PALÉONTOLOGIE DES GORBIÈRES, ETC
Si nous Dous éloignons davantage et que nous remontions en Angleterre, nous trouvons quelques espèces communes.
USTB DES FOSSIUS GOUUIVS ▲ l'APTISN DBS GORfilÈRES ET AU LOWER GEEENSAND D'ANGLETERRE.
Belemniies s^mtcanoltcu/ahis, Blainv.
ÂmmomUes Comuelùmus, d'Orb.
— fissicostatus^ Phillips.
PUcatula ptocunea.
Ostrea Aquila, d*Orb.
Terebratula seUa^ Sow.
— prœknga, Fitton.
— Tamarindus^ Sow.
hhynohmella UUa,
JHceras Lonsdalii {Requienia LonsdatH^,
Ainsi le néocomien supérieur (aptien) des Corbières aurait encore plus de liaisons paléontologiques avec l'Angleterre qu'avec le bassin de Paris. En effet, au lieu de huit espèces communes, nous en trouvons dix, et la plus curieuse est le JJiceras Lonsdalii^ si toutefois cette espèce est la même que celle que nous avons recueillie à la Glape et que Ton a signalée en Provence.
Si de l'Angleterre nous passons à la Suisse, nous trouvons encore plus de rapprochement.
LLSTE DBS FOSSILES COMIIIINS A L' APTIEN DES CORBIÉRES ET DE LA SUISSE.
Bdemniies semicanaliculatus, Blainv.
NautUus NeckerianuSy Pictet Ammonites CormteUanuSi d'Orb.
— Dufrenoyiy d'Orb.
PUcaMa placunea^ Lamk.
— radiola^ Lamk.
Ostrea Aquila, d'Orb.
Sphcdra wrrugatay Sow.
Terebratula sella, Sow.
— Tamarindus, Sow. Bhynchonella lata, d'Orb.
Orhitolina conotdea, Alb. Gras.
-* discoidea, Alb. Gras.
La proportion est donc plus grande, puisque nous avons treize espèces communes.
AWX. se OiOL. m. i5. — ART. fi^ ^.
468 F. CAiaOL.
L'aptien de la Provence et du Dauphioé a aussi bien des fossiles communs avec celui des Corbières.
LISTE DES FOSSILES GOMMONS A L'APTIEN DB LA PROVSRGB ET DU BAUPHINÉ ET DES GORBIÈftBS.
Belemnites semicanaliculattiSj Blainv.
Ammonites Comuelianus, d*Orb.
— Dufrenoyi, d'Orb.
— i fissicostatus, Phillips.
Plieahdapkumnea, Lamk.
Plicatula radiola, d'Orb.
Ostrea Aquila, d*Orb.
Venus allaudiensiSy Math.
Terebratula sella^ Sow.
— Moutoniana, d'Orb.
Echinospaiagus Collegnii^ d*Orb.
Pseudodiadema Malbosiij Gott.
Holectypus neocomiensis, Âlb. Gras.
Orbitolina conoidea, Âlb. Gras.
— discoidea^ Âlb. Gras.
L'aptien de la Provence a donc plus de rapport encore avec notre aptien des Corbières que celui de la Suisse.
Si nous descendons encore plus bas et que nous comparions la région que nous étudions avec Taptien de TEspagne, tel que Ta décrit M. Coquand, nous trouvons aussi un grand rapprochement.
LISTE DES FOSSILES COMMUNS A l'AFTIBN D'ESPAQNB ET DBS G0EBIÂRBS«
Belemnites semicanaliculatus, Blainv.
Ammonites Comuelianus^ d'Orb.
— fissicostatusy Phillips.
Plicatula placunea, Lamk.
Ostrea Aquila, d'Orb.
Sphœra corrugata»
Terebratula sella, Sow.
— Tamarindus, Sow.
Caprina Baylei, Coquand.
Chama {Requienia) Lonsdalii.
Echinospatagus Collegnii, d'Orb.
Pseudodiadema Malbosii, Cott.
PALË0NT0L06IB D«S QOftBlÂaES, ETC. 169
L'Espagne a donc au moins douze espèces communes avec les Corbières dans son aptien.
M. Coquand {Bull. Soc. géol.^ t. XXVI, p. 168) divise son aptien d'Espagne ainsi qu'il suit :
A. Urgonien et rhodanien en partie. Alternance de grès et de marnes, avec Orbitolina leniicularis, Requienia Lonsdalii^ Nerinea Archimedis^ Heter aster oblongus, Ostrea Leymeriij Ostrea Aqmla^ Pterocera Pelagi. Ce premier système a 150 mètres.
B. Calcaire à Trigonies^ ou rhodanien supérieur ^ composé de grès ferrugineux, de calcaires ferrugineux, alternant avec des argiles sableuses. Il cite comme fossiles : Trigonia caudata^ Plicatula placunea^ Pseudodiadema Malbosii, Belemnites semi^ canaliculatus, Ostrea Aquila. 160 mètres d'épaisseur.
C. Sables et argiles bariolées, avec Belemnites semicanali-^ culatuSy Plicatula placunea. 180 mètres.
Sur ce système repose l'étage albien ou gault avec Thetys^ h mètres.
Nous allons nous permettre de faire quelques observations au sujet de cette division de l'aptien d'Espagne.
Le gault d'Espagne, au moins dans la partie que signale M. Coquand, n'a que h mètres ; il est facile de voir qu'il est loin de ressembler, sous le rapport de la puissance, au gault des Corbières; la faune parait aussi sensiblement difTérente.
Dans son aptien proprement dit, c'est-à-dire dans sa couche C et By on voit que les Oursins jouent un certain rôle comme à la Clape.
M. Coquand donne son aptien d'Espagne comme synonyme du rhodanien de M. Renevier, et il place son système A sur le même horizon chronologique que l'urgonien et qu^une partie de l'étage créé par le géologue suisse; nous ne pensons pas que l'urgonien soit synchronique de l'aptien en Espagne, pas plus qu'à la Qape.
170 F. CAIROL.
En effet, la faune générale de Turgonien est bion différente de celle de Taptien, et nous ne croyons pas que l'on puisse donner comme synonyme deTurgonien une couche à faune éminemment aptienne, parce qu'il y aura quelques rares espèces urgoniennes, telles que le Requienia Lomdalii, qui auront pu continuer à vivre dans les eaux de la mer aptienne. En effet, comme le dit M. Pictet [Paléontologie^ l. IV, p. 562), la loi de spécialité des fossiles n'est pas constante et universelle ; si elle l'était, les époques changeraient dès le moment où toutes les espèces seraient différentes.
Mais plusieurs circonstances peuvent modifier cette loi et plusieurs espèces passent d'une époque à l'autre.
Cette conservation est due, soit à ce que leur vitalité plus grande les a fait résister aux causes qui ont détruit les autres, soit à ce qu'il y a eu des points où ces causes ont agi d'une manière inégalement intense et ont pu détruire la population zoologique dans une portion de mer ou de continent, sans atteindre toutes les parties du globe où vivaient les faunes de cette
époque.
Quant à la synonymie du rhodanien, nous ferons remarquer que le rhodanien doit être placé dans l'urgonien, comme l'a fort judicieusement observé M. Hébert [Bull. Soc. géol.^ t. XXIV, p. 875).
En effet, le principal caractère de l'étage rhodanien de M. Renevier, c'était de présenter des couches riches en Heteraster oblongus et en Orbitolines [0. conoidea et discoidea)^ mais, comme le dit M. Hébert : depuis, M. Lory a fait connaître avec beaucoup de précision la succession des couches néocomiennes du Dauphiné. Il a montré que ces couches à Orbitolines et à Heteraster oblongus étaient intercalées dans les calcaires à Caprotina Ammonia (sous-étage urgonien, d'Orbigny). L'étage rhodanien n'avait donc plus de raison d'être.
M. Coquand avait donc tort de mettre sur le même niveau que le rhodanien et que l'urgonien ses couches à Ostrea Aquila.
L'aptieu d'Afrique a aussi des fossiles communs avec l'aptieu de la Clape.
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