C. C«le«ira Iteottre de Sigean i Tertiaire
M. J. Marne* jauoeB et cale, subordonnés *
S. Sebistes noire dénudés dn ganlt.
G. Grès bninâtrra aTW AmnunUItt MilUtiamu, (Voyez la fi(pue 1 pour les autre* indications.)
U figure 1 & donne le détail des couches que Ton traverse de la plaine]de Sigean, au nord, jusqu aux Cabanes, au sud. C'est la coupe de la vallée de la Murelle de M . d'Archiac.
Les dépôts tertiaires que nous signalons dans cette coupe sont les mêmes qui, à partir de la rive droite de la Berre, au sud de Portel, recouvrent des calcaires gris compactes à Réquiénies.
Ces calcaires forment un immense plateau limité à l'ouest par la métairie de Gléon, par Villesèque et Fraisse, et à l'est par la
vallée de Sigean. Â la hauteur de MoDtpezat,on peut se rendre compte de la véritable place à donner à ces calcaires ; car ils reposent sur des calcaires jaunâtres marneux et sur des marnes remplies d'Huitres, véritable banc correspondant à notre D* 6 de la Clape.
Nous y avons trouvé XOstreaAquila^ V Echînospatagus Collegtiii, le Terebratula sella, le Corbis corrugata, fossiles que nous avons trouvés partout, à la base de ces mêmes calcaires compactes à Réquiénies.
C'est ici que Ton trouve en contact avec ces calcaires marneux des cairâires marneux gris avec des nodules endurcis, et que M. d'Ârcbiac a réunis à son étage inférieur des marnes et calcaires néocomiens, alors qu'ils appartiennent au contraire à un étage supérieur aux calcaires compactes eux-mêmes, comme nous allons le voir.
Parlons d'abord de notre coupe, puis nous rapprocherons celle de M. d*Archiac pour en faire saisir plus facilement la différence. En suivant la route de Sigean à Lapalme, on foule aux pieds une série de calcaires marneux, de marnes blanches, d'argiles et de poudingue grossier, qui appartiennent à Tépoque tertiaire et qui ont été déposés dans un vaste lac que l'on pour* rait appeler lac de Sigean et de PorteU Ce lac communiquait trèscertainement avec le lac de Narbonne, puisque nous avons vu k la Clape ces mêmes couches reposer en discordance de stratifié cation sur les couches du terrain crétacé.
Au point où commence notre diagramme, on voit très-bien cette superposition des marnes jaunes du calcaire lacustre et du poudingue à éléments grossiers au-dessus de couches secondaires.
La discordance de sIratiOcation est très-sensible en ce point, car les premières couches ont une inclinaison de 8* à 10*, tandis que les secondes ont plus de 30* de pente vers le nord."
Il est donc très-probable qu'à l'époque tertiaire à laquelle correspondent ces dépôts, les couches S formaient falaise contre laquelle venaient battre les flots du lac tertiaire.
L'érosion avait^exercé ses effets en ce point avant cette même
96 V. CAIBOL.
époque, ainsi que les failles, puisque les couches sont beaucoup plus redressées et que la ligne de contact qui sépare les couches tertiaires des secondaires est ravinée et présente dans la tranchée de la route, de chaque côté de celle-ci, des sinuosités quelquefois assez profondes.
Au télégraphe, apparaissent des schistes noirs dénudés et ravinés, comme nous l'indiquons dans la légende de laQgure 1&.
Ces schistes argileux renferment des bancs de grès rouges ferrugineux et brunâtres, que Ton foule aux pieds jusqu'au Rieu. Ces grès sont très-peu solides, fendillés, se délitant en petits fragments.
Immédiatement après le ruisseau, on voit des calschistes avec des grès brunâtres, qui paraissent être les mêmes que les précédents.
Mais ici la brusque inclinaison des couches vers le sud, inclinaison contraire à la précédente, que nous avons dit être dirigée vers le nord, nous porte à croire qu'il y a une faille dans laquelle passerait le ruisseau du Rieu.
Quant a la direction des couches, elle était, au delà du ruisseau de 40^ à 45*^ N. N. E., et en deçà elle est de 2.V à âO* S. S. 0.
Ces grès ferrugineux et ces calschistes supportent des argiles schisteuses noires qui doivent être les mêmes que celles que nous avons vues en contact avec les couches tertiaires.
Ces couches sont extrêmement ravinées, et en certains points ce n'est qu'avec peine qu'on peut gravir la pente qui conduit à la base des escarpements que nous figurons au sud de notre coupe.
Il nous reste à dire de quel âge est tout ce système ondulé d'argiles schisteuses noires, degrés ferrugineux, qui occupent le fond de la vallée du Rieu (la iMurelle de M. d'Archiac).
Les argiles noires, que Ton peut très-bien étudier dans le ruisseau du Rieu et que nous avons suivies jusqu'à l'étang de Sigean, renferment un certain nombre de gâteaux ferrugineux formés de couches concentriques et peu épaisses : ces gâteaux n'ont pas de consistance et sont loin de résister sous U) marteau comme
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ceux du terrain silurien de Gabrières et du devonien de Laur rens, dans THérault, dans lesquels on trouve, soit des Trilobites, soit des Orthocères.
Quoique très- fendillés souvent à la surface, ces gâteaux secondaires permettent de voir des empreintes d'Ammonites parfois assez grandes, qui nous ont donné quelques échantillons déterrainables de \ Ammonites Milletianm^ d'Orb., du gault.
Nous y avons trouvé aussi le Plicatula radiala, Lamk, du môme étage.
Il faut remarquer ici que ces deux fossiles ont été signalés dans le sous-étage aptien, notamment dans les grès durs (aptien supérieur) de la perte du Rhône et dans Taptien de Sainte- Croix.
Nous faisons cette remarque pour faire voir que le gault a des fossiles communs avec le sous-étage aptien de l'étage néo- ' comien, et qu'il doit plutôt être classé dans le crétacé inférieur que dans les upérieur.
Si l'on ajoute à ce fait celui de la discordance constante entre le gault et le crétacé supérieur des Corbières et sa concordance avec le néocomien, on comprendra le rapprochement qu'ont fait certains auteurs du gault et du crétacé inférieur.
Du reste, la composition minéralogique et le fades extérieur de la roche, ainsi que ses allures et ses relations avec les calcaires compactes dont nous allons parler, ne nous permettent pas de douter un seul instant que l'âge de ces couches soit bien celui du gault, doute qui cesse à la citation seule des fossiles que nous avons nommés plus haut.
M. d'Archiac rapporte ces couches du gault à son étage néocomien ; il fait alors de la vallée de la Murelle une vallée de soulèvement, laissant de côté la faille que nous figurons dans le ruisseau de Rieu» et après le thalweg, comme il le dit, ces couches semblent plonger au sud, sous les calcaires gris noirâtre plus ou moins foncé, qui, de ce côté, bordent la vallée par un escarpement vertical et constituent tout le plateau situé au delà.
Quant aux auteurs de la Carte géologique de France, qui classent ces assises dans la formation jurassique, et à M. Leymerie,
68 F. CAIROL.
qui suit leur exemple sur sa carte, nous n'avons pas besoin de dire que leur erreur est encore plus grave que celle de M. d'Archiac. Nous n'insistons pas sur ce point, nous nous contentons de le signaler.
M. d'Ârchiac dit, en parlant de ces couches : « Au premier » coupd'œil, on est frappé de la ressemblance des marnes noires » précédentes avec celles de la vallée de Caudiès, de Quillan. etc., » et de l'analogie des calcaires du plateau avec les calcaires à i> Caprotines du même pays. »
Il ne manquait à M. d'Archiac, pour signaler la vérité en ce point, que de trouver les fossiles que nous avons cités, et de voir la faille qui met en contact les couches du gault avec celles de Taptien.
Il ajoute plus loin : « Sans doute ces couches diffèrent ici » très-notablement de Tétage néocomien de la Clape ; mais il est » probable que ce n'est qu'une modification de ses assises infé- » rieures. »
Comme nous le voyons, ce n'était pas sans quelque doute que notre illustre devancier classait ces couches dans son étage néocomien.
Nous verrons, du reste, que M. d'Archiac lui-même viendra à notre aide pour prouver que les calcaires à Caprotines dont nous allons parler sont bien les mêmes que ceux de la Clape, et ne forment point un niveau supérieur aux couches du gault, comme le voudrait établir, nous le croyons ainsi, M. Magnan.
La deuxième faille de notre coupe met en rapport le gault avec lesassises 5, 6 et 7 de notre zone inférieure. Tantôt c'est avec la couche marneuse, tantôt avec l'une des deux autres, suivant que la faille a été plus ou moins grande, ou que ladénudation a agi avec une intensité plus ou moins forte.
Les calcaires compactes forment un vaste plateau rocheux et dénudé qui s'étend jusqu'à l'étang et à la plage de la mer, en sMnclinant peu à peu depuis l'altitude 1 1 A m. jusqu'au niveau de l'eau.
Ce calcaire est d'un gris noirâtre plus ou moins foncé et toujours très-dur.
▲RTICLB M* 2.
TERRAIN CRÉTACÉ INFÉRIEUR DBS CORBIÉRES. 99
Nous ne pouvons admettre que l'on fasse passer les couches du gault au-dessous des calcaires compactes dont nous parlons, alors surtout qu'on admet que les premières sont bien d'un âge supérieur à l'aplien et qu'on les range même dans Talbien.
En effet, nous avons trouvé dans les assises de calcaires marneux schistoïdes, gris jaunâtre, qui servent de base aux calcaires compactes, des fossiles qui sont les mêmes que ceux que nous avons trouvés à la Clape, au -dessous de ces mêmes calcaires.
11 faut donc nécessairement admettre la présence d'une faille qui met en contact ces couches d'âge bien différent.
Voici, du reste, à l'appui de notre assertion, un passage de M. d'Ârchiac qui corroborera notre manière de voir : a Dans le » dessin qui représente une vue de celte vallée (la Murelle), prise » au pied de la butte de Saint-Martin, on voit à droite le village » de Roquefort adossé à un escarpement rocheux de calcaires » à Caprotines très-durs, d'un gris clair foncé, ruinifornies, à » cassure inégale et raboteuse ; au-dessous et formant les talus, » a£Qeurent des calcaires marneux scbistoïdes, avec Orbitolina » conoidea^ Echinospatagus Leymerii (1), Corbis corrugata^ » Exogyra sinuata, Terebratula prœlonga.
» Cette couche représente la première assise de l'étage néoco- » mien de la Clape. »
Comme on le voit, il est impossible de nier l'existence de notre faille etd'attribuer ces calcaires compactes à Caprotines à l'étage du gault, comme le voudrait M. Magnan. Nous avons indiqué, du reste, plus haut cette superposition des calcaires compactes au-dessus de ces couches fossilifères à Ostrea Aquila, à la hauteur de la métairie de Montpezat. Ces calcaires compactes de Montpezat s'abaissent progressivement, sans discontinuité, jusqu'à la mer, et nous ne comprenons pasqu'admettanllespremierscomme supérieurs aux couches aptiennes à Ostrea Aquila^ on veuille
Intercaler les secondes dans le gault, en les faisant reposer sur les couches noirâtres et ferrugineuses à Ammonites Milletianus du gault.
(1) VEchinoupatagus dont il est question ici doit être classé dans l'espèce CoUegnii que nous avons trouvée nons-même dans cette tallée.
100 W. CAlHOi..
Dans son dernier mémoire, M. Magaan rectifie son ancienne manière de voir à propos des calcaires compactes du plateau du fer à cheval. Nous sommes heureux de voir que, au moins en ce point, il s'est rangé de notre avis. Il y a quelques mois, en discutant sur ce fait, à Toulouse, avec ce géologue, il prétendait que ces calcaires faisaient partie de son alhien moyen, comme les calcaires du massif de Mont-Peyrou et ceux de la tour de Tautavel. Espérons que plus tard, après de nouvelles observations, notre confrère se rangera à notre sentiment pour les autres points sur lesquels nous sommes en désaccord, sentiment que nous croyons seul conforme à la vérité des faits.
Des dénudations, postérieures au dépôt tertiaire, sont venues agir dans cette vallée, dont quelques collines sont couronnées par le poudingue tertiaire, alors que les collines elles-mêmes sont formées par les schistes du gault. Les failles qui ont affecté les couches d'assises différentes dans celte vallée ont agi également sur les bancs du calcaire à Caprotines du plateau de Montpezat.
Le grand développement que parait atteindre ce calcaire, dans les montagnes situées à l'ouest de cette vallée du Rieu, résulte, comme nous le dirons en son lieu et place, de brisures multipliées que ces calcaires ont subies, et non , comme on a pu le croire, d'assises calcaires sortant de dessous les unes des autres, comme les tuiles d'un toit.
Les calcaires compactes de Roquefort qui constituent le fer à cheval et le plateau des Trois-Fontaines s'abaissent au nord, à Test et au sud.
Ils bordent la route de Sigean à la Nouvelle, et de Perpignan à Béziers, ainsi que Tétang de Lapalme.
Leur épaisseur, dans ce plateau, n'est pas considérable, grâce à l'érosion qui, en certains points, a entratné des blocs entiers le long de la pente douce qui conduit à la mer. Ces calcaires sont pétris de Réquiéuies, en certains bancs ; ce qui se rapporte trèsbien, du reste, à ce que nous avons vu à la Glape, à savoir, que la base de cette assise était constituée par une sorte de lumacbelle.
▲RTIGLI n* 2.
Ces calcaires ont été employés dans la construclïôj? de la digue du chemin de fer de Narbonne à Perpignan. ;..'
En quelques points, ils ont été exploités comme nîàrh'c, et offrent même parfois des nuances assez belles; mais les" bancs à Tabri du contact des agents atmosphériques ne sont pas asise^ épais pour permettre une exploitation rémunératrice.
FiG. 15, — Coupe de la garrigue de PcriUos à Salses.
Échella. — LoDgaeur/l/lîOOOO»; haatenr, 1/30000'.
•34^ ko$
\Pa%llos
ChatôOJUy é'OpauV
Opoul/ i5a
Majf De^otott
Saises
Le mémoire de M. Magnan, dont nous parlions tantôt, nous engage à donner ici une coupe fort intéressante, qui suit la môme direction que sa coupe des massifs d'Ëmbres et d'Opoul,et qui est sensiblement différente de la sienne.
En partant de Salses, au S. Ë. on foule la série suivante :
D'abord ce sont des traces de marnes jaunes et calcaires à fossiles aptiens, Ostrea Aquila, etc. Une faille met ces marnes en contact avec les calcaires à Réquiénies qui reposent au N. 0. sur les assises de la zone inférieure. Une deuxième faille met encore cette dernière en contact avec le n° 7, qui repose encore sur elle plus au N.; après cela, troisième faille, et plateau formé par le calcaire compacte.
Une quatrième faille se voit au mas Desclots, avec vallon dans les marnes de la zone inférieure, plateau calcaire, et plus au nord combe marneuse; puis vient une cinquième faille avec un plateau qui domine la vallée d'Opoul au S. E. Cette vallée est aptienne et non albienne, comme le dit M. Magnan; en outre, tout ce qu'il désigne sous l'indice Qn n'est pas du néocomien et n'est pas inférieur au système marneux, puisque au contraire il repose dessus. Nous en dirons autant pour la partie ouest de notre