‹ Annales des sciences géologiques (volume 4)Chapitre 60 sur 69 · II. — FORAMINIFÈRES ËOCÉNES · texte numérisé non relu

II. — FORAMINIFÈRES ËOCÉNES

On sait combien les Nummulites sont communes en Egypte, où ces fossiles ont frappé de tout temps l'attention des observateurs.

Nous avons vu qu'Ehrenberg avait décrit et figuré les Foraminifères crétacés et éocènes de l'Egypte, et que la planche 23 de son magnifique travail sur la Microgéologie était consacrée entièrement à la représentation des débris d'animalcules de cette classe qu'on trouve aux environs du Caire, à Gizeb, au Mokattam et aux Pyramides. Bellardi et M. Fraas ont complété ces renseignements par l'indication d'un nombre assez considérable de Nununulites provenant des environs du Caire. M. d'Ârchiac a déterminé celles que M. Dclanoue avait recueillies aux environs de Thèbes, et M. Fischer celles trouvées au jebel Âttaka, près de Suez, par M. Vaillant.

M. Rupert Jones a donné la liste de celles que M. Bauermann a rapportées du Sinaï.

En Syrie et en Palestine les calcaires à Nummulites sont moins répandus : on a cependant vu, dans la première partie de ce travail, que nous en avons découvert plusieurs gisements. Nous commencerons cette liste par l'indication des espèces que Ton y rencontre.

NummulUes Gnettardt\ d'Arch., pi. IX, fig. 25.— 'La mème^ grossie, fig. 26.

Cette espèce est très-commune aux environs de Naplouse (Sicbem) et de Sebastieh (Samarie), en Palestine, où nous l'avons recueillie en grande quantité. Certains calcaires en sont littéralement pétris. On la mentionne encore aux environs du Caire et de Thèbes, en Egypte (Bellardi, d*Archiac et Delanoue). Elle parait très-répandue en Orient.

Nummulites Lyelli^d'ATeh^^ pL IX, 0^.23.*— La mênie^ section d'un individu de grande taille, fig. 24.

Cette espèce, que Bellardi indique aux pyramides d'Egypte, pullule dans un calcaire jaunâtre situé au déboucbé du waddy Gharundel dans le désert d'Ârabah (Idumée), entre Pétra et la mer Rouge. Nous l'avons observée en outre dans un beau calcaire blanc, compacte, voisin du précédent, et d'où provient le grand échantillon figuré planche IX, fig. 2/i, qui montre sa disposition intérieure. Nous avons trouvé ces Nummulites associées au waddy Gharundel avec le Nummulites Lucasana Defr.

Nummulites Lucasana j Defr. (Bellardi). — Gyzeh, près du Caire (Egypte). — L. Lartet, waddy Gbarundel (Idumce).

— disians, Desh. (Bellardi, d'Arrhiac et Delanoue).— Le Caire, Tbèbes

(Egypte).

— Ghyzehensis^ Ehr. (nvmmiformis ^ Coill.) (Bellardi). — Environs du

Caire. — Rupert Jones et Bauermann, Sinaï.

— Caiiliaudi, d'Arch. (Bellardi). — Environs du Caire (Egypte).

— perforata, d'Orb. (id.). — Id.

— Brongniarti, d'Arch. (id.). — Id.

— curvispira, Menegh. (id.). — Pyramides (id.),

— Rûmondi^ Defr. (id.). — Mokattam (Egypte). — Rupert Jones et

Bauermann, Sinaï.

— Biarritzensisy d'Arch. (id.). -— Mokattam (Egypte). — > Beauniantij d'Arch. (id.). — Id.

— striata, d'Orb. (id.). — Id.

— dùcorbma, d'Arch. (id.). — Id.

— granulosùt d'Arch. (id.). — Id.

^)0 LOI}» LABTET.

Summuiites orbiculata, Schaaf. {Dufrencyi, d*Arcb.) (Fraas). — PyrtmidA de Chephren.

— planuiata^ d'Orb. (Fraas). ^ Bir el Fachmecta, Assiut. ^ D'ArchUe

et Delanoae (Thëbes).

— variolaria, Sow. (Fraas). — EiiTiroDS du Caire. — EnTîrons de Jcra-

salcm (Palestine).

— ctirvispirOf de Boissy (Fraas). — Beni-Hassan (Egypte). — Rnperi

Jones et Bauermann^ Sinaï.

— arbyensis^ Conrad. — Arby (Palestine). — Fraas (Samarie). Operculina ammonea^ Leym. (d'Archiac et Delanone). — Tbèbes, Siaaî. Alveolina (Vaillant et Fiscbcr). — Jebel AtUka (Egypte).

Orbitoiites complanata (id.). — Id.

Giobigerma (id.). — Id.

Nodosaria (id.). — Id.

Rosalina^ etc. (id.). -> Id.

Nous arrivons ici au bout de notre tâche sans nous dissimuler qu'elle eût pu être mieux accomplie, et comprendre une énumération plus complète des corps organisés que recèlent les terrains stratifiés, encore si peu explorés, de la Palestine, de l'Arabie et de TÉgypte.

Notre liste paléontologique aurait dû se terminer par l'indication des fossiles végétaux dont l'étude, comme nous l'avons vu dans les remarques placées en tète de cette deuxième partie, fait l'objet de la Paléophytologie. Malheureusement, nous n'avons recueilli nous-mêmes aucune plante fossile dans ces contrées; les géologues qui nous y ont précédé ou suivi n*ont pas, je crois, été beaucoup plus heureux. Russegger, il est vrai, rapporta, du grès de Nubie des environs de Syèue, une empreinte végétale que M. Unger décrivit en 1858 dans les Comptes rendus de f Académie de Vienne^ sous le nom de Dadoxylon œgyptiacum. Ce serait une Conifère dont les analogues, d'après M. Unger, se seraient rencontrés dans le terrain devouien, ce qui tendrait à vieillir beaucoup les grès de Nubie. On a vu, à propos de ces grès (1" partie, chap. VIj, ce que nous avons dit de cette découverte.

C'est sous le bénéfice des mêmes réserves que nous mention-

ABTIGLB N* 5.

nerons encore le Lepidodendron mosdiciim décrit par M. Salter (1) d'après un échantillon qui fut, dit-il, rapporté du désert du Sinaï et donné, en même temps que des fragments de grès, à feu sir Roderick Murchison par un officier qui venait de voyager en Arabie. C'est tout ce qu'on sait sur cet échantillon, et le nom de TofiBcier n'est même pas cité. Cet échantillon proviendrait probablement, si son origine est bien authentique, du môme terrain que celui trouvé par Russegger. Quant aux empreintes végétales tertiaires, M. Unger, qui a étudié les bois silicifiés si célèbres de la forêt pétrifiée des environs du Caire, a reconnu, dans le travail précité, que les tiges végétales qui la constituent appartiennent à une même espèce, à laquelle il a imposé le nom de Nicolia œgyptiaca. On aurait retrouvé cette plante au sein de couches de même âge, dans les pays des Voro-Gallas.

Telles sont les seules indications que nous possédions sur les flores fossiles de l'Orient.

Nous mentionnerons de nouveau, en terminant, ce corps énigmatique si singulier que Ton trouve à Tell Mill, près de Kurnub (Judée) (2), et que nous avons fait figurer pi. IX, fig. 27, 28. Dans rimpossibilité où nous avons été d'assigner à ce vestige une place dans les séries zoologiques dont nous venons de parler, nous nous résignons à terminer ce travail par une question au sujet de la nature véritable de ce corpuscule.

(i) On a true Coal Plant from SinQÎ{Quarierhj Joum, ofihe Geol. Soc, t. XXIV, p. 509, 1868).

(2) Voyez !'• partie, cbap. VII, et 2* partie, p. AO.

92 LOUIN L.4RTET

Page 1