‹ Annales des sciences géologiques (volume 4)Chapitre 17 sur 69 · V. CA1H0L · texte numérisé non relu

V. CA1H0L

rable; d'une part, en effet, il est de &5* environ, et à Armissaii il ne dépasse pas IS"" à i5*.

Le point indiqué dans notre coupe sous le nom de Traou-Milière est une excavation naturelle, creusée au niveau du sol, dans les calcaires à Orbitolines. Les habitants du pays prétendent qu'on n'a jamais pu connaître la profondeur de ce trou. Est-ce parce que personne n a osé tenter cette descente périlleuse? ou bien parce que réellement la profondeur en serait très-considérable? Dans tous les cas, nous sommes convaincu qu*à une profondeur qui ne doit pas excéder 20 à 25 mètres, on doit quitter Tborizon des Orbitolines pour pénétrer dans le domaine des Réquiénies. Le terrain tertiaire repose en6n eu strati&cation discordante sur l'assise n"" S, préalablement attaquée par l'érosion, qui a dû enlever une partie de son épaisseur, tout comme elle a enlevé les assises 9 et 10.

Nous avons une raison d'avancer cette assertion, car, un peu au nord de notre coupe, le calcaire compacte supporte aussi le calcaire en plaquettes à Orbitolines ; mais celui-ci ne supporte plus le terrain tertiaire, mais un système d'argiles pulvérulentes, renfermantdes Orbitolines en telle quantité, qu'on ne voit guère que ces fossiles. Ils atteignent une très-grande taille dans le coteau qui porte le nom de Gourp de Bondy. Ces argiles grises contiennent en outre V Ecktno^patagus Collegmi^ des fragments de Trigonies indéterminables, le Terebraiula sella. Ter. Tamarindus, Ter.prœlotiga^ Rhynchonella lata^ des Vénus, des Pecien et des Limes en très-mauvais état de conservation.

Une épaisseur assez considérable de couches repose sur ces argiles. Ce sont des calcaires dont certains bancs sout jaunes et assez tendres, d'autres au contraire sont très-compactes et très durs, mais renfermant les uns et les autres un très-grand nombre d'Orbilolines qui paraissent, dans les parties dures, comme des ligues noires un peu renflées dans leur épaisseur. On y trouve aussi, entre autre part, dans le ruisseau de Combe- Levrière, des traces tïOsirea, probablement Ostrea Aquila.

Le banc inférieur de ces calcaires contient une quantité considérable d'Oursins éciasés qui paraissent être des Ciaaris :

AATICLE A° 2.

TERRMM CttliTACl' INFÉRIEUR r>E LA CLAPK, ETC. T^O

peut-être Tespèce pyrenaica. Le mauvais état de conservation de ces fossiles, leur adhérence avec la pâte de la rocbe, ne permettent, ni de les en détacher, ni de les avoir dans un état suffisant, pour en permettre la détermination spécifique et peutêtre générique.

Nous avons donc ici les représentants des n" 8, 9 et 10 de notre zone supérieure, dont l'existence ne saurait être niée après ce que nous venons de dire. Mais ce n*est pas le seul point où l'on voit la superposition directe de cette assise au-dessus du calcaire compacte à Réquiénies.

La figure 2 donne un autre exemple de cette superposition. En effet, la partie sud du diagramme représente le calcaire compacte n* 7 reposant sur les assises inférieurefset servant lui-même de base aux calcaires eu plaquettes à Orbitolines. En ce point comme à Traou-Milière, une excavation naturelle, dont l'entrée est au niveau du sol, permet de voir intérieurement celte superposition aussi bien qu'en dehors. On a en effet tout d'abord, en descendant à droite ou à gauche, des bancs pétris d'Orbitolines, mais bientôt, à 2 ou 3 mètres au-dessous du niveau du sol, les Orbitolines font place aux Réquiénies, qui se trouvent dans un calcaire beaucoup plus compacte, gris bleuâtre. Le fond de ce trou naturel s'arrête dans cette assise de notre zone moyenne.

Les bancs à Orbitolines butent, vers le nord, contre la marne jaune de l'assise n"" 5.

La coupe suivante (fig. 8) va nous fournir de nouveaux arguments en faveur de nos idées concernant, et la zone supérieure, et la zone moyenne.

La coupe en question part de l'étang de Capitoul, passe par la colline du château de Gruissan et par la colline du cimetière de ce bourg.

Lesdépôts de Tétang consistent, eu général, en grès coquillier, composé de grains de sable et de débris de coquilles vivantes agglutinés par un ciment quelconque, recouvrant les calcaires compactes qui plongent avec un angle de IS"* du N. E. vers le S. 0.

Ces derniers appartiennent bien au même niveau que ceux de

CO F. CAIROL.

Pech-Redon, de Figuières et de Notre-Dame des Auzils; ils reposent en effet sur les mêmes bancs. Une faille fait reparaître les mêmes calcaires un peu avant le domaine de Capoulade.

FiG. 8. ^- Coupe de l*éUng de Gapitoul à la mer^ par Groissan. £4sbeUe. - Longueiir, i/40000'; baateor, 1/10000".

Cfuitctui' àti^ Gruitsaiiy ^^

AUwUfvda

SttM^ dAGruMssoju

Ici une nouvelle faille niet en contact l'assise des marnes jaunes avec le calcaire compacte. Ces marnes, qui, derrière la maison de campagne, sont très-fossilifères, occupent toute la pente légère qui conduit à Tétang de Gruissan et se continuent jusqu'à la butte de ce village. Ici, en effet, les calcaires compactes forment une butte à côtés abrupts, que couronnent les ruines d'un vieux château.

La base est formée d'une couche de i*, 50 à 2 mètres d'épaisseur, pétrie d'une multitude de coquilles, sorte de lumachelle que Ton peut observer, surtout au bas des degrés pratiqués dans le calcaire pour faire l'ascension de cette butte.

Les coquilles, dont on ne voit guère que les sections, appartiennent en général au Toucasia carinaia^ Math. {Requienia Lomdalii), caractéristique de ce niveau. Ce Toucasia est l'ancien Requienia Lomdalii ou carinata.

Nous y avons trouvé aussi le Plagioptychus Verneuilli^ Bayle,

qui est assez abondant au contact de ces calcaires compactes

avec les calcaires jaunes du n*" 6, partie supérieure de notre zone

inférieure. Ce Plagiopthychus est le même que le Caprina

VeîTieuilii.

Les talus moins abrupts qui descendent jusqu'à l'étang sont composés de calcaires marneux jaunes, dans lesquels M. d'Ârchiac a signalé la présence de quelques Caprotines avec le Corbis corrugata^ XOstreuAquila^ F Eckinospatagus CollegniL Le village

de GruissaD est bâti sur ces couches, et la colline située à l'est, comme le montre la figure 8, est le prolongement stratigraphique de cette butte du château; mais ici les couches plongent assez brusquement vers la mer. Les marnes jaunes sur lesquelles sont construits les monuments funéraires du cimetière renferment des lits de nodules calcaires, sortes de gâteaux ou de pains arrondis, contre lesquels on trouve parfois des Ammonites d'assez grande taille.

Nous y avons trouvé : \ Echinospatagm Collegnii^ d'Orb. ; Pseudodiadema Malbosiiy Ostrea Aquila^Terebraiula sella ^Peltastes Ârchiaci^ avec \ Ammonites Cornuelianus et le Plicatula placunea^ Lam. Les calcaires compactes, qui sont très-durs en ce point et pétris de Rudistesdans un banc correspondant à la lumachelle sigualée à la butte du château, supportent, au revers oriental de la colUne, des calcaires en plaquettes pétris d'Orbitolines. Ces calcaires, qui diffèrent, tant pour la couleur que pour la composition minéralogique, des précédents, sont les mêmes que ceux que nous avons signalés dans plusieurs des diagrammes précédents^ et ils occupent exactement le même niveau strati graphique que ceux que nous avons signalés le long de la côte, à la hauteur de Rouquette (fig. 1), des Âbattuts (fig. S), de Saint-Obre, (fig. 5), des Quarante (fig. 7), et surtout à Traou-Millère, auprès d'Armissan (même figure). Ces couches plongent sous les dépôts tertiaires de ce côté de Ttle, et sont en stratification discordante avec eux.

Nous avons eu occasion d'observer déjà que la zone supérieure qui nous occupe était surtout visible dans Test de la Clape : c'est là en effet qu'elle offre son plus grand développement ; dans la partie ouest, la dénudatiou a enlevé des portions considérables de ces couches à Orbitolines, portions tellement importantes, que parfois il n'en reste plus aucune trace ni aucun vestige.

M. d'Archiac a étudié en plusieurs points les assises que nous rangeons dans une zone supérieure aux calcaires compactes, et il les place toujours dans un étage inférieur. Ainsi, en parlant des assises situées à Test de la figure 9, il dit :

<i Ces assises de Tétage inférieur plongent au N, 0., sous

62 F. CAIBOL.

» les escarpements abrupts formés par les calcaires corn- » pactes, et à leur séparation se montre l'assise de calcaire jaune » marneux déjà mentionnée plusieurs fois à ce niveau. »

FiG. 9. — Coupe de Gapitoul à Tintaine.

Échelle. — Longnear, i/00000* ; hauteur, 1/10000*.

\Fla^e'

w/mm

(Pour la lég«nde, Toyes la figure 1.)

Or, les couches à Orbitolines ne passent pas au-dessous des escarpements abrupts, mais butent contre eux et contre le calcaire jaune marneux qui sert de base aux premiers.

Notre savant devancier n'a pas aperçu la faille importante qui règne en ce point et qui se continue plus au nord, comme nous le disions tout à Theure.

Du reste, dans Tabrupt que figure notre coupe et à la gauche de l'observateur tourné vers la mer, on aperçoit une faille de quelques mètres dans l'épaisseur des calcaires compactes et des calcaires jaunes qui les supportent : ce fait corrobore une idée qui nous a frappé, à savoir, que des failles de peu d'importance ont pu affecter les vastes plateaux de Figuières (plateaux inférieurs), et faire croire ainsi à une épaisseur des couches plus grande qu'elle n'est en réalité.

Au pied des escarpements dont nous venons de parler, on remarque des cavités circulaires d'une certaine étendue, de 10 à 12 mètres de profondeur, ouvertes dans les calcaires à Orbitolines et représentant assez bien un ancien cirque entouré de gradins ruinés.

Quand on suit la route qui va de Gruissan à Notre-Dame des Auzils, au point où la route, d'abord droite et se dirigeant vers le nord, fait un coude pour contourner ces abrupts, on a le premier de ces cirques à gauche.

TERRAIN CRÉTACÉ INFéRIBUR DE LA CI.APK, ETC. 65

M. d'Ârchiac parle de l'origine problématique de ces fonds ; car, dit-il, il n'est guère possible de les regarder comme d'anciennes carrières.

Mais il nous semble qu'ils sont dus à une cause torrentielle. L'eau du plateau s'écoule par une espèce de gorge dans la plaine et tombe par cascades, entraînant dans ce trou des blocs assez gros de calcaire compacte ; il pourrait donc s'être produit ici ce que l'on voit au bas de certaines cascades, c'est-à-dire des excavations circulaires.

Cette opinion, qui paraîtra peut-être un peu hasardée, nous a été suggérée par l'inspection des lieux.

Quoi qu'il en soit de leur origine, le Fond de ces dépressions est cultivé : la vigne, l'olivier, l'amandier, le figuier et d'autres arbres fruitiers en garnissent les parois, et elles constituent trèsbien des oasis en creux, au milieu d'une plaine de pierres complètement dépourvue de végétation.

La coupe de la figure 9 présente, à l'est de Pierre-Droite, un plateau calcaire dont les bancs sont sensiblement au même niveau orographique que les assises marneuses et argileuses ; mais on n'a pas ici un niveau inférieur de calcaire passant audessous des couches de la pente et du vallon de Pierre-Droite, pas plus qu'à Figuièreset à Ramade : en effet, la continuation delà coupe montre, plus à l'est, ces calcaires reposant sur les mêmes couches que dans la pente dominée par le mur calcaire, à l'ouest de la métairie.

C'est tout simplement par faille que ces assises se trouvent en contact, de même que les assises de la zone supérieure avec celles de la zone moyenne, plus à l'est.

Les failles ont joué un rôle très-important dans cette petite région, comme on l'a déjà vu et comme nous le montrerons encore plus en détail, en parlant des phénomènes qui ont imprimé à cette contrée son relief actuel.

M. d'Ârchiac, en parlant des couches qui avoisinent Saint- Obre, dit : » On remarque une dépression à l'ouest de laquelle » les couches se relèvent vers l'escarpement des calcaires com- » pactes à Caprotines, de sorte qu'au pied de ce dernier on a

6& F. CAIROL.

» une autre dépression de part et d'au Ire de laquelle les strates » plongent en sens inverse. »

Or, ces deux systèoies, que M. d'Archiac fait passer l'un au-dessous de l'autre, ne se trouvent en contact que par faille, et c'est à cette faille qu'est due la discordance que l'on observe dans l'inclinaison des strates.

Un peu plus loin M. d^Archiac, faisant allusion aux calcaires compactes que Ton observe sur la côte, et dont nous avons parlé dans nos coupes 3 et 5, dit: « Sur ce dernier point, on observe » des bancs de calcaires compactes noirâtres, à cassure ûnement » esquilleuse, d'un aspect trappéen, très«durs et très-tenaces, » subordonnés à l'assise inférieure. »

Ce savant géologue, plaçant le système de calcaires et argiles à Orbitolines dans son étage des marnes néocomiennes, devait évidemment en faire autant pour ces calcaires qui leur servent de base.

C'est bien ici que M. Coquand aurait, à coup sûr, signalé une récurrence, et j'avoue (jue l'illusion est telle ; mais un examen sérieux des faits conduit à des conclusions bien différentes.

DEUXIÈME 6R0CPE.

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