‹ Annales des sciences géologiques (volume 4)Chapitre 21 sur 69 · OROGRAPHIE · texte numérisé non relu

OROGRAPHIE

Le terrain crétacé inférieur constitue, dans les Corbières, les chaînes de niontajçnes de Fontfroide. de Montpezat, de Périllos, de Saint-Antoine de Galamus, de Lesquerde et d'Aijçuebonne, et enfin la vallée deMaury, de Saint-Paul jusqu'à Quillan.

Fontfroide. — Celte chaîne se trouve à l'ouest de la chaîne de la Clape, au delà de Tétang de Bages et do Sijean ; elle est orientée comme la première, N. Sô"" E. à S. 35"" 0. Ce nom lui vient de l'ancienne abbaye construite dans une de ses gorges. Cette chaîne est formée aussi de roches appartenant au terrain crétacé supérieur.

Le terrain crétacé inférieur est limité en ce point, à l'ouest, par le bois de Loumet et celui du Vicomte; au sud, parla route de Portel ; à Test, par les collines de Peyriac de Mer et de Bages; au nord, par les collines du crétacé supérieur et la route de Narbonne àThézan. Cette chaîne est en général aussi aride que celle de la Clape, et ne s élève guère plus au-dessus du niveau de la mer : sa cote la plus élevée est à 290 mètres.

Montpezat. — La chaîne de ce nom se trouve au sud de la précédente et commence à Portel , où elle est limitée, au nord , par les collines de tertiaire lacustre avec gypses exploités en ce point.

Cette chaîne se continue avec la suivante, celle de Périllos, et forme à l'ouest de grands abrupts limités par les villages de Gléon, de Villesèque, de Durban, de Saint-Jean de Barron, de Fraisse, d'Embres, et les métairies de Nouvelle, deDonneuve. Elle est limitée au nord par la rivière de Berre, la plaine de Sijean, les étangs de Sijean, de Lapalme et de Salses, par la plaine de Rivesaltes ainsi qu'au sud.

Cette partie des Corbières est plus élevée que les chaînes pré«

8& V. €A.lROL.

cédenles, puisqu'on atteint les cotes 36& sur le plateau de Villesèque , lilik sur le plateau de Fraisse» et jusqu'à 708 au signal de Périllos. Mais la chaîne est inclinée fortement vers la mer à l'est, et, en certains points, la roche vient mourir sous les eaux des étangs.

Plusieurs cours d'eau coulent de ces montagnes, entre autres la rivière de Berre, qui va se jeter dans Tétang de TAute ; l' Agly, qui se jette dans la mer au sud du port de Saint-Laurent.

Ces montagnes sont plus arides que celles de Fontfroide et de la Clape ; car les vallons sont beaucoup plus rares, et par suite la culture bien plus difficile.

Saint-Antoine de Galamus etLesquerde.'^ Vallées deMaury^ de Saint- Paul et de Caudiès. — Cette vallée, dans laquelle sont construits les villages de Maury, de Saint-Paul et de Caudiès, occupe une longue surface ondulée dont la largeur est très-faible ; elle est bordée par deux crêtes rocheuses taillées à pic : au nord, c'est la chaîne de Saint-Antoine de Galamus, la plus élevée, et au sud celle de Lesquerde et d'Aiguebonue.

L'Agly, dont nous avons parlé, traverse celte vallée et reçoit, au sud de Saint-Paul, laBoulsane. Cette rivière traverse perpendiculairement la chaîne de Lesquerde par une fente étroite à parois verticales ou surplombantes. Les caractères de la plaine et ceux des crêtes rocheuses qui la bordent au nord et au sud sont complètement différents, soit dans leur composition, soit dans leur structure, soit dans leur relief.

C'est dans ces chaînes que le relief est le plus marqué. Du côté du Quillan, en effet, on atteint jusqu'à 1294 mètres d'altitude. Un des points les plus saillants de la chaîne de Saint- Antoine, est le pic de Bugarach, dont le massif s'élève brusquement au-dessus de toutes les collines environnantes. Il atteint 1231 mètres d'altitude.

C'est un des principaux points géodésiques de la triangulation de la France, et le méridien de l^Observatoire de Paris passe à peu de distance de ce point.

La chaîne de Lesquerde est en général parallèle à celle de Saint-Antoine de Galamus^ et présente les mêmes caractères de

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roches nues et arides : elle commence à s'élever de dessous la plaine de Rivesaltes, et \a en s'élevant progressivement jusqu'à la rivière d'Aude, près d'Axat, où elle atteint sa plus grande hauteur.

Ces chaînes présentent en certains points des sites extrêmement pittoresques : tels sont ceux de la Pierre-Lis, que Ton trouve en suivant la route de Quillan à Caudiès, et les gorges de Saint-Georges, en allant d'Axat à Sainte-Colombe. Ces défilés sont très-étroits, puisqu'on ne voit que la route et la rivière d'Aude, et ils sont dominés par des murailles taillées à pic de rochers arides.

Notre champ d'exploration étant borné à Touest par la rivière d'Aude, nous ne dirons rien des montagnes élevées qui dominent Quillan. Toutefois nous devons mentionner les collines élevées et ondulées, dont quelques-unes ont la forme d'un immense pain de sucre, qui les fait ressembler à de petits Puy de Dôme s'élevant au-dessus de la plaine environnante. La nature du sol, la structure et la couleur elle-même, les différencient à la simple vue des montagnes arides qui bornent l'horizon à Touest.

STRATIGRAPHIE DES CORBIÉRES.

Nous divisons le terrain crétacé inférieur des Corbières en quatre parties bien distinctes l'une de l'autre au point de vue stratigraphique.

Les trois premières sont les mômes qu'à la Clape, c'est-àdire en allant de bas en haut :

Zone inférieure des marnes et calcaires à Orbitolines.

Zone moyenne^ ou calcaires à Réquiénies.

Zone supérieure des calcaires à Orbitolines.

Ces trois premières zones constituent notre premier groupe de la Clape (néocomien supérieur, Hébert, aptien, d'Orbigny).

La quatrième est représentée par des couches de grès ferrugineuœ, des schistes noirs et des calschistes bruns appartenant au gault. C'est le deuxième groupe de notre première partie*

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Nous avons déjà vu, daiisThistoriquede ce travail, les conclusions adoptées par nos savants devanciers qui se sont le plus occupés de ces montagnes des Corbières.

Nous avons dit que M d'Archiac ne voyait, dans les Corbières comme dans la Clape, que deux étages désignés sous les noms de calcaire compacte à Caprotines pour le supérieur, et sous celui de marnes et calcaires néocomiens pour Tinférieur.

Cet éminent géologue ne voyait donc, ici encore, qu'un seul niveau de calcaires à Réquiénies, qui représentait le terme le plus élevé de la série du crétacé inférieur. Pour lui, il n'y avait point de zone supérieure à Orbitolines ni de gault.

Quant à M. Magnan, il n'en est pas ainsi ; daus ses conclusions (1), ce géologue admet trois niveaux différents, commeàge, de calcaires à Réquiénies.

Le premier, qu'il considère comme le terme le plus bas de la série crétacée, serait l'équivalent et le représentant du véritable néocomien de d'Orbigny et du néocomien inférieur de M. Hébert.

Le second serait intercalé dans des coucbes renfermant une faune sensiblement aptienne. Cet étage est pour lui l'équivalent du néocomien supérieur (urgonien de d'Orbigny, néocomien moyen de M. Hébert) et du véritable aptien de d'Orbigny (néocomien supérieur de M. Hébert).

Le troisième enfin serait transporté en plein gault, et constituerait son albien moyen. Voici, du reste, ce que nous lisons dans le compte rendu de la séance du k décembre 1871, à la Société géologique de France (2) : a M. Garrigou présente un grand mémoire de M. Magnan sur la constitution géologique des Pyrénées et des Corbières, mémoire dont il donne une courte analyse. M. Magnan s'est attaché à montrer surtout la puissance et le développement du terrain crétacé dans ces régions montagneuses. Il y reconnaît dans les assises inférieures le néocomien, l'aptien et le gault ou albien. Il appuie ses observations sur

(1) Comptes rmdus de r Institut, — BulL de iaSoc, géoL, U XXIX, p. 46,

(2) Bévue scientifique, 30 décembre 1871, p. 639.

TE&RAlIf CRÉTACÉ INFÉBIBUR DES COEBIÈRBS. 87

des caractères stratigraphiques et paléontologiques nombreux. Il s'étend surtout sur l'albien, dont la présence avait été contestée par M. Leymerie, et il donne à cet étage une puissance de 2000 mètres environ. M. Magnan maintient que les calcaires à Réquiénies existent dans chacun des trois étages. Il se trouve sur ce dernier point en contradiction avec M. Hébert, qui n'avait reconnu qu'un seul niveau de Réquiénies dans les Pyrénées.

» M. Hébert dit à ce sujet, qu'il a combattu la récurrence des calcaires à Réquiénies citée par M. Coquand à la Bédoule, et qu'il n'a vu qu'un seul horizon de ces calcaires dans les localités qu'il a visitées, mais qu'il n'a pas voulu étendre cette opinion à toutes les autres régions. »

Parlant alors d'une courte note que notre savant maître pré* sentait de notrepartà la Société, il ajoute : «Toutefois un travail de M. Cairol montrerait que là aussi il n'y a qu'un horizon de calcaires à Réquiénies, et que c'est par suite de failles qui ont échappé à M. Magnan que cet observateur aurait conclu à Texis* tence de trois horizons distincts. »

Nous regrettons bien vivement que le mémoire dont il est question ne soit pas encore livré à la publicité; nous aurions pu mettre en parallèle quelques-unes des coupes de notre devancier avec quelques-uns de nos diagrammes, afin que les géologues pussent mieux juger de la valeur plus ou moins grande de nos observations et de nos conclusions.

Cependant deux coupes publiées par M. Magnan nous permettront de dire en quoi nos observations sont discordantes, et les raisons qui nous ont fait adopter notre manière de voir.

Nous devons dire, pour qu'on ne nous taxe pas d'avoir eu une idée préconçue, qu'après l'examen de la Clape, où nous n'avions pas vu la superposition des couches crétacée, au-dessus du ter* rain jurassique, et après la lecture des travaux de Dufrénoy et de M. Magnan, nous nous attendions à voir la série des coucbes de la Clape reposer sur des calcaires compactes que Dufré-nôy regardait comme le terme le plus bas de la série crétacée. Voici ce que dit à ce sujet ce savant ingénieur (1) : « On voit

(1) Mémoire pour servir à une deictnpiion géologique delà France y t. H, p. 76, AMH. se GiOU UI, 10. — jhRT. H* 2.

88 F. €i%lR#L.

)> quelquefois au-dessous des couches à Gryphées un calcaire » gris bleuâtre, tantôt compacte et esquilleux, tantôt saccha- » roïde, qui porte tous les caractères minéralogiques des maria bres de transition. Ce calcaire, qui forme constamment des » espèces de murailles verticales, ne se montre au jour que » par suite de redressements considérables. On le voit au » pied du pic de Bugarach, et il constitue une suite d'cscar- » pements très-remarquables, au pied desquels coule la Gly, » depuis les environs de Caudiès jusqu'au delà de la tour de » Tautavel. Ce calcaire, lorsqu'il est entièrement cristallin et qu*il p passe à un véritable marbre statuaire, comme près d'Estagel, » est sans corps organisés; mais, dans quelques cas, il contient )» un assez grand nombre de corps irréguliers dont le test est » transformé à Tétat spalhiqne noir. Ces fossiles, qui paraissent » avoir éprouvé de grandes altérations, appartiennent, soit à des » Dicérates,soitàdesHippurites, de manière que, malgré la dfi- » fércnce de structure du calcaire, tout nous conduit à le regarder » comme appartenant au terrain de craie. Cette supposition est » d autant plus probable, que Ton trouve quelquefois au-dessous » de ce calcaire à Dicérales des indices de lias et que les fossiles u sont entièrement différents. La structure cristalline de ces cou- » cbes inférieures du terrain de craie est due probablement à la «.proximité du granit, qui se montre de tous côtés au jour et y> qui forme quelquefois des filons puissants dans le calcaire.

» Au point de contact de ces deux roches, le calcaire , souvent » à Tétai de dolomie, est pénétré de minerai de fer de différentes » natures (spathique, oligiste, hématite brune) ; c'est presque » constamment à une circonstance analogue que sont dus les » minerais de fer de cette extrémité orientale des Pyrénées. »

D'autre part M. Magnan avait dit : « Les calcaires compactes

» du néocomien qui constituent les chaînes parallèles de Saint-

»' Antoine de Galamus et de Lesquerde reposent, au col du Bré-

>) zou, sur les dolomies fétides et les brèches foncées de Toolithe :

. » leur épaisseur est de 400 mètres. »

Nous étions donc à peu près sûr de trouver dans les Corbières ce calcaire à Dicérates de Dufréuoy, ce calcaire à Réquiénies du

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XBRRÂIN CRÉTACÉ INFÉRIBCIR DES CORBIÈRES. 89.

terrain néocomien de M. Magnan, formant la base du terrain crétacé ; mais, à mesure que nous avancions dans l'étude de ce pays, cette idée, nous disons presque fixe dans notre esprit, s'évanouissait peu à peu, et nous sommes, en On de compte, resté ' bien convaincu que nous n'avions aiïaire, ici comme à la Clape, qu'à un seul niveau de calcaires compactes, et que ce calcaire ne formait point le terme inférieur de la série néoconiieune.

Des failles delà plus haute importance, qui avaient échappé à M. Dufrénoy et à M. Magnan, ont pu seules, à notre avis, les induire à conclure que le contact des calcaires avec le terrain jurassique était normal. Mais nous montrerons plus loin que ce contact est au contraire très-anormal , qu'il n'est dû qu'à des failles, et nous ferons voir, en outre, que le terrain jurassique se trouve en contact direct, non pas avec ce calcaire, mais avec une série de marnes et de calcaires tendres qui sert de base et de support à ces grandes murailles calcaires dont parle Dufrénoy, et qui seraient alors notre véritable et seul calcaire à Réquiénies.

Nous allons entrer dans le détail d'un certain nombre de coU' pes qui établissent clairement le véritable rapport des couches du terrain crétacé inférieur des Corbières entre elles d'abord, et ensuite avec le terrain jurassique et avec le crétacé supérieur.

CHAINE DE FONTFROU)E.

M.d*Archiac,dans sa coupe de Fontfroide, représente les cou-: ches du crétacé inférieur reposant, par suite d'un renversement considérable, sur les couches du crétacé supérieur; mais il n'en est rien : les premières sont en contact par faille avec lessecondes, et l'on peut élever, à partir de ce point nord du diagramme, la coupe suivante.

Les couches désignées par les lettres C. S. appartiennent à la zone à Hippurites coimu vacdnum du ci'étacé supérieur, qui butent en faille contre des marnes argileuses avec lits de nodules endurcis appartenant à la zone inférieure d'Orbitolines«

Cette assise c diffère essentiellemeut de la précédente, par sa

90 r. CAIH^L.

structure iiiinéralogique et par son inclinnison beaucoup plus accentuée vei-s le sud .

Viennent ensuite des calsnhistes d'une épaisseur assez faible, supportant des argiles d'un bleu foncé.

l'ic. 13. — Coupede Foatfroide.

r'.r. r-iht. '

Danrtiu >iiiii«,plH« de li :t.p..

mnbnniai OrkiulÎH

Vient ensuite une série de culschistes noirs, de schistes de la même couleur, avec des lits de nodules ; des marnes argileuses jaunes, des calcaires pétris d'Orbitolines, les mêmes que celles que nous avons signalées à la Clape, Orbitolina conoidea et 0. ^scoidea ; des calcaires et des marnes argileuses avec Ostrea Aquila et Orbilolines ; des calcaires marneui jaunes correspondant comme horizon strati graphique au calcaire jaune rempli d'Huîtres, et qui à la Clapc sert de piédestal aux calcaires compactes à Réquiénics.

Toute cette série, qui a environ une centaine de mètres de puissance et qui a une inclinaison de plus de 70" vers le sud, appartient à la zone inférieure d'Orbitolines.

Les fossiles que nous y avons trouvés, Oslrea Aquila, Corbia rorrt/gata, Orbitolina conoidea et discoidea ; sa position stratigraphique au-dessous des calcaii'es cornpactes]^à Réquiénies, son contact par faille avec le crétacé supérieur, ne nous permettent pas d'en douter. Si nous ajoutons à ces raisons la présence d'un nuuibre considérable d'Orbitolines dans les couches 8, 9 et iO de noire diagramme, qui sont supérieures au calcaire à

ARTICLE K" i.

TBRBAIN CRÉTACÉ INFÉBIRUH DES CORBIÈRES. 91

Réquiénies, comme à la Clape, nous ne pourrons pas ajouter foin un renversement des couches, comme le voudrait M. d'Archiac. Et toutes ces raisons, ajoutées à la présence de la faille, sont bien de nature à faire ouvrir les yeux aux géologues qui, ajoutant quelque créance à l'assertion de M. d'Archiac, partent de lii pour appuyer quelques-unes de leurs suppositions.

M. Hébert, à qui nous faisons allusion ici, parlant des calcaires compactes que M. d'Archiac donne comme supérieurs aux calcaires à Ostrea Aquila^ dit : « Si ces calcaires sont, comme il » semble, les bancs à Caprotina LonsdaUi^ alors nécessairement » il y aurait renversement dans les localités où cette disposi- » tion relative se montre. »

a Quelques-unes des coupes, ajoute-t-il, données par M. d'Aria chiac montrent que ce renversement des couches n'est pas rare » dans les Corbières. Prenons pour exemple la colline de Font* D froide, où Ton voit une longue succession de couches. Les plus » récentes sont sous les plus anciennes, renversées de 150 degrés, ]> tandis que ces dernières ne le sont que de 100 degrés. »

S'appuyant sur la coupe de M. d'Archiac, M. Hébert dit: i"" qu'il n'y a pasde calcaire à Caprotines entre les calcaires marneux à Ostrea Aquila et le terrain crétacé supérieur ; 2"" que les calcaires il Osirea Aquila ne renferment point ici d'Orbitolines ; i!" qu'au-dessous des calcaires marneux du néocomien supérieur se trouve une masse considérable de calcaires compactes qui pourraient fort bien être les calcaires à Dicérates de Du* frénoy, qui seraient alors dans leur position normale. «Que l'on n suppose actuellement, ajoute notre savant maître, toute la x> série du terrain crétacé supérieur cachée, et la coupe de » Fontfroide présenterait exactement les mêmes apparences » que celle où le calcaire à Caprotines semble former Tétage » supérieur. »

Les renseignements que M. Hébert tire de la coupe de M. d'Archiac n'ont plus de raison d'être, puisque, d'une part, le contact n'est dû qu'à une faille; que, par suite, il n'y a point de renversement; que nous voyons le calcaire à Réquiénies englobé pour ainsi dire dans un syslèn)e complexe découches à Ostrea

92 ¥. CAIROL.

Açuila et à Orbitolines. Aux trois reDseignements que M. Hébert lire de la coupe, nous répondrons donc :

1» Qu'il existe un calcaire àCaprotines entre les calcaires marneux à Osirea Açuila et le terrain crétacé supérieur, puisqu'il y a encore la zone supérieure à Orbitolines et Ostrea Açuila n* 8, 9 et 10 de notre coupe, et tout le terrain du gault dans les Corbières, comme nous le verrons plus tard. 2" Que le calcaire marneux à Ostrea Açuila renferme ici des Orbitolines tout comme la Clape et dans les Corbières. 8"* Qu'au-dessous des calcaires marneux du néocomien supérieur, zone inférieure de notre travail, il n'y a pas de masse considérable de calcaires compactes, calcaires à Dicérates de Dufrénoy. Tout ce que nous venons de dire ne résout pourtant pas le point douteux pour M. Hébert, à savoir : quel est l'âge exact des calcaires compactes intercalés dans les couches à Ostrea Açuila. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet si important, quand nous tâcherons d'établir la véritable place à donner, dans la série chronologique des terrains, aux couches qui constituent la Clape et les Corbières, et dont nous connaissons la plupart des fossiles qui nous aideront dans ce travail. Nous espérons pouvoir répondre d'une manière satisfaisante à la question que se pose M. Hébert.

M. d'Archiac, qui n'a point vu la faille que nous avons citée et qui met en contact les couches de notre zone inférieure avec les grès à Hippuriles du crétacé supérieur, faille qui n'a pas moins de 300 à iOO mètres de puissance, n'a point reconnu non plus, en allant vers le sud, des calcaires remplis d'Orbitolines qui constituent notre zone supérieure.

Derrière l'abbaye de Fontfroide et en suivant le chemin qui va k la source de ce monastère, on voit nettement la superposition normale des calcaires à Orbitolines au-dessus du calcaire compacte à Réquiénies. Une excavation naturelle creusée au point de contact nous a permis de vérifier cette superposition concordante qui avait complètement échappé à notre illustre devancier. Il est à regretter vivement que la coupe de M. d'Archiac s'arrête au calcaire compacte, et pour nous, nous aurions été bien aise de voir les relations slratigraphiques qu'aurait établies ce géo-

ARTIGLE M» 'i.

logoe entre les couches qui figurent dans notre coupe sous lesl n^' 7 et 8.

Le ruisseau de Fronlfroide traverse un système d'argiles bleues foncées et noires, n"* 9t qui appartiennent évidemment à Tassise moyenne de notre zone supérieure. VOsfrea Aqinla y est très-rare ; mais nous avons pu pourtant en trouver quelques écbaulillons qui ne nous permettent pas de douter à quel niveau ces argiles appartiennent. Elles supportent un peu plus loin de légers abrupts formés par des calcaires, dans quelques-uns des bancs desquels nous avons trouvé un nombre fort considérable de grandes Orbitolines, que nous avons signalées à la Clape, du côté de Briugairet-le-Haut et de Traou-Milière.

Une faille met ensuite en contact le crétacé supérieur, représenté par des grès ferrugineux, avec les couches à Orbitoliries dont nous venons de parler.

Nous avons donc encore ici une preuve de l'assertion que nous avancions plus haut, à savoir, qu'il y avait bien deux niveaux à Orbitolines, l'un supérieur, l'autre inférieur aux calcaires à Réquiénies.

Nous ne voulons pas quitter la région de Fontfroide sans parler d'une opinion de M. d'Ârchiac à propos des diorites.

Ce géologue dit : a Les nombreux gisements de diorites disse- » minés dans toute cette région, en dérangeant les roches et en » modifiant leur caractère plus ou moins- profondément, ont » rendu plusdifiicile aujourd'hui la distinction des couches cré- » tacées et jurassiques. »

Or, en cela, nous ne partageons pas du tout l'opinion de M. d'Archiac, au sujet de l'influence de ces roches éruptives.

Nous avons examiné en certains points, et entre autres à la Joncquières, dans le ruisseau de Freissinet, à Sainte-Eugénie et ailleurs, les gisements de gypse et dediorile(ophite), et nous restous convaincu que, tant le gypse que la diorite sont d'un âge beaucoup plus ancien que les dépôts du crétacé inférieur. Nulle part nous n'avons vu ces dernières couches dérangées de leur position ou modifiées par la roche éruptive, et nous croyons au contraire que les couches crétacées ne se sont déposées que bien longtemps

9ft F. CAIROL.

après répaDchenient de cette roche igoée ; que, à la suite d'éro* sioDS puissantes, des roches triasiques, gypses, dolomies et Diorites ont formé des tlots, au contact desquels les couches crétacées ont été moins épaisses. Nulle pari nous n'avons vu les couches crétacées plissées, renversées et disloquées, comme le gypse du trias.

Nous sommes très-porté à croire que, dans les Cor bières comme dans les Alpes, une roche éruptive s'est épanchée pendant le dépôt des argiles irisées; que cette roche, qui dans les Alpes est représentée par la serpentine, Testpar ladiorite (ophite) dans les Corbières.

Mais laissons cette question» qui est un peu étrangère à notre sujet et sur laquelle nous aurons probablement occasion de rêve- * nir plus tard, et passons àTexamende la coupe suivante, où nous verrons les relations des dépôts tertiaires lacustres avec le crétacé inférieur, et celles du gault avec le terrain néocomien.

Fio. 14, — Coupe de la route de Sigean aux Cabanes (vallée de la Marelle

de d'Archiac).

ErlMUe. — Longnenr, i/QOOOO' ; haoteor, i/10000*.

P. PoadÏDgii* groMÎer tertiaira \

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