infé- » rieur des géologues suisses, à celui de Frondouille, près de n Marseille. Le troisième, consistant en un second niveau de cal- » Caire à Chama et contenant les mômes fossiles, correspond » au deuxième niveau du calcaire à Requietiia Lonsdalii de la » Sainte-Baume. »
Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de Tétage urgoaptien dont parle ce géologue ; toujours est-il que le calcaire de laClape n*est pas le calcaire de Dufrénoy, car il ne repose pas sur le terrain jurassique, mais bien sur un système de marnes et argiles sensiblement aptiennes.
M. Magnan (*), dans un mémoire qui est en ce moment sous presse, donne, entre autres coupes, un diagramme allant du massif de Montredon à Tétang de Mateille.
Ce géologue voit également deux niveaux de calcaires à Ré-
(*] Au moment où Ton nous apporte la mise en pages de cette feuille, nous apprenons, avec grand regret, la perte que vient de faire la science d'un de ses zélés et infatigables propagateurs. M. Magnan vient d'être frappé par la mort au moment où il promettait à la Géologie une série de travaux sur les Pyrénées, fruits de laborieuses recherches pendant près de dix ans.
Nous avons eu occasion de voir noire confrère plusieurs fois^ à Toulouse ; il nous a parlé de ses œuvres, et nous croyons que son Mémoire sur les Corbières n'était que le prélude de la collection de ses travaux déjà parfaitement rédigés et prêts à être livrés entre les mains de l'imprimeur.
Notre voix ne sera pas la première à s'élever pour faire l'éloge de ce géologue si zélé» que sa position de fortune plaçait dans des conditions très-avantageuses, au point de vue de l'étude de la science à laquelle il consacrait, nous dirons presque toute son activité et sa vie.
Bien que dans notre travail nous fussions parfois en divergence d'opinion, nous n'en restions pas moins bons amis, et nous sommes heureux de saisir cette trisie circonstance pour proclamer bien haut combien est grande pour notre regretté confrère notre estime et notre considération en tout ce qui touche les écrits et le caractère particu* lièrement franc et loyal de notre ami M. Magnan,
tërr\in crétacé inférieur dï, la clapk, etc. 37
quiénies dans la Clape, et comme M. Coquand il range le calcaire du plateau que Ton traverse en allant de Ricardelle à Figuières dans un niveau inférieur^ qu'il dit correspondre au néocomien inférieur d'Orbigny et qu'il désigne sous ce nom. Il Tait passer ce calcaire compacte au-dessous du système marneux de la pente de Figuières.
Nous prions le lecteur de se reporter à ce que nous venons de dire à propos de la coupe de M. Coquand, car ce que nous disons s*applique à ces deux géologues, puisqu'ils sont arrivés aux mêmes conclusions qui, à notre avis, sont contraires à la vérité des faits.
M. Magnan ne nous parait pas, en outre, avoir tenu compte de notre zone supérieure k Orbitolines, qui, dans sa coupe, devrait être figurée à TOEil-de-Pal, métairie bâtie sur les calcaires en plaquettes pétris d'Orbitolines.
Ce géologue n'a point aperçu la faille qui met en relation le calcaire de notre zone supérieure avec les marnes de la zone inférieure, à Test de Tabrupt qu'il a bien figuré lui-même.
Fio. 3. — Coupe de Grange-NeuTe i la plage.
ÉdiaUe. — Uogueur, 1/60000* ; hauteur, 1/15000".
AouifiLet
PoftR, dts SouoAea Is* ÀhaiùUt
/la^é»
Pour la légende, Toyei la figure 1.
Le diagramme de la figure 3 qui est tracé de Grange-Neuve à la plage, et qui va de TO. N. 0. à TE. S. E., nous donnera une preuve de plus que le plateau inférieur que l'on traverse pour arriver à Pech-Redon, et qui est le même que celui qui, dans la coupe de M. Coquand, est représenté comme formé de calcaires de sa masse inférieure servant de base au système de la Clape, n'est pas autre chose que notre n" 7 porté par faille à un niveau inférieur.
38 V. CAIROL.
La métairie de Grange-Neuve est bâtie sur un système de calcaires marneux blancs appartenant à un dépôt tertiaire lacustre très-probablement miocène inférieur.
Ce groupe lacustre repose en discordance de stratification sur le calcaire con)pacte, qui, en ce point comme en général à tous les bords de la Glape, offre une inclinaison très-marquée de près de 45" vers l'ouest.
Ici nous avons encore une preuve delà dislocation des couches crétacées avant le dépôt du terrain tertiaire ; car, d*une part les couches secondaires sont plus fortement inclinées, et en outre les couches tertiaires reposent sur le calcaire compacte n' 7, et non sur le calcaire en plaquettes à Orbitolines, comme un peu plus au nord vers Armissan, preuve en outre de la dénudation qui a précédé l'époque tertiaire.
Le calcaire à Réquiénies forme ici un abrupt de quelques mètres, sur les parois duquel on remarque de nombreuses sections de Rudistes, et en outre des traces de Nérinées assez grandes, puisqu'elles atteignent des longueurs de 15 à 20 centimètres. On y remarque aussi des baguettes d'Oursins et des Oursins eux-mêmes, mais tellement déformés et empâtés dans la roche, qu'il est réellement fort difficile, pour ne pas dire impossible, de les en retirer.
On se trouve alors dans un vallon très-étroit et fort long, creusé dans les calcaires marneux de la zone inférieure, calcaires qui apparaissent par suite d'un écailement des deux lèvres d'une crevasse qui a tout à fait la forme d'une boutonnière fort allongée.
Eu certains points, Tune des lèvres s'affaisse sur elle-même à la suite d'une faille locale, et alors on ne voit les calcaires jaunes qui servent de base aux calcaires compactes qu'à l'ouest de notre coupe ; mais, dans d'autres points aussi, on voit la superposition des deux côtés ouest et est du vallon. Nous Tavons figuré ainsi dans notre diagramme, parce que nous y trouvons une nouvelle preuve que le calcaire compacte qui s'étend de ce point jusqu'à la ferme do Figuièreset jusqu aRicardelle, est bien
ARTICLE n^ 9.
TERRAIN CRÉTACÉ INFÉRIEUR DE LA CLAPE, kTC. 39
le même que celui qui occupe les hauteurs dominant Figuières à l'est.
La courbe allongée dont nous parlions tout à l'heure nous a fourni un certain nombre de fossiles caractéristiques du n*" 6, tels que les petites Hutlres dont nous avons parlé, avec YOstrea Aquila, et aussi du n"" 5, tels (\\x Echinospatagus Collegmi, Pseudodiadema Malbosii^ Peltastes Archiaci, Corbis corrugata^ d'Orb., Ostrea Aquila^^tc.
Ce sont donc bien les mêmes niveaux que ceux de la pente de Ramade et de Figuières, et le calcaire compacte qu'ils supportent appartient aussi au même horizon, et non pas à un horizon inférieur , comme le voudrait M. Coquand.
Une preuve que Ton pourrait tirer de l'altitude est la suivante. Gomme on le voit sur notre diagramme, le plateau rocheux et calcaire qui s'étend de l'est du Bouquet au vallon de Pech-Redon, atteint en un point désigné par la carte d'état-major la hauteur de 203 mètres. La différence de 11 mètres qui existe entre ce point et le point signal de Pech-Redon, situé à 21& mètres seu lement, ne parattrait-elle pas battre également en brèche l'assertion de M. Coquand? Gomment pourra-t-il placer entre cesdeux points, distants l'un de l'autre de 2 kilomètres au maximum, tout le système de calcaires marneux auquel il assigne une épaisseur de plus de 100 mètres ?
Du reste, si le plateau en question était bien occupé par une masse inférieure de calcaire àRéquiénies, qui supportât directement le système calcaréo-argileux, on devrait retrouver dans la suite de notre coupe et en face du signal de Pech-Rèdon la superposition directe des assises les plus inférieures de ce système au-dessus des calcaires compactes; or il n^en est rien, et en contact avec le petit abrupt que forme le calcaire de ce plateau, on ne voit autre chose que les marnes et calcaires marneux n° 5, à Echinospatagus Collegnii^ Pseudodiadema Mal-bosii^ Peltastes Archiaci y Ostrea Aquila^ Corbis corrugata^ Terebratida sella^ Ter. Moutoniana, Ter. Tamarindus.
Il n'y a donc pas autre chose qu'une faille qui met en contact les assises du n"" 7 et du n"* 5.
A»N. se. CÉOL. ni. 7. — ART. H® 2,
ko F. CAIROL.
Le calcaire compacte sur lequel se trouve le sigoal de Pech^ Redon est sensiblement horizontal, et la très-légère inclinaison qu'il présente est dirigée yers la mer à l'est : cette inclinaison est sensiblement la même que dans les couches du plateau qui fait suite dans notre coupe, et qui se termine par la construction désignée sous le nom de Vigie par les habitants du pays, et sous celui de poste des Douanes sur la carte du Dépôt de la guerre.
Notre diagramme traverse alors perpendiculairement une faille d'une très-grande importance, qui met en contact les assises de la zone supérieure avec celles des zones moyenne et inférieure.
Une pente assez longue permet l'étude un peu au delà de la ligne que suit notre coupe des assises de la zone inférieure jusqu'aux argiles grises, feuilletées, sebistoïdes des n*** 4 et 2; mais la faille n'a pas élé aussi profonde qu'à Ramade, pour laisser paraître l'assise inférieure n'' 1 .
En continuant notre coupe, on traverse la série complète des assises de la zone supérieure, nous reviendrons plus loin sur ce fait, et l'on arrive, à une très-petite distance de la plage, sur un système de calcaire compacte, noirâtre, avec bancs pétris de Réquiénies ; nous y avons trouvé aussi quelques Nérinées en très-mauvais état de conservation.
Ce calcaire compacte forme ici une falaise de quelques mètres de hauteur, dont les parois battues par les flots, à une époque qui n'est pas bien éloignée, sont déchiquetées, rongées et sillonnées de stries verticales ou obliques. Quelques excavations naturelles assez profondes servent d'abri aux troupeaux. C'est
bien ici qu'on pourrait voir une masse inférieure de calcaire à Réquiénies, si Ton va à la Clape avec Tidée préconçue que Ton ne doit rien trouver au-dessus du calcaire à Caprotines. L'illusion serait assez vraisemblable, car on voit ce calcaire supporter des calcaires à Orbitolines que Ton pourrait très-bien prendre pour ceux de notre zone inférieure ; mais il n'est rien de vrai dans toutes ces suppositions, et ce calcaire qui forme ainsi la falaise n'est pas autre que celui qui forme les abrupts de la Vigie
AllTICMî N° 2.
OU poste des Douanes, au N. 0., et qui a été précipité par faille à un niveau inférieur de plus de 120 mètres.
Nous avons en effet vu en d'autres points, tels qu'à Armissan (fig. l),et ailleurs, comme nous le verrons plus tard, la superposition des couches d'Orbitoliues au-dessus du calcaire compacte de Plan de Roques, à Test de la métairie de Ramade. Nous avons prouvé que ces calcaires à Orbitolines devaient être soigneusement distingués des calcaires à Orbitolines de la zone inférieure, de sorte qu^il ne saurait y avoir de doute sur l'identité de ces calcaires compactes formant la falaise et de ceux qui occupent les hauteurs de la Vigie, de Pech-Redon et de Plan de Roques.
Les montagnes que nous étudions, pour n'avoir qu'une faible étendue, ont été le théâtre d'un nombre considérable de fortes dislocations qui leur ont donné l'aspect d'un pays fracturé et faille, au premierdegré. La vue seule de nos diagrammes prouve qu'il nous a fallu une élude assez minutieuse et une observation soutenue de tous les points de cette région, pour reconnaître à quel niveau nous avions affaire.
Nous avons déjà fait mention du raccord des calcaires du plateau supérieur de Plan de Roques, avec le calcaire du plateau inférieur de Ramade. Nous allons donner encore ici quelques autres exemples à Tappui de l'opinion que nous émettons, à savoir, qu'il n'y a qu'un seul niveau de calcaire à Rudistes à la Clape, sans alternance ni récurrence.
Si l'on suit le chemin qui de Ramade va à Pech Redon, on foule aux pieds lazoneinférieure jusqu'àTHespitalet, oùTon commence à s'engager sur les calcaires compactes qui sont la continuation du plateau inférieur de Ramade et de Figuières. La roche est toujours très-corrodée, laissant voir des creux qui ont la forme de baignoires, de tubulures, qu'on attribuerait à des trous de sonde de mine. Ou distingue aussi nettement de profondes stries verticales et des crevasses parfois assez grandes '; h moitié chemin de Pech-Redon, on traverse un ravin dont les parois sont formées de chaque côté de couches correspondant sensiblement les unes aux autres, action visible de l'érosion. Â la hauteur de
&!2 r. CAIROL.
Pech-RedoD, si Ton prend la route qui, laissant le signal ou coffre à droite, se dirige vers les Colombiers, on ne tarde pas à arriver à un point de la route où la droite est limitée par un abrupt assez élevé occupé par le calcaire compacte à Réquiénies, supporté par l'assise de calcaire jaune à lumacbelles d'Huttres qui lui sert toujours de base. La gauche est occupée par un léger abrupt dont les parois ne sont autre chose qu'une surface sidéritique de glissement. Le chemin est creusé en plein dans les marnes jaunes à Echinospatagus Collegnii^ Pseudodiadema Malbasn^ que Ion trouve ici en individus d'une taille beaucoup plus grande en général que partout ailleurs, Osirea Açuila, Terebratula sella^ etc. 11 est évident qu'en ce point, on a une preuve que le calcaire de droite et celui de gauche, dans lesquels on trouve également des traces de Rudistes, appartiennent bien au même niveau stratigraphique.
On en a la preuve un peu plus loin ; en effet, le mur de gauche ne tarde pas à devenir plus épais extérieurement, par suite de la descente rapide du chemm et de la couche où il était primitivement creusé. Alors la pente que Ton a k gauche devient de plus en plus profonde, et Ton voit nettement la superposition du calcaire compacte au-dessus de l'assise n"" 6 et des inférieures. Le vallon des Colombiers présente, du passage étroit que nous décrivons, un panorama ravissant, eu présence duquel le géologue oublie un instant, et les roches, et les fossiles, et les couches, pour se rassasier du pittoresque tableau que la nature déroule sous ses yeux. Le bleu cordon de la Méditerranée limite le paysage, et ajoute encore, par l'idée de l'immensité, au charme qui saisit le naturaliste, observateur de tout ce qui est grand et beau dans la création. Mais revenons sur nos pas jusqu'à Pech-Redon, pour ne pas abandonner le plateau inférieur que nous venons de voir pour la troisième fois se relier au plateau supérieur.
Suivons le chemin qui va de Pech-Redon à Figuières ; le pla^ teau inférieur est toujours à notre droite. Mais, arrivé à l'extrême limite sud de ce désert de pierres et en vue de Capitoul, on voit encore très-neltenient la superposition de ce calcaire compacte
Terrain crétacé iNFÉRituR de la clape, etc. 4â
au-dessus du calcaire jaune à lumacbelles d'Huttres. (]ette assise et rassise des marnes jaunes, avec lits de nodules calcaires jaunes et bleus, ont été transformées en terres labourables et en vignes dépendant de la métairie de Capiloul.
Il n'y a donc aucun doute à avoir concernant Tâge des calcaires du plateau de Figuières, le plus vaste et le plus étendu de la Clape, mais aussi celui dont les abords nous offrent le plus d'intérêt au point de vue stratigraphique et paléontologique. 11 est certain, en effet, que si M. Coquand avait eu le temps de tourner cette assise dans tous les sens, il serait convaincu qu'il n'y avait pas lieu de distinguer deux niveaux distincts, l'un supérieur et l'autre inférieur, aux assises fossilifères de cette petite région montagneuse.
Nous n'insistons pas davantage sur cette importante question, pour laquelle nous avons donné des détails qui nous pa< raissent suffisants ; nous aurons, du reste, à revenir encore sur ce fait en donnant quelques-unes des nombreuses coupes que nous avons relevées dans cette intéressante contrée.
Nous parlions tantôt de l'aspect décbiré et faille de la Clape ; le diagramme ci-dessous (Qg. &), allant du S. 0. au N. E., c'est-à-dire suivant à peu près la direction du grand axe de cette ellipse allongée, donnera une juste idée de ces dislocations.
Fi6. A. — Coupe de Tétanie de Gapitoul à la rivière d'Aude.
iebella. — Longueur, i/160000*; hauteur, I/I5000*.
BtaMdA CapuoiU
Knferrtolù
: l'UrjpvtalU^ • : P T
Jïi^iBreL
AudttK.
Notre diagramme ne part que de l'étang de Capitoul ; mais nous aurions pu le faire commencer à un rocher isolé, espèce d'îlot calcaire situé entre l'étang de Gruissan et celui de Ca-
piloul. C'est le rocher de Conilhac : il est tout entier composé de calcaires compactes ave Réquiénies, et fait suite à la petite nappe calcaire que Ton rencontre après avoir traversé Tétang et dépassé la pente de Razouls.
Cette assise calcaire n° 7 bute en faille contre les marnes jaunes du n* 5, avec Echinospatagus Gollegmi^ Pseudodiadema Malbosii^ Ostrea Aquila^ Cor bis corrugatUy Ammonites Du-» frenoyi.
Ici encore on a une preuve que le calcaire compacte est bien du même niveau que celui du plateau formant abrupt au nord des Enferrechy car au-dessous on y trouve l'assise à lumachelles d'Huttres et Y Ostrea Açidla, tout comme dans le calcaire qui supporte le premier plateau.
Depuis Tétang jusqu'au Pecb-Redon, le calcaireà Caprotjnes tend à s'élever de plus en plus, et ce plateau, qui domine les Enferrech, présente successivement les cotes 151, 479, 184. On se trouve alors en face du vallon et du coffre de Pech*Redon. Un témoin du même calcaire est visible entre ce point et le coffre, à la hauteur de 197 mètres. Le coffre de Pech-Redon lui-même n'est pas autre chose qu'un témoin qui reste pour nous dire la quantité de calcaire compacte, de calcaire marneux et de marne argileuse enlevée par les agents d'érosion.
Le calcaire à Caprolines ne cesse plus dès lors, et jusqu'à l'extrême limite N. E. de la Clape, de s'abaisser graduellement, sauf dans la partie du plateau que l'on trouve jusqu'à l'Hespitalet et qui atteint l'altitude relativement faible de 130 mètres.
A en juger par cette partie de notre coupe et sans autre explication, on serait tenté de croire qu'il y a bien deux niveaux de calcaire dans la Clape; mais ce que nous avons déjà dit ne permet pas de s'arrêter un instant à cette supposition : nous avons montré, en effet, que ce plateau se relie à Bringairet, avec le plateau de Plan deRoques, et que le calcaire qui le constitue repose toujours sur notre assise n' 6, qui sert également de base aux calcaires du plateau supérieur.
Nous avons décrit en détail la pente qui fait suite à ce plateau surbaissé, quand nous avons parlé de la coupe de Ramade; notre
TERBAIN CRÉTACÉ INFÉRIEUR DK I.A Cf APi:. VAX. 45
coupe est perpendiculaire à la première, de sorte qu'on a ainsi, à quelque chose près, les deux axes de Tellipse allongée de la Clape. Une particularité digne de remarque, c'est que le calcaire compacte, qui, en ce point, forme un abrupt d'une vingtaine de mètres d'épaisseur, présente à l'observateur qui sedirige vers le N. E. une suite de degrés ayant une inclinaison de 10 ài5 degrés vers ce même N. E. Cette inclinaison se comprend très-bien, après ce que nous avons dit plus haut, à savoir, que cette assise diminuait de hauteur à mesure que Ton approchait du bord septentrional de cette chaîne de mont^nes.
Ce que nous disons des degrés est pour prouver que l'épaisseur de ce calcaire est plus grande que 15 ou 20 mètres; mais, en général, sur les bords des plateaux, quand ces bords se terminent par des abrupts, leur épaisseur n'excède pas ce chiffre moyen. En ce point de notre coupe butent en faille contre le n* 7 les assises de notre zone supérieure. Mais, plus à l'ouest, ces mêmes couches reposent en stratification concordante sur les calcaires à Caprotines ; la faille, qui atteint ici la hauteur de près de 100 mètres, diminue insensiblement de hauteur jusqu'à Armissan, où elle disparaît complètement pour laisser voir la superposition directe des deux zones moyenne et supérieure. Mais là alors la dénudation a exercé son action puissante, en enlevant une épaisseur considérable de ces couches à Orbitolines, comme nous le dirons plus tard.
A la hauteur de Tuffarel, une nouvelle faille fait reparaître les calcaires compactes qui, à partir de l'extrémité septentrionale du plateau de Plan de Roques jusqu'ici, avaient été précipités à une assez grande profondeur et restaient cachés sous une épaisseur de plus de 100 mètres de calcaire et d'argile appartenant à notre zone supérieure.
Un plateau d'assez petite étendue sur lequel est construite la métairie de Tuffarel est traversé d'abord ; on descend ensuite dans une combe assez étroite, dominée au sud et au nord par de légers abrupts ; et enfin on gravit la pente formée aux dépens de couches à fossiles sensiblement néocoiniens supérieurs, tels que Echmospatagiis Colleymij Psexidodiadema Malbosii^ Osirea
&6 F. CAIROL.
Açuila^ etc., et Ton atteint un dernier plateau qui descend graduellement vers la plaine et vers la rivière d'Aude.
L'inclinaison des couches sur ce plateau est assez petite; on observe seulement un léger bombement vers son milieu, et à son lK)rd on voit en quelques points ce calcaire reposer sur le calcaire jaune à lumachelles ; mais, en général, les dépôts tertiaires viennent recouvrir ces couches crétacées et cachent alors la plupart des assises de la zone inférieure ; le calcaire à Caprotines forme alors falaise en ce point, comme nous Tavons vu le long de la côte à Test de notre figure 3 (coupe de Grange-Neuve à la plage). M. d'Archiac a colorié tout ce plateau avec la teinte des marnes et calcaires néocomiens; nous ne nous expliquons cette erreur de notre savant devancier que par la raison d'une visite incomplète de cette région. Il est impossible, en effet, que M. d'Archiac eût classé ce vaste plateau calcaire, véritable désert aride et pierreux, dans son étage inférieur, s'il l'avait parcouru même à la hâte. Nulle part les assises inférieures, les calcaires et marnes néocomiens, ne présentent des calcaires aussi compactes que ceux du plateau de Fleury.
A quelques centaines de mètres de ce village et sur la route qui va à la métairie de Mire-lÊtang et de la Pagèze, ce calcaire se change en un véritable marbre à éléments trè»-fins et trèscompactes; une teinte rosée de la plus jolie nuance donne à la roche même non polie un aspect particulièrement beau. Nous sommes étonné que cette roche ne soit exploitée que comme matériaux de construction ; exploitée comme marbre, elle rémunérerait grandement les travaux de l'entrepreneur.
Ce plateau calcaire appartient bien à notre assise n"" 7, car en plusieurs points, tels qu'à la Broutte, sud-ouest de ce plateau, à Mire-l'Étang, nord-est, et à Tuffarel, on le voit nettement reposer en concordance de stratification sur un calcaire jaune marneux, i^enipli de petites Huttres, véritable lumachelle à mêmes espèces que celles que nous avons signalées à Pech-Redon, à Ramade, à Figuières et ailleurs.
Ce plateau atteint au signal de Fleury l'altitude de 16t mètres, hauteur relativement considérable, si l'on considère la faible dis-
ARTIGLB N^ 2.
TERRAIN CRÉTACÉ INFÉRIEUR DE LA GLAPE, ETC. kl
tance qui sépare ce point de la plage, d^uae part, à Test, et de la plaine de TAude, au nord, d'autre part.
Nous devons signaler ici un dépôt de grès siliceux , brun ferrugineux, à grains fins et souvent très-durs, qui ne laissent aucun résidu calcaire, quand on les met en contact avec Tacide chlorbydrique.
11 occupe une superficie assez considérable autour des métairies de Gourtal-Cremat, de las Bugadelos, de TOuslalet et de rOEiU Doux.
M. d'Ârcbiac les a distingués à tort en deux niveaux, dont Tun serait tertiaire et Taulre secondaire ; mais des fragments de Bélemnites trouvés dans ces grès ne nous permettent pas d'admettre cette division.
Ce géologue ajoute que les grès secondaires lui ont paru sortir de dessous les calcaires compactes à Gaprotines, qui circonscrivent ce petit bassin, et ils représenteraient pour lui en ce point la première assise de l'étage néocomien qu'il avait observée sur le versant nord-ouest de ce massif.
Or, loin de sortir de dessous les calcaires compactes, ils reposent sur les calcaires à Orbitolines de la zone supérieure, et appartiennent au gault, comme nous l'établirons plus tard dans la suite de cet exposé. Le contact avec le calcaire compacte est dû simplement à une faille.
•lUile émmm %m Clape deux alream deeoiielies à Orlilielliies, Tua mrérfewr , TMitre ■npérlenr mi& ealealrea eempacles à Ké^nléMlea.
M. d'Arcbiac a divisé le massif montagneux de la Clape en deux étages qu'il désigne par les noms de calcaires compactes à Caprotines, c'est le plus récent, et par celui de marnes et cal* caires néocomiens, c'est le plus ancien : « lies parties les plus 9 élevées, dit-il, appartiennent au calcaire à Caprotines, les pentes 9 et le fond des vallées aux assises de l'étage inférieur. »
Nous avons à prouver que les assises rangées par ce savant
géologue dans un seulélage doivent élie nettement distinguées et séparées.
La 6gure 5, qui représente la coupe prise de la hauteur de Figuières, déjà citée, à la plage, et passant par Saint-Obre, n'est que la continuation en ligne droite de la première partie delà coupe figures. Cette coupe, en eflet, partaitdel'O.N. O. et suivait la direction Ë. S. Ë. jusqu'àlahauleur abrupte de Figuières. De ce point ellefaisait unangle très<grandet prenait la direction Sud. Ce coude, que décrit notre diagramme, nous a été imposé par la coupe de M. Coquand.
FiG. i, — Coupe de Figuières k li ping*.
ËrlieUe. — Luasueur, l/WUW; b.uieur, I/IOOOO-.
A partir de Figuières, partie 0. de notre figure 5, on traverse un plateau de plusieurs kilomètres, qui se termine en vue de Saint-Obre par un abrupt assez léger. On cesse alors de fouler aux pieds les calcaires compactes pour aborder les assises de la zone supérieure, qui butent en faille contre eux.
Par suite de la confusion en un seul étage de ces deux niveaux distincts, M. d'Archiac est obligé d'en venir à des suppositions pour expliquer les faits que l'on observe à la cbapelle des Auzils, située à droite de notre coupe.
« Dans le vallon principal, dit-il, au-dessous de la chapelle » des Auzils, la puissance de l'étage inférieur parait beaucoup » plus considérable qu'elle n'est en efiet, par suite d'une faille u qui le divise en deux gradins d'égale hauteur, vers la moitié H du talus, au-dessous de la fontaine, au pied de la nouvelle rampe » par laquelle on monte à la chapelle. En cet endroit, on retrouve iLen effet le calcaire à OrbitoUnes de l'escarpemeut, situé à
x> 60 mètres plus haut et reposant sur le même calcaire marneux » gris. »
Il fait intervenir un bombement central dirigé du N. E. au S. 0., de telle sorte que, vers le milieu de la vallée en question, les couches néocomiennes inférieures sont à plus de 100 mètres au-dessus de leur ni.veau, à Test de Tescarpement oriental, le long de la côte; mais toutes ces assertions sont tout au moins bien hasardées, pour ne pas dire erronées.
Le géologue placé sur la plate-forme de Termitage, et qui tournoie dos à la chapelle, voit à sa droite le calcaire compacte dont les bancs sont pétris de ftéquiénies. C'est dans ces bancs qu'est creusée la grotte naturelle qui sert de crypte à cette chapelle.
Immédiatement au-dessous on voit la superposition de ce calcaire au calcaire jaune à lumachelles d'Huttres, lequel repose aussi sur \eîi msiTnes jHune^ k Echinospataffus Collegnii^ Pseudodiadema Malbosii^ Ostrea Aquila^ Cor bis corrugata^ etc.
Mais à la gauche de Tobservateur il n'en est plus ainsi : le calcaire compacte n'est visible que sur une très-faible épaisseur, comme l'indique notre coupe, et sans rapport autre qu'un simple contact ; on voit à côté des calcaires à Réquiénies un autre calcaire dont les caractères pétrographiques et paléontologiques diffèrent; au point qu'on ne peut en aucune Façon les confondre ensemble. Ces derniers sont jaunâtres, beaucoup moins compactes, ne présentent point la structure subcristalline du premier, n'ont point de Rudistes dans leur pâte, et contiennent au contraire beaucoup d'Orbitolines.
Ici point de superposition apparente et visible du calcaire compacte sur le calcaire jaune à lumachelles, point de marnes à Echinospatagus Collegmi. Il y a contact par faille de l'assise n" 10 etdeïassisen"?.
Il ne faut pas croire pourtant que cette faille s'arrête là, elle continue à la droite de l'observateur ; mais la dénudation aexercé en ce point sa puissante action en enlevant des épaisseurs considérables de la zone supérieure ; ce qui nous a conduit à observer à quelle nature de faille nous avions affaire. C'est une
50 F. TAIBOL.
faille oblique qui règne eu ce point. Elle se continue à la gauche de l'observateur et va expirer en face de la Vigie ou poste des Douanes. Si l'on descend alors la rampe de Notre-Dame des Auzils, rampe le long de laquelle des monuments funéraires ont été taillés dans le roc (1) , on foule aux pieds ce calcaire, grumeleux en certains l^mncs, compacte ep quelques autres et presque toujours en plaquettes, offrant pour caractère distinctif d'être pétri d'un nombre incalculable d'Orbilolines.
Le ruisseau de Notre-Dame, qui coule à gauche de la route, vient des hauteurs voisines et tombe en cascade, derrière le jardin de Termite, du haut de ces calcaires de l'assise n"" 10.
Ils forment en effet un abrupt qui joue de loin le faciès ordinaire des calcaires compactes, et reposent sur un système d'argiles grises, schistoïdes, avec nombreux lits de nodules calcaires.
Les lits de nodules ont une épaisseur moyenne de 15 à 20 centimètres; ils sont en très-grand nombre. En descendant du pla*teau de Notre-Dame, et en suivant le ruisseau de Saint-Obre, ils forment comme les marches d'un escalier assez doux. L'épaisseur de celte assise varie entre 30 et 40 mèlres, et Ton compte bien une vingtaine de lits de ces nodules, dans lesquels on trouve quelques rares Ammonites, telles q\x Ammonites fissicostatus ^ A. ComuelianuSy A. Dufresnoyi^ des Ostrea Aquila de grande taille, et surtout des Orbitolinesà profusion.
La présence de ces Ostrea de si grande taille, de ces lits de nodules rapprochés les uns des autres, l'incalculable nombre d'Orbitolines conoidea et discoidea de ces couches, leur intercalation entre deux assises de calcaires également pétris d'Or«*> bitolines, sont, avec les relations stratigraphiques, des preuves plus que suffisantes pour les séparer, comme horizon géologique, des marnes néocomiennes de M. d'Archiac, que nous rangeons dans notre zone inférieure. Nous savons bien qu'un fossile peut
(1) Ge8 monuments funéraires ont été élevés à la mémoire des marins de Gruissan morts dans des expéditions lointaines. Chaque année cette chapelle est le but d'un pèlerinage pour les habitants du pays, et surtout pour les marins. On compte trois époques surtout pour cette dévotion : le lundi de Pâques, le lundi de la Pentecôte et le 8 feptembre.
TERRMIN CUÉTACÉ INPÉRIBUa DE LA CLAPE, ETC. 51
varier de dimensions dans un même banc, à une distance assez faible; que, d'autre part, tel fossile qui ne se trouve qu'en petite quantité en un point peut se trouver, quelques mètres plus loin, en abondance ; mais si l'on peut nous objecter ce fait pour VOstrea Àquila et pour les Orbilolines, il n'en est pas de même pour la fréquence des lits de nodules dans une couche qui est presque juxtaposée avec les argiles de la zone inférieure ; et de plus la stratification, qui n'est plus la même par suite de la faille, ainsi que la superposition de ces couches au-dessus du n"" 7, ne permettent pas de la confondre avec celles qui sont les véritables marnes néocomiennes, étage inférieur de M. d'Ârchiac.
En poursuivant dans la direction du diagramme fig. 5, on voit nettement sur le bord de la Clape la superposition en stratification concordante de ces assises supérieures à Orbitolines, au-dessus des calcaires compactes qui forment la falaise en celte partie de la côte.
Nous avons donné un autre exemple de cette superposition, à TE. de la figure â, où l'on voit encore la falaise formée aux dépens du n"" 7 qui sert de base directe, sans faille, ni intermédiaire, aux calcaires à Orbitolines.
Ce calcaire compacte est pétri, dans certains bancs, de Réquiénies empâtées dans une gangue grise tombant sur le noir ; or ce calcaire compacte est le même que celui qui forme les abrupts de la Vigie, de Pech-Redon et de Plan de Roques : on ne le voit pas ici, il est vrai, supporté par l'assise de calcaire à lumachelles n"" 6, parce que le sable de la plage cache la partie inférieure de cette assise, mais nous l'avons vu à Brin gai ret, quanij nous avons donné les détails sur le calcaire compacte et en discutant les idées de M. Coquand.
Du reste, nous devons insister sur cette superposition, qui a une très-grande importance à nos yeux.
Nous y reviendrons tout à l'heure, après avoir donné une autre coupe (fig. 6) prise de la Broutte à l'hôtel des bains de mer, pour faire voir les relations ordinaires de ces assises avec les assises inférieures de la Clape.
On voit d'abord à l'O. de ce diagramme les assises fossi*
52 r. CAiimL.
liFères de la zone inférieure qui supportent le calcaire compacte D* 7 : ce petit plateau n'est autre chose que rextrémité sudouest du grand plateau de Fleury, preuve qu'il appartient bien au niveau du plateau de Plan de Roques, du coffre de Pech- Redon y de Notre-Dame des Auzils et de Figuières.
FiG. 6. — Coupe de la Broutte À U mer.
Échelle. — Longnenr, 1/60000*; hauteur, i/10000*.
G, gauh, grta rouge ou jaune ferrugineux, arec Trigoniaaliformiê (iO à 15 mètres). ( Voyez pour les autres indications la figure 1.)
AU delà de l'Acquirou, on quille brusquement l'assise des marnes jaunes à Echinospatagus CoUegnii que l'on avait trouvée à la Rroutte, el Ton se trouve en plein dans le système de la zone supérieure : l'inclinaison de ces couches varie sensiblement, car, au lieu que le calcaire compacte el sa base aient une inclinaison de quelques degrés à peine vers le S. E., les couches à Orbitolines ont une inclinaison beaucoup plus accusée de 1 5 à 20 degrés vers le S. E. Ici encore on voit la superposition des trois assises de cette zone, dont l'inférieure bute en faille contre les marnes jaunes du n"" 5, et un peu plus loin contre les calcaires compactes à Réquiénies.
Dans le vallon de la Bugadelos, on voit en outre le dépôt des grès ferrugineux dont nous avons déjà signalé la présence dans celte partie de la Clape. Dans le ruisseau de Combes-Lévrière, on voit nettement la superposition de ce grès au-dessus des cal* caires à Orbitolines; le lit de ce ruisseau, en un certain point, en effet, est creusé, partie dans le grès, partie dans le calcaire, de sorte que les bords sont occupés par les grès siliceux et le fond par la couche à Orbitolines.
Comme l'indique notre coupe, les grès ferrugineux reposent
ARTlCLli Bl<^ 2.
en stratification parfaitement concordante, au-dessus de la partie supérieure des couches à Orbitolines n'' 10. Ces grès ferrugineux sont de Télage du gault, comme nous rétablirons un peu plus loin.
Longtemps nous avions été indécis sur la véritable place à donnera ces couches ferrugineuses : d'une part, la stratification nous portait à en faire du gault, ainsi qu'un fragment de Bélemnite que nous avions cru pouvoir rapporter au Belemiiites mini'' mus; mais, d'un autre côté, M. Tournai nous avait mentionné des Trigonies qu'il rapportait au Trigonia scabra^ ce qui nous conduisait naturellement à ranger ces grès dans l'horizon des grès d'Uchaux. Mais, en mars 1872, une excursion faite dans cette région en la compagnie de M. Sabatier Désarnauds, membre de la Société géologique, nous a conduit sur un gisement de Trigonies, le m Ame sans doute que M. Tournai avait découvert. Or ces Trigonies ont été déterminées à la Sorbonne sous le nom de Trigonia aliformis^ Park., caractéristique du gault. Nous y avons trouvé aussi un mauvais fragment d'Ammonite, qui nous paraît appartenir à X Ammonites Delucii^ Brongn.
Après avoir gravi la pente qui fait suite dans notre diagramme et qui atteint la cote de 105 mètres, on met le pied sur les calcaires compactes qui à deux reprises sont crevassés, et laissent voir les assises inférieures dans deux couches correspondantes à ces échancrures.
Enfin on arrive à l'hôtel des bains, à la limite du dernier plateau, dont le calcaire repose encore sur les couches de calcaires et de marnes appartenant à la zone inférieure.
Gomme on le voit encore ici, tout milite en faveur de la présence d'un seul niveau de calcaires à Gaprotines, et contre la récurrence de M. Coquand.
Un peu au nord de cette dernière partie de notre coupe^ et au lieu dit Œil-Doux (Trou), sur la carte d'état*major, on voit encore le contact par faille du calcaire compacte à Réquiénies et du calcaire en plaquettes à Orbitolines; il existe une crevasse naturelle circulaire et très-profonde.
Cet Œil est limité à lest par un mur vertical de calcaire com*"
5A i^. €A1IML.
pacte sans stratification visible et d'une très-grande hauteur; au sud, par une muraille de calcaire en plaquettes àOrbitolines aussi élevée que la précédente. Elle diminue de hauteur à Touest et au nord. C'est seulement de ce côté que Ton peut descendre jusqu'au niveau de leau accumulée dans ce trou. La profondeur du liquide paratt être fort considérable. Sa teinte est d'un bleu très-foncé, et il ne parait pas y avoir de rapport avec l'eau de la mer, puisque cette eau est douce et bonne à boire.
Les couches à Orbitolines forment, à l'ouest et au nord, comme les degrés d'un amphithéâtre dont les bancs seraient des gradins naturels.
Cet Œil-Doux n'est pas sans intérêt, comme on le voit, pour le géologue et aussi pour le touriste et le voyageur qui aiment tout ce que la nature produit de sites beaux et extraordinaires.
Les calcaires à Orbitolines se continuent au nord jusqu'à la ferme de l'OËil-Doux, et bientôt après on voit la superposition des grès ferrugineux au-dessus de cette assise à Orbitolines.
Ces grès ferrugineux que l'on foule aux pieds jusqu'à TOustalet et à Boëde sont exploités, en certains points, pour la confection de pierres à aiguiser; on les taille en forme de doubles pyramides à base quadrangulaire et à extrémités légèrement tronquées et arrondies.
Nous avons trouvé ces grès en place, à Tembouchure du ruisseau de Combes-l'Habit ; en ce point, ils sont très-ferrugineux et d'une teinte rouge fort accusée, qui a fait donner à la pointe de terre qu'ils constituent le nom de Mourel (pointe) rouge.
Des blocs de ces grès entraînés par les eaux ont été trouvés par nous, dans Ttle Saint-Martin, sur un monticule au sud de Capoulade et dans les terres dépendantes de Razouls ; ces grès varient de grosseur, et appartiennent sûrement au même niveau que ceux de l'Œil-Doux et de l'Oustalet.
M. Magnan donne une coupe suivant en partie la même direction que le diagramme précédent ; mais ce géologue ne nous paratt pas tenir compte ici non plus des relations de la zone supérieure à Orbitolines, indépendamment du deuxième niveau de
<AJ-
/ \ DE L\ CLAPE, ETC. 55
Aeraent ici, et qu'il désigne
iguières, qu'un seul niveau «aille à des altitudes diffé- '«ttentionetde recherches, ^ '^ système argilo-raarneux a-ccorder, sans faille, avec le ossiles sensiblement apliens.
> faire intervenir le terrain
* 'équivalent des couches à »-«^gues, etc-
«^esdes6g.3et5, quesurle ^^ de la mer Méditerranée, huches de la zone supérieure ;Ordante; ce fait, disions- *Oriié comme âge et comme *ais la faible altitude de ces Ces points, de voir la base de ct»tMi»in» wiupaaes; sans uuuie il serait utile de pouvoir citer des endroits où ces couches reposent sur le calcaire compacte des plateaux supérieurs. La figure 7 va nous édifier sur cette question.
Fi6. 7. — Coupe d'ArmUsan à la plage, par Rivais.
ÉcheUe. - Longueur, i/60000«; hauteur, l/IM)0O>.
li-oûwMUUcre PlanéUHoçu£a RzvaÀs Bcrycrie
.BHngoÂjret • „.
(Yoy» pour la légende U figure 1.)
En quittant la plage, partie E. de notre coupe, on se trouve en présence d'une falaise dont les couches sont sensiblement horizontales; leur inclinaison ne se voit ([ne dans quelques pe-
ANN. se. GÉOL. lU 8. - ART. K" *i.
§6 V. CAIROL.
tites criques creusées dans cette assise ; on voit les couches plonger vers le N. 0. avec une inclinaison de 10* à i^.
Ce sont des calcaires jaunes en plaquettes, à surface rugueuse et grumeleuse due à la présence des Orbitolines. La vroche est même uniquement formée de ces petits fossiles cimentés par une marne jaune. Mous nous sommes demandé tout d'abord, en ce point, à laquelle des deux assises calcaires de la zone supérieure nous avions affaire ; mais, en poursuivant plus au sud, nous avons retrouvé la superposition des argiles à Orbitolines au-dessusde cette couche, preuve qu'il s'agit bien du n^'S, comme nous le disons dans notre diagramme.
Ce calcaire, à la hauteur de la bergerie des Quarante, bute en faille contre le calcaire compacte ; les bancs qui se trouvent en contact avec l'assise à Orbitolines sont pétris de Réquiénies qui se détachent, sur le fond très-bleuàtre de la roche, en courbes irrégulières, dessinées par le test de ces Rudistes. Ce calcaire appartient bien au même niveau que celui du Plan de Roques et de Pech-Redon, puisque, à quelques pas de là et dans la pente qui domine le vallon des Quarante, on le voit reposer sur le calcaire jaune n° 6. Du reste, ce vallon est assez profond, et Ton peut étudier en outre les assises des marnes jaunes et des argiles grises à Echinospatagns Colleffniî, Pseiidodiadejna Malbosii, Ostrea Aquila^ Corbis corrugata; on trouve aussi dans ce vallon de gros fragments d'Ammonites que nous rapportons à X Ammonites Cortmelianus .
Le large plateau qui fait suite à notre coupe est occupé par ce calcaire jusqu'à Rivais; il est dominé par le signal de Vires au nord, qui atteint 1 altitude de 170 mètres. Immédiatement après on se trouve dans le grand vallon de Rivais, vallon qui se conlitinue, au sud, avec le vallon de THespitalet et de Ramade. Ce vallon contourne par conséquent la plus grande partie du plateau du Plan de Roques, comme les fossés entourent les murailles des citadelles et des places fortiQées.
Sauf en deux points assez rapprochés l'un de Tautre, où le calcaire compacte forme deux îlots d'assez petite étendue, tout ce vallon est creusé dans les assises de la zone inférieure. Les fos-^
AKTIGLK N° 2.
siles y sont assez commuDS, quoique en fort mauvais état ; ils ont été cassés, à la suite des travaux que nécessite la culture de la vigne, aussi a-t- on de la peine, sauf dans les pentes incultes, à se procurer des échantillons déterminables.
Les Ilots calcaires dont nous parlions tout à Theure, quoique très-isolés des calcaires compactes des abrupts qui circonscrivent le vallon de Rivais, appartiennent au même horizon, puis* qu'ils sont toujours superposés aux mêmes assises; du côté de l'est, il y a pourtant une faille qui met les couches en discordance de stratiGcation.
Le plateau du Plan de Roques qui fait suite à notre coupe, supporte au nord et à Touest le calcaire en plaquettes à Orbito- Unes.
Nous avons parlé déjà de Tinclinaison brusque du calcaire compacte au nord de Bringairet-le-Bas. Elle est, comme on le voit, sur le diagramme très*accentuée, et en réalité, sur le terrain, l'angle formé avec Thorizontale n'est pas moindre que kS^ S. E., N. 0. Le calcaire en plaquettes à Orbitolines a la même inclinaison, et repose aussi nettement, sur le calcaire compacte, que nous l'indiquons ici. Il est impossible de faire intervenir une faille ou tout autre phénomène qui mettrait ces deux assises l'une au-dessus de l'autre.
Ce support eu stratification concordante ne se voit pas seulement en ce point. Dans la figure 1 , nous avons représenté le même calcaire à Orbitolines reposant aussi très-réguUèreinent sur le calcaire compacte, à l'ouest du diagramme, et supportant le caN caire marneux blanc tertiaire qui vient lécher, pour ainsi dire, la falaise secondaire. Dans cette première coupe aussi et dans le vallon de Combe-Longue, le calcaire compacte repose sur le calcaire jaune marneux de l'assise n"" 6, et le vallon est creusé également dans les marnes jaunes à Echinospatagm Collegnii^ PsetjLdodiadema Malbosii^ Peltastes Archiaci^ Ostrea Aquila^ etc.
Deux failles très-accentuées, eu ce point, font plonger trèsbrusquement les couches vers la plaine de Narbonne et vers les dépôts d* À rmissan« Ces dépôts participent aussi en partie à cette inclinaison^ mais l'angle d'inclinaison n'est pas aussi considé-