‹ Annales des sciences géologiquesChapitre 20 sur 32 · MARSUPIAUX · texte numérisé non relu

MARSUPIAUX

Peratherium, Aym.

La création du genre Peratherium a été proposée par M. Ay- 3ird dans un travail qu'il a publié en 1850 dans les Annales

la Société d^ agriculture du Puy pour comprendre toute une rie de petits mammifères didelphes qu'il avait découverts ns les gisements de Ronzon. c: Les Peratherium^ disait ce vaut naturaliste,s'éloignent des Sarigues par leurs avant-moires inférieures, dont la troisième est la plus forte. Sous ce pport, nos fossiles se rapprochent des Péramèles, mais ils m écartent dans le nombre des incisives qui^ à la mâchoire rérieure, est de quatre au lieu de trois, caractères établissant le relation numérique avec les Sarigues. Quant aux vraies olaires, elles offrent une ressemblance générale avec leurs lalogues dans ces animaux, comme avec les Péramèles et les sisyures. Toutefois, on ne voit peut-être dans aucun d'eux, issi bien que dans notre fossile, la longueur de ces dents lier en croissant de la première à la dernière, celle-ci ayant in talon bicuspidé au moins du côté interne, et aussi déve- )ppè d'avant en arrière à la pénultième molaire. s>

M. Gervais avait examiné avec beaucoup d'attention les dijrses pièces de marsupiaux fossiles trouvées à Ronzon, et il ^âit été conduit, à la suite de ses études, à ajouter quelques

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observations nouvelles à celles que je viens de rappeler. <r M. Âymard, disait le savant professeur du Muséum dans sa deuxième édition du Traité de zoologie et de paléontologie frath çaisey donne pour caractère distinctif aux Sarigues tertiaires de l'Europe, dont il a le premier fait un genre à part, sous le nom de Peratheriumy et dont il a pu obtenir de nombreux débris à Ronzon, auprès du Puy en Velay, d^avoir la troisième prémolaire, sans doute Tinférieure, plus forte que les deux précédentes, et les arrière-molaires augmentant de volume à mesure qu'on approche de la dernière qui a son talon bicuspide. Le second de ces caractères se voit bien sur une portion de mâchoire originaire de Ronzon {Peratherium Bertrandi ou elegans)y que j'ai fait représenter dans cet ouvrage (pi. 45, fig. 9 et 9 a), mais il n'est pas aussi évident sur certaines autres pièces appartenant au même genre. Je le retrouve cependant avec assez de netteté dans la demi-mâchoire inférieure provenant d'Auvergne que l'on conserve à Londres, au British Muséum, et sur laquelle j'ai établi mon Peratherium exile; mais il ne s'observe pas dans un autre Peratherium de Ronzon que M. Aymard regardait cependant comme étant de l'espèce du Peratherium Bertrandi. Je dois ce fossile, comme celui de la figure 9, à M. Aymard, et je l'ai fait représenter, sur la même planche, aux numéros 8 et 8 a.

i> Dans une autre espèce {Peratherium affine) y la dernière arrière-molaire serait plutôt un peu moindre que celles qui la précèdent, et la troisième avant-molaire peut être considérée comme presque égale à la seconde. La différence de grandeur qui distmgue la troisième avant-molaire inférieure d'avec la seconde est aussi peu distincte dans la mâchoire inférieure de cette espèce, recueillie par moi à la Débruge, près Apt, qui a servi aux figures 4 et 6 de la même planche. En faisant la description de celte pièce que j'ai pu comparer au Didelphis Cuvierij j'ai constaté que ses molaires supérieures ressemblent notablement à celles de ce dernier et qu'elles diffèrent également, mais par des particularités secondaires, des mêmes dents observées chez les petits Sarigues américains et chez les

Phascogales australiens. Chacune d'elles a sa couronne à peu près disposée en triangle isocèle à base latéro-externe et à sommet moins incliné que dans les Marmoses ou les Thylamys de l'Amérique. Leur couronne a presque la même épaisseur que dans le Phascogale nain, et l'on y voit une pointe interne occupant le sonunet de la surface triangulaire, deux saillies sur la partie moyenne, et un rebord externe montrant trois ou quatre petites saillies tuberculeuses qui se relient deux à deux, comme chez les Sarigues aux tubercules principaux. Les trois avant-molaires ont chacune deux racines, et comme on le voit plus ou moins bien à la mâchoire inférieure, c'est également la troisième qui est ici la plus forte. Ce caractère ne se trouve pas dans la Marmose ni dans les autres Sarigues que j'ai observés. La formule dentaire des Peratherium parait, d'ailleurs, être la même que celle des Didelphidés. :»

Dans mon travail sur les phosphorites du Quercy, j'ai rappelé les principaux faits mis en lumière par le savant professeur du Muséum, et j'ajoutais que les études que je venais de faire sur de nombreux débris de didelphes (plus de cent maxillaires inférieurs) montraient la parfaite exactitude des observations de Gervais. Je résumais alors dans les termes suivants le résultat de mes comparaisons : o: Je dois faire remarquer que les caractères indiqués par M. Âymard, comme devant faire distinguer le genre Peratherium^ ne se rencontrent pas d'une manière constante sur les dents des didelphes des phosphorites. D'après ce savant naturaliste, les Peratherium auraient leur troisième prémolaire plus forte que les deux précédentes et les arrière-molaires augmenteraient de volume à mesure qu'on approcherait de la dernière, qui aurait son talon bicuspide. Ces observations sont justes pour certaines mâchoires trouvées à Ronzon, mais ne le sont pas pour toutes, ainsi que l'a fait remarquer M. Gervais. Gomme l'a noté le savant professeur du Muséum de Paris, le deuxième des caractères mentionnés se retrouve sur le Peratherium Bertrandi ou ele^ ^anSy sur le Peratherium exile^ mais il ne s'observe pas sur un outre Peratherium de Ronzon, que M. Aymard considérait ce-

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pendant comme de Vesptce du PeratheriumBertrandi. D'aulne part, dans le Peratherium affine la dernière arrière-molaire serait un peu plus faible que les dents qui la précèdent, et en même temps la troisième avant-dernière molaire inférieure serait égale en volume aux premières et aux secondes. L'ensemble de ces caractères se retrouve sur les didelphes des phosphorites, mais ils sont quelquefois dissociés. Il m'a paru qu'on pouvait séparer les didelphes des phosphorites en trois groupes. Le premier renfermerait les animaux possédant l'ensemble des caractères signalés par M. Aymard comme devant servir à distinguer le genre Peratherium. Le second comprendrait les didelphes présentant seulement quelques-uns des caractères qui feraient absolument défaut sur les animaux appartenant au troisième groupe. »

Dans mon travail sur les mammifères fossiles de l'Allier, j'ai complété ces premières indications. « Les observations que j'ai pu faire, ai-je dit, sur de nombreux maxillaires de mai-supiaux fossiles, me conduisent aujourd'hui à reconnaître que les différents Mammifères groupés sous le nom de Peratherium devaient appartenir à divers groupes génériques ou sousgénériques. Les différences que l'on constate, d'après l'élude du volume ou de la forme des dents, des rapports de ces organites entre eux, ont évidemment une valeur égale à celles qui servent aujourd'hui aux zoologistes pour distinguer avec raison comme appartenant à des formes génériques distinctes certains didelphes actuels. La forme des dents est en raison directe du régime de l'animal auquel elles appartiennent, et les modifications de régime entraînent toujours après elles, comme conséquence forcée, de profondes modifications anatomiques. Or, il est bien évident que le didelphe fossile qui avait ses molaires garnies de pointes aiguës, ne devait pas se nourrir comme celui chez lequel ces éléments étaient soudés, réunis pour former un talon tranchant. Le premier semble avoir été essentiellement insectivore, le second plus omnivore; et, si nous observons le groupe des didelphes actuels, nous retrouvons des différences de même nature parmi les animaux qui le cora-

posent, et alors ces différences nous entraînent à créer des genres ou des sous-genres. »

J'ajoutais à ces premières considérations a: qu'en examinant les maxillaires inférieurs des didelphes découverts dans les gisements fossilifères de Saint-6érand-le-Puy, j'avais remariqué que les dents qu'ils supportaient présentaient des caractères fort différents de ceux que M. Âymard a attribués au genre Peratherium. Gomme chez les mammifères appartenant b ce groupe, on constate que des avant-molaires la troisième est la plus forte ; mais les molaires vraies ne vont pas en augmentant de volume de la première à la quatrième, et cette dernière ne présente pas, d'autre part, à son talon, deux ou quatre, ou six pointes aiguës. Cette portion de la dent s'allonge sous la forme d'un talon bien détaché, tranchant par son bord supérieur. Ce sont là des caractères très nets qui me paraissent correspondre à des différences zoologiques plus que spécifiques. Aussi proposerais-je, pour placer les petits marsupiaux de Saint-Gérand-le-Puy, la création d'un sous-genre que je nommerai Amphiperatherium. »

J'ai étudié dans la colleclion de M. Âymard la belle série de maxillaires de didelphes réunie par ce savant naturaliste ; d'autre part, j'ai recueilli à Ronzon de très beaux échantillons de ces intéressants mammifères et j'ai pu constater toute l'exactitude des observations précédentes. Il me parait bien démontré actuellement que le nom de Peratherium s'applique à tout un groupe de Mammifères, appartenant à différents genres, et non à un genre spécial. Parmi les marsupiaux fossiles trouvés dans les marnes lacustres des environs de Puy en Velay, j'ai cru reconnaître, comme Gervais l'avait indiqué, deux formes bien distinctes ; Tune possédant tous les caractères que M. Aymard attribue au genre Peratheriiimy l'autre s'en distinguant par les dispositions de ses molaires.

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PERATHERIUM CRASSUM Aymard (Voy. fig. 1-3.)

Didelphis crassus Aymard, Ann. soc. du Puy, t. XII, p. 248. — Perathârium crassum Aymard, Ann, soc, du Puy, t. XIV, p. 83, 1850. — P. GerTais, ZooL etpaléont, française ^ 2* édition, p. 267.

M. Âymardy à qui nous devons là connaissance de ce petit didelphe fossile, Ta considéré comme très voisin de celui qu'il a désigné sous le nom de Feratherium elegans {Peratherium Bertrandi de Gervais) . Il l'en a distingué en considérant que le squelette était plus robuste et les proportions plus lourdes.

Durant le cours des recherches que j'ai faites à Ronzon, j'ai pu obtenir deux maxillaires provenant de sujets devant être rapportés à cette espèce; ils ont servi à la description suivante.

La longueur du maxillaire inférieur, mesurée depuis l'alvéole de l'incisive interne jusqu'à la partie la plus reculée du condyle, est de O^^OSô. Les incisives, au nombre de quatre de chaque côté, étaient très petites et dirigées très en avant. La canine était forte et assez recourbée en arrière. Sa face externe était convexe, sa face interne presque plane. La hauteur de la couronne, mesurée suivant la face interne, était de 0"',003, le diamètre an téro- postérieur, évalué au niveau du collet, est de 0'",0015. La longueur de la série dentaire, en arrière de la canine, est de 0",016. Ce chiffre doit être décomposé de la manière suivante : longueur de la série des prémolaires, 0",007 ; longueur de la série des molaires, 0'",009.

La première prémolaire était biradiculée, toute petite, insérée à une légère distance du bord postérieur de l'alvéole de la canine. Sa couronne était triangulaire, comprimée, à sommet dirigé très en avant. Il résultait de cette disposition que le bord antérieur était court, tandis que le bord postérieur était très étendu. Cette dent se trouvait séparée de la deuxième prémolaire par un léger intervalle d'un millimètre. Cette disposition est absolument la même que celle que j'ai signalée

ÀRTICLB N® 3.

en décrivant anciennement, dans mon travail sur les phosphorites du Quercy, les Peratherium gracile et Cadurcense.

La deuxième prémolaire se trouvait séparée par un léger espace vide de la dent précédente. Sa couronne était élevée, comprimée par ses faces latérales. Le bord antérieur était presque vertical, le bord postérieur avait une direction moins oblique en arrière que sur la première prémolaire. Â sa base existait un tout petit repli de l'émail constituant une sorte de talon.

La troisième prémolaire avait une forme semblable à celle que je viens d'indiquer, elle se différenciait seulement par sa plus grande hauteur et par la direction moins verticale du bord antérieur de la couronne.

Les molaires allaient en croissant de volume delà première à la quatrième, et cette dernière dent avait un talon bicuspide très apparent sur Féchantillon que je décris.

La dernière molaire était séparée par un intervalle de 0" ,001 3 du point d'origine du bord antérieur de la branche montante. L'apophyse coronoïde était assez élevée et se terminait par un sommet légèrement arrondi situé à 0",013 du bord inférieur du maxillaire. La largeur de la branche montante, prise transversalement sur une ligne unissant la partie la plus reculée du condyle à son bord antérieur, est de 0",012. La distance qui sépare le condyle du sommet de l'apophyse coronoïde est de 0*,006. La hauteur du corps du maxillaire est de 0",003 immédiatement en arrière du bord postérieur de la canine, de 0",004sous la dernière prémolaire, de 0",0035 immédiatement en arrière de la dernière molaire.

Les mesures relatives aux différentes dents qui ont subsisté sont les suivantes :

Canine. I'* prém. 8*prtfm. 3* prëm. l'émoi. 2* mol. 3* mol. 4* mol. m. m. m. ni. m. m. m. m.

Lougueur.. 0,0015 0,0010 0,0013 0,0020 0,0010 0,0015 0,0017 0,0020 Hauteur... 0,0030 0,0005 0,0010 0,0012 0,0008 0,0010 0,0010 0,0014

Les mesures relatives aux hauteurs ont été évaluées pour les prémolaires au niveau de l'espace qui sépare les racines l'une

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de l'autre, pour les molaires au niveau de la pointe antérieure et externe.

J'ai comparé le maxillaire dont je viens de donner la description avec des maxillaires de didelphes fossiles provenant de gisements de Téocène supérieur et du miocène inférieur. Deux espèces m'ont paru surtout se rapprocher de celles de Ronzon, ce sont celles que j'ai anciennement décrites dans mon travail sur les mammifères fossiles trouvés au niveau des gisements de phosphate de chaux du Quercy sous le nom de Peratherium gracile et Cadur censé.

Le Peratherium crassum diffère du Peratherium gracile par les proportions de ses molaires vraies. Les mesures relatives à ces dents sont les Suivantes sur l'espèce des phosphorites (1) :

i * mol. S* mol. 3* mol. 4« mol.

Longueur 0*^6019 0,0020 0,0021 ^0020

Hauteur 0,0020 0,002il 0,0024 0,0025

Comme on le voit, ces chiffres s'écartent sensiblement de ceux que j'ai transcrits plus haut. La longueur de la première molaire est presque d'une demi-fois inférieure sur Tespèce de Ronzon, alors que la hauteur diminue dans la même proportion. La deuxième molaire du Peratherium crassum s'accroît en longueur exactement de la moitié de la longueur de la dent qui la précède. Sur le Peratherium gracile ^ ces dents ne diffèrent entre elles que d'un millimètre. La longueur de la troisième molaire rapportée à la longueur de la première s*accroîl de sept dixièmes de millimètre sur le Peratîierium de Ronzon et de trois seulement sur le Peratherium des phosphorites. Ces différences, très caractéristiques, permettront toujours de distinguer la série des molaires inférieures provenant de Tune de ces espèces.

La hauteur du corps du maxillaire est de 0",0026 immédiatement en arrière de la canine sur le Peratherium gracile^ et de 0"*,004 immédiatement en arrière de la dernière molaire.

(1) Ces mesures, un peu différentes de eelles que j'aTais publiées (iml d'abord, doi?eat être considérées comme excessivement exactes.

Ces mesures se rapprochent beaucoup de celles que j'ai indi-^ quées plus haut en décrivant le corps du maxillaire du Pera^ therium cr assura.

La longueur de la série dentaire en arrière de la canine diffère également fort peu sur les deux espèces que je mets en parallèle. Elle est de O",046 sur le didelphe de Ronzon, et de 0",018 sur celui des phosphorites. La série dentaire se décompose également presque de la même manière, 0",007, 0",008 pour les prémolaires; O^jOOO, 0'",010 pour les molaires.

En résumé, le Peratherium crassum se rapprochait beaucoup du Peratherium gracile par sa taille, l'étendue et la disposition de sa série dentaire inférieure, par la hauteur du corps du maxillaire sensiblement la même en arrière de la canine et en arrière de la dernière dent en série. Il s'en séparait par les proportions tout à fait différentes de ses molaires et par la manière dont elles augmentaient de volume à mesure qu'elles occupaient une place plus reculée dans la série.

La deuxième espèce de didelphe fossile que j'ai dû comparer à celle de Ronzon est le Peratherium Cadurcense. Elle constitue la forme la plus robuste que j'ai découverte dans les phosphorites et je n'en connais actuellement aucune provenant d'autre localité qui l'emporte en force sur elle. L'espace occupé par la série dentaire en arrière de la canine est le même que sur le Peratherium gracile^ 0°,018 au lieu de 0,016, chiffre noté pour le Peratherium crassum, La série des prémolaires et celle des molaires ont sensiblement la môme étendue, 0™,008 et0^010.

La hauteur du corps du maxillaire immédiatement en arrière de l'alvéole de la canine est de 0,004, elle est de 0™,005 en arrière de la dernière dent. Ces chiffres montrent que le corps de l'os mandibulaire était plus fort sur le fossile des phosphorites qu'il ne l'est sur celui de Ronzon.

Les dimensions des prémolaires sont fort différentes dans les deux espèces et constituent un signe distiactif important. Ainsi les mesures relatives à la hauteur et à la longueur des

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deux dernières prémolaires sont les suivantes pour les deux espèces :

Peratli. crassum. Peratb. Cadurccnse.

2* prëm. 3« prém. 2* prëm. 3* prém.

m. no* m* iii>

Longrueur 0,0013 0,0020 0,0020 0,0030

Hauteur 0,0010 0,0012 0,0020 0,0030

Si l'on mesure l'espace qui sépare le bord postérieur de l'alvéole de la dernière dent de la partie la plus reculée du condyle, on obtient pour les deux espèces des chiffres fort distincts :

Perath. Gadurcense *. 0,020

Perath. crassum 0,015

J'ai noté plus haut que la dernière molaire du Peratherhm crassum étdiil séparée par un intervalle de 0™,0013 du point d'origine du bord antérieur de la branche montante. Cet espace libre est beaucoup plus considérable sur le Peratherium Gadurcense où il atteint une étendue de O^jOOS, plus du double. Cette disposition donne un aspect tout à fait caractéristique à l'espèce des phosphorites.

Je terminerai la discussion qui précède en inscrivant quelques chiffres relatifs aux proportions des diverses parties du maxillaire inférieur dans les deux espèces.

Perath. Gadurcense. Perath. crassum.

Longueur de Tespace compris entre le bord postérieur de TalTéole de la canine et la partie la plus reculée du condyle 0,038 0,031

Largeur de la branche montante au nlTeau du bord supérieur du condyle 0,01 1 0,007

Hauteur du sommet de l'apophyse coronoîde au-dessus du bord du maxillaire 0,015 0,013

Distance qui sépare le bord supérieur du condyle du sommet de Tapophyse coronoîde 0,010 0,006

Si Ton réunit les observations précédentes on voit que le Peratherium Gadurcense se rapprochait du Peratherium crassum par la longueur de la série dentaire et par le développe-

ment sensiblement le même des prémolaires et dès molaires en étendue. Il s'en éloignait par les dimensions de sa deuxième et de sa troisième prémolaire, par la plus grande étendue de l'espace qui sépare le bord postérieur de l'alvéole de la dernière molaire de la partie la plus reculée du condyle, par la plus grande hauteur du maxillaire en arrière de la canine et de la dernière dent en série, par le plus grand intervalle compris entre cette dent et le bord antérieur de la branche montante, par la plus grande longueur de l'espace compris entre le bord postérieur de l'alvéole de la canine et la partie la plus reculée du condyle, par la plus grande largeur de la branche montante, par la plus grande hauteur de l'apophyse coronoïde au-dessus du bord du maxillaire, par la distance plus considérable qui sépare le bord supérieur du condyle du sommet de l'apophyse coronoïde. Tous ces divers caractères réunis permettent de séparer spécifiquement les deux didelphes rencontrés l'un dans les phosphorites, l'autre dans les gisements de Ronzon ; mais, d'autre part, les ressemblances que j'ai notées indiquent de la manière la plus nette que ces deux mammifères doivent être placés l'un à côté de l'autre dans nos classifications.

PERATHERIUM BERTRANDI^Aymard (Voy. fig. 5.)

Didelphis eUgan$ Aymard, Ann* soc. agr. du Pay, t. XU, p. 248, 18i8, wm Didelphis elegans Waterhouse). Didelphis Bertrandi ^?. Gervais, Zool. et pal. franç,^ l*»edit., i p. 134. — Peratherium Bertrandi Aym., in Gervais, Zool. et pal franc., 2* édit., p. 267, pi. XLV, fig. 9 et 9 a.

M. Aymard avait tout d'abord décrit cette espèce sous le nom de Didelphis elegans^ mais cette dénomination, ainsi que l'avait signalé Gervais, devait être changée,puis qu'elle avait été employée quelques années auparavant par M. Waterhouse pour une petite espèce de Sarigue du Chili. Le savant professeur du Muséum avait proposé d'appeler Didelphis Bertrandi le petit mammifère fossile de Ronzon. Plus tard, M. Aymard ayant séparé génériquement les Sarigues fossiles qu'il avait

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découvertes au Puy, et les ayant désignées parle nom de Peratherium, le fossile dont je vais m'occuper fut décrit sous le nom de Peratherium Bertrandi.

Gervais a dit en parlant de cette espèce : ce Dans une des mandibules de Peratherium Bertrandi, qui ont été recueillies par M. Aymard, la série dentaire montre les quatre incisives, la canine et sept molaires, comme chez la Marmose; mais l'espace compris entre la canine et la dernière molaire est 0^,018, tandis qu'il n'est que de0™,013 dans l'espèce vivante. La figure des dents et les proportions des os signalent aussi des différences avec la Marmose et plus de rapports avec le Peratherium Cuvieri; mais M. Aymard donne comme caractère principal, par rapport à cette dernière espèce, la partie inféro-postérieure de la mandibule qui se reploie très largement en dedans, sans produire une pointe saillante en arrière (1). >

Gervais a fait figurer le maxillaire inférieur qui a servi aux comparaisons précédentes; mais quelques pages avant celle qui comprend la description que je viens de citer, il dit que M. Aymard donne pour caractère distinctif des Peratherium d'avoir la troisième prémolaire plus forte que les deux précédentes et les arrière-molaires augmentant de volume à mesure que l'on approche de la dernière qui a son talon bicuspide. Il ajoutait que ces caractères étaient très apparents sur une portion de mâchoire provenant de Ronzon (Peratherium elegans ou Bertrandi) qu'il faisait figurer pi. 45, fig. 9 et 9 «, mais qu'ils n'étaient pas aussi évidents sur certaines autres pièces provenant d'animaux appartenant au même genre, et que même ils ne s'observaient pas sur un Peratherium de Ronzon que M. Aymard regardait cependant comme étant de l'espèce du Peratherium Bertrandi. Le maxillaire dont il est question est celui qui a servi aux comparaisons que je rapportais plus haut avec la Marmose, et il ne doit pas être considéré dès lors comme provenant du Peratherium Bertrandi. Par

(1) Zool. et pcUéwUé franc. ^ p* S67.

conséquent tous les caractères rapportés à cette espèce ne lui appartiennent pas^ et j'aurai dans un des chapitres suivants de ce travail à rechercher la place occupée parmi les marsupiaux fossiles par le petit mammifère qui les présentait. Cette confu* sion au sujet de deux animaux différents réunis sous un même nom ayant disparu, j'ai dû rechercher quels étaient les particularités spécifiques du vrai Peratherium Bertrandi^ c'est-à-dire de celui sur lequel on notait, comme chez tous les Perathe* rium, une augmentation de volume de la troisième prémolaire, et un accroissement régulier des molaires jusqu'à la dernière, qui avait son talon bicuspide. J'ai examiné dans la collection de M. Âymard les différentes pièces qui s'y trouvent réunies, et j'ai pu, par leur étude, obtenir des indications précises sur les caractères distinctifs du Peratherium Bertrandi. D'autre part, j'ai durant le cours des louilles que j'ai surveillées à Ronzon, pu obtenir deux maxillaires inférieurs de cette espèce dans un excellent état de conservation. Ce sont ces deux pièces, qui sont les plus complètes que l'on ait encore recueillies, qui me serviront pour la description suivante.

La longueur de la série dentaire mesurée depuis le bord incisif jusqu'au bord postérieur de la dernière molaire est de 0",018* L'espace occupé par les prémolaires est de 0"*,005; l'espace occupé par les molaires est de O^jOO?. La canine et la première prémolaire manquent sur tous les échantillons que j'ai observés.

La deuxième prémolaire était séparée de la première par un intervalle libre de O'^^OOl, sa couronne était assez élevée et différait sensiblement par sa forme de celle des deuxièmes prémolaires des autres espèces de Peratherium de Ronzon. Son bord antérieur, au lieu d'être vertical, était convexe en avant, le bord postérieur était fortement concave et le sommet de la dent, au lieu d'être dirigé directement en haut, était recourbé un peu en arrière.

La troisième prémolaire différait beaucoup de la dent que je viens de décrire. Comme sur les Peratherium vrais sa couronne était plus élevée que ne l'était celle des prémolaires pré^

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cédentes. Le bord antérieur était comme sur le Peralherium crasmm dirigé presque verticalement; quant au bord postérieur il était moins oblique en arrière que sur cette dernière espèce. Il résulte des dispositions précédentes que la couronne de la deuxième prémolaire était plus régulièrement triangulaire qu'elle ne Test sur l'espèce décrite dans le chapitre précédent de ce travail. D'autre part, on doit noter à la base du bord postérieur un tout petit talon qui n'existait pas sur le Peratherium crassum.

Les molaires vont en croissant régulièrement de volume; leur forme ne présente rien de particulier à signaler. Le talon de la dernière d'entre elles était bicuspide

Les mesures relatives à ces dents sont les suivantes :

2* préai. 3* prëni. ii* mol. 2* mol. 3* mol. 4* mol. m* m. B. m. m. m.

Longueur 0,00i0 0,00i2 0,0014 0,0016 0,0017 0,002

Hauteur 0,0010 0,0012 0,0008 0,0008 0,0010 0,001

La seule espèce de Sarigue fossile qui m'ait paru devoir être rapprochée de celle que je décris aujourd'hui est celle que j'ai fait connaître sous le nom de Peratherium ambiguum.Elle avait été trouvée dans les gisements duQuercy. Elle est remarquable par la taille uniforme de ses prémolaires dont les deux dernières sont sensiblement égales. La troisième de ces dents ne s'enlève pas comme sur les Peratherium. Ce sont là des caractères différenciels très nets, qui ne permettront pas une confusion que l'on serait peut-être conduit à commettre si l'on ne tenait compte seulement que de la forme des molaires* Quant aux arrière-molaires elles ne présentent rien de particulier qui puisse servir à les faire distinguer, elles vont comme celles du Peratherium elegans en croissant de volume. La taille de l'espèce des phosphorites est un peu supérieure à celle du didelphe de Ronzon. Ainsi l'espace occupé sur le maxillaire inférieur de ce dernier par la deuxième, la troisième prémolaire et les arrière-molaires est de 0'",016; il est de 0™,0178 sur le Peratherium ambiguum. L'espace occupé par les mo-

laîres est de 0",0Ô8 sur ie Peratherium des phosphoriles et de 0",007 sur celui du Puy.

La hauteur du corps du maxillaire est à peu près la même dans les deux espèces. Sur le Peratherium elegans elle est de O",003au niveau du bord antérieur de la deuxième prémolaire, et elle est au même point de O^^OO^S sur le Peratherium ambzguum. La même mesure prise immédiatement en arrière de la dernière molaire est pour la première espèce de O^^OOS, et de 0",0032 pour la seconde.

En résumé, ces deux didelphes se rapprochent l'un de l'autre par rétendue à peu près la même de leur série dentaire, par le développement semblable de la série de leurs prémolaires et de leurs molaires, par la hauteur presque égale de l'os mandibulaire. Elles se différencient de la manière la plus nette en ce que sur l'espèce des phosphorites, les prémolaires ne vont pas en augmentant de volume comme elles le font sur les Peratherium du Puy, et d'autre part en ce que la forme de la troisième d'entre elles est absolument différente.

AMPHIPERATHERIUM RONZONI

Didelphis eUgans Ayoï. (pars). >- PeratheiHum elegans Aym. (pars). -^

Peratherium Berirandi Gerv. (pars).

Je ferai rentrer dans le genre Amphiperatherium que j'ai proposé d'admettre pour placer un didelphe fossile de Saint- Gérand-le-Puy (1), le petit mammifère du même groupe dont (jervais parle en décrivant le Peratherium elegans comme se différenciant de ce dernier par la disposition de ses prémolaires et de ses molaires, qui ne s'accroissent pas de la première à la dernière, comme sur les Peratherium vrais. Gervais a fait représenter le maxillaire qui va servir à cette description sur la planche 45 de son Traité de zoologie et de paléontologie fran^ çaiseSy figure 8 de grandeur naturelle et figure 8 a au double de la grandeur réelle. Cette pièce fait partie des collections de

(1) Étude sur les mammifères fossiles de l* Allier (Aon. se. géol., 1879, p.îOi).

ÀNN. se. GÉOL. XI!. 9. — ART. N. 3.

66 m. «iLfWL.

M. Aymard, et je dois à ce savant paléontologiste d'avoir pu Tétudier avec le plus grand soin.

L'étendue de la série dentaire des prémolaires et des molaires est de 0",015. Ce chiffre se décompose de la manière suivante : 0",006 pour les prémolaires et 0"",009 pour les molaires.

La première prémolaire manque ; elle me parait, d'après Tétude de ses alvéoles, avoir été fort réduite et située sur le bord alvéolaire, à peu près à égale distance de la canine et de la deuxième prémolaire.

La deuxième et la troisième prémolaire sont en coqtact Tune avec l'autre. La première de ces deux dents est h peine plus forte ; sa couronne est élargie à la base, son bord antérieur est convexe, son bord postérieur concave. Le sommet est aigu et un peu recourbé en arrière : des deux bords, l'antérieur est mousse et muni à sa base d'un petit tubercule saillant, le postérieur tranchant n'offrant à son point de terminaison qu'une saillie à peine marquée.

La troisième prémolaire a les deux bords de sa couronne convexes et sa base est munie d'un épais bourrelet qui se détache complètement en arrière pour former un petit talon. Les molaires sont constituées par la réunion des mêmes éléments qui concourent à former les dents de même ordre sur les autres espèces de Peratherium. Le lobe antérieur a un développement moindre suivant que l'on considère une dent occupant une place plus reculée, et il finit par être extrêmement réduit sur la dernière molaire. Ce caractère a été reproduit avec la plus grande exactitude par Gervais sur la figure 8" de la planche 45 de son Ti^aité de paléontologie française. Les mesures relatives aux prémolaires qui ont subsisté et aux molaires sont les suivantes :

2*prëiB. 3*préin. l'émoi. t« mol. 3* mol. 4* mol.

Loagueur oTô020 0^0018 ÔjmO oTôOSO (TôOlS o!o015

Hauteur 0,0017 0,0016 0,0018 0,0020 0,0018 0,0018

Dans mon travail sur les marsupiaux fossiles des phospho-

▲RTICLR M* 3.

MÂMMIFÉRJEia POSafLES PE RONZON. 6?

rites du Quercy j'avais établi déj4 soigneuseinea^ )9s 4ijPféreoces çadstant entre le maxillaire qu^ je viens de décrire et ce|ui du Perathmum ambiguumf qui me paraissait avoir avaç lui de graades analogies. Je disais au sujet de ae dernier mammifère : € Par sa taille cette espjSica de^it ge rappror cher du Peratherium Berlrandi; seulement, dans ce dernier, la troisième prémolaire s'élève beaucoup au-dessus du niveau des autres dents. Il n'en est pas de même dans une autre espèce non encore nommée, et que M. Aymard avait confondue avec le Peratherium Bertrandi. M. G^rvais a signalé cette différence et a donné un dessin de cette pièce qui lui avait été communiquée par le savant naturaliste du Puy. En comparaiat l'échantilloo que j'ai recueilli daps les pbosphoritesècelui découvert dans les n^arnes de {lonxon, on remarque une assez gr^de analogie de forme et de taille, et autant qu'il ùA possible de se faire une opinion en étudiât des pièces aussi délicates si|r des planches, il m'a paru que ces deux espèces devaient être très voisines. Seulement il existe dan^ la disposition des prémolaires du didelphe des phosphate^ 4e chaux une particularité qu'on ne retrouve pas sur celui 4e Aon^son : $e$ dents sont séparées l'une de l'autre et leur bord postérieur ifft beaucoup plu$ oblique en arrière.

]i L'espace occupé par les deux derrières prémolaires et }e$ quatre mQlftires e$t de (y^fii^^ et celui qui coiTespond à ces 4^rDières dents est de O'^OOO (1). »

l4es indications que je donnais à l'époque où je traçais cette de^iption se sont trouvées complètement confirmées par l'examen que j'ai pu faire depuis de l'échantillon découvert au piUieu de$ marnes calcaires de Ronron. Jje petit mammifère 4u Puy est très différent de ceux du même groupe qui ont 4té repcontrés jusqu'ici, et je le fer^ rentrer dans le genre 4^pk^^9thmum que j'ai créé pour renfermer les didel* pbes fossiles sur lesquels la troisième prémolaire n'est pas ^ flv^ élevée de la série, alors que les molaires ne vont pas en

68 H. FILUOL.

augmentant de volume. Dès lors le sous-genre Amphiperathe- Hum comprend actuellement trois espèces : V Amphiperatherium Lemanense, V Amphiperatherium Ronzoni et VAmphippratherium ambigmm qui est le Peratherium ambiguum de^ phosphorites du Quercy.

PAL£OTH£RIUM CRASSUM Cuv.

Palœotherium Cramim Cuv., Oss. /b«i., t. V. — Palœoiherium Gervaià Aymard, in Pictet, Traité de paléontologie. — Palœotherium ««teumi» Cuv., Osi. foss.y t. V.

M. Pictet a mentionné sous le nom de Palœotherium Gervaisiy d'après M. Aymard, une espèce de Palœotherium qui devrait être distinguée du Pakeotherium velaunum par la plus grande étendue de la barre ou du diasthème de la mâchoire inférieure. L'échantillon type que j'ai pu observer dans la collection de M. Aymard me paraît se rapporter au Pakeotherium crdssum dont il constituerait tout au plus une variété. L'étendue de la barre chez les Palœotherium variait considérablement suivant l'âge du sujet, suivant que les dents avaient ou n'avaient pas subi une évolution complète. Aussi l'on ne saurait s'appuyer sur un unique caractère tiré de la forme de cette partie du squelette, pour admettre une espèce nouvelle. Je crois que le PahBOtherium Gervaisi doit être réuni au Palœotherium crassum^ ainsi que le Palœotherium velaunum dont on retrouve les débris dans les couches gypseuses immédiatement inférieures à celles de Ronzon. Ces analogies relatives à la dernière espèce que je viens de citer et au Palœotherium crassum n'avaient pas échappé à Cuvier. € Je n'oserais, disait l'illustre professeur du Muséum, assurer l'identité d'espèce de ce Palœotherium (Palœotherium du Puy) avec un des nôtres. Il me semble que ses incisives sont plus grandes à proportion et sa partie antérieure moins haute. Je trouve aussi l'intervalle entre les canines et les molaii*es un peu court, et les trous mentonniers autrement disposés, mais

ce ne sont là que de légères différences d'espèces (1). > Actuellement, sachant dans quelle grande étendue ont varié les Palœotherium, je crois que nous ne saurions hésiter à réunir sous un même nom spécifique les Palœotherium crassum^ Velaunum et Gervaisi.

PALOPLOTHERIUM MINUS Cuv.

(Voy. fig. 49.53.)

Palœotherium ovinum Aymanl, Soc, agr. du Puy, 1. XII, 1846, p. 246. — Gervais, ZooL et paléont, franc,, V* édit., t. I, p. 62; 2«édit., p. 112. — Plagiohphus ovinus Pomeî, Catal. méth., p. 82. — Plagiolophus minor Pomel, CataL méth,, p. 83.

J'ai fait figurer sur la planche 20 de ce travail différentes pièces se rapportant à la dentition supérieure permanente et de lait d'un Paloplotherium décrit par M. Âymard sous le nom de Palœotherium ovinum. Les échantillons que j'ai fait dessiner sont ceux qui lui ont servi pour l'établissement de sa diagnose.

Voici la description qu'en adonnée ce savant paléontologiste : c Les débris du Palœotherium sont assez abondants dans nos calcaires; mais ils présentent presque toujours un état de mutilation qui rend leur classement spécifique très difficile. Les pièces recueillies dénotent deux sections ou tribus qui se distinguent par la structure plus ou moins rhinocérotique des fausses molaires. La première rappelle le type de dentition propre au Palœotherium velaunum Cuv. Il y a des dents dont la grandeur approche des dents de cette espèce, et d'autres de celle du curtum de Cuvier, sans qu'on puisse préciser s'il existe entre ces fossiles identité spécifique. La seconde tribu nous offre des espèces plus nettement caractérisées : nous avons une mandibule avec les cinq dernières dents qui accusent les proportions et les formes du Palœotlierium minus de Cuvier; une autre presque entière, dont la série totale des molaires est de O^jOS, aurait eu la grandeur du curtum; mais elle en différait par ses avant-molaires moins rhinocérotiques ;

(1) Carier, Ois. fo$$., U V., p. 437, 4* édition, 1835.

70 M. nuiAL.

dlé différait également du mnms par une plas forte taille et une plus grande longueur proportionnelle de la partie flntA^ rièure de la mandibule. Mous l'appelons PaUsothetium m^

Sur le maxillaire inférieur représenté figure 51, toutes les dents permanentes avaient subi leur évolution à l'exception de la dernière molaire qui était renfermée dans l'intérieur du corps de l'os. Les caractères présentée par cette pièce peuvent donc être considérés comme très suffisants pour permettre de^ comparaisons avec les diverses espèces de Palaplolhenim actuellement connues. La longueur de la série dentaire^ en supposant que la dernière dent soit venue se placer en série, était de 0°,076. Ce chiffre doit être décomposé de la manière suivante : étendue de l'espace occupé par lès prémOlaifés, 0°,027 ; étendue de l'espace occupé par les tnoiairès, 0'**,049. Les mêmes mesures prises sur un deuxième maxillaire qui Ikit partie de mes collections donnent les chiffres suivants : longueur de la série des prémolaires, 0"*,025 ; longueur de ta série des molaires, 0"*,045. L'étendue de la série dentaire serait donc sur ce deuxième sujet un peu inférieure à ce qu'elle était sur le pachyderme trouvé par M. Aymard, elle aurait eu 6 millimètres de moins. J'ajouterai que sur l'échantillon que j'ai découvert, toutes les dents sont en série, et que Toii a par conséquent affaire à un individu bien adulte. La taille variait donc pour les Palophtherium dont on découvre les débris dans les marnes calcaires de Ronzon. Cette remarque est importante à constater, et j'aurai plus tard à y revenir lorsque je discuterai la valeur spéciJSque des caractères invoqués pôUr considérer le petit pachyderme du Puy comme aytot constitué une espèce distincte.

L'étude du mode de constitution de chacune dëâ dents montre que les prémolaires et les molaires du PâlvptbthértutH ovinum étaient formées comme l'étaient celles du Pàlopkh therium minus ^ et que les seules différences que Tod peut constater après une comparaison très attentive éôiit seulement relatives à de bien légères ihcklificàtioiis. Les deux prëmièi*es

MAMMIFÈRES rOSStLES DE RONZON. 7i

prémolaires sont semblables entre elles dans les deux espèces. Quant à la troisième prémolaire et aux deux molaires suivantes, sauf la taille qui est un peu plus réduite et Touverturedu croissant postérieur un peu moindre, ces dents offrent entre elles sur les deux Paloplotherium que je viens de citer la plus grande similitude^ La troisième molaire est identique. Il est facile de se rendre compte des grandes analogies et des bien légères différences existant entre la dernière prémolaire et les deux premières molaires du Pàhplothermn minus et ovinwny en comparant la figure 4 de la planche SO de ce travail à la figure 3 de la planche 14 du Traité de zoologie et de paléontologie française de Gérvais, sur laquelle est représentée une portion de maxillaire inférieur de la première de ces espèces.

Les mesures relatives ûut dents existant sur le maxillaire inférieur que j'ai fait reproduire et sur celui qui fait partie de tnes coUeétiobs sont les suivantes (1) :

i** prém. 8* prém. 3* prém. i^* mol. 9* mol. 3* mol. m. m. m. m. m. m.

Maxillaire nM 0,007 0,0085 0,0i 10 0,0125 0,015 0,020

Id. n«t <.. 0,007 0^0085 0,0090 0|0i18 0,0U 0,020

Haàteôr :

Maxillaire nM » 0,0070 0,0070 0,0080 0,010 0,013

Epaisseur :

Maxillaire nM » 0,0050 0,0080 0,0080 0,009 0,009

J*ai pu faire l'étude du maxillaire supérieur d'après le fragment type appartenant à M« Aymard représenté figure 53, et d'autre part j'ai pu compléter très utilement ces premières observations par l'examen d'un maxillaire supérieur presque complet que j'ai trouvé à Honzon en même temps que le maxillaire inférieur dont je viens de parler.

Les incisives étaient au nombre de trois, et ces dents^ d'après

(1) Lé n^ 1 correspond au maxillaire appartenant à M. Aymard; lé n°2se M^fiarte âti nlÀxlfltlire fiilsam pûtûe àë ma eolleetlôn.

72 H. FflLHOL.

les observations que Ton peut faire sur les alvéoles qui sont vides, allaient en diminuant de volume de la troisième la plus externe à la première. Les chiffres suivants correspondent aux diamètres transversal et antéro-postérieur de ces cavités :

V inc. 8« inc. 3« fnc.

ni ni* in<

lu lu» Us*

Diam. antéro-postérieur 0,0035 0,004 0,005

Diam. transverse 0,0040 0,005 0,007

La canine usée un peu à son sommet était semblable à celle des Paloplotherium ànnectens et minus. La hauteur de sa cou* ronne au-dessus du bord alvéolaire était de 0^,011 ; les diamètres transversaux et antéro-postérieurs au niveau du collet étaient de 0»,005 et 0",007.

En arrière de la canine existait un espace libre mesurant 0^,022 d'étendue.

La longueur de la série des prémolaires et des molaires est de 0°*,061. Ce chiffre doit être décomposé de la manière suivante : espace occupé par les prémolaires, 0",022 ; espace occupé par les molaires, O'^jOSO.

Les deux premières prémolaires manquent sur les deux échantillons que j'ai pu avoir. La troisième est en place sur la pièce que j'ai fait représenter, ainsi que les trois molaires vraies. Ces dents son t constituées par les mêmes éléments que celles des Paloplotherium ànnectens et mimis. Elles s'en distinguent par leur élargissement qui est, proportionnellement à la longueur, tout à fait différent. Ce caractère sera très facile à saisir pour les paléontologistes en comparant la figure 53 de ce mémoire aux figures 1 et 4 de la planche 29 du Traité de zoologie et de paléontologie française de Gervais. Le savant professeur du Muséum avait fait représenter fig. 1 un maxillaire supérieur de Paloplotherium minus provenant des lignites de la Débruge. L'étendue de la barre sur cet échantillon est de 0'",020 ; l'espace occupé par les prémolaires et les molaires est de 0" ,061. Le premier de ces chiffres est inférieur seulement de 0",002 à celui que j'ai transcrit plus haut; quant au second, il est absolument le même. Si l'on recherche quelle est l'éten-

due de la série des prémolaires et des molaires, on trouve également des chiffres presque identiques à ceux fournis par le Palophtheriumovinum : O^^Sl pour les prémolaires et 0°',040 pour les molaires. En s'appuyant donc seulement sur les indications fournies par les mensurations de l'étendue de la série dentaire et des rapports qu'affectent entre elles les diverses parties qui la constituent, on serait infailliblement conduit à déclarer que les Palaplolherium minus et ovinum ne constituaient qu'une seule espèce. Maintenant, si l'on étudie la Ion* gueur et la largeur de chaque dent, on trouve quelques différences et ce sont là les seuls caractères sur lesquels on peut s'appuyer pour vouloir établir une distinction spécifique. Je donne dans les deux tableaux suivants les mesures relatives aux prémolaires et aux molaires des Palaplotherium minus et ovinum.

Palaplotherium minus :

l**prëm. i*prëin. 3*prëin. l'émoi. S* mol. 3* mol.

Longueur o7ô06 0,006 0,"007 0,040 0,*0U 0,016

Largeur 0,006 0,009 0,010 0,0U 0,015 0,016

Paloplotherium ovinum :

Longueur > » 0,008 0,010 0,012 0,015

Urgeur » > 0,008 0,010 0,009 0,010

Il résulte évidemment de la comparaison que l'on peut faire entre les divers chiffres que je viens de transcrire, que le seul caractère susceptible d'être invoqué pour distinguer entre elles les dents supérieures des jPa/(^/o/^mm minw et ovinum est relatif à leur moindre épaisseur chez ce dernier pachyderme. On voit donc, en résumé, que le Paloplotherium de Ronzon se différenciait seulement du Paloplotherium minus par la moins grande ouverture des lobes de ses molaires inférieures et par la moindre largeur de ses molaires supérieures. Ce sont là les seuls éléments sur lesquels on peut s'appuyer pour distinguer ces deux pachydermes. Reste à savoir si ces caractères ont une valeur spécifique, ou bien s'ils n'indiquent

74 il. MUlël»

«eulètaènt (|ti'tlné face. Cette dernière opinion doit être la Yfàie ; car lofsque Ton féunlt ufiè gfatide série de maxillaires de PaloplbtheHUhï, ce qu'il est facile de faire à Id Debruge, on n'en trouve pas qui n'offrent quelques particularitéd absrates sur les àutres; On est dès lors Conduit à penser que Itili HloplotheriUm comme les Palœothefiùm ont beaucoup irttrié^ et qu'ils ont donné naissance à de liondbreUSes races qui quel^ qiieibis ont pu montrer une certaine fixité. Mais 'je ftrrai ré** marquer^ AU sujet de l'diitreme variabilité constatée paimi iM Pàlôpl&theHum, qu'il se pourrait très bien que là dé6otlferte ftu sein de marnes de Romson d'autres débris de ced dnilùaiii^ vienne montrer que lès seuls CArftdtèrâS distindtif^ observés étaient simplement Individuels.

PALOPLOTHERIUM MINUS Cuv.

Orotherium ligeris Âym.

(Voy. fig. 66-68.)

M. Âymard a décrit sous le nom d' Orotherium ligeris une portion de maxillaire inférieur que j'ai fait représenter fig. 66-68. Les figures 66 et 67 correspondent aux deux dents intaotes considérablement grossies. L'étude très attentive que j'ai faite de ce fragment me porte à penser que la pièce découverte par M. Aymard provient non d'un animal constituant un genre nouveau^ mais bien d'un Pahphthêrùêtn, Les dents qui sont encore en place sont des dents de lait^ et la ibrme de la troisième prémolaire, fort différente suivant qu'elle est de première ou de deuxième dentition, a pu conduire k une confusion. La comparaison que l'on peut faire du maxillaii^ provenant de Ronron avec celui de Pêhploth»rium mmut jeune trouvé à la Débruge et figuré pi. 14, fig. 7 et 7 o, par Gervais^ dans la deuxième édition de son Traité de paléontolo*gie française me pamlt devoir lever tous les doutes;

MABfMIFËRES MS^fils Ms RONZON. '75

ÀCEROTHËlinJH YELAtlNUM <Voy. flg. e9^90.)

Rkinoèerài tetemnum Âymard, Ann. Soc. àgr. iu Ptiy, i. Itltl. —IbiHMtlikêt-kMi taHMàm kféaàti, SMiptol t-titdiu k^-.t AeUd, ik st. d$ Pm$* ti XIXTIUt pi «701 I85é< »» J)jUNM«^ol euvUHI AymaHI» Aimi> Boo. a§f, du i>»y, t. XVUI. '

M. Âytiààfâ A âighàlê depuis Idhgtempâ âàbs lèë giSêffieiitb de Hbtiitih Ift pfésehdë de débris de Rhinoééi^i àssoéi6§ atik dssèhaënts dbè Palaôlherium , des AnéodUè, dës ÈMëlôdèn, dés ffjfcenotfo/t. Après àVdir i<appdHé tôtit d'abord les pièéês décdtivertes par lUi àilx RhiiiOt'érôS vrais, il dfut pltii tâhl dévdlr les cotisidôrèr tàtntnè àyani appartenu à tiù getltè différeot dd pàchydeiWës, pdttt- lequel il prdpdsà le Udm de BohiothéHum, Deux espèce^ appàrtenàiëût à cette cdUpe gétlérl(}Uë Uduvelle : le RiniiothiHum vèltmnum et le BontothèrmA èiè^iërt. Cette dertiifet-e ètdit sigbaléë CdUime dduteuse. j'ai eitamltié àvëë beaucdup de ïiôlâ tdUs les êchànttlldnë t^ctieillis par M^ Aymard, et Je ëf^dis qUè jusqu'à préseiit dti U'a trdUvé à Rdnsôa qu'Utae Jseùlè ë^pèéé û'AcérothêfiutH. J'en ai fait rëpfdduirë Id maxillaire inféHèUf (flg. 69 et 70 de ce travail). Cette piôëè fbrt intërësSautë fait partie des cdllecticns de M. Ayinârd> J'eusse bëàUëôUp désiré étudier le maxillaire supérieur du même aUiUiàl actuelletneut dans la eoUèctidn de M^ Pichdt Dumà^ël, ih&iâ ëdmmë pdur YÀkenodM pHtnéBvUMi cela M'a été impôààiblë. J'ëspèfë que d'autres nâtUfàlistèS Ûtttit plus heUfëUX que tndi et qu'ils pôurrent nous rëfl^iguër au sUjët de ces intêt^satlts échantillons. Je më bdruërai fi présenter quelques dbsëi'Vatiôns relatives à la ëdUâtitution du système dentaire IdfêHëur des Âcerùtherium dé RôUïëU et à iêi affinités avec Celui dès Lôphiodon et des Coryphodb'h.

La deuxième prémolaire est trop altérée pdul- qu'il sêit possible de tirer de Sdn élude quelques indications pdSitiVës. Lft troisième, là deU.<cîèffle en place éUf réchantillôrt figuré, est remarquable par la présence d'une crête élevée, dirigée transversalement. Cette crête s'étendait du bèrd externe au bord

76 H. FDLHOL.

interne de la couronne qui était sensiblement divisée par elle en deux parties égales, Tune antérieure, l'autre postérieure. Si nous comparons cette dent à celle qui lui correspond sur des pachydermes un peu postérieurs ; comme l'est VAcerotherium Craizeti de Saint-Gérand-le-Puy (i), nous voyons qu'elle en est absolument différente . Sur cet A cerotherium comme sur tous les autres de la même époque, nous constatons l'existence à la portion moyenne de la face interne de la dent d'une sorte de boucle formée par l'inflexion en ce point du bord de la couronne. Cette boucle pénètre profondément, et il résulte de cette disposition que le lobe antérieur et le lobe postérieur sont réunis l'un à l'autre par une sorte d'isthme. La couronne de la deuxième molaire n'a en ce point, sur VAcerotherium Craizetty que trois millimètres de large alors que les lobes antérieur et postérieur en ont onze et douze. Nous n'observons rien de pareil sur le pachyderme de Ronzon dont les lobes antérieur et postérieur de la troisième prémolaiie sont séparés l'un de l'autre par une haute muraille, s'étendant transversalement du bord interne au bord externe de la couronne. La troisième prémolaire inférieure du Coryphodon est absolument différente, mais il n'en est pas de même de celle du Lophiodon qui peut être distinguée seulement par la direction moins transversale de la crête médiane et par le plus faible développement du lobe antérieur. Malgré ces quelques différences, ces deux dents présentent entre elles de remarquables analogies de structure.

La quatrième prémolaire de VAcerotherium velaunum était construite comme la dent qui la précédait, et dès lors toutes les observations antérieures doivent lui être appliquées. Ses dimensions l'emportaient sur celles de la troisième prémolaire.

La première molaire est constituée comme la quatrième prémolaire : sa forme est dès lors fort différente de celle de la molaire correspondante des Acerotherium figurés jusqu'ici. Les dimensions seules sont supérieures. La deuxième et la troisième molaire sont également formées par des éléments sem-

(1) Ann. des se, géoL, 1880

ARTICT^E N* 3.

MAMMIFÈRES IPOSSILES DE RONZON. 77

blables et elles peuvent être distinguées les unes des autres par leur taille. La première est la plus réduite, la deuxième est la plus forte, et la dernière est intermédiaire par sa taille à la première et à la seconde.

Il résulte de la ressemblance que je viens de signaler entre le mode de structure de ces dents et le mode de structure des prémolaires, que le pachyderme de Ronzon était absolument différent des Acerotherium\i\wii durant l'époque miocèue inférieure. Les molaires inférieures ne présentaient pas, comme celles de ces derniers animaux, un fort rétrécissement à leur portion moyenne, par suite de l'inflexion très grande en ce point du bord interne de la couronne. Sur le fossile du Puy, le deuxième lobe semble n'être qu'un énorme talon annexé à l'élément antérieur. Ce mode de structure et l'absence d'un troisième lobe à la dernière molaire inférieure devaient m'amener à comparer le fossile de Ronzon au Coryphodon. Il existe évidemment dans les molaires de ces animaux de très grandes ressemblances. Ils se différencient pourtant par le moindre épaisissement de la crête transversale de la couronne et par la forme plus anguleuse en dehors chez le Cort/" phodon du deuxième lobe qui est très arrondi sur VAcerothertutn. Â ces deux points de vue le Laphiodon aurait plus d'analogie avec notre fossile, mais il possède un troisième lobe à la dernière dent.

Si l'on résume les caractères précédents, on voit que le pachyderme découvert par M. Aymard est absolument différent par sa dentition inférieure des Acerotherium actuellement connus, et qu'il se rapproche beaucoup des formes anciennes, telles que le Lophiodon et même le Coryphodon. Pourtant par ce que nous connaissons du squelette c'était un véritable Acerotherium ^ et j'ai fait reproduire, afin qu'il n'y ait pas de doute à ce sujet, quelques os de la patte trouvés avec la mandibule représentée sur la figure 70. Ces quelques indications montrent le grand intérêt qu'il y aurait à connaître plus complètement le mammifère fossile du Puy, ce qui sera possible lorsque l'on pourra examiner la mâchoire supérieure de cet animal. Au point de vue des

78 0. WUMMOls.

formes piimitives des dents inférieures des Rhinocéros la mandibule inférieure trouvée à Ronzon est certainement une des | pièces les plus intéressante qui aient été découvertes jos- I qu'ici.

PALifiON RIPARIUM Aym.

(V07. fig. 60-61.)

Pai fait représenter, fig. 60 et 61 , deux dents provenant d'un petit mammifère que M. Aymard a désigné du nom de Palam riparium. Ces deux dents sont isolées sur un morceau de calcaire marneux et séparées Tune de l'autre par tm léger intervalle. Je ne crois pas que Tordre de la série dentaire ait été modifié, et je pense qu'elles occupent leur place normale.

La première est une dernière prémolaire remarquable par son grand allongement et la forme aiguë des trois lobes qui constituent sa couronne. Pour rendre plus apparents ces caractères, j'ai fait dessiner sur la même planche cette dent au double de sa grandeur naturelle (fig. 61). Le molaire qui lui fait suite est à deux lobes et présente exactement la ferme d'une molaire de ruminant. Les mesures relatives à ces deux dents sont :

4* prte. i- mL

Longueur 0,0065 0,0055

Hauteur '. 0,0030 0,00K

Bpaitteur O^ÛOSQ 0,0085

,1'ai r^herohé les analogies que pouvait avoir h Po^mm i>> paarimn avea les espèces de mammifères folles dç \^, ^i^we époque, et j'ai trouvé que le petit animal de RoQ|K)n sa rf^h proohait i>eattcoup dès animaux découverts dau^ les pb<>6ph0r rites de Quercy et désigqés par moi sous {4 wm de X^fl^ dontherium à cause du gr^nd allongement de leur^pr^mplMifS^ En effet, si l'on compare 1^ deu^ dents fossiles de fioaiQ^ k celles du Xiphodim^heriym représentées dans mon trftvail sxff 1m phosphorites du Qn^rcy, fig. 319, w vmWPim W identité pr98qu9 44>sq)im ^ ^wm^ de yo\\m%^ ¥ifsi4lf vu se

AETICLE M* 3.

MAMMIFÈRES fOSSI^PS fiE RONZON. 79

basant sur la grande similitude qu'ont entre elles ces quelques dents, réunir les genres Palœm et XiphodofUherium f Je ne crois pas que cela soit actuellement prudent, car le reste de la série dentaire que nous ne connaissons pas pour l'espèce de Ronson peut posséder des caractères absolument différents de ceux qui nous sont présentés par las petits mamni^res des phosphorites. Aussi je crois qu'il faut attendre de nouvelles décou?ertesavant de se prononcer, et se bdrner aatuellement i^ constater ces affinités qui rendent très probable la similitude générique 4es animaux décrits sous les noms de Xiphodonthe'^ rium et de Palœon-

PLESIOMERYX GRACILIS Nob.

(Voy. fig. 5S, 59.)

MQ0li§u$ BMêêi kjm., in Rtetet, PêléaiU., t* édlt., t. I, p. UO.^CœnfUkê^ rûm ominiifM (p»r^« Pome), Gai. «wlA., p* 06. — Çmnoikmum PiçMif Ger?ais, ^qol. etpol^ franc., ï* édit., p. 162.

M. Ayniard a rapporté à un genre nouveau, appelé par lui du nom de ZooliguSj une mandibule trouvée dans les calcaires marneux de Ronsoo. J'ai fait représenter cette pièce et elle correspond aux figures 58 et 59. L'animal dont provient ce débris me parait avoir constitué une des formes intéressantes parmi celles qui ont été enfouies aux environs du Puy .

Les dents étaient en série continue comme elles le sont sur les CœnothêHum vrais. Oq ne notait aucun intervalle entre la première prémolaire et la canine, ou entre les premières pré^ molaire. L'étepdue de la série dentaire mesurée depuis le bord incisif est de0^,0â4. Les trois premières prémolaires manquent, la quatrième et les trois premières molaires sont en place. Ces quatre dernières dents occupent un espace de 0°*,014 sur le bord alvéolaire. Les mesures qui leur sont relatives sont les suivantes :

4* prte. i>* bmL t* mol. >• nitl.

Longnenr oTôOSO oTôOSO 0,(^ OfiOiO

Epaisseur 0,0016 0,0020 0,(iQ^ Ç^OO^Q

80 H. FILHOL.

La hauteur du corps du maxillaire au niveau de l'espace qui sépare la canine de la première prémolaire est de 0^,0032; elle est de 0°*,008 en arrière de la dernière molaire.

J'ai dû, tout d'abord, comparer ce maxillaire à ceux du Cœnotherium commune. J'ai fait représenter, pi. 1 bis^ fig. 5, démon travail sur les mammifères fossiles de l'Allier, un maxillaire inférieur de Cœnotherium commune trouvé à Gournon (1). Cette pièce m'avait été communiquée par M. Pomel. Si I'od veut bien se reporter à la figure que je viens de rappeler et en rapprocher celle que je donne dans ce mémoire du petit pachyderme de Ronzon, on verra qu'il existait entre ces deux animaux de grandes différences. Indépendamment de la taille qui n'était pas la même, ces deux mammifères se distinguaient par la disposition de leurs prémolaires, par la hauteur de ces dents comparées à la hauteur des molaires vraies. La particularité caractéristique du système dentaire du Cœnotherium commune consiste dans le grand allongement et le grand abaissement des prémolaires. Sur la planche l^t^ de ma description des mammifères fossiles de l'Allier, j'ai fait représenter à côté du maxillaire du Cœnotherium commune un maxillaire du Ccrootherium laticurvatum (fig. 7), et l'on voit, en examinant ces figures, quelle grande différence il y avait, au point de vue de la forme des prémolaires, entre ces deux espèces. Si l'on compare maintenant le maxillaire que je décris à celui du Cœnotherium commune^ on remarquera que sa quatrième prémolaire, au lieu d'être abaissée, allongée, comprimée par ses faces latérales, est haute, courte, épaissie, et que dès lors elle est bien plus dans le mouvement de la quatrième prémolaire du Cœnotherium laticurvatum. J'ai pris comme terme de comparaison de la forme des prémolaires le Cœnotherium lotir curvatumj mais je dois dire que j'aurais pu choisir toute autre espèce de Cœnotherium , car le Cœnotherium commune seul présente la disposition des prémolaires sur laquelle j'appelle l'attention. Par conséquent, en présence d'un caractère aussi

(1) Atifi. dH se. géoL, t. XI, pi. 1 bU, fig. 5. ▲RTicu »r 3.

net,aussi précis, je ne crois pas que Ton puisse essayer de rapprocher l'espèce de Cœnothermm de Ronzon de celle décrite par Geoffroy.

J'ai dû dès lors rechercher si le CœnotheriumdMVxx^ en Velay ne pouvait pas avoir d'affinités avec d'autres espèces, et je l'ai comparé aux Cœnotherium de TAllier et des phosphorites. Le Cœnotherium elongatum provenant de ces derniers gisements (1) diffère par sa taille beaucoup plus forte, par la plus grande longueur de la série dentaire, par la plus grande hauteur du corps du maxillaire, par la forme du bord inférieur de Tos. Parmi les espèces provenant de l'Allier, deux seulement pouvaient être mises en parallèle, c'étaient le Cœnotherium Geoffroyi et le Plesiomeryx gracilis. La première de ces formes se distingue par sa taille supérieure et surtout par le plus grand développement en étendue de la série des molaires rapporté à la longueur de la quatrième prémolaire. Ainsi cette dernière dent a 0°',0026 sur le Cœnotherium Geoffroyi et l'espace total occupé par les molaires mesure 0"',012. Sur le Cœnotherium dont je recherche les affinités, la quatrième prémolaire avait O°,0030, elle était donc plus longue que celle du Cœnotherium Geoffroyiy et pourtant la série des molaires vraies était moins étendue que dans cette espèce, car elle n'atteignait que 0'",010. D'autre part, la forme du corps du maxillaire inférieur était assez différente. Sur le Ccenotherium Geoffroyi^ comme sur le Cœnotherium elongatum on remarque une assez forte saillie du bord inférieur de la mandibule au niveau des deux premières molaires. Cette disposition ne s'observe pas sur le maxillaire trouvé à Ronzon.

Il ne reste donc plus que le Plesiomeryx gracilis que l'on doive mettre en parallèle. J'ai déjà dit, au commencement de cette description, que le Cœnotherium découvert par M. Aymard avait toutes ses dents en série continue. Il est, dès lors, absolument différent des Cœnotherium chez lesquels la canine de-' vient incisiforrae, la première prémolaire caniniforme, tandis

(1) Filhol, Phoiphoriiei du Quercy, Ûg. tl6.

ANN. se. GÉOL. XII. 10. — ART. H* 3»

89 H. FILHOL.

qu'il se produit une barre entre celte dent et celle qui la suit. Dans le résumé que j'ai donné de mes observations sur les Cirnotherium fossiles du Quercy, j'ai eu le soin de faire remarquer € que la production d'une barre chez les animaux à dents en série continue était évidemment, d'après les nombreuses pièces que j'avais recueillies, un fait ayant pour origine une variation individuelle. M. Gervais, ajoutais-je, a signalé pour la première fois la présence d'une barre à la mâchoire inférieure d'un Cœnotherium trouvé dans les phosphorites, et il a pensé que c'était là l'indice de l'existence d'un genre nouveau. En rapprochant de la pièce décrite par le savant professeur dn Muséum d'histoire naturelle un crâne qui était dans le musée de Montauban et qui présentait une modification semblable de lia série dentaire et en même temps des formes crâniennes toutes spéciales, j'étais assez porté à considérer l'existence d'une barre comme constituant un caractère générique. Depuis cette époque, ayant réuni au moins un millier de maxillaires de Cœnotherium, mon opinion a complètement changé. Sur le Cènolherium décrit par M. Gervais, on remarquait ce fait singulier que l'intervalle existant dans la série dentaire était compris entre la première prémolaire portée en avant et devenue caniniforme et la deuxième prémolaire. Cette particularité rappelait celle de même nature que l'on observe sur certains mammifères fossiles de l'Amérique du Nord. Mais j'ai observé que l'on rencontrait des maxillaires de Ccenotherium sur lesquels il existe une barre entre la première prémolaire et la canine, d'autres chez lesquels la première prémolaire est isolée au milieu de la barre, d'autres où cette dent s'est avancée jusqu'au niveau de la canine, et d'autres enfin où le déplacement de la première prémolaire a été suivi de celui de la seconde, qui, elle aussi, s'est portée en avant. Maintenant je ferai remarquer que ces diverses modifications ne correspondent pas à des formes différentes de maxillaires pouvant indiquer des espèces. On constitue des séries de ces modifications avec tontes les formes qu'affectaient les Cœnotherium. Ce n'est pas là un fait isolé appartenant à une espèce, c'est un fait qui se produis

ARTICLS M<» 3.

sait sur tou(f Içs Canotherium. Ainai nous voyons que la production d'une barre chez des animaux à dents en série continue est due à des modifications se produisant sous l'influence des lois naturelles. Je ferai, d'autre part, remarquer que sur les CcmàtkérUêm il semble que la production d'un intervalle dans la série dentaire ne soit qu^un premier phénomène indiquant une modification plus profonde en voie d'accomplissement. Ainsi chez beaucoup de Cœnotherium on remarque la disparition de la première prémolaire qui s'était tout d'abord portée en avant. La série dentaire se simplifie en dernier Heu (1). »

Il résulte de ces observations que dans toutes les espèces de Cœnotherium il peut survenir dès changements de la série dentaire, et que les modifications de forme ou de place subies par les prémolaires n'ont aucune valeur générique. Aussi le mot de Plesiomwy^ proposé par Gervais pour distinguer comme genre les Cmnotherium à barre devrait-il disparaître. Mais, lorsque Gervais l'a appliqué il Ta fait pour un animal dont les caractères de la tête sont fort différents, ainsi que je l'ai montré, de ceux des Cœnotherium ordinaires, et, dès lors, j'ai cru devoir le conserver pour distinguer une forme sous-générique bien distincte. C'est dans ce sens que je Tai employé depuis dans mon travail sur les mammifères fossiles de T Allier pour un petit maxillaire qui par ses proportions et sa forme me paraissait devoir provenir d*un animal de ce sous-genre, peut-être même de la même espèce.

Du moment où Finterruption de la série dentaire n'est pas un caractère, il ne faut pas déclarer que le Mammifère de Ronzon se rapporte k une espèce différente de celle de Saint- Gérand-le-Puy. J'ai dû, dès lors, rechercher si ces animaux ne se ressemblaient pas par toutes leurs autres particularités. Si Ton se rapporte b la forme des prémolaires et des molaires, on observe qu^elle est la même sur les deux mammifères. D'autre part, si l'on examine l'étendue de la série dentaire, on constate qu'elle est sensiblement pareille :

(1) Pkospkorites du Querqfy p. 548.

84 H. nLH#L.

Plesiomeryx gracUis : espace occupé par les prémolaires c les molaires, O",021.

Mammifère de Ronzon : espace occupé par les prémolaires et les molaires, 0",020.

Plesiomeryx gracilis : espace occupé par la quatrième prémolaire et les molaires vraies, 0™,014. — mammifère de Ronzon, 0"»,014

L'étude du volume des dents conduit également à constater des chiffres presque identiques. Je rapporte ceux relatifs au Cœnotherium gracilis y et si on les rapproche des nombres que *ai transcris plus haut, on verra que les différences sont de quelques dixièmes de millimètre pour quelques-unes des mesures.

Cœnotherium gracilis :

iNmol. ^ mol. 3* mol.

Longueur 0,0020 O.ÔQHâ 0,0040

Hauteur 0,0015 0,0020 0,0020

Epaisseur 0,0020 0,0021 0,0021

Dans cette même espèce la hauteur du corps du maxillain au niveau de l'espace qui sépare la canine de la première pré-

molaire est de 0"»,0031 ; elle est de 0",008 en arrière de 1î dernière molaire. Ces mêmes mesures prises sur le Cœnothe rium du Puy en Velay donnent les chiffres de 0",0032 et i 0^',008. Il n'existe qu'une différence d'un dixième de milli mètre entre les deux premiers nombres.

Il me semble résulter du parallèle que je viens d'établii qu'il y a identité spécifique entre le mammifère de Ronzon e»s-' le Plesiomeryx de Saint-Gérand-le-Puy. Ce dernier ne sauraS^ ^ être considéré, dès lors, que comme une race dérivée de la pr^- — mière forme, et nous avons là un nouvel exemple des modifia— cations que subissait avec le temps la disposition du systèn». ^ dentaire des petits pachydermes constituant le groupe d^^ Cœnotherium et des Plesiomeryx.

GiCNOTHERIUM COMMUNE Geof.

M. Aymard a signalé parmi les divers vertébrés qu'il a découverts à Ronzon le Cœnotherium commune. Celle détermination a été faite d'après quelques dents isolées que ce savant paléontologiste a bien voulu me communiquer. Il est bien évident que les molaires découvertes sont d'un Cœnotherium j mais on ne saurait, je crois, se montrer afTirmatif au sujet de l'espèce dont elles proviennent.

Les molaires de Cœnotherium sont semblables entre elles, et pour arriver à une détermination spécifique assurée, il faut toute la série des dents, ou bien l'os mandibulaire ou bien une portion du crâne. Aucune pièce semblable n'a encore été trouvée à Ronzon, et, dès lors, on ne saurait se montrer affirmatif au sujet de la présence du Cœnotherium commune au milieu de la faune des vertébrés enfouie au sein des calcaires lacustres des environs du Puy.

ANCODUS (PonicI).

AfUhracotherium velaunum Guvier, Os$. foss.y t. V, pari. 2, p. 506. — Blainville, Ostéog, du g. PaUBotheriumy p. 139, et Anthracotheriumy p]. 1 et 3. — Ancodus Pomel, juin 1847, Archives de la bibliothèque de Genève, t. vu. — Hyopotamus Ov/en, noYetnbre 1847, Trans, PhiL Quart. Joum. ofZool.y t. IV. — Bothriodan Aymard, 1848, Ann. Soc. agr. du Puff.

M. Pomel a, le premier, séparé du genre Anthracotherium des mammifères fossiles dont les caractères avaient été mal saisis avant lui. Il a vu avec beaucoup de justesse que le pachyderme décrit par Cuvier sous le nom A' Anthracotherium Velaunum n'était pas un Anthracotheîrium, et, s'appuyani sur la figure donnée par M. de Blainville dans son Ostéographie, il a créé un genre nouveau, le genre Ancodus. Plus tard il a établi trois espèces qu'il a nommées : Ancodus Velaunus (Blainville, Ostèog. des Anthracotherium j pi. 1 et 3, figure de la mandibule); Ancodus machrorhinus (d'après Blainville, Ostéog. des Anthracotherium y pi. 3, maxillaire supérieur) ; Ancodus incertus (d'après Blainville, Ostéog. du genre

86 H. FILHOli*

AnthracotheriurHy pi. 3, quatrième fausse molaire et grande arrière-molaire).

Les caractères attribués au genre Ancodtis ont été résumés par M. Pomel dans son Catalogue méthodique et descriptif deê vertébrés fossiles du bassin de la Loire. C'étaient les suivants : « f- incisives, f canines, \ molaires. Arrière-molaires supérieures très nettement divisées en deux collines transverses, décom-' posées chacune en deux mamelons, dont Tanlérieur i&tèrne est subdivisé en deux par une échancrure de sa face postérieure et qui ont leur face interne encastrée fortement, suilOut les extérieures. A Tangle antérieur est un tubercule creusé en dedans par un sillon qui prolonge celui du côté antérieur dé la couronne; à ^origine interne de la vallée transversale est un autre tubercule plus gros, en forme de cône tronqué, êh de* dans duquel se prolonge le fond du §iIlon de la vallée. La troisième arrière-molaire inférieure à trois lobe^, dont le dernier forme talon. Les deux mâchoires ont un fort diastème (i). >

Quelques mois après que M. Pomel eut fait connaître ses premières observations sur le genre Ancodus dans le huitième volume des Archives de la bibliothèque de Genèv€j H. Owen reçut de la marquise de Hastings des débris de matninifèféS trouvés à Hampsteadi II crut devoir les rapporter k un genre eticôte inconnu de mammifères qu'il désigna par le ndffi de Hyopotamus. îl décrivit deux espèces, qu'il nomma Hyopotamus bovinus et vectianuSy et il les considéra, par étteiir, toiflme ayant vécu au commeticement de l'époque tertiaire^ U&e année dprès, en 1848, M. Aymârd publia dans Sod mêttOlK Ittf VEnldodùn^ la diagilose d'un genre nouveau qu'il appèlftit du nom de Bothriodon. Ce geure comprenait, d'après seS Mitantes observations, trois espèces, les Botkfiodon leptùt'pichUi^ pU^ torynôhis et Velmnué. Los pièces déet*ites par M. A^anî provenaient, ôdmmë celle qui avait été décrite par Cuviër souS le nom d' AnthhicôthèriHm VelàuntM de la colline de Rdbzôfi. Elles avaient également là même origine que edlês figurées

{\)CdiaLméth.,p. 9i.

par de Blain ville ayant servi à M. Pomel pour la création de son genre Ancodus. Lqs études comparatives ultérieures ont montré, de la manière la plus nette, que les Ancodus et les Bothriçdon ne constituaient qu'un seul genre. La dénomination di'Ancodm étant la plus ancienne semblait devoir rester; mais il n'en fut pas ainsi, et M. Gervais admit dans sa paléon* tologie le genre Bothriodon. 11 le plaça & côté des HyopolamuSj et il ne s'exprima que très vaguement sur les caractères qui l'amenaient à considérer comme distinctes ces deux formes anciennes. M* Kowalewsky, en 1874, a publié dans les Tramac* lions philosophiques de l'Académie royale de Londres^ un très important mémoire sur l'ostéologie des Hyopotames, et il a constaté, après avoir comparé les mammifères fossiles de Ronzon et les mammifères fossiles de Hampstead, que leur séparation en deux genres différents n'était nullement fondée (1). Il les a réunis sous le nom commun de Hyopotamus. Eu proposant ce nom générique, il reconnaît que M. Pomel a décrit des animaux absolument semblables en 1847, antérieurement à la dénomination de Hyopotames donnée par Ov^en aux fossiles de rUe de Wight, mais il dit que comme M. Pomel n'a pas donné une bonne description de ces animaux et qu'il n'a pas joint à ses courtes descriptions des figures, le nom diAncodus^ pro-* posé par cet auteur, doit être considéré comme n'ayant au*cune valeur (2). M. Kowalewsky n'a évidemment pas recher-^ ché les premières publications de M. Pomel, car il aurait vu alors que ce savant paléontologiste établissait le genre Ancodus sur des éûhantillons parfaitement figurés par de Blainville danssonOstéographie. Dès lors, il n'était nullement nécessaire, pour que l'on pût saisir et apprécier ses descriptions, qu'il fit représenter de nouveau les pièces antérieurement figurées comme provenant d'ilnMroco/A^tum. Il se peut actuellement que l'usage fasse prévaloir la dénomination d'Hyopotames,

(1) Traïu. phxL Ac. royale de Londres, 1874, p* 23.

(2) As he oeither gave a good description of them, nor illustrated his short notices by figuret, no paldèontologiàt has accept Ihis ûame, and it iùky be considered extinct, (RdWâldWftky, lùOé cit, p. fl.)

88 H. VILHOL.

mais il ne doit pas moins en rester acquis que M. Pomel, le premier, a su distinguer cette forme animale si intéressante.

Les espèces d'Ancodtis actuellement décrites sont assez nombreuses, et j'aurai l'occasion, dans la suite de ce travail, de discuter la valeur des caractères sur lesquels on s'est basé pour les créer. Un premier point doit tout d'abord fixer l'attention. Il est important d'établir la place qu'occupaient les Ancodus parmi les mammifères vivant à l'époque miocène inférieure, de noter leurs caractères généraux, de montrer leurs affinités avec les animaux vivant à la même époque, et de rechercher si parmi les pachydermes actuels il n'en existe aucun qu'on puisse leur rattacher.

J'ai indiqué plus haut les caractères de leur dentition, tels qu'ils ont été donnés par M. Pomel. J'ajouterai que leurs incisives, étalées en palmettes, étaient fort différentes de celles des Sus. Leurs canines étaient assez fortes et se déjetaient en dehors comme celles des porcs vivants. Leurs prémolaires étaient tranchantes et rappelaient beaucoup par leur forme les dents des Anthracotherium. Leurs molaires étaient également assez semblables à celles de ces derniers animaux. Elles étaient constituées par deux collines dont l'antérieure supportait cinq tubercules et la postérieure deux seulement. Le vallon de séparation des deux collines était plus profond qu'il ne l'est sur \qs Anthracotherium ; le bord des pyramides externes était profondément échancré, et ces saillies semblaient avoir été déprimées, avoir reçu un coup de pouce, qui aurait repoussé leur sommet vers la portion interne de la dent. M. Gervais avait signalé la disposition de la première avant-molaire très distante des autres, mais nous verrons dans la suite que l'on ne saurait attacher d'importance à la position de ces dents, qui est variable. La forme de la tête, ainsi qu'on peut le voir sur différentes planches qui accompagnent ce travail, était excessivement étrange. La face se trouvait être très allongée et la cavité cérébrale très réduite. Il n'existait pas de larmier. Les pattes étaient tétradactyles et offraient beaucoup d'aûalogie, ainsi qu'on le verra plus loin, avec celles des Cochons.

AnTicr.K N» 3.

M. Kowalewsky, b la suite des très intéressantes observations qu'il avait faites au Puy dans la collection de M. Âymard, a pensé que les Ancodus^ Hyopolamus pour lui, faisaient anciennement partie d'une très grande famille, et il a peutêtre été entraîné un peu trop loin dans les rapprochements qu'il a cru découvrir.

Ce savant paléontologiste entend par l'expression d'Hyopotames vrai3 < tous les paridigités éocënes ou miocènes ayant des dents à croissants avec cinq lobes bien développés à leurs molaires supérieures. » Cette famille, ajoute-t-il, « pourrait s'appeler celle des Anthracotherium, car les Anthracotherium sont parmi les représentants les plus remarquables de ces groupes ; mais les Hyopotames étant plus riches en formes sous-génériques, cette famille pourra mieux prendre leur nom. ji^

On voit par cette citation la grande étendue que M. Kowalewsky donne à la famille des Hyopotamidés, dont il propose la création. V Anoplotherium s'y trouve compris, et M. Kowalewsky déclare, à propos de ce mammifère, qu'il ne saurait être considéré comme l'origine de la riche faune des paridigités miocènes.

Il me semble que M. Kowalewsky donne au mot de famille une extension beaucoup plus grande qu'aucun naturaliste ne Ta fait j usqu'à aujourd'hui. Il pense qu'un seul caractère, la présence de cinq tubercules aux molaires, peut suffire pour grouper tout un immense ensemble de mammifères dont la plupart n'ont de commun que cette seule disposition. Je ne partage pas cette manière de voir, et je crois qu'il ne suffit pas pour que des animaux soient considérés comme faisant partie d'une même famille qu'ils aient de commun un point très limité de leur organisation; il faut que leurs caractères généraux soient les mêmes. C'est en se basant sur cette méthode qu'on a pu établir des familles aussi bien définies que le sont celles, par exemple, des Lémuriens ou celles des Camaliens. Une viendrait certainement pas à l'esprit d'un zoologiste de placer dans une même famille d'animaux vivants des

90 H. nLHOi4.

êtres aussi différents que le sont entre eux, pai^ leurs pattes, leurs dents, la constitution de leur crâne et de leur squelette, les Xiphodon^ les Anoplotherium^ les Dichobune^ les Enteloitm^ les Anthracotherium^ les Hyopotaines . Si , pour ne prendre qu'on exemple, V AnoplotheriMtn possède cinq pointes à ses mo aires comme VHyopolame^ son organisation générale n'est pas moins absolument différente de celle de ce dernier, parce qu'il a ses dents en série continue au lieu d'avoir ses prémolaires espa* cées, parce que ses canines ne sont pas développées alors qu'elles le sont sur le second animal, parce que sou crAne est constitué d'une manière absolument différente pour abriter des centres nerveux différentSi parce qu'il n'a que deux doigts dé* veloppés au lieu de quatre, parce que les os de son squelette n'ont pas la môme forme. En présence d'organisations si distinctes offertes par des êtres vivants, un zoologiste n'hésiterait pas à reconnaître qu'ils appartiennent à deux familles. Pourquoi ne pas se servir des mêmes règles pour les animaux fossiles que pour les animaux vivants? La scienoe y gagnera beaucoup en précision. Il sera beaucoup plus facile de retrouver la manière dont s'est faite la descendanoe en bien limitant les formes des familles anciennes qu'en groupant cinq ou six d'entre elles sous un môme nom, en invoquant pour cela la présence d'un caractère commun. On ne saurait dire qu'on ne peut pas appliquer les mômes méthodes de classification aux animaux fossiles qu'aux animaux vivantSi paroe qu'anciennement les formes étaient moins spécialisées qu'elles ne le sont aujourd'hui. Durant les temps éocënes et miocènes, de grandes lignes limitant certaines familles apimales étaient souvent aussi nettement tracées que le sont oelles qui dr<conscrivent des familles aujourd'hui vivantes. Seulement, pour les apprécier à leur juste valeur, il faut tenir compte des oarac*tares tels qu'ils sont, et ne pas se lancer dans des hypothèses sur les variations que ces derniers ont pu subir. Ainsi il ne faut pas dire, alors que rien ne nous le montre, que VAnophikt- Hum est un Hyopotame dont les doigts latéraux se sont atro* phiés ; qu'il existait des Anoplotherium tétradactyles pendant

MÂMMiFËRBa roamifEs de RONZON. 91

la période crétacée et que c'étaient là de véritables Hyopotames. II ne faut pas dire que les HyopOtames du Puy ou de Hampetead ont gardé les quatre doigts des Hyopotames du crétacé, mais que les dents de ces derniers obt perdu leurs caractères qui persistaient sur les Ànophthmum éocènes. M. Kowalewsky considérait, en 1874, les Anoplolherium comme constituant un genre pauvre en espèces ; deux seulement eûstaienti et, comme il l6 faisait remarquer, elles différaient très peu par leur taille. Il opposait à ce genre, si peu riche en formes, celui des Palaotheriumj dans lequel on trouvait une variété immense permettant, lorsqu'il s'agissait

de la taille, de réunir le Palteotherium magnum au Pùlaothe"

rium minus. M. Kowalewsky a iusisité SUf ce ftdt de la rareté de^ e&pècei^ â^ÂMplùtherium pour conàidérer ce genre comme n'étant qu'une branche aberrante n'ayant eu aucUne chance de s'adapter par ses variétés et de donner de la descendance. Or, depuis l'époque à laquelle M. Kowalewsky publiait son travail sur les Hyopotames, les recherches faites dans les dépôts du Queroy nous ont révélé un très grand nombre d'es^ pëees A'Anoplôthèritm, et aujourd'hui nous savons quHl

existait durant l'ébcène supérieur des espèces ou des variétés très multipliées d'Anoplotheriuniy et que ces animaux variaient de taille de là même manière que les PalœotheHum. Dans ma collection on peut constituer Une série de maxillaires inférieurs d^ÀMptothetium montrant que Téteudue de l'espace

occupé par les molaires et les prémolaires variait entre O'^jiÔS et 0'",072. Les dimensions en hauteur du corps du maxillaire étaient en rapport avec le développement que prenaient les dents situées en arrière delà canine. Ainsi, la hauteur du maxillaire inférieur^ en arrière de là dernière molaire, était, alors que la série dentaire atteignait 0°",! 63, de 0")055, et elle n'estait plus que 0™,025, alors que les prémolaires et les molaires réunies n'occupaient qu'un espace de 0'°,07â. Je vais rappeler à ce sujet les mesures relatives aux différentes formes d'Ano^ phlherium qui permettent de relever les chiffres extrêmes que je viens de citer. Toutes ces mesures ont été prises sur des maxillaires inférieurs faisant partie de mes collections.

92 H. nLHOL.

Eurytherium latipes. — Longueur de la série dentaire eo arrière de la canine, 0",163.

Hauteur du corps du maxillaire, en arrière de la dernière molaire, 0",055.

Dimensions des dents :

!'• prém. S* préon. 9> prém. 4^ prém. l" mol. S* moU 9* m).

Longueur S^OU Ofii^ 0,021 0,022 0,093 0^025 MiÛ

Hauteur 0,010 0,012 0,0U 0,014 0,010 0,013 0,016

Epaisseur 0,007 0,019 0,011 0,0U 0,013 0,016 ^0,016

Eurytherium secundarium. — Longueur de la série dentaire en arrière de la canine, 0°*,116.

Hauteur du corps du maxillaire en arrière de la dernière molaire, 0-,043.

Dimensions des dents :

1** prém. 2« prém. 3* prém. 4*prëm. l'émoi. 9* mol. d^moL m m m m m m m

Longueur 0,0135 0,0155 0,017 0,016 0,016 0,018 0,0280

Hauteur 0,0080 0,0085 0,009 0,009 0,007 0,010 0,0105

Epaisseur 0,0050 0,0070 0,007 0,010 0,010 0,011 0,OiaO

Eurytherium Quercyi. — Longueur ^de la série dentaire en arrière de la canine, 0",096.

Hauteur du corps du maxillaire, en arrièi*e de la dernière molaire, 0-,034.

Dimension des dents :

!"• prém. 8* prém. 3* prém. 4* prém. i** mol. t* mol. 3* moL

Longueur ^009 O^OIO 0,011 o"àl2 0^0125 O^OIAS Ô!Ô20

Hauteur 0.008 0,008 0,008 0,009 0,0075 0,0090 0,0110

Epaisseur 0,005 0,006 0,008 0,010 0,0090 0,0110 0,0012

Eurytherium modicum. — Longueur de l'espace occupé par les prémolaires et les molaires, 0^,085.

Hauteur du corps du maxillaire en arrière de la dernière molaire, 0"»,032.

AUTICLE N" 3.

MAMMIFËRES FOSSILES DE RONZON. 93

Dimensions des dents :

!>* prém. t* pràn. 3* prëm. 4* prëm. î'* mol. 2* mol. 3* mol.

Longueur... • oTôlO oTôllO 0^0110 Ofim o!!bl!25 (TÔSOO Hauteur.... > 0,005 0,0050 0,0065 0,0065 0,0075 0,0080 Epaisseur... > 0,005 0,0050 0,0070 0,0070 0,0090 0,0085

Eurytherium minus. — Longueur de la série dentaire en arrière de lacanine, 0^,072.

Hauteur du corps du maxillaire en arrière de la dernière molaire, 0»,025.

Dimensions des dents :

i** prém. 9" prém. 3* prém. 4^ prém. l**mol. t* mol. 3* mol.

Longueur C^ÔO? 0,0100 0^011 0^009 0^0090 oTôoOO oTôu

Epaisseur 0,004 0,0042 0,005 0,006 0,0062 0,0070 0,007

Les cbiffires précédents sont bien suffisants pour démontrer la grande^ variabilité que les Anoplotherium présentaient au point de vue de leur taille, durant les temps éocènes supérieurs. J'ajouterai seulement que de nombreux maxillaires figurant dans ma collection peuvent permettre, au point de vue de la taille, de relier les différentes espèces ou variétés que je viens de citer, espèces ou variétés seulement établies d'après les caractères de la série dentaire. Cette dernière observation me conduit à discuter la variabilité des Anoplotherium et à rechercher si leur organisme n'a jamais montré, durant l'époque éocène supérieure, de tendances à de profondes modifications. Si l'on examine avec attention la forme des molaires et des prémolaires inférieures des Anoplotherium, on ne tarde pas à reconnaître qu'elle est essentiellement variable. La tendance des molaires à prendre le caractère des dents des ruminants s'accuse déjà dans la deuxième espèce que j'ai citée, V Eurytherium secundarium, sur lequel on voit les pointes des croissants se rapprocher au lobe antérieur et se mettre presque au contact l'une de l'autre. Cette disposition est très nette sur les figures que j'ai données de V Eurytherium secundarium.

04 H. nLHOL.

dans mon travail sur les phosphoriles du Quercy. On peut voir sur la même planche, fig. 297 et fig. 299, la constitutioD différente des molaires chez V Eurt/therium commune et VEurytherium secundarium. Si on se reporte, dans] le même travail, à la figure SOS, correspondant à la dentition de r£iirytherium Quercyi^ on notera un plus grand rapprochement des extrémités des croissants que sur VEurytherium secundarium. Sur la figure suivante (fig. 304), on observera une modification encore plus avancée, les pointes seront complètement accolées l'une à Tautre, et Ton remarquera que la première d'entre elles s'atrophie, ce qui est peut-être un indice de sa disparition sur une variété à venir. Et, en effet, si l'on examine la série dentaire de VEurytherium minus, on constatera qu'il existe une fusion encore plus avancée des pointes des molaires que sur le mammifère précédent, et que le petit tu* hercule antérieur est réduit à presque rien. Ces exemples montrent bien évidemment que le genre Anaplotherium^ comme tous les genres existant durant l'époque éocène supérieure a donné naissance à de nombreuses variétés présentant des tendances successives à des modifications fort profondes (1).

Cette tendance indiscutable qu'avaient les Anaptotieritm à varier a*t-elle eu pour résultat la création de types ayant pu survivre durant les temps qui ont séparé l'époque éocène supérieure de celle à laquelle nous vivons, ou bien ce rameau art-il cessé d'exister sans laisser de traces, comme le présume M. Kowalewsky? Il est impossible de le dire. Les Anoplothâ^ rium ont disparu brusquement à la fin de la période éocène supérieure, car nous n'en retrouvons aucune trace à Roosoo. Le même fait s'observe pour les Palœotherium qui avaient son* vécu aux Anophiherium.

Cette disparition brusque ne peut s'expliquer que de deus numières différentes. Ou bien tous les Ànoplotkerium ont succombé ou ils ont tous émigré; c'est, je crois, cette dernière opinion qui est la plus probable, et si elle est exacte, ce n'est

(1) Étude sur les manmifàrei fonilH de Saint-Gérand^e-Puif. {Ann. ec.

pas sur remplacement où elles avaient vécu, durant l'époque éocène supérieure, qu41 faudra rechercher ce que sont de venues les variétés apparues. Si la théorie de l'évolution est exacte, c'est dans d'autres répons que les transformations de ces animaux ont continué à s*accomplir. Le faitquej'énonce me parait devoir être pris en très sérieuse considération par les paléontologistes qui voudront rechercher de quelle manière s'est faite la descendance des animaux ayant vécu durant les périodes géologiques. Lorsque nous examinons les diverses faunes qui ont habité successivement notre sol et que nous retrou* vons à l'état fossile, nous sommes frappés de deux faits : d'abord de la disparition de certains types animaux et, d'autre part, de l'apparition de types différant absolument par leur organisation de ceux dont on ne rencontre plus de traces. Il est bien évident que ces nouvelles formes , si différentes des précédentes, n'en sont pas issues brusquement. Elles viennent d'autres pays, et nous ignorons absolument comment elles ont pu évoluer. Elles ont habité nos contrées pendant un certain temps, puis, sous l'influence de conditions vitales qui les ont obligées à émigrer, elles ont fait comme celles qui les avaient précédées, elles sont allées vers d'autres régions plus chaudes ou plus froides suivant le besoin de leur organisme. Pendant leur séjour, elles ont donné naissance à des variétés ; mais comme ces variétés ont quitté notre sol ainsi que les animaux types dont elles descendaient l'avaient fait de celui sur lequel ils avaimit vécu, nous ne savons pas ce qu'elles ont pu produire. Il doit résulter de ces observations que si des espèces éocènes ont donné naissance à des espèces actuelles, la série des intermédiaires est, pour un certain nombre d'entre elles, semée sur peut-être une immense étendue de notre terre, et qu'il fiiadra beaucoup de temps et des recherches multipliées par^ tout avant d'arriver à reconstituer toute la série des formes ânatomiques rattachant la faune actuelle aux faunes des temps tertiaires reculés. Si l'on retrouve cette série, on sera arrivé en même temps à savoir quelle route ont suivie les migrations anîBMdes, la nature des animaux qui les composaimt, l'époque

96 H. FILHOL.

géologique où chacun de ces déplacements s'est effectué.

Comme on le voit, toutes ces questions sont fort complexes, très obscures, et nous ne savons encore presque rien de ce qui les concerne. Aussi je crois qu'on ne saurait affirmer que tel genre d'animal de l'époque éocène supérieure, très peu spécialisé comme celui des Anoplothei'iuniy n'a été qu'im rameau aberrant n'ayant nullement contribué par des variétés à constituer une partie des faunes suivantes, tandis que, d'autre part, tel autre genre aurait donné naissance aux ruminants ou aux pachydermes vivant de nos jours.

Un exemple montrera la grande diversité de mammifères qui entreraient dans la famille des Hyopotamidés, si on la composait avec les mammifères paridigités présentant cinq pointes. Les Acotherulum et les Lep tacot herulum sont de petits animaux présentant trois pointes antérieures et deux pointes postérieures à leurs molaires, pourtant ils constituent des formes animales absolument dissemblables par la forme générale de leur système dentaire, par la constitution du crâne, des Hyopotames vrais. Si on les plaçait dans la même famille que ceux-ci, nous aurions, en ne tenant compte que de la position des pointes des molaires, dans la même famille des mammifères à deux ou quatre doigts, des mammifères ayant une canine ne dépassant pas en volume les dents au milieu desquelles elle est placée et ayant un larmier (Dacrytherium) y des mammifères à canine comme celle des porcs et pas de larmier (Hyopotamus) y et enfin des mammifères à canines à deux racines comme chez les insectivores {Acotheruluniy Leptachoterulum). Or, en même temps que nous notons ces diiSerences très apparentes, nous en découvrons d'autres plus difficiles à saisir, mais d'une aussi grande valeur, dans le mode de réunion des os du crâne et dans les rapports des trous destinés à livrer passage aux nerfs crâniens.

Il résulte de la discussion précédente que la famille des Hyopotamtis ou Ancodus n'avait probablement pas l'immense extension que M. Kowalewsky lui a accordée, et qu'il faut actuellement la limiter aux Hyopotamus ou Ancodus vrais, et si Too

ARTKXI N* 3.

veut l'agrandir, y faire rentrer les Anthracotherium seuls. Ces réserves au sujet de la famille des Hyopotames établies, je vais étudier les différentes espèces d'Hyopotames découvertes au Puy et les comparer à celles découvertes dans d'autres localités. Le squelette de ces animaux avait été réuni en grande partie, en France, par M. Âymard, et il a été décrit de la manière la plus complète et la plus exacte par M. Kowalewsky. Le crâne de ces animaux n'avait donné lieu jusqu'ici à aucune publication. M. Âymard a bien voulu me communiquer les plus beaux échantillons découverts à Ronzon, ce sont ceux qui lui ont servi de type pour ses descriptions, et, d'autre part, j'ai trouvé au musée du Puy d'impoitants matériaux d'observation qui ont été gracieusement mis à ma disposition par M. Moulade. Ce sont ces pièces, admirablement conservées pour la plupart, que j'ai fait représenter sur quelques-unes des planches accompagnant ce travail. D'autre part, j'ai eu l'heureuse chance de réunir, pendant ces dernières années, une magnifique série de maxillaires inférieurs d' Hyopotamus ^ trouvés durant l'exploitation des carrières de Ronzon. Ces pièces m'ont servi beaucoup, comme on le verra plus loin, à établir les caractères de la dentition de lait et de la dentition permanente, et à reconnaître les particularités distinctives des diverses espèces mentionnées par les auteurs. Enfin, un crâne presque complet et une bonne base de crâne que j'ai eue, il y a peu de temps, m'ont permis de rendre très précises mes observations.

Au point de vue de la description des os du squelette, je ne saurais mieux faire que de donner le résumé du travail si intéressant de M. Kowalevsky relatif à ce sujet. Les observations de ce savant auteur, ajoutées à celles qui me sont particulières pour le crâne, constitueront un ensemble très complet, grâce auquel on possédera une monographie fort détaillée des Ancodm du Puy.

Dans la description que M. Kowalewsky a donnée des os du squelette des Hyopotames vrais, il a mis en parallèle des mesures qui leur étaient relatives, celles se rapportant aux

AN.V. se. GÊOL. XII. 11. — ART. N* 3.

98 H. FILHOL.

Diplopus^ et l'on verra que pour certains os les proportions relatives donnent des rapports fort différents. Il est à regretter que nous ne connaissions pas la tête ou même les dents da mammifère d'Hordwel, et je crois, pour ma part, qu'il devait exister pour ces parties du squelette des différences très grandes entre lesDiplopus et les Hyopotamus. D'autre part, oo peut se demander, car les os n'ont pas été trouvés en connexion, si les pattes appartiennent bien aux mêmes animaux que les autres parties du squelette. Il y a encore là beaucoup d'inconnu, et je ferai, au sujet de l'origine des Diplcpus issus des HyopotamuSy les mêmes réserves que j'ai établies plus haut, car, ne connaissant pas le système dentaire ni le crâne, on doit être fort réservé sur leur prétendue descendance des Hyopotames.

tes différentes espèces à'Ancodus que l'on a décrites comme trouvées à Ronzon sont au nombre de trois : VAncodus lepUh rhynchuSj VAncodus platorhynchuSy VAncodtis velaunus. J'étudierai tout d'abord les caractères du crâne de chacune de ces formes et j'indiquerai ensuite l'état de nos connaissances sur leurs squelettes. La première forme dont je donnerai la description est celle appelée du nom d'Ancodiés velaunus. Nous en possédons, grâce à M. Aymard, une tête parfaitement restaurée, et les caractères généraux sont plus faciles à saisir que sur les échantillons très déformés d'après lesquels les autres espèces ont été établies.

ANCODUS VËIAUNUS Pomel.

(Yoy. fig. 93-96.)

AfUkracQtkêrmm velaimwn 6. Guvier, Oss. pus», t. V, part. 2, p. 5Û(L - BlainviUe,0«^'o()f.,g. Palœotheriumt p. 139, et Awth.f pi. 1 et 3. — Boiàriodan platorinchus Aymard, Ann. Soc, agr. du Puy, JI8i8. — Aneoius velaunut Pomel, Cotai, méth., p. 93.

J'ai fait représenter aux deux tiers de sa grandeur naturelle, sur les planches 7, 8 et 9 de ce travail, une tête appartenant à VAncodus velaunus de M. Pomel , ou Bothriadan platarkyih chus de M. Aymard* Je ferai remarquer, au point de vue bibUo-

AftTIGLB N« 3.

graphique, uûn qu'il n'y ait pas d'erreur commise plus tard par les paléontologistes, que VAncodus velaunm de M. Pomel ae correspond pas au Bothriodon velaunus de M. Âymard, [^omme on pourrait être tout d'abord porté à le supposer, mais au Bothriodon platorhynchus de ce dernier auteur. Du moment où j'admets le terme générique d'Ancodm^ je me trouverais dans la suite obligé de désigner deux espèces diiTérentes par Tappellation commune d'Ancodus vdaunm. Mais comme l'espèce d'Ancodus désignée par M. Pomel sous le nom d'Ancodus Aymardi correspond à VAncodus velaunus de M. Ay-* mard, en admettant la première de ces dénominations, il^n'y aura pas de double emploi d'expression spécifique. Par con^ séquent, les espèces décrites par MM. Pomel et Âymard se correspondentde la manière suivante : VAndocus velaunus de M. Pomel est le Bothriodon platorhynchus de M. Âymard; VAncodus Aymardi de M. Pomel est le Bothriodon velaunus de M. Aymard; et VAncodus leptorhynchus de M. Pomel est VAncodus macrorhinus du même auteur, et est en même temps le Bothriodon leptorhynchus de M. Aymard.

Grâce à Thabileté et à la patience de ce dernier paléontologiste, la magnifique pièce que j'ai fait représenter par les figures 93, 94, 95, a pu être dégagée du milieu du calcaire au sein duquel elle était engagée et être rétablie dans sa forme primitive. Malheureusement, comme pour tous les autres crânes dont je parlerai dans la suite, l'écrasement subi par les os a été tel, qu'au milieu des lignes multiples correspondant aux points de rapprochement des éclats, il est absolument impossible de retrouver une trace bien définie de suture. M. Kowalewsky a fait dessiner sur une des planches de son mémoire relatif aux Hyopotames le crâne du Bothriodon velaunus de M. Aymard, et l'on peut voir d'après cette figure dans quel état de mutilation profonde on trouve les crânes d'Ancodus dans les gisements de Ronzon. Lorsque M. Aymard a eu découvert la tête de l'espèce décrite dans ce paragraphe, elle était dans l'état de celle représentée par M. Kowalewski. Il entreprit alors de dégager chaque fragment, de les redresser,

iOO H. riLHOIi.

de combler avec du plâtre les pertes de substance, et, après de longs mois passés à cet ouvrage, il put arriver à rétablir exactement la forme primitive de l'échantillon qu'il avait découvert. Les formes anatomiques générales ont été ainsi parfaitement conservées et elles montrent que les Ancodus étaient absolument différents de tous les mammifëi*es fossiles trouvés jusqu'à ce jour.

J'étudierai tout d'abord le système dentaire.

Les incisives, au nombre de trois de chaque côté, étaient peu développées ; les médianes assez proclives, comme on peut le voir sur la figure 95 où la tête est vue par en haut. Elles étaient, d'autre part, assez espacées l'une de Tautre, et la dernière d'entre elles ou la troisième paraît, d'après le diamètre antéro-postérieur de son alvéole, avoir été plus développée. Cette dent était insérée à 0™,006 en arrière de la deuxième incisive, qui, elle, n'était séparée de la première que par un .ntervallede 0'",003. Par son bord postérieur, la troisième inci- ^sive touchait presque au bord antérieur de la canine, car les alvéoles de ces deux dents sont distantes l'une de Fautre de 0,003. Il résulte de la disposition que je viens d*indiquer que lorsque l'on examine les dents antérieures de VAncodus velaunuSj ces organites semblent constituer deux groupes: un antérieur, comprenant les deux premières incisives, et un postérieur, correspondant à la troisième incisive et à la canine. Cette disposition est absolument différente de celle que l'on observe sur les Ancodiis leptorhynchus et platyrhynchm. Sur la première de ces espèces les incisives sont situées à égale distance l'une de l'autre, et la dernière d'entre elles se trouve séparée de la canine par un long intervalle. Une disposition de même ordre que celle que je viens d'indiquer se retrouve sur VAncodus Aymardiy chez lequel les incisives sont implantées régulièrement à des distances égales, alors que la dernière d'entre elles est située encore à une assez grande distance de la canine. Pourtant cette dernière dent n'est pas aussi éloignée qu'elle l'est sur VAncodus leptorhynchus. La première et la deuxième incisive sont en place sur

réchantillon que j'ai fail représenter. On remarquera le faible développement des racines par rapport à la couronne. Cette dernière était élargie à sa base, convexe sur ses bords et avait un sommet mousse. La forme de cette partie des incisives ne saurait être mieux comparée qu'à celle d'un cœur dont la base correspondrait au collet. La face externe était convexe et lisse ; la face interne était concave et présentait sur ses parties latérales, de chaque côté, un pli d'émail qui est bien apparent sur la figure 94. Les deuxièmes incisives se déjetaient assez fortement en dehors. Les mesures relatives à ces dents sont les suivantes :

!*• ine. S* ine. 3* ine. (alv.)-

Hauteur oT(M35 oTôl20 ">

Diamètre antéro-postérieur 0,0070 0,0060 0,004

Diamètre transverse 0,0075 0,0070 0,009

La canine manque ; l'alvéole qui la renfermait correspond évidemment à une dent très réduite et uniradiculée. La forme de cet organite me parait avoir été exactement celle que nous retrouvons sur YAncodus Aymardi. On voit que dans cette espèce (voy. fig. 9!2) la canine était excessivement réduite, absolument semblable à une prémolaire. La couronne était peu élevée, comprimée par ses faces latérales, à bord antérieur convexe, à bord postérieur concave. J*ai dû me demander, en présence des différences si grandes que l'on aperçoit dans la forme de cette dent, en comparant YAncodus leptorhynchus à YAncodtis Aymardi, si la canine en place sur la tête A'Ancodus Aymardi n'était pas une dent de lait. Les incisives permanentes ne sont pas complètement dégagées de leurs alvéoles sur cet échantillon, et l'on pouvait penser dès lors que la canine appartenait à la première dentition. Après un examen très attentif de l'échantillon et des recherches faites pour retrouver la dent permanente dans le cas où elle n'aurait pas subi son évolution, j'ai été amené à reconnaître que la dent que nous observons n'est pas une dent déliait. D'ailleurs, la tête d'Ancodus velaunu^ provient d'un sujet absolument adulte, et nous voyons que l'alvéole destiné

103 H. FILHOL.

à renfermer la canine offre la même forme, la même profondeur, que celui qui lui correspond sur VAncodus Aytnardi. Il résulte de ce fait bien établi, la preuve que les Ancodus vivant autour du bassin de Ronzon se différenciaient par leurs canines supérieures. Certains d'entre eux en possédaient, confimenous le constatons sur VAncodus leptorhynchm ^ de très fortes (fig. 91), dirigées en dehors, rappelant beaucoup par leur forme les défenses de nos Sangliers. Chez d'autres, au contraire, comme les Ancodus velaunus et Aymardi, cette même dent était très réduite et possédait des caractères absolument semblables à ceux de la première prémolaire. Après avoir indiqué les particularités relatives à chaque espèce, je discuterai la valeur des caractères au point de vue de la distinction des espèces, et j'aurai alors à revenir sur la disposition des canines et à rechercher si leurs formes correspondent à des types spécifiques distincts, ou s'il ne faut voir seulement en elles que des indications de sexes différents.

L'espace occupé sur le bord alvéolaire par les incisives et la canine est de 0™,050, mesuré en ligne droite.

La première prémolaire est située à 0,051 en arrière du bord de l'alvéole de la canine. Ces deux mesures fournissent le môme chiffre et donneront d'utiles indications pour la diagnose de cette partie de la tète lorsque l'on viendra à la découvrir isolée.

La première prémolaire est comprimée par ses faces latérales, son bord antérieur est convexe, son bord postérieur est légèrement concave dans sa portion terminale. Le sommet de la couronne est dirigé un peu en avant, et l'on retrouve la même disposition sur la deuxième prémolaire. Un léger pli d'émail constitue dans la moitié postérieure de la couronne une sorte de bourrelet bien peu accusé. Cette dent était supportée par deux racines.

La deuxième prémolaire était située à 0*,0135 de la dent précédente, qui se trouvait ainsi absolument isolée sur le bord alvéolaire. Â partir de la deuxième prémolaire, toutes les dents de VAncodus velaunus comlilnentune série non interrom**

pue. Cette disposition se retrouve sur VAncodus leptarhpichusj mais elle n'existe pas sur VAncodus Aymardi^ chez lequel on note un intervalle de 0°',005 entre la deuxième et la troisième prémolaire. Je ferai, au sujet de cette disposition, une re-« marque semblable à celle que je transcrivais quelques lignes plus haut en parlant des dents antérieures. Si Ton vient à dé* couvrir un fragment de crâne d!Ancadus comprenant seule* ment les deux premières prémolaires, il sera toujours facile dé déterminer l'espèce dont il provient. SI les deux prémolaires sont implantées en deux points différents d'une sorte de barre, on aura affaire à des débris d'Ancodus Aymardi. Tout au contraire, si la première prémolaire est isolée seule sur la barre et si les alvéoles de la troisième prémolaire sont contigus à ceux de la deuxième, le fragment proviendra ou de VAncodus velaunus ou de VAncodus leptorhynchus . Pour distinguer alors Tune de Tatitre ces deux formes, on se basera sur ce que dans la première d'entre elles la première prémolaire est située à 0^,0135 de la dent suivante, alors que dans la deuxième elle en est distante de 0",083. Ces chiffres si différents permettront donc d'arriver à une diagnose assurée, si les caractères que nous observons sur les seules têtes trouvées jusqu'ici sont constants.

La deuxième prémolaire rappelle beaucoup par sa forme la dent qui la précède. Sa couronne, supportée par deux racines, est fortement comprimée latéralement, son sommet est mousse, son bord antérieur est convexe, son bord postérieur concave. Cette dent parait plus tranchante que la première prémolaire. Elle peut être distinguée assez facilement de cette dernière, quoique la taille soit sensiblement la même. Sur la deuxième prémolaire, on remarque à la base de la couronne un bourrelet qui l'entoure de toutes parts; j'ai noté, en parlant de la première prémolaire, qu'il existait seulement un léger pli d'émail tout à fait à la partie postérieure de la dent. D'autre part, le bord postérieur de la deuxième prémolaire est concave dans toute son étendue, ce qui fait qu'elle parait plus cou* pan te.

i04 H. niiHOL.

La troisième prémolaire a Taspect d'une pyramide à base triangulaire, et sur toutes les formes d'A7icodu$ cette dent est beaucoup moins allongée qu'elle ne l'est sur les Anoplolkerium. Les racines sont au nombre de trois, deux en dehors el une en dedans. La couronne qu'elles supportent est convexe en dehors et concave en dedans. Gomme on peut le voir sur la figure 94, il existe à la face interne de la troisième prémolaire, au niveau de la portion correspondant à la racine interne, une pointe bien marquée. Cette pointe, sur les sujets très jeunes, alors que la dent vient de faire son évolution, se détache complètement de la couronne et s'élève assez haut eo prenant absolument l'aspect d'un tronçon de colonne. J'ai retrouvé cette particularité sur deux espèces à'Ancodttë et elle me parait constituer un caractère variable. Avec l'âge, elle disparaît très vite ; en examinant des dents provenant de sujets adultes on l'aperçoit difficilement, et sur les animaux vieux elle est effacée à un point tel qu'on ne saurait en supposer l'existence antérieure. Ainsi on peut noter sa présence sur la tête di'Ancodus velaunus que j'ai fait représenter par la figure 94, et l'on ne croirait pas à son existence ancienne, en examinant les troisièmes prémolaires de la tête d'Ancodus leptorhynchus correspondant à la figure 91 ; sur une deuxième tête à'Ancodus leptorhynchus ^ faisant partie de mes collections, il est très apparent.

Si l'on recherche les particularités distinctives de la troisième prémolaire de VAncodxis velaunus comparée à celle des espèces trouvées avec, on remarque qu'elle peut en être distinguée assez facilement. Ainsi, la troisième prémolaire de VAncodus Aymardi est, relativement à sa longueur, plus comprimée par ses faces latérales, et sa partie antérieure est moins arrondie. La troisième prémolaire de VAncodus leptorhynchus est aisée à reconnaître par suite de la disposition de sa racine interne. Sur les deux espèces que je viens de citer, la troisième racine est située sur une ligne correspondant sensiblement au bord postérieur de la couronne, tandis que sur VAncodus lepto- ''^hynchus elle se trouve au niveau de la portion moyenne de

▲RTICLB N« 3.

la face interne de la dent. Ces particularités, très faciles à observer, permettront donc toujours de reconnaître à quelle espèce ou variété dUAncodus appartient une troisième prémolaire rencontrée isolée dans les marnes de Ronzon. Les mesures relatives aux différents diamètres donneront également, comme on le verra plus loin, d'excellentes indications.

La quatrième prémolaire a une forme rappelant beaucoup celle de la dent correspondante des Anoplotheriuniy et Ton est frappé de cette ressemblance lorsque l'on se borne à examiner la dentition d'un sujet un peu âgé; mais on reconnaît qu'elle est absolument différente si l'on vient à considérer un sujet jeune. Cette modification d'aspect dont est susceptible la quatrième prémolaire des Ancodns avait échappé à Cuvier, qui n'avait eu sous les yeux qu'un fragment de maxillaire provenant d'un sujet âgé; aussi sa description, qui est très exacte lorsqu'il s'agit d'un vieil animal, ne Test plus lorsque Ton a affaire à un Ancodus dont les dents permanentes viennent de faire leur évolution. G. Cuvier disait, à propos des fragments d'Ancodus qui lui avaient été communiqués du Puy par M. Bertrand Roux : « Les mâchelières postérieures ressemblent beaucoup à celles du grand Anthracotherium que nous avons décrites ; mais les supérieures, indépendamment de leur grandeur, ont pour caractère particulier d'être plus larges que longues. Elles ressembleraient beaucoup aussi à celles de V Anoplotherium, si ce n'est que leur face externe est creusée de deux sillons profonds, un pour chaque pointe. Celle qui précède les trois dernières est toute pareille à sa correspondante dans V Anoplotherium (1). » Ce qui doit faire distinguer la quatrième prémolaire des Ancodm de celle des Anoplotheriunij c'est la présence à la partie interne de la couronne d'une pointe s'élevant, ainsi que je le disais à propos de la troisième prémolaire, comme une colonne d'émail. Cet aspect se retrouve un peu sur la figure 94 du côté gauche, mais il a complètement disparu du côté droit. Cette disparition tient à la manière dont

1) G. Cayier, Ou. fostiles^ t. V, p. 4S0.

i06 H. SWLHOL.

cette partie de la couronne a été modifiée par Tusage. Par le fonctionnement, le sommet s'abaissait très vite et, d'autre part, la partie interne s'usait obliquement de haut en bas, de dedans en dehors, de telle manière qu'au lieu d'un cône très élevé d'émail, il ne restait plus qu'une sorte de pointe à base large, à faces latérales comprimées, absolument confondue avec le bord de la prémolaire qui paraissait à son niveau s'élever seulement un peu. Pour donner une idée de l'importance de Télément sur lequel j'appelle l'attention, je me bornerai à donner ses dimensions, évaluées sur une quatrième prémolaire d'ilncodus leptorhynchis alors qu'elle vient de se dégager de son alvéole : hauteur, 0'°,007 ; largeur à la base, O^jOOô ; laideur au sommet, 0~,C03. Comme on le voit, la disposition de la pointe interne de la quatrième prémolaire supérieure des Ancodus rappelle beaucoup celle existant sur les Anthracotherium , Chez ces pachydermes, le tubercule interne est moins arix)ndi par les bords et plus élargi à sa base, et possède absolument l'aspect d'une pyramide triangulaire au lieu d'avoir celui d'une portion de cône tronqué. Ces caractères, joints à ceux qui sont fournis par la face externe de la couronne, peuvent permettre de distinguer toujours très facilement une quatrième prémolaire à^Ancoduê d'une quatrième prémolaire d' Anthracotherium. Chez ce dernier pachyderme, la face externe de la dent est convexe, tandis que cette même partie offre dans sa portion moyenne une profonde dépression alors que la prémolaire provient d'un Ancodm. La même remarque doit être faite pour les troisièmes prémolaires de ces deux animaux. Les quatrièmes prémolaires des diverses espèces d'Ancodus découvertes jusqu'aujourd'hui à Ronzon ont toutes une forme semblable, et l'on n'observe aucune différence de l'ordre de celles que j'ai mentionnées en décrivant les troisièmes prémolaires. Ce n'est qu'en se basant sur les différents diamètres des dents que Ton pourra arriver à savoir à quelle forme il faut rapporter une quatrième prémolaire trouvée isolée. Les mesures relatives aux prémolaires de VAncodus velmmus sont les suivantes :

MAMMIFÈRES FOWILES DE RONZON. iOY

1<% préni. t* prém. 8" priui. 4^ prën.

Longueur ^125 oTôiaO 0,'0i50 MIÎO

Largeur 0,0060 0,0070 0,0135 0,01 iO

Hauteur 0,0070 0,010Q 0,0110 0,0115

Les arrière-molaires sont constituées, ainsi que je Tai indiqué plus haut, par la réunion de deux collines transversales portant, Tantérieure, trois pointes, la postérieure, deux pointes seulement. Il esl possible de distinguer à première vue cêS dents de celles des Anthraeotherium, le vallon de séparation des collines est beaucoup plus profond, et, d'autre part, les pointes externes de la couronne sont plus abaissées, plus repoussées vers la partie centrale de la dent et en même temps moins larges.

Les arrière*molaires de VAncodus velàunus ne présentent rien de particulier, et les seules observations qui peuvent être transcrites à leur sujet se rapportent à leurs mesures :

i- mol. 2* mol. 3* mol.

Longueur 0^020 0^021 p!(y26

Largeur 0,022 0,029 0,028

Les chiffres relatifs aux hauteurs sont excessivement variables, car ils dépendent de l'usure plus ou nioins avancée de la dent.

Sur un échantillon qui fait partie de ma collection^ je nota les mesures 3uivante3 pour la quatrième prémolaire et les deux premières molaires :

4* prém. f* mol. i* p^ol.

Ungueur oTôll 0^018 0,011

Hauteur 0,01 1 0,010 0,010

Epaisseur 0,015 0,021 0,027

Ces chiffres sont très voisins de ceux qui sont fournis par la tête de l'échantillon type à'Ancodus velàunus et permettent de constater une certaine fixité de cette forme animale.

Lorsque Ton étudie la forme de la voûte palatine de l'ilfi^ codus velàunus on est frappé tout d'abord du peu de largeur

108 H. nLHOL.

de la voûte palatine. Au niveau des incisives, la voûte palatine s'élargit un peu. Immédiatement en arrière de la canine, elle se rétrécit jusqu'au niveau de la première prémolaire et, à partir de ce point, elle s'élargit régulièrement de nouveau. Son point le plus rétréci correspond dès lors à la première prémolaire, et lorsqu'on examine le crâne on est frappé de la grande faiblesse qu'il offrait à ce niveau. On n'est plus surpris, après avoir observé combien la voûte palatine était étroite entre la canine et la première prémolaire, de constater la présence exceptionnelle d'un crâne complet d'Ancodus dans les gisements de Ronzon. La tête était si fragile dans sa partie antérieure, qu'elle devait être brisée sous la moindre pression ou complètement déformée. La disposition que j'indique pour VAncodus veUmnus se retrouve sur les autres espèces du même genre qui lui sont associées, et je montrerai plus tard qu'elle était encore plus exagérée par rapport à la longueur de la tête sur VAncodus leptorhynchm , Aucun animal vivant ou fossile ne saurait, sous ce rapport, être comparé aux pachydermes que je décris. Il y a là une disposition anatomique absolument spéciale.

Les mesures relatives à la largeur de la voûte palatine sont prises entre le bord interne des dents, les suivantes pour Y Ancodus velaunus :

Largeur au niveau de la portion moyenne de la deuxième incisive, 0",02i .

Largeur au niveau de la portion moyenne de l'alvéole de la canine, O",03i .

Largeur au niveau de la première prémolaire, 0',0027.

Largeur au niveau de la partie moyenne de la première molaire, 0'",042.

Laideur au niveau de la pointe interne postérieure de la deraière molaire, 0",036.

Les mesures relatives aux longueurs sont les suivantes :

Longueur de la voûte palatine mesurée sur la ligne médiane, depuis l'espace interincisif jusqu'au bord palatin postérieur, 0-,228.

Espace occupé par les incisives et les canines mesuré en ligne droite, 0",050.

Espace compris entre le bord postérieur de l'alvéole de 1 canine et le bord postérieur de la dernière molaire, 0"*,'180.

Espace compris entre le bord postérieur de l'alvéole de la canine et la première prémolaire, 0",048.

Espace occupé par les prémolaires et les molaires mesuré en ligne droite, 0",i32.

Espace occupé par les prémolaires, 0",066.

Espace occupé par les molaires, 0",066.

On doit remarquer l'égalité qui existe entre les deux derniers chiffres que je viens de transcrire, car ils constituent une des particularités distinctives du système dentaire de VAncodus velaunus. Dans la description de la tète deVAncodusleptorhynchus, on remarquera que la longueur de la série des prémolaires est supérieure à celle des molaires. Chez VAncodus Aymardi, la série des prémolaires occupe sur le bord alvéolaire un espace moindre que ne le font les molaires vraies, mais la différence est faible tandis que celle que je signale sur VAncodus leptorkynchfis est très forte. Ces rapports si différents permettront seuls au besoin d'arriver à une diagnose des portions de voûtes palatines trouvées isolées dans les couches calcaires de Ronzon.

Les orifices correspondant aux trous palatins antérieurs sont reliés l'un à l'autre sur l'échantillon d'Ancodus velaunus que j'ai fait représenter par suite de la rupture de la cloison qui les unissait. Mais on peut les rétablir, d'après les fragments qui en ont subsisté, et évaluer d'une manière suffisamment exacte le diamètre transversal de chacun de ces orifices. Leur longueur me paraît avoir été de 0",027, alors que leur laideur devait atteindre seulement 0*,0025. La distance comprise entre l'extrémité antérieure de ces orifices et le bord incisif est deO",Oii.

Au niveau des trous palatins antérieurs, la voûte palatine est légèrement concave. Hais elle ne tarde pas à perdre cette disposition et elle devient presque immédiatement plane.

liO H. PILHOL.

Les trous palatins postérieurs sont représentés de chaque côté de la ligne médiane par un tout petit orifice qui correspond à la portion moyenne de la première molaire. Ce petit pertuis est placé exactement de la même manière sur toutes les têtes d'Ancodus découvertes à Ronzon.

J'ai cherché avec beaucoup de soin à retrouver quelque trace des sutures du maxillaire supérieur, des intermaxillaires et des palatins. Malheureusement l'état des pièces est tel qu'il est absolument impossible de noter une trace précise des lignes correspondant aux articulations de ces différents os. Sur une pièce faisant partie de ma collection, on peut noter d'une manière indubitable que les palatins sur les Ancodus prenaient un développement très considérable, comme il était possible de le présumer, d'ailleurs, en constatant la place à laquelle se trouvaient les trous palatins postérieurs. Sur cet échantillon, la portion postérieure de la voûte palatine à partir du bord antérieur de la deuxième molaire est intacte, et l'on ne voit sur la ligne médiane aucune trace d'union des palatins avec le maxillaire supérieur, tandis qu'on suit les sutures latérales de ces deux os. Le sommet de la suture des maxillaires supérieurs avec les palatins devait correspondre très probablemeut à la partie antérieure de la quatrième prémolaire.

La face inférieure du crâne est dans un assez bon état de préservation ; on doit seulement regretter qu'au moment de sa restauration on n'ait pas tenu plus de compte qu'on ne l'a fi^t des divers orifices qu'elle présentait. Les trous de sortie pour les nerfs et les vaisseaux veineux et les trous d'entrée pour les troncs artériels auraient fourni de bien précieuses nt dications pour le classement des Ancodus. Ils ont tous dis^ paru et, au milieu de substances employées povr réunir les fragments, il est actuellement impossible de les retrouYei\ Nous ne pouvons donc avoir qu'une idée générale de la consti^ tution de la base du crâne de V Ancodus velaunm^ et il nous est impossible de rechercher par l'étude comparative de cette partie du squelette les affinités que pouvait avgir ce pachy** derme avec lés mammifères de même ordre fossiles et vivants.

ÀRT1CLC N* 3.

MAMMIFÈRES F06Sll4C:S DE RONZON. 111

Le premier fait qui attire l'attention lorsque l'on examine le crâne de VAncodus velaunus par sa face inférieure est son peu de développement par rapport à celui de la face. Ainsi la lon«gueur totale de la tête, mesurée en ligne droite, est, depuis l'espace interincisif jusqu'à la partie moyenne du bord inférieur du trou occipital de 0*,324. Ce chiffre se décompose de la manière suivante : longueur de la face depuis l'espace interincisif jusqu'au bord palatin, 0"',228; longueur de la base du crâne» à partir du bord palatin jusqu'au trou occipital^ 0",106. Il résulte de ces mesures que la longueur de la base du crâne ne constitue pas le tiers de la longueur totale de la tête. J'aurai à signaler la même disposition pour les autres espèces d'Ancodus de Ronzon. Seulement je ferai remarquer, dès à présent, la grande différence qui existe, au point de vue des rapports en étendue de la face et du crâne, entre VAncodus velaunus eiV Ancodus /^^torA^ncAii^. Chez ce dernier (voy,fig. 91), la longueur totale de la base du crâne n'est que le quart de la longueur totale de la tête, alors que sur VAncodus velaunus elle est sensiblement du tiers. Sur la tête d'Ancodus Aymardi que j'ai fait représenter, la longueur totale du crâne, en se basant sur les articulations de l'ethmoïde, et non sur le bord palatin postérieur qu'une restauration a porté beaucoup trop en avant (fig. 92), est également à peu près le quart de la lon^ gueur totale de la tête ; pourtant on ne peut être affirmatif sur ce chiffre comme sur les précédents, vu que l'animal dont provient l'échantillon n'avait pas subi son complet dévelop^ pemient.

Les apophyses ptéj^goïdes d'après les fragments qui en ont subsisté étaient très saillantes et s'étendaient en arrière jusqu'au sommet des bulles tympaniques. Cette même disposi^ tien se retrouve sur tous les Ancodus du Velay, et elle est surtout très facile à saisir sur VAncodus leptorhynchus dont j'ai fait figurer la tête. On apprécie nettement sur cet échantillon la grande saillie que constituaient les apophyses ptérygOÏde3 at la manière dont elles s'arrêtaient brusquement au niveau du sommet effilé des bulles tympaniques.

112 U. FIIiHOIi.

La longueur de ces parties osseuses sur VAncodus velaunus est de 0",057. La largeur de la gouttière comprise entre les apophyses ptérygoïdes était de 0",015 mesurée au niveau du bord supérieur de ces lamelles à leur point d'origine antérieur.

En arrière et sur les parties latérales on aperçoit les bulles tympaniques qui sont allongées et peu saillantes. Elles ont un aspect piriforme, leur grosse extrémité étant tournée en dehors. Leur sommet est très effilé, et il vient se terminer au niveau du bord postérieur des apophyses ptérigoîdes. La longueur de ces saillies est de 0",043; leur largeur au niveau du point le plus renflé est de 0™,020.

Tout à fait en dehors de ces saillies au niveau du point où elles touchent à l'apophyse mastoïde on aperçoit un orifice destiné au passage de la septième paire de nerfs crâniens. En arrière d'elles, dans le sillon qui sépare leur bord postérieur des coridyles de l'occipital, on voit le trou condylien destiné à livrer passage au grand hypoglosse.

Si l'on examine la surface comprise entre le bord interne des bulles tympaniques et les apophyses ptérygoïdes, on voit que l'occipital se prolongeait très en avant par sa partie basilaire. Ce n'est qu'au niveau du sommet des bulles tympaniques que son union avait lieu avec le sphénoïde. Cette disposition n'est pas apparente sur la figure de VAncodus velaunus^ mais comme elle se retrouve sur toutes les formes d'Ancodus de Ronzon, il est facile de voir ce qu'elle était d'après la figure 92 correspondant à la tête de VAncodus Aymardi.

Au niveau de l'extrémité postérieure des bulles tympaniques l'occipital était élargi et il se rétrécissait peu à peu en se rapprochant du sphénoïde. Il résultait de cette disposition que sa portion basilaire avait une forme triangulaire. La base du triangle correspondait au bord inférieur du trou occipital, le sommet tronqué s'articulait avec le sphénoïde.

En dehors des bulles tympaniques on voit les apophyses mastoïdes et jugulaires ; ces parties osseuses étaient peu saillantes, peu détachées de la base du crâne. Enfin tout à fait en dehors, sur la même ligne transversale on rencontre les sur-

AHTICLE N** 3.

faces articulaires pour les condyles du maxillaire inférieur. Ces parties étaient très peu développées dans le sens de la longueur et au contraire très élargies d'avant en arrière.

L'examen de la face inférieure de la tête de VAncodus Velaunm montre également que les apophyses zygomatiques avaient un très faible développement antéro-postérieur et que d'autre part elles s'écartaient assez peu des parois du crâne.

Les différentes mesures relatives à la largeur de la face inférieure de la tête sont les suivantes :

Largeur du museau au niveau de Tespace qui sépare la troisième incisive de la canine : 0",045.

Largeur de la tête immédiatement en avant de la deuxième prémolaire : O'",040.

Largeur de la tête au niveau de la portion moyenne de la première molaire : 0'",096.

Largeur de la tête au niveau du bord postérieur de la dernière molaire : O^jlSS.

Largeur de la tête au niveau de l'extrémité antérieure des apophyses zygomatiques : 0'%132.

Largeur correspondant au maximum de saillie des apophyses zygomatiques : 0",147.

Largeur au niveau du sommet des apophyses jugulaires : 0",105.

Étendue de l'espace compris entre les sommets des bulles lympaniques : 0"»,022.

Largeur de l'occipital immédiatement en avant du trou occipital, entre les trous condyliens : QTfi^O.

Étendue de l'espace compris entre les sommets des condyles de l'occipital : 0™,066.

Ces différentes mesures prises sur un sujet très adulte fourniront d'utiles cléments de diagnose dans le cas où sur des portions de tête les dents viendraient à manquer.

L'élude de la tête, par ses faces latérales, permet de se rendre très facilement compte du peu de développement du crâne par rapport a la face. La figure 93 de ce mémoire représente la tête de VAncodus Velaunus vue de profil et l'on est surpris

ANN. se. GÊOL. Xll. 12. — ART. N*" 3.

414 H. VILHOL.

lôtsqViMn rèxaT^ine, de rAllongemenl extrêrtae tfè ^ulè là pai'tîe antérieure de la tôte tel dti |!>etil volume de ïa boîte crânienne. EA Wêttié temps Ton remarque la fàîMè hàtiteùï* 'èè crèS dîV^èWèâ jiartîès. tles feits ^ht fort îtïiportànls 'étt *éé 'qui àifiiiiëm ta cavité déréWaïe qui ^vîderfittictît rèttfeirmâît 'dfes èétttrëè heWëàît d^irt voltittè très i-éduit. Car si le 'ciAhe "pmw avoir fttt fàibté dévetôppement dans le sens vertical, î! ùe faut pèè 'ôuftlîâ' '(^ùmè gVàAde 'portion dé 'cette hàûtèttV ft'est pas employée à couvrir les centres nerveux, vu qu'elle cfôiVes- ^dnd h ïà *ête sagittale assez détachée. D'autre part, l'es os constituant la base du crâAe avaient si!irleSi4wt?(?rfw5 une ^pâiâsteùt'cortsîdérable. Là Vrtôme "rciftàr^ftè 'doit êti^e faite ^ttV les os formant la voûte crânienne. Ces faits sont très apparents stir Vine portion de crârte faisant panie 'de ïnes collections. Nous pouvons, dès lors, considérer les Âncddtis comttie ayant tm (îètVeàti YïkctessrVéttiènt Wdtiit . MaîÏÏeti'retisettienl jusqti'ici ïious ne possédons aucun échantillon au moyen duquel on pùisSe fàîre èiféc'nter un Wtoulàge de la cavité crânienne et se tendre ainsi un compte exact du volurtie et de là forrrte des ce*ntres fterVeuV. J'àVàis espéré ttï! ftiôYnent ariiVèV, par là piède •(Sôïit je Viens de parler en dernier lieu, à pol^séder qùelqùëè TftdlcàWo'ft'S stit *à ferttfe 'de là tîâVité cérébrale, taàis là Votite à été th ^eu trop écrasée pour qu'on puisse tirer d'un moulage fait dans Aé yèVnbîàbles côiidîtîôtis 'dès Veïisei^eWieÏÏts utiles.

Si l'on examine d'avant en arrière la tôle de VÂficodUis Ve* tài(hu3'{v6^. fig.93), ï'ôYi Veïnàrquera tout d'abord lepefû de hauteur des os inter-maxiîlaiVes au niveau dû poîrtt d'înîifÂàntâtîô'A 'de là première incisive. "Là racine de cette dent péttétTail dans l'inler-maxillaire assez directement d'avant eh arrière. Là Ynême remarque doit être faite pour les deux dénia suivan* les et'ô'ù [ieul, dès lors, se rendre compte dé la cause déterïrtinant la projection en avant des incisives, projection sur laquelle j'ai déjà appelé l'attention.

L'ouverture des fosses nasales était dirigée très èblîquèmeàï à'àrrîère en avant, du haut en bas. Sa longueur était assez etenàïïe, car elle atteignait 0",'Ô36. Son sommet corresponàaïl

MAMMIFÈRES )^0SSILES DE RONZON. 115

vcrticatewettt à un point sîtuè k un centimètre environ du bord postérieur de i^ alvéole de là canine.

La ligne de profil de là tète, à partir du point le plus élevé de l^ouvertUfe antérieure des fosses nasales, ^ relevait très peu pour atteindre f origine du front immédiatement en avant des orbites. Lès ùè du nez étaient prèSijttè plans jusqu^au niveau de la deuxième prémolaire. A partir de cet endroit fe Contour supérieur delà face devenait légèrement CùttVexe. Le front B^élevaît ienlemenl et montrait Une saillie peu accusée au ni- \Wi de ses bosses. Les crêtes temporales nées dtt sommet des apopbyses posl-orbitaires Se réunissaient pour constituer la

crête sagittale dontl^'origine m'àpàrtt ôorrèspondre à la suture dtt froftial àVéc lès pariétaux. La portion de la crête sagittale appartenant aux pariétâtix était très étendue, «àr elle W^a semblé ne èessèr qu^à un centimètre environ du sommet de f occipital. Il résulte de la disposition que jô vietis dlndic^'uer qtte les parois de la boîte crânienne étaient formées chez les Antodus en ïiâtttpar les pariétaux dont la réunion sm- ïa \\gùe médiane c'OnsStïtttalil Une sorte de toit. Latéralement aù-dessous Aéà pariétaux oU 'trouvait la portion écailleuse du temporal. ÎÈn arrière la boite Crânienne était fermée par la portioti verticale de Toccipital et elle était limitée en bas par la portion lîfàsïlàîrè deVoôcipital et les diverses portions dû spbènoïde. l/è fait le plus important résultant de cette disposition c"est '^e le frontal n^entrail nullement dans là conStittilîou de la ijoite èrânîeïine si ce n''est peut-être toUt k 'fait en avant à nu ïrîVeail corresponâarit ïi la lame criblée dé îethmoïde.

Si, après avoir étudié la ligne dû profil supérieur du crâne,

tVn examine soYi contour inférieur, on remarque que la partie

tolrord alvéolaire comprise entre le bord postérieur de ralvéolè de la canine et le bord antérieur de îalvéole de la deu^cième prémolaire était sensiblement rectilig'ne. A partir de ce dernier point, le bord alvéolaire s'abaissait régulièrement jusqu'à sa terminaison» Mais la ligne droite comprise entre la canine et la deuxième prémolaire semble se continuer en suivant le bord irifériefûr de l'arcade zygomatique jusqii'au point d'ori-

116 H. riLHOL.

gine postérieure de cette partie osseuse. Cette disposition tout à fait caractéristique de la tête de VAncodiis tient à ce que, à partir du trou sous-orbi taire, le maxillaire supérieur présente une sorte de pli osseux très fort dont l'arcade zygomatique au moment où elle se détache de la face semble être la continuation. Cette particularité est très apparente sur la tèted* Ancodus Velaunm vue de profil.

Le bord supérieur de l'arcade zygomatique se soulève un peu pour constituer l'apophyse orbitaire inférieure, puis il se porte horizontalement en arrière en se creusant légèrement jusqu'au niveau de l'apophyse mastoïde. En ce point, il se continue avec une forte crête osseuse qui rejoint le sommet de l'occipital. Dans leur portion moyenne, les arcades zygomatiques présentent une très faible élévation.

A la portion moyennedela face, au point correspondant à la deuxième prémolaire, l'on note le trou sous-orbilaire. Cet orifice est assez petit et l'on ne constate à son niveau aucune dépression osseuse. En avant de l'orbite, il n'existe aucun indice de larmier. J'ai fouillé avec soin cette région et je n'ai découvert aucune trace indiquant l'existence de cette particularité anatomique. C'était un point très important à établir et j'ai apporté le plus grand soin à sa recherche.

Tout à fait en arrière et à la portion inférieure de la tête de XAncodti^ VelaumiSj toujours examiné de profil, on note différentes saillies osseuses situées immédiatement en arrière de la surface articulaire destinée au maxillaire inférieur. La première d'entre elles est l'apophyse mastoïde qui est saillante. En arrière d'elle est l'orifice du canal auditif qui s'offrait sous la forme d'un conduit osseux contourné. Sur la figure 94 l'on voit très nettement le conduit auditif externe naître de la bulle tympanique et se diriger en dehors. Seulement, au lieu d'avoir une direction horizontale, il se courbait un peu en bas et se relevait seulement au point auquel s'insérait le pavillon. La saillie des bulles tympaniques s'accuse nettement au-dessous de cet orifice.

Pour terminer la description de la tête de YAncodus Velaunus

examinée suivant sa ligne de profil, il me reste à donner les diverses mesures qui lui sont relatives. J'indiquerai successivement celles qui peuvent fournir des renseignements précis pour la diagnose de parties du crâne ou de la face découvertes isolées.

Longueur de la tête mesurée en ligne droite de l'espace inter-incisif jusqu'au sommet de l'occipital : 0",372.

Longueur de la tête mesurée en ligne droite depuis l'espace inter-incisif jusqu'au bord postérieur des bulles tympaniques: 0«,254.

Longueur de la face mesurée en ligne droite depuis l'espace inter-incisif jusqu'au sommet de l'apophyse post-orbitaire : 0-,264.

Longueur de la face mesurée en ligne droite depuis l'espace inter-incisif jusqu'à l'apophyse orbitaire inférieure : 0"*,240.

Longueur de l'espace compris entre l'espace inter-incisif et le trou sous-orbitaire : 0",144.

Distance qui sépare le trou sous-orbitaire du bord supérieur de la face : 0'°,030.

Distance qui sépare le trou sous-orbitaire du bord alvéolaire : O-,0115.

Distance qui sépare le trou sous-orbitaire de l'apophyse orbitaire supérieure : 0",126.

Distance qui sépare le trou sous-orbitaire du sommet do l'occipital : (^,234.

Distance qui sépare le trou sous -orbitaire du bord postérieur de la dernière molaire : 0™,096.

Distance comprise entre l'espace inter-incisif et le bord antérieur de l'orbite : 0™,216.

Distance comprise entre le bord antérieur de l'orbite et le sommet de l'occipital : 0",162.

Hauteur du crâne au niveau de l'extrémité supérieure de l'ouverture antérieure des fosses nasales : 0™,033.

Hauteur du crâne au niveau de la première prémolaire : 0«,039.

Hauteur du crâne au niveau de l'espace qui sépare la pre-

118 p. fWHOL.

mière prémolaire de la cJeuiHôwe (niveaw du trou soug^orbb taire) : 0'»,048, Hauteur du crâue au niveau de Tespace qui pép^r^ la

deui^ième molaire vraie de la troisième ; 0",Û60,

Hauteur du crâne immédiatement en arrière de la trqîsi^mo molaire : Û'»,Û73.

Hauteur du crAuQ évaluée eqtre uq6 ligna horinôntalo passant par le bord inférieur da la portion moyenne de^ apophyses zygomatiques (à leur point le moins élevé) et la partie OOITM' pondante de la crête sagittale : 0",060.

Hauteur da l'apophyse iiygomatiqua dani sa portion la plus réduite 5 û*?»,009.

Hauteur du crâne évaluée entre le sommet des bullea tym« paniques et la partie oqrrospondante da la crôta sagittale : 0™,Û84.

L^examen de la faoe supérieure de la tôta de YAneoduê Yelaunus permet de découvrir au point de vue de la forme et de la disposition du museau, des particularités semblables h oalles quej'ai indiquées plus haut. La partie de la face correspondant aux inoisives et aux canines était élargie, tandis que la portion suivante se rétrécissait jusqu'au point correspondant à la première prémolaii^-

L'orifice des fosses nasales que nous avons vu ôtre apsoa dé^ veloppé dans le sens de sa longueur était très peu élargi. Il ne m'a pas été possible de retrouver les traces des sutures des os du nei avec les maxillaires supérieurs et les inter^^maxillairas. Je n'ai pu également avoir d'indications sur la longueur probable des os du nei et sur le point auquel ces os s'unissaient à l'extrémité antérieure du frontal. Ces parties très abîmées dans la pièce, au moment de sa découverte, ont été en presque totalité remplacées par du plâtre. Il m'a paru, d'après une feoe à^Ancodus faisant partie de mes collections, face absolumenl aplatie, que les os propres du nea se prolongaient très haut, car on les retrouve encore au niveau de la deuxième molaire.

A partir de la deuxième prémolaire supérieure, la tète se

MAMMIFÈRE^ IJIQ^SI^ES I^E RONZON. ti9

renfle,i^i4QW0Pti çtison m^iflwjij,d|'élai;gi6seifleifftç()f i;espppfi[ h la portion temporale des apophyses zygomatiques.

ka^QHt*^^^. ^fh Pim^ <ifmn w, '«, Hsm* mM*m^- ei. ses

p^tiçs lflMi;ale,s çl,ai^i^ lég^rçmei^ con,xex^s. A^ sa pa^t^ i^^çi^, oft opte de. chaque. (jôt4 uft9;;V?.w çofjr^ppfMJi^^m^ canal sus-orbilaire. Cet orifice, se. 9p^jt,iqji^^ ç)^, ^;«(Wt, §Qm^ ]|^ ^m ^^m fO^MV^rp. mfisi^f apA un çepl^p^jàlçe. pPXW.p, df^i^çnd«^, Jiç.ne. saipsii çaiopfice éta^^ «foi/iw, çai;, l,ç ^q^ (kp^^ ^ partie avoisinante a subi de pi;p£op{i^s i;est|a,pi;a,t,ip^. Je, &J3, ççtit^i[piS^qw/e.p0j;çaq,ijije spr.u,Uje. pof:t^op, ^,\^ ^Jttff^q^us

frontaA sMf li^qj^IIft iç p/?,t^ upft v^ se.vJ, p;,%e,, p?flji^, (jpfttre orifices grou^* à. çjôt^ l(Çs, yus dies au.ti;çs. \^}f^ sppt, §u.jp,éi;ijçurs rtÇOft^^g^(i,^^^iil,uçs^p,p,çu pl,v,s b^. çt §);)p,t, ^ôjiiafés l'un de l'autre pftr \ia \fmy4^ ^ W ^m-mSW^% TO"

en dedans et en bas , mais celui-ci est très réduit. ÇçÛe, di,5po.sition si sii\iguji$r^, ^w Çrûflt ^Çi l'4'/^o<^ ^Bf^rkmfî^?^ çl'^ ^>as ^^ <ai^^er se^temw^surcet^eçspèceçtç,^^QdftY^i^ éigal^çt^^p^^, se retrouver sur les autres formes du même genre qui lui ^tjïi^i^t f(^oci^,it(^ç^nsq^e 1^ portion 4e tôtQ que jç ^^oss^de ï^Ç! présentât une anomalie. Si c'était là une parlicul£||['|té. apatomiqvi^, çQQ$(S(9te, il serait 4'yn grand intérêt ^e 1^ ^o\,^, car jç ^^{59"nais aucun autre pachyderme fossile la possédant et, dès jprs,

m se«l fragment de frqii^i Ro^r-raii PfiVfflPHTP. ^? mw ^*

présence dans le gisement l'ay^nf renfefnip ^'^fllffl^H^ I^RMi:: t^nftn^aw gpnre4m!0*w. Mais, je le répète, j} s^ ^^\\\ fj-^s {{jen que je n'ai eu afTaire qu'à une anomalie et c'est pour c^}^ qii^ ()^ npu¥^)}ps observatipns sQi)t nécessaires.

Le bord supérieur des orbites est onfJujé, pr!g§§|[i^^|[]|. ||p}^^ concavités p[ 4eu» convexités, chacune |d'enlp,p ^j|es ^j^ei-fjpnt l'une avec l'autre. Les apophyses post-orbitajres sppt ^j;f,ppd|p^ et larges. Elles donnent naiçsappe '^ 4e^ P»',<^lp? fr^f?*^??}-^? j^p" détachées qui se portenf^ .d^^ '^P/- f^^ arrjèrc et de del^prs en dedans pour se rejoindre api'ès un assez long Iri^jef et copst^juer la cfkUt sagitt^e. jQelle-ci est assez éleyée jfjiafis tpji^,e s^ por-

120 H. WWUÊOli.

tion pariétale et elle est légèrement convexe suivant son bord supérieur.

La boite crânienne est très peu élargie dans sa partie antérieure, mais elle se renfle rapidement pour atteindre son maximum de développement au point où les arcades zygomatiques se détachent du temporal.

Les différentes mesures relatives à la face supérieure du crâne pouvant être utilisées pour des déterminations de YAn^ eadus Velaunus sont les suivantes :

Distance comprise entre l'espace inter-incisif et Textrémité la plus élevée de Torifice antérieur des fosses nasales : 0*,049.

Diamètre antéro-postérieur des fosses nasales : 0",036.

Diamètre transverse des fosses nasales : 0",0i6.

Largeur du museau à sa partie la plus renflée (espace qui sépare la troisième incisive de la canine) : 0^,045.

Laideur immédiatement en avant de la deuxième prémolaire : 0»,040.

Largeur au niveau des trous sous-orbitaires : 0',066.

Espace séparant l'un de l'autre les trous sous-orbitaires : 0«,049.

Laideur de la tête au niveau de l'extrémité antérieure des orbites : 0",123.

Distance séparant l'un de l'autre les trous frontaux : 0«,037.

largeur maximum de la tête au point le plus saillant des apophyses zygomatiques : O",!^''!.

Distance séparant l'espace inter-incisif des trous frontaux : 0-,246.

Distance séparant l'espace inter-incisif de l'origine de la crête sagittale : (>»,177.

Distance comprise entre les sommets des apophyses postorbitaires : 0",072.

Longueur des crêtes frontales : 0",051 .

Longueur de la crête sagittale depuis son origine antérieure jusqu'au sommet de l'occipital : 0",082.

La portion postérieure du crâne de VAncodus Velaunus est

MAMMIFÈRES FOSSILES D£ RONZON. 121

excessivement importante à étudier, au point de vue des différences très grandes de forme qu'elle présente, comparée à celle des autres espèces d'Ancodtis trouvées avec elle à Ronzon. J'ai fait représenter par la figure 96, la face postérieure du crâne de VAncodus Velaunus et en-dessous d'elle j'ai fait dessiner (fig. 100) la face postérieure du crâne de VAncodus Aymardi. Celte dernière figure est de grandeur naturelle, la première étant réduite aux deux tiers. Lorsque l'on compare ces deux faces postérieures de crânes, Ton est immédiatement frappé de leur grande dissemblance.

Les mesures relatives à la face postérieure de la tête de VAncodus Velaunus^ sont les suivantes :

Espace compris entre les sommets des apophyses jugulaires : 0",114.

Hauteur verticale mesurée du sommet de l'occipital au bord supérieur du trou occipital, 0°*,069.

Largeur du trou occipital, O'^fi^l.

Il résulte de la description précédente que par la forme de sa tête, par les proportions de sa face et de sa cavité cérébrale, VAncodus Velaunus ne saurait être comparé à aucun autre mammifère vivant ou fossile. Nous retrouverons les mêmes caractères sur les têtes des autres espèces d'Ancodus, décrites par les paléontologistes ; nous en verFons même quelques-uns prendre une plus grande importance, mais la structure générale restera la même. Aussi, je crois qu'il faut considérer les Ancodus comme n'ayant donné naissance à aucune race s'étant perpétuée jusqu'à nous, leurs formes sont trop spécialisées pour cela. Pourtant ils présentent certaines tendances à des variations, et j'aurai à revenir sur ce sujet en discutant, plus tard, la valeur des caractères invoqués par les paléontologistes pour la création de différentes espèces. Mais, je dois dire que ce n'étaient là que de bien légères modifications et que la constitution générale de l'organisme restait la même.

La tête, dont je viens de donner la description, a été trouvée sans son maxillaire inférieur, et j'ai dû rechercher des mandibules recueillies isolément afin de les en rapprocher. Pour arri-

ver à ne pas commettre d'en^ur, i) m'a falhi tenir ^^mfk^^ é* me part, de l'étendue des diiïéreutes parties const^tHml l» ^k dentaire supérieure» et d'autre part, j'ai ddk m» |vré()iQ€WfiM d'utiliser les notions fournies par l'état de> Vfi& »MW»¥y»ftfte> sur les maxillaires inférieurs des {autres ç^fikèc^ dt^4nc«éif découvertes h Roqion. Ëq ne tei^ni cofmp^Q (\wA^ I%t4ti)|«^ il est évident que Ton m saurait confondre le ma)(iU«Âre înfi^new de VAncodus lepiarhynchHs avec celui de YAnc4fdm F^nMUtie^, Mais il n'en est pas de même lorsqu'il s'»git de VAti^c^dm Ajh mardi, car entre cette forme et celle que je vien» ^ «itWi \^ différences de grandeur existant sont susceptibles c(e d^pa* raitre par des variations individuelles. Il fall«^it d(me reekier^ cher d'autres caractères que ceux fournis par la fc^roe de l^in^ dividu et voir si la forme des dents, leur ageqoement. sw le maxillaire ne fournissaient aucune indicAticMA puuvaut pQ«$i^er de la valeur. D'autre part» il était nÔQesiaire de se pr0CK:iftiiper de la forme et de la force de la tôte, afin d'en i^pprooj^er les mandibules susceptibles d'être mues par les muselés prenant sur elles leurs insertions fixes.

Le maxillaire inférieur de VAncofim Ay^mréi nous eal onnnti d'une manière positive, car M. Aymard déclare que la pitee figurée par M. Kowaleswky, dans son Mémoire, pièce représentée, d'autre part, danS ce travail, par la ûgure 101, a ét^ trouvée en même temps que le crâne dessiné figui^ 9Î. Ces deux échantillons ont servi à M, Aymard pour établir l'espèc nommée par lui Bothriodon Velaunus et appelée Anooim^^ Ay mardi par M. Pomel. Ce terme de comparaison m'étanl ^ fourni, j'en ai étudié successivement les caractèreSt et je les Ai comparés à ceux fournis par d'autres maxillaires inférieurs, La forme des dents ne m'a fait connaître aucune indication possédant de la valeur. Je me suis reporté alors sur la disposi^tion différente des prémolaires, au maxillaire supérieur, et j'ai supposé que peut-être les prémolaires inférieures subissaient des déplacements semblables au maxillaire inférieur. En effet, comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire remarqueri la première prémolaire de VAncodm Vdatmuê est isolée en

MAMMIFÊHBS FOSSILES m nONZON. 123

a^anl des dents qui la suivent, alors que ces dernières consti^ luent une gôrie continue. Sur VAncodus Aymardij il n'en est pas de môme. l<a première et la deuxième prémolaires supô« rieures sont implantées aune certaine distance Tune de Tautre sur le bord alvéolairei et la dernière d'entre elles est séparée par un espace de près de i centimèCre du reste de la série dentaire* Je devais, en présence de ces deux dispositions si différentes, rechercher ai la première et la deuxième prémo» laire inférieures n'étaient pas insérées dans les deux espèces au maxillaire inférieur, comme Tétaient au maxillaire supé^ rieur les dents qui leur correspondaient ; si, par exemple, dan$ VAModuê VelaunuSj la première prémolaire inférieure ne se trouvait pas seule, isolée sur la barre, alors que les autres dents formaient une série non interrompue, et si sur le maxillaire inférieur de VAncodusAy mardi les deux premières prémolaires inférieures n'étaient pas disposées sur la barre h la manière de dents d'en haut. Il n'en est rien, comme le montre la mâchoire figurée sur la planche i 01 , mâchoire trouvée avec la tôte de VA^WQiiuê Ayniavdi- Sur cette espèce, comme sur toutes les espèces d'Ançbdtis de Ronzon, la première prémolaire était seule portée en avant, et les dents suivantes constituaient une série continue avec les molaires vraies. Ne pouvant arriver à séparer par cette étude, les uns des autres, les maxillaires inférieures d'Ancodtis Velaimus et d'AfWodus Aymardij j'ai dû en dernier lieu rechercher si la forme du corps de l'os n'offrait pas quelques particularités caractéristiques, et j'ai vu alors qu'il paraissait possible avec les échantillons actuellement connus d'arriver à distinguer les mandibules appartenant à ces deux formes. En effet, si Ton se rapporte au maxillaire inférieur d'Ancodus Aymardij représenté sur la planche 101 de ce travail, l'on remarquera que le corps du maxillaire inférieur est excessivement allongé, alors que sa hauteur, au niveau des prémolaires et des molaires, est très faible. En examinant les portions de maxillaires inférieurs renfermés dans les collections et eeux découverts par moi, j'ai remarqué que certains d'entre eux, dont la série dentaire était un peu plus étendue

124 H. FILHOL.

que ne Tétait celle de VAncodus Aymardi^ s'en distinguaient par la grande hauteur du corps du maxillaire et par le plus grand développement de Tangle de la mâchoire inférieure. Ces dispositions étaient parfaitement d'accord avec la forme différente des têtes d'Amodus Velaunus et Ayniardi. La première d'entre elles est relativement plus large et plus forte que ne l'est la seconde. Rapprochant alors les maxillaires inférieurs à corps très haut, du crâne de VAncodus Velaunus^ j'ai constaté que ces pièces s'ajustaient très bien, et j'ai pensé dès lors qu'elles devaient toutes appartenir à la même forme animale. Afin de faire apprécier les différences sur lesquelles je m'appuie pour cette séparation, je vais mettre en parallèle divers chiffres correspondant à la hauteur du corps du maxillaire inférieur, au niveau de la série des prémolaires et des molaires dans les deux formes. Les mesures relatives à VAncodus Velaunus ont toutes été prises sur trois maxillaires faisant partie de mes collections.

Ancodus Aymardi. Ancodut Velaunut.

llaxill. nM. MtxUl.n*8. MtxiU. s*!

Hauteur au niveau du bord antérieur m m m m

de la deuxième prémolaire 0,028 0,037 0,036 >

Hauteur au niveau de l'espace qui

sépare la quatrième prémolaire

de la première molaire 0,031 0,039 0,043 0,048

Hauteur au milieu de Tespace qui

sépare la deuxième molaire de la

troisième 0,033 0,045 0,0i5 0,050

Hauteur en arrière de la quatrième

molaire 0,040 0,050 0,051 >

Il est facile de voir par ces chiffres combien la hauteur du corps du maxillaire inférieur est différente dans les deux formes mises en parallèle alors que l'étendue de la série dentaire correspondante est à peu près la même.

Je ne connais actuellement aucun maxillaire inférieur à^ Ancodus Velaunus entier ; sur tous ceux qui ont été découverts, la partie antérieure est complètement écrasée et il est bien à craindre, par suite de la fragilité extrême de cette portion

osseuse, qu'on n'arrive jamais à la posséder entière. La pièce la plus complète trouvée jusqu'ici fait partie de ma collection, et les observations suivantes sont relatives à l'étude que j'en ai faite.

L'échantillon trouvé lors des fouilles exécutées par moi à Ronzon comprend les deux branches du maxillaire inférieur, à partir de l'alvéole de la première prémolaire. J'ai indiqué, à propos des mesures relatives à la hauteur du corps de la mandibule, cette pièce sous le numéro 1 . La longueur du maxillaire, mesuré depuis la partie antérieure de l'alvéole de la première prémolaire jusqu'au sommet du condyle, est de 0",250. L'étendue de la série des prémolaires et deé molaires est de 0",166. Ce chiffre doit être décomposé ainsi qu'il suit : espace occupé par les prémolaires, 0",092; espace occupé parles molaires, 0",074.

La première prémolaire manque et je ne l'ai observée sur aucun échantillon. Cette dent étail située très en avant de la deuxième prémolaire; un espace de 0"*,042 l'en séparait; sur toute cette étendue, le bord alvéolaire se détache comme une crête osseuse tranchante. La deuxième prémolaire manque également ; cette dent présentait deux racines du côté gauche de la mâchoire, alors que du côté droit elle n'en avait qu'une seule. Cette particularité correspondant ou à une variation ou à une anomalie doit être relevée avec soin pour que, plus tard, si Ton venait à découvrir des maxillaires inférieurs ayant des deux côtés une deuxième prémolaire à deux ou à une racine, on ne soit pas porté à voir là un caractère possédant quelque valeur.

La deuxième prémolaire est triangulaire, à bord antérieur court et presque vertical, à bord postérieur très étendu et très oblique en arrière. La face externe est convexe, fe face interne est sensiblement plane. Le bord antérieur est mousse, le bord postérieur est large et creusé dans toute sa portion inférieure d'une sorte de gouttière. Cette dent est séparée de la précédente par un intervalle de 0™,038. Sur le maxillaire d'Ancodus Aymardiy l'espace compris entre la première et la deuxième

1^ ta. MLlhliL.

prémolaire csl sieiiiemcnt de 10'",O23. Ces chiffres Bi diffôwenls permellronl iotijours de distinguer les portions îitttèrtBttï*B de maxillaires provenant de ôes deux espèces. AU sVkjel tlie Ti»codiis IrptorhynchiiSj j'indiquerai seulement ici peut tjull h'y âU \m dlïésilalion dans les 'diagnosCB (Jtie h ^)ttmi^ït et la deuxième prèmôlâîrô sont situées à O"" ,065 r\lttô de ^âUlïe. Ces trois chim-es 0'*,0^â, 10",O38, O*,0e5, roumiwul, je ôlroiâ, de très prècîeUs^es indications lors de là dècôttvierié dé »»tt-

véllôs foires HiAiicùtus. Il y a tm tel écart entré ces chîlfl^es qu'il mê pavait évîdètit, diaprés ce (^ue nous savons sttt la mâttièrè dont là taille diminue progressivement dans i^^s^tte tous les genres dé l'éocètoô otï du miocène tout à fait htfèïiéur, qtf ufte bien ïaiMe portion des Auoâm notis est acltteltetttent Co^nttti'e.

La troisième prémolaire possède une forme abs'ôïïBïkêttl semblable sur toutes ks foires découvertes jusqu^à ataj^urd'hùî à feontroh. Aussi je renven-aî, pour sa description, à la figïii^è i'01 de ce travail, sur laqu^^lle est reprèsetilîè le maxillaire inféiieur de VA'ncùdus ÂymanU, La tror^me prémolaire 'est diftferentè de îa detortèmc par sa taîlk qtii c^ beatir- Cotip pius foiire et pat la plus gtan-de obliquité de i?ott l^ro^d postél^eWr plus 'ci-èYi^é daiis totifc sa partïe Tnt^rtTte. L'e bofd âïi^térietir est règuïièretttent •coTl^•exe eft Un peu dèfeté en ar* rtèi^, an niveau de sa partie supérieure. La f ace -exl^eine de cette dcfrft est 'convex'e ; sa face inieiiïe présente 'en "avant et -ett arrière deux gouttières assez profondes, dues à une saillie triangulaire de l'émail existaut sut la partie moyenne de k cou* ronne. Les gouttières sont limitées en dedans par Tépâississe^ ment de l'émail dont je Viens de parler, cl en dehors pat les bords antérieurs et postéi-reurs de la dont qui se repKent *ûfn prti tfn dedans à ce niveau. Cette disposition neise retrouve ^s sur le -maxillaire inférieur àWncodm A f/f)wrdi^ représenta pal* la figure 404 , par suite d'une altération asse'z grande ^bie sur la dent lors de son dégagement de la gangue calcaire qui renveloppait. La gouttière postérieure senle est vjsible. Mais la disposition indiquée pour YAncodus Velaunus se rélÈP<mve

MAMMIFÈRES t'ÔlSSÏtfes bE RONZON. i^7

pùiïv VAViCoâûs kpiàfài, m tttt WàkîïiaîW biert préservé qui fait partie de Vrtà côMecWoft. Là îàce ittlérïié dô la Iroisîèitte prémolaire de VAncodus lëp'tôrhjmhis tte diffère pas de celle des 'deux îôHïi'es ^l'écéderilcs, el lès ïttcstires Velùlivès àù'x difféi'érils 'diaito^ltes ponVrôïit seules pôrmèllVê d'arriver à recôiîliâhi-è à qttèïte 'espèce Tôtt âtirà affairé si ^ôtt viettl à IrôttVéi^ cféttè deft^ îsôléé.

Là '(^uâtHèttie pWmolaire est égâle'meïil consWIttiéè de i'â ràrêittè WâttîèW sttV lôùs les Ancoàûs de Rôhzôh el ïes obs'éVVâlions précédentes doivent être Tfàitès a\i ^ttjell de ctet'tô detit.

La couronne d.e la quatrième prémolaire présente une colline antérieure offrant en dehors une pointe bien détachée et en dedans mi croissant rappelant par sa forme la partie correspondante du premier élément des molaires de YÀnoplotheritim. En*itière, fait suite ùri large talon.

Les mesures relatives aux différentes dents dont je viens H'exposer successivement les caractères particuliers et différentiels sont les suivantes sur les trois échantillons dont j'ai parlé plus haut au sujet de la hauteur du corps du maxillaire :

Maxillaire n^ 1 •

l" priSin. :2«^préiu. 3* préni. 4* préiii.

m , m ni m

Longueur 0^7 (alV.) 0,011 (alv.) 0,0f6 0,015

Hauteur > » 0,010 0,008

Épaisseur > > 0,009 0,012

Maxillaii^ «n*» 2.

Longueur > 0,012 (alv.) 0,015 0,0U

Hauteur > » 0,010 0,CK)7

Épaisseur » » 0,008 0,011

îlkixiîlàiron"3.

. .. III III m

Longueur » 0,oi;] 0,015 0,01(;

Hauteur » 0,001) 0,010 0,009

Épaisseur > 0,007 0,009 0,011

128 H. FILHOL.

Les chiffres précédents montrent combien les caractères relatifs au volume des prémolaires étaient fixes sur la forme (ÏA?icodics nommée Ancodus Velauntis.

Les deux premières molaires inférieures sont à deux lobes, la troisième en présente trois. Les sillons de séparation des collines sont excessivement profonds et les pointes internes qu'elles supportent sont coniques et très enlevées. Ces dents ne présentent pas de différences entre elles sur les diverses espèces d!Ancodtis du Puy et je me bornerai à transcrire les mesures qui leur sont relatives.

Maxillaire n'^l,

l»» mol. 2* mol. 3* mol.

Longueur 0,017 0,021 0,033

Hauleur 0,006 0,009 0,009

Épaisseur 0,0U 0,016 0,018

Maxillaire n*" %

Longueur 0,016 0,019 0,032

Hauteur (très usée) 0,009 0,009

Épaisseur . 0,0i2 0,015 0,0J6

Maxillaire n*" 3.

Longueur 0,016 0,020 0,032

Hauteur 0,007 0,009 0,008

Épaisseur 0,014 0,017 0,018

Les mesures relatives à la hauteur et à l'épaisseur ont toutes été prises sur le deuxième lobe des molaires. Les hauteurs ont été évaluées en dehors. Les molaires des échantillons i et 2 sont assez altérées par l'usure et les chiffres correspondant à l'élévation de la coui onne au-dessus du collet de la dent ne sauraient être considérés comme exacts. Il n'en est pas de môme pour le troisième échantillon dont les molaires sont parfaitement préservées.

Sur les trois portions de maxillaires inférieurs dont je viens de parler, la série des trois dernières prémolaires et des mo-

laires vraies occupaient, en suivant Tordre précédent, un espace de 0",118, O'",!!^, 0"»,119. Ces chiffres se décomposaient de la manière suivante : espace occupé par les prémolaires, 0",046, 0",044, 0",049 ; espace occupé par les molaires : 0-,072, 0",070, 0'",070.

La portion postérieure du maxillaire est assez bien conservée sur le maxillaire désigné par le numéro 1. L'origine du bord antérieur de la branche montante se faisait 0'",0i5 en arrière du dernier lobe de la troisième molaire. Ce bord sensiblement droit dans toute son étendue se portait en haut et en arrière et avait une longueur de 0'°,053. Sa disposition ainsi que celle de l'angle du maxillaire était absolument semblable à celle des parties correspondantes à la figure 101, à propos de VAncodm Aymardi.

Le bord du maxillaire réunissant le sommet de l'apophyse coronoïde au condyle était fortement concave et l'angle de la mandibule se trouvait dépasser de 0"*,01 6 environ en hauteur le bord supérieur du condyle. Cette disposition existait également sur VAncodus Aymardi^ mais elle s'observe incomplètement sur le maxillaire représenté par la figure 101 par suite de la disparition du bord supérieur du condyle et surtout par suite de l'altération du bord supérieur de l'os réunissant cette dernière partie à l'apophyse coronoïde. Le corps de l'os à ce niveau a été un peu altéré lors de son dégagement et une toute petite partie avoisinant le condyle a disparu. Il en résulte que l'angle de l'apophyse coronoïde paraît se réunir au condyle suivant une ligne un peu moins courbe qu'elle ne l'est réellement, mais ce n'est là qu'une bien légère différence.

La distance en ligne droite qui séparait le sommet de Fapophyse coronoïde du bord antérieur du condyle était de 0»,042.

L'angle du maxillaire était élargi comme sur VAncodus Aytnardi et son bord postérieur se réunissait au condyle suivant une ligne courbe. On n'observe pas cette particularité sur le maxillaire diAncodus Aymardi représenté par la figure 101 de ce travail. La portion supérieure du bord pos-

ANM. se. GÉOL. XII. 13. — ART. N« 3.

130 H, raLHOL.

teneur de la branche montante est rectiligne, tandis que la portion inférieure seule est convexe.

Les principales mesures relatives à la branche montante sont les suivantes :

Distance qui sépare le bord postérieur de la dernière mo* laire du bord postérieur de la branche montante (mesure prise horizontalement) : 0",i03.

Distance qui sépare le bord postérieur de la dernière mo* laire du sommet de l'apophyse coronoîde (en ligne droite) : 0«,062.

Distance qui sépare le bc^d postérieur de la dernière molaire du bord postérieur du condyle (en ligne droite) : 0-,i03.

Distance qui sépare le sommet' de l'apophyse coronoîde du bord antérieur du condyle : 0",050.

Distance verticale comprise entre la portion moyenne du bord osseux reliant Tapophyse coronoîde au condyle et le bord inférieur du maxillaire : 0",050.

Distance verticale comprise entre le sommet de l'apophyse coronoîde elle bord inférieur du maxillaire : 0",085.

Dislnace comprise verticalement entre le bord supérieur du condyle et le bord inférieur du maxillaire : 0'",078.

Diamètre antéro-postérieur du condyle : 0",020. Le diamètre transverse ne peut être malheureusement évalué, la portion moyenne du condyle ayant seule subsisté. Cette partie mesure 0*,029 d'étendue.

La face interne de la branche montante n*offre rien de spé* cial à signaler, la face externe est assez profondément creusée dans toute sa partie moyenne.

Il résulte de la description précédente que la branche tnon* tante du maxillaire inférieur des Ancodus possédait une forme très étrange et tout à fait caractéristique. Elle était très étendue en largeur, et l'apophyse coronoîde se trouvait être excessivement réduite. Son sommet dépassait de très peu le sommet du condyle. Je ne connais aucun animal fossile possédant une semblable forme de la portion terminale de son maxillaire, et

MAMMIFÈRES FOSSILES DE RONZON. ISi

je considère comme très facile de reconnaître comme provenant d'un Ancodus celte portion du squelette trouvée isolée.

Le corps du maxillaire n'offre rien de particulier et j'ai noté précédemment la hauteur qu'il présente en différents points. Sur sa face externe, on doit noter trois orifices dentaires antérieurs. Le premier correspond à la racine antérieure de la troisième prémollaire, le second est situé en avant de la racine antérieure de la deuxième prémolaire, le troisième est placé un peu en arrière de la première prémolaire. Ces orifices sont séparés, dans l'ordre que je viens de suivre, l'un de l'autre par un intervalle de 0™,023 et0",026, et ils sont situés à (V°,018 et 0'",019 du bord alvéolaire.

ANCODUS AYHARDI (Pomel).

(Voy. fig. 92et 101.)

Bothriodon Velaunus Aymard. Ann. Soc. agr. du Puy, 1848. — Ancoduê AymardL Pome], Cat. meth,, p. 91.

J'ai fait représenter par les figures 92 et 101 de ce travail la tête et le maxillaire inférieur d'après lesquels M. Aymard a établi l'espèce décrite par lui sous le nom de Bothriodon Velaunus. Gomme je l'ai déjà fait remarquer plus haut, cette forme correspond à V Ancodus Aymardi de M. Pomel. M.Kowalewsky, dans son mémoire sur les Hyopotames, a également fait reproduire les mêmes pièces ; seulement la tête est vue par côté, tandis que sur la figure 92 de cet ouvrage elle a été dessinée suivant sa face inférieure. L'étude de la voûte palatine fournit des éléments d'observations ayant de la valeur, malheureusement il n'en n'est pas de même du crâne qui est fort abîmé. Cette lacune peut être comblée par la découverte que j*ai faite d'une portion de tête d'Ancodtis Aymardi, comprenant la portion inférieure de la face et du crâne. Cette pièce, dans un bon état de conservation, renferme toute la portion postérieure de la Voûte palatine, avec les trois molaires en place et toute la base du crâne. L'occipital est brisé dans sa portion basilaire; les parties osseuses situées de chaque côté et correspondant aux apophyses mastoïdes, jugulaires et aux bulles tympaniques ont

132 H. FILHOL.

subsisté. Les arcades zygomaliques de chaque côté sont complètes et n'ont subi aucune déformation. Grâce à cette belle pièce et à celle de M. Aymard, nous pouvons avoir actuellement des connaissances très précises et très complètes sur tes caractères particuliers à la face inférieure de la tête de YAnc(h dus Ay mardi.

La tête d'Ancodtis Aymardi représentée de grandeur naturelle par la figure 92, provient d'un sujet jeune encore, ainsi que le témoignent les incisives dont les deux premières ne sont pas encore complètement dégagées de leurs alvéoles. Ces dents, serrées Ips unes contre les autres, constituent une série continue. Cette disposition n'existe pas sur VAncodus Velaunus^ la deuxième incisive étant séparée par un intervalle de six à sept millimètres de la dent suivante. Elle ne se retrouve pas non plus sur VAncodus leptorhynchus dont les deux dernières incisives présentent l'arrangement précédent. Seulement, comme j'ai eu antérieurement l'occasion de le faire remarquer,

sur VAncodus Velaunus l'alvéole de la troisième incisive est

accolé à Talvéole de la canine, ce qui n'a pas lieu sur VAncocodas leptorhynchus.

Les incisives de VAncodus Aymardi étaient presque aussi développées en largeur que l'étaient les dents correspondantes sur VAncodus Velaunus^ seulement elles peuvent être différenciées par le moindre développement de leur diamètre antéro-postérieur. Sur VAncodus Aymardi^ la couronne est creusée sur sa face interne, disposition qu'on retrouve à un bien moindre degré sur VAncodus Velaunus.

Les incisives allaient en diminuant de volume de la première, la plus interne, à la troisième. Cette dernière possède une forme difiTérente de celle des deux premières, et elle n'est pas implantée de la même manière dans le maxillaire. La couronne est plus comprimée par ses faces latérales, et son axe antéro-poslérieur est dirigé directement d'avant en arrière. Il résulte de cette disposition que cette dent ne se déjetait pas en dehors, comme le faisaient les deux incisives insérées en avant d'elle. Un intervalle de 0"*,005 d'étendue était compris

entre les premières incisives droites et gauches. Cette disposition se retrouve sur VAncodus leptorhynchm , et elle n'existait pas sur VAncodus Velaunus. L'espace occupé par les incisives de VAncodus Aymurdi sur le bord alvéolaire mesure 0"*,025 d'étendue .

La canine était située à 0",0H en arrière de la dernière incisive. Elle n'avait qu'une racine et sa couronne était peu élevée et très comprimée par les faces latérales. Si l'on compare cette dent à celle qui lui correspond sur VAncodus leptorhynchuSy on est frappé de la grande différence de taille existant entre ces deux organites. Sur VAncodus leptorhynchus (voy. fig. 91), la éanine était forte et elle se déjetait en dehors d'une manière semblable à celle que l'on observe pour la correspondante des sangliers. Au contraire, sur VAncodusAy mardi la canine était toute petite et sa forme était absolument semblable à celle de la première prémolaire. En présence de cette si grande différence, l'on doit se demander si la canine en place sur la tête d'Ancodus Aymardi est bien une dent permanente, et si l'on n'a pas affaire à la canine de lait. J'ai examiné avec beaucoup de soin l'échantillon et je ne le pense pas. Si la pièce m'eût appartenu, je n'aurais pas hésité à sacrifier un côté de la face, et à rechercher s'il n'existait pas une dent non encore développée dans l'intérieur du maxillaire. Mais je n'ai pu agir ainsi, et j'ai dû me borner à bien étudier le bord alvéolaire. Or rien ne m'a paru indiquer le remplacement prochain de la canine existante, et, si Ton se rapporte au grand développement des incisives ayant terminé presque complètement leur évolution, l'on doit admettre que si la canine permanente n'était pas encore sortie, on trouverait extérieurement quelque trace indiquant son apparition prochaine. La sortie complète des incisives permanentes ne saurait coïncider avec l'inclusion absolue de la canine, alors que toutes les prémolaires et les molaires permanentes sont à leur place. D'autre part, si l'on se rapporte à la tête d*A7icodus Velaunus représentée par la figure 94, on observera que dans cette forme la canine devait, par suite de la disposition de son alvéole très réduit.

i34 H. FILHOL.

avoir une forme semblable à celle de la canine existant sur la tête à'Ancodus Aymardi. Dans ce cas, nous avons affaire indubitablement h un sujet adulte, et il n'est pas possible d'hésiler à reconnaître que la canine était une dent de deuxième dentition. Ce fait incontestable montre que parmi les Ancodus quelques-uns avaient une canine très petite, tandis que d'autres en possédaient une très forte. Nous ne devons pas, dans ce cas, être surpris de trouver sur YAncodm Aymardi une canine semblable à une prémolaire et nous pouvons, je crois, admettre dès lois, en tenant compte des observations établies en premier lieu, que c'est bien là une canine de deuxième dentition.

La canine était séparée de la première prémolaire par un espace de 0'',034. Ce chiffre est très inférieur à celui que l'on note pour la même mesure sur V Ancodus Velaunus (0",0M). Sauf les proportions qui sont différentes, les premières prémolaires sont semblables dans ces deux espèces. Elles présentent toutes les deux une couronne triangulaire, comprimée par ses faces latérales, légèrement tranchante par ses bords antérieur et postérieur.

Contrairement à ce qui existe sur VAncodtis Velaunus, les dents ne sont pas en série continue, à partir de la deuxième prémolaire supérieure. Cette dernière dent est complètement isolée sur le bord alvéolaire et se trouve distante de 0'",008 de la première prémolaire et de O^jOOô de la seconde. Cette disposition est très remarquable et elle permettra toujours, si elle correspond à un caractère anatomique fixe, de différencier très facilement V Ancodus Aymardi de V Ancodus Velaunus. Je discuterai plus tard, alors que j'aurai exposé les particularités relatives aux différentes formes d' Ancodus découvertes à Ron- «on, sa valeur, et je rechercherai si nous observons dans ce cas une disposition correspondant à un caractère fixe, ou bien si nous n'avons sous les yeux que le produit d'une tendance à la variabilité. La deuxième prémolaire n'offre rien de particulier dans sa forme et, comme pour la dent située en avant d'elle, ses dimensions permettent seules de la reconnaître. La troisième prémolaire a, ainsi que je l'ai dit plus haut

ARTICLE h^ 3 .

MAMMIFÈRES FOSSILES DE RONZON. iS5

au sujet de VAncodtàs Velaunm^ la forme d'une pyramide à base triangulaire. Les racines sont au nombre de trois et la couronne qui les surmonte est convexe en dehors et concave en dedans. La face interne est plane dans toute son étendue, et l'on n'observe pas sur elle de mamelon saillant comme sur la troisième prémolaire de VAncodus Velaunus représentée sur la figure 94. J'ai déjà fait observer, en décrivant le système dentaire de ce pachyderme, que la troisième prémolaire était susceptible de présenter des formes fort différentes dans la même espèce d'Ancodus. Ainsi, sur la tête d'Ancodtis leptch rhynchus reproduite par la figure 91 , la face interne de la troisième prémolaire est absolument lisse, tandis que sur une autre tête provenant indubitablement de la même espèce, on observe en dedans de la couronne une forte pointe saillante se détachant au niveau du collet et s'élevant à 3 millimètres de hauteur.

La troisième prémolaire de VAncodus Aymardi est plus comprimée latéralement que ne l'est la dent correspondante de VAncodus Velaunus. Quant à la troisième prémolaire de VAncodus leptorhynchuSy elle est très facile à distinguer des précédentes par suite de la disposition de sa racine interne. Sur les deux premières espèces dont je viens de parler, la troisième racine est placée sur une ligne correspondant au bord postérieur de la couronne. Il en est différemment sur VAncodus leptorhynchuSy dont la racine interne se trouve correspondre à la partie moyenne de la couronne. Ces particularités relatives aux rapports différents de la racine interne avec la couronne, jointes à celles qui se rapportent aux dimensions de la dent, permettront toujours très facilement de savoir à quelle espèce à'Ancodus l'on a affaire lorsque l'on viendra dans le gisement de Ronzon a rencontrer cette dent isolée.

La quatrième prémolaire est semblable par sa forme à la quatrième prémolaire des Ancodtis leptorhynchus et Velaunus. Gomme ces dernières, elle présente en dedans un fort tubercule interne disparaissant rapidement avec l'âge. Ce caractère est peu apparent sur la figure 92, par suite d'altérations subies

136 H. FILHOI..

par la dent, alors qu'elle a été dégagée de la gangue qui l'enveloppait.

Les mesures relatives aux incisives, à la canine et aux pré« molaires sont les suivantes :

l^* inc. 2* iae. 3^ ine. Can.

Longueur 0,011 0,0085 0,0080 0,008

Épaisseur 0,005 0,0040 0,0037 0,005

Hauteur > > » >

l'*prëin. 2* prôin. 3* prém. 4*proiii.

Longueur 0,009 0,0110 0,014 0,011

Hauteur 0,013 0,0120 0,010 0,009

Épaisseur 0,003 0,0050 0,008 0,015

Les molaires ne présentent rien de particulier dans leur structure, et je me bornerai à indiquer les chiffres correspondant à leurs diverses dimensions :

i'* mol. 2" mol. 3* mol.

Longueur 0,017 0,021 0,024

Hauteur 0,010 0,012 0,013

Épaisseur 0,019 0,021 0,024

Sur un deuxième échantillon que j'ai recueilli Ton trouve les chiffres suivants :

l'émoi. S* mol. 3« mol.

Hauteur 0,011 0,012 0,013

Épaisseur 0,018 0,020 0,020

Ces chiffres sensiblement les mêmes sur les deux pièces quo j'ai pu étudier sont fort peu différents de ceux relatifs à YAncodus Velauntis. Je ferai observer seulement que sur VAncodus Aymardi les molaires sont moins larges par rapport a la longueur qu'elles ne le sont sur VAncodiis Velaunus. Ce fait ressort de la comparaison des chiffres suivants relatifs aux dimensions des molaires de cette dernière espèce :

i** moi. 2' mol. 3« mol.

Longueur 0,019 0,021 0,020

Hauteur 0,010 0,012 0,013

Épaisseur 0,022 0,025 0,028

AnTÏCLF N« ^.

L'étude de la voûte palatine montre que le museau de VAn- '^dits Aymardi était beaucoup plus allongé et moins large qu'il le Tétait sur YAncodus Velaunus (voy. fig. 92 et 94). L'extrénité antérieure correspondant aux incisives était élaipe, mais a forme de cette portion de la voûte palatine était différente le celle dont j'ai parlé au sujet de YAncodus Velaunus. Sur ce lernier animal le museau se rétrécissait à partir de l'extrémité K)stérieure de l'alvéole de la canine et il présentait son maxi- Qum d'élargissement dans toute la partie correspondant à la roisiëme incisive et à la canine. Sur YAncodus Aymardi nous le retrouvons pas ces dispositions, car la partie antérieure de i voûte palatine offrait son plus grand développement trans* ersal, non au niveau de l'espace compris entre la troisième icisive et la canine^ mais bien au niveau de la partie moyenne e l'avant-dernière de ces dents. Depuis la troisième incisive ? a voûte palatine se rétrécissait progressivement jusqu'au liveau de la canine et la diminution en largeur de cette région continue d'une manière régulière jusqu'à la partie moyenne de a première prémolaire. Le bord alvéolaire est convexe à partir le la première incisive jusqu'à 18 ou 20 millimètres en arrière le la canine. A partir de ce point le bord alvéolaire devient concave jusqu'au niveau du point de contact de la troisième et le la quatrième prémolaire. Le point correspondant au maxinum de rétrécissement de la voûte palatine existe au niveau le la partie moyenne de la première prémolaire. Il est placé m peu plus en avant sur les Ancodus Velaunus et leptorhynchus.

La disposition des molaires et les proportions en laideur et m longueur de la voûte palatine ne sauraient être appréciées xactement sur la tête d' Ancodus Aymardi représentée par la igure 92 de ce travail. Ainsi que j'ai eu le soin de le noter au lébutde cette description, la tête trouvée par M. Aymard est bsolument aplatie suivant ses faces latérales. Toute la partie ntérieure est suffisament conservée pour qu'il m'ait été posible de la rétablir très exactement. Mais à partir de la troième prémolaire toute tentative de restauration exacte a été npossible, et j'ai dû me borner à faire figurer l'échantillon en

138 H. ni^HOL.

me bornaDt à supprimer tous les éclats et toutes les lignes de fractures qui auraient rendu toute description absolument inintelligible. L'aspect que présente la voûte palatine à partir de la troisième prémolaire est donc inexact sur la figure 93. La tête a été comprimée, et la dernière prémolaire et les molsdres ont été rapprochées vers la ligne médiane. Il résulte de Côfait que la tête était beaucoup plus élargie au niveau des dernières molaires qu'elle ne le paraît sur l'échantillon représenté. Pour ce qui concerne le bord palatin postérieur correspondant à 1 ligne de séparation de l'antépénultième et de la pénultièm molaire, il ne faut également pas considérer la figure comme précise. Le bord palatin postérieur sur VAncodu^ Aymardi correspondait comme sur toutes les autres formes appartenant au même genre au bord postérieur de la dernière molaire. Si, sur la figure 92, le bord palatin postérieuni est au niveau du bord postérieur de l'avant^dernière molaire,^ cela tient seulement à ce que la voûte palatine a été brisées sur la ligne médiane. Si d'autre part Ton veut étudier sua la même figure les faces latérales du crâne, l'on voit que les apophyses zygomatiques ont été absolument tordues et qu'i est impossible de se rendre compte de la disposition de 1 surface articulaire pour le maxillaire inférieur, de la former des apophyses mastoïdes et jugulaires, du volume et de iM direction des bulles tympaniqnes. Depuis l'époque à laquelle^ j'ai fait dessiner le crâne d'Ancodtis Aymardi^ j'ai eu des gisements de Ronzon ainsi queje le disais plus haut, toute la portion postérieure de la tête de ce pachyderme, et je puis actuellement, grâce à ce deuxième échantillon, donner une descrip— tion très exacte de la terminaison de la voûte palatine et dei la face inférieure du crâne. Je puis, d'autre part, donner les* dimensions principales des difl'érenles parties de la tète etnos4 connaissances alors sur le volume et les mesures relatives à laj •face et au crâne de VAncodm Aymardi sont aussi précises quc^ celles indiquées dans le chapitre précédent au sujet de YAneo-dus Velaunus. La figure 92, en résumé, donne très fidèlementl la forme et les proportions de la face de VAncodus Aymardm

MAMMIFÈRES FOSSTCES DE RONZON. iS9

entre la première incisive et la quatrième prémolaire, tout le reste est inexact et les seules indications qu'on peut en retirer sont celles relatives au volume des molaires. La longueur de la tête ne^ saurait être également évaluée d'après la figure 9% car la face a été pénétrée par le crâne qui s'est enfoncé dans son intérieur comme un coin. Cette disposition est très nette et on peut l'apprécier si l'on examine sur notre figure les rapports des portions temporales et malaires des arcades zygomatiques. On voit alors la partie antérieure des arcades zygomatiques s'engager sous la partie provenant du temporal, au lieu de s'articuler avec elle.

La longueur totale de la tète de VAncodus Aymardi était de (h,285, nous avons vu précédemment que la même mesure prise sur YÀtwodus Velamius donnait le chiffre de 0™,324. Si Ton cherche à évaluer la longueur totale de la tête représentée sur la planche 6, on trouve le chiffre de 0",250. La diminution en longueur de cette pièce par suite de la pénétration du crâne dans la portion postérieure de la face est donc deO"*,035 environ. Si l'on recherche les proportions relatives de la face et du crâne suivant leurs faces inférieures, on constate que la longueur delà voûte palatine mesurée depuis l'espace interincisif jusqu'au bord palatin postérieur était de 0*,188 et que la longueur de la face inférieure du crâne mesurée du bord palatin postérieur au trou occipital était de 0"*,093. Sur VAncodM Velaunus l'on obtient relativement aux mêmes régions les chiffres O-j^SS et 0"»,106. Commeonle voit par ces nombres, la différence existant dans la longueur de la voûte palatine dans ces deux formes était de 0",040, alors que celle relative à la longueur du crâne atteignait seulement 0",013. Ces chiffres devront être utilement employés pour les diagnoses de fragments de tête d'Ancodtis.

Les mesures relatives à la largeur de la voûte palatine ont été prises comme pour VAficodus VelaunuSj tantôt sur le bord alvéolaire, tantôt à la face interne des dents. Elles sont les sui* vantes :

Largeur au niveau de la portion moyenne de la deuxième incisive : (>",(M4.

140 0. FILHOL.

Largeur au niveau du bord postérieur de la troisième incisive : 0'",024.

Largeur au niveau de la portion moyenne de Tespace compris entre la troisième incisive et la canine : O^jOS?.

Largeur au niveau de la face interne de la canine : 0",022.

Largeur au niveau de la face interne de la première prémolaire : 0^013.

Largeur au niveau du bord postérieur de la deuxième prémolaire : 0",019.

Largeur au niveau de la partie moyenne du bord externe de la quatrième prémolaire : O^jOSe.

Largeur au niveau de l'extrémité interne de la quatrième prémolaire : 0",022.

Largeur au niveau de la portion moyenne du bord externe de la première molaire : 0",062.

Largeur au niveau de l'extrémité antérieure du bord interne de la première molaire : O^jOSO.

Largeur au niveau de l'extrémité postérieure du boixi externe de la dernière molaire : 0^,0075.

Largeur au niveau de l'extrémité postérieure du bord interne de la dernière molaire : O^jOQS. Il résulte de ce dernier chiffre que la voûte palatine de VAncodus Aymardi est moins large d'un tiers à son extrémité postérieure que celle de ïAn^ codus Velaunus.

La face inférieure du crâne est absolument constituée de la même manière que l'est celle de cette dernière espèce, et je me bornerai dès lors à transcrire seulement différentes mesures :

Largeur de la tête au niveau delà première molaire : 0",078.

Largeur de la tête au niveau du point où, la tête vue par sa face inférieure, les apophyses zygomatiques se détachent de la face : 0^110.

Largeur correspondant au maximum de saillie des apophyses zygomatiques : O^^ISO.

Largeur au sommet des apophyses jugulaires : 0",94 .

Largeur de l'occipital immédiatement en avant du trou occipital (portion basilaire) : 0°*,023.

MAMMIFÈRES FOSSILES DE ROnZON. 141

Diamètre antéro-postérieur de la surface articulaire pour le maxillaire inférieur (maximum) : O^jOSS.

Diamètre longitudinal de la surface articulaire pour le maxillaire inférieur : 0"*,030.

Longueur des apophyses ptérigoïdes : 0"*,045.

Laideur de l'espace compris entre les apophyses ptérigoïdes à leur portion moyenne : 0"*,015.

Hauteur des apophyses ptérigoïdes au point où elles se détachent du bord palatin postérieur : O'^jOlS.

Hauteur de Tapophyse zygomatique dans sa partie la plus grêle : 0-,014.

Épaisseur minimum de l'apophyse zygomatique : 0'",007.

Largeur de l'espace compris entre la face interne des apophyses zygomatiques au point où elles s'écartent le plus du crâne et le bord supérieur des apophyses ptérigoïdes : 0",057.

Diamètre antéro-postérieur du conduit externe : 0^,013.

Diamètre vertical du conduit auditif externe : O^jOlS.

J'ai fait représenter figure 101 de ce travail un maxillaire inférieur trouvé par M. Aymard en même temps que la tête dont j*ai donné la description. J'ai d'autre part fait reproduire, figure 99, l'extrémité antérieure de ce même maxillaire de manière à montrer la forme des incisives et les rapports de la deuxième d'entre elles, qui n'avait pas encore subi son évolution, avec la dent de lait lui correspondant.

Les études relatives à cette pièce, provenant d'un animal encore jeune, ont pu être complétées par celles qu'il m'a été possible de faire sur un maxillaire faisant partie de mes collections, maxillaire ayant appartenu à un animal complètement développé.

La longueur totale du maxillaire inférieur représenté par la figure KM était de 0",260 mesurée en ligne droite à partir de l'espace inter-incisif jusqu'au bord postérieur du condyle.

L'étendue de la série dentaire était de 0'",198 sur les deux échantillons servant pour cette étude. Ce chiffre doit être décomposé de la manière suivante :

Espace occupé par les incisives et la canine : 0'»,029 et 0-,0S4.

142 0. Fiuioi^.

Espace occupé par la série des prémolaires et des molaires à partir du bord postérieur de la canine: 0",469 etO-,464.

Espace occupé par les prémolaires : maxillaire n* i : 0'»,096 ; maxillaire n'' 2 faisant partie de mes collections : 0-,098.

Espace occupé par les molaires : maxillaire n'' 1 : 0-,074; maxillaire n*^ 2 : 0™,066.

La première incisive (voy, fig. 99) était très projetée en avant et était plus réduite que les deux dents suivantes. Un fait remarquable consiste en ce que, au maxillaire supérieur, les incisives des Ancodus diminuaient de force d'avant en arrière^ alors que c'est l'opposé qui a lieu au maxillaire inférieur. Les incisives inférieures et supérieures de VEntelodon sont disposées d'une manière semblable. Chez les ruminants actuels nous voyons qu'au maxillaire inférieur les incisives s'accroissent de la première à la troisième.

La deuxième incisive permanente n'était pas encore dégagée de son alvéole, et j'ai dû entamer l'os pour la rendre visible, car son sommet seul faisait saillie à l'extérieur. Elle différait de la précédente par le plus grand développement de la base de la couronne et par la présence, sur le milieu de la face interne, d'un fort pli d'émail s'étendant du sommet de la dent à sa base.

La troisième incisive était semblable en tout à la deuxième et elle ne saurait en être distinguée que par ses proportions Un tout petit peu plus fortes. Les mesures relatives à la hauteur et à la largeur de ces différentes dents sont les suivantes :

l» inc. 2« înc. 3« inc.

Longueur 0,007 0,0085 0,0092

La canine inférieure rappelle beaucoup par sa foniie les incisives. Seulement elle se déjette beaucoup plus qu'elles en dehors et en arrière. Sa couronne et sa racine ne sont pas placées sur un même axe, la dent semble avoir été couri[)ée

AETICLE N"* 3.

d'avant en arrière. La face externe de cette dent est convexe et l'émail qui la recouvre ne présente aucune disposition spéciale. La face interne est concave et divisée en deux parties inégales par un fort repli d'émail. L'épaisseur de cette saillie atteint deux millimètres. Les mesures concernant la canine sont:

Longueur 0,010

Hauteur 0,0i0

Épaisseur • 0,004

Cette dent était séparée de la première prémolaire par un intervalle de 0",043 sur le maxillaire n"* 1 et de 0'",011 sur le maxillaire n* 2. Â ce niveau le bord alvéolaire est assez fort, son épaisseur atteignant O'^^OOS.

La première prémolaire manque sur tous les échantillons A'Ancodus Aymardi figurant dans les diverses collections, et j'ajouterai qu'il ne m'a pas été possible d'observer cette dent sur aucun des maxillaires à'Ancodus provenant du Puy. Ce fait tient à ce que cette dent très allongée était implantée peu profondément dans l'intérieur du maxillaire, et elle a dû dès lors tomber très facilement.

La première prémolaire était bîradiculée et sa couronne très étendue suivant le sens de la longueur devait être très comprimée par ses faces latérales. Cette dent était séparée de la deuxième prémolaire par un intervalle variant sur mes deux échantillons de 0",025 à 0"*,028. A ce niveau le bord alvéolaire est très aminci et tranchant, disposition que j'ai dit ne pas exister sur la portion de la barre comprise entre la première prémolaire et la canine.

La deuxième prémolaire était très petite, et cette disposition était absolument l'opposé de celle relative à la dent qui la précédait. Ainsi, tandis que l'alvéole de la première prémolaire avait 0'",014 de longueur, celui de la deuxième prémolaire atteignait seulement 0'",010. La couronne était plus épaisse; de ses bords, l'antérieur était convexe alors que le postérieur était c-oncave dans sa moitié supérieure et convexe dans le reste de son étendue. La face externe était légèrement bombée ;

144 H. FILHOL.

la face interne était plane et le bord antérieur se repliait un peu sur elle.

La troisième prémolaire était absolument différente, mais malheureusement cette dent a été fort altérée sur Téchantillon représenté par la figure 101 . Le bord antérieur de la couronne était court et convexe ; quant au bord postérieur, il était concave dans toute son étendue et était formé par un pli d'émail très mince et très détaché. De chaque côté de cette crête existaient deux dépressions. A la face interne on remarque au niveau de la portion moyenne de la couronne une assez forte saillie due a un épaississement de l'émail. Cette saillie a la forme d'un triangle à base inférieure dont le sommet se relie par une petite crête à la portion la plus élevée de la prémolaire. De chaque côté de celte saillie sont deux dépressions creusées en forme de gouttières.

Il est facile de reconnaître dans ces deux parties les éléments constitutifs de la colline antérieure des vraies molaires. Le tubercule interne correspond au croissant interne atrophié. Quant au deuxième lobe, il est absolument avorté, et Ton trouve, lui correspondantsur la quatrième prémolaire, un lai^e talon présentant à sa portion médiane une forte crête saillante, s'appuyant par son extrémité postérieure sur un tubercule d'émail placé immédiatement à sa suite. On pourrait voii^ dans cette crête le croissant externe avorté du lobe postérieur^ et dans le petit mamelon la trace du croissant interne. .

La quatrième prémolaire est très forte; elle est constituée par un élément antérieur très élevé, ayant la forme d'un croissant ouvert vers l'intérieur, embrassant dans sa partie postérieure et interne un tubercule d'émail bien détaché.

Les mesures relatives aux différents diamètres des prémolaires correspondent aux chiffres suivants.

Maxillaire n* 1 :

!'• proin. 2« prctn. 3* prcm. 4« prôm.

(aWëoIe.) m m m m

Longueur 0,014 0,010 0,014 0,014

Hauteur > 0,009 0,011 0,012

Épaisseur 0,006 0,007 0,009 0,011

Maxillaire n^ 2.

1" prciii. 2* préni. 3« prcm. A* prém.

(alvdolc.)

Longueur 0,013 0,Oil 0,013 0,013

Hauteur > 0,009 0,011 0,012

Épaisseur 0,006 0,007 0,009 0,011

Les molaires sont constituées sur VAncodus Aymardi de .a même manière que sur les autres espèces d'Ancodus de Ronzon, et Ton ne saurait découvrir dans leur structure de particularité pouvant servir à les faire distinguer. Les chiffres relatifs à leurs dimensions sont les suivants sur les deux maxillaires m'ayant servi précédemment :

Maxillaire n"" 1 .

l'émoi. :i* mol. 3* mol.

m m ni

Longueur 0,0f6 0,020 0,032

Hauteur 0,013 0,013 0,0U

Épaisseur 0,013 0,015 0,016

Maxillaire n' 2.

Longueur 0,015 0,019 0,030

Hauteur 0,010 (usée) 0,011 (usée) 0,013

Épaisseur 0,012 0,015 0,015

L'étude du corps du maxillaire inférieur de VAncodmAy' mardi dévoile des particularités très importantes au point de vue de la diagnose de cette espèce. J'ai déjà eu l'occasion à propos de \A7icodus Velauniis d'appeler l'attention sur la grande différence de hauteur présentée par l'os mandibulaire <lans ces deux espèces de pachydermes fossiles.

Je rappellerai que lorsque j'ai voulu rapporter à VAncodiis Velaunus des maxillaires inférieui-s, je me suis trouvé tout d'abord dans un grand embarras. Puis, peu à peu, alors que j'ai eu mieux connu les mandibules renfermées dans les diverses collections et celles recueillies par moi, j'ai observé que certaines d'entre elles, dont l'étendue de la série dentaire était un peu plus forte que sur les autres échantillons, se différen-

ANN •se. GÉOL. XII. li. — ART. N*» 3.

iA6 H. nLHOL.

ciaient également par la plus grande hauteur du corps du maxillaire et par le plus grand développement de Tangle da maxillaire. Je remarquais alors que ces dispositions correspondaient à celles caractérisant la tête de VÀncodîtë Velaunui qui est plus large et plus forte que Test celle de VAncoAu Aymardi. Pour permettre de mieux saisir ces différences j'ai mis en parallèle les chiffres correspondant, dans ces deux espèces, à des hauteurs prises sur divers points du maxillaire. Au moment où je transcrivais ce tableau je ne possédais pas le deuxième maxillaire diAncodus Aymurdi dont j'ai déjà parlé dans ce chapitre. Gomme le maxillaire provenant de cette espèce dont j'avais apprécié les mesures est celui que j'ai fait figurer planche 101 et qu'il provient d'un sujet jeune, on aurait pu ne pas admettre les faits servant à la distinction spécifique que j'indiquais et prétendre que si le maxillaire d' Ancodus Aymardi était plus grêle que ne l'étaient ceux ayant appartenue YAncodus Velaunus, cela tenait seulement à ce que la première des pièces provenait d'un animal incomplètement développé alors que les autres avaient appartenu à des mammifères adultes. Le deuxième maxillaire d'Ancodiis Aymardi trouvé par moi et qui vient sûrement d'un individu complètement développé m'a fourni des chiffres très voisins de ceux transcrits tout d'abord et mes observations n'ont rien perdu de leur valeur. Je vais, afin qu'on puisse mieux les apprécier, réunir dans un tableau toutes les mesures relatives à la hauteur du corps du maxillaire inférieur prises sur toutes les mandibules ô'Ancodus Velaunus et Aymardi que j'ai pu réunir :

Ancodus Aymardi. Ancodus Velaunus.

MaxUI. nM. MaxUl. n* S. Maxill. nM. Maxill.n«2. MaxOL ■•

(Jeune. Figure.) (Adulte.

Hauteur au niveau du bord antérieur

de la deuxième mu m m m

prémolaire 0,028 0,029 0,037 0,036 >

AnTtCLb N» 3

Ancodu Aymardi. Ancodai Vehinnai.

MaxUl. n* i. Maxill. n« 2. MaxiU. n« 1. MuiU. o* 1 Maxill. n* 3.

(Jeune. Figuré.) (Adulte.)

r an niveau

«pace qui sé-

la quatrième

lolaire de la

ière molaire 0,031 0,033 0,039 0,043 0,048

r au ni?ean

spacequisé-

la deuxième

iredelatroi-

r en arrière la dernière ire 0,040 0,040 0,050 0,051 >

bord supérieur de la branche montante du maxillaire eur représenté par la figure 101 de ce travail est légèrealtéré.

bord inférieur du maxillaire, rectiligne jusqu'au niveau rd postérieur de la dernière molaire, se creuse à partir de int en même temps qu'il se porte en bas. 11 gagne ainsi e de la mandibule qui est forte et arrondie. Le bord posir de la branche montante est convexe dans toute sa partie eure, et dans sa moitié supérieure il devient rectiligne atteindre le condyle. Je n'ai malheureusement renconicun échantillon sur lequel cette dernière partie osseuse ien conservée, et nous ne pouvons déduire dès lors ses isions que de l'étude des surfaces articulaires corresponau crâne. J'ai indiqué précédemment ces nombres. Le osseux compris entre l'apophyse coronoïde et le condyle légèrement concave à ses deux extrémités, rectiligne à sa m moyenne. L'apophyse coronoïde était à peine détachée, te particularité donne à la branche montante un aspect k fait caractéristique. Je n'ai jusqu'ici rencontré cette sition sur aucun pachyderme fossile de l'éocène supérieur i miocène inférieur, et elle constitue, je crois, unélémen» itile pour les diagnoses, si on venait à rencontrer dans un lent une branche montante isolée provenant d'un An-- . Le bord antérieur de la branche montante est rectiligne.

148 H. FILHOL.

Les mesures relatives à cette portion du maxillaire sont les suivantes :

Longueur de l'espace compris entre le point où naît le bord antérieur de la branche montante et le point correspondant du bord postérieur de la mâchoire : 0",063.

Espace qui sépare le point d'origine du bord antérienr dn maxillaire du point le plus saillant de l'angle de la mandibole: 0"»,080.

Espace qui sépare le point d'origine du bord antérieur de la branche montante du bord supérieur du condyle : O*,069. Longueur du bord antérieur de la branche montante : O™,049.

Longueur de l'espace compris entre le sommet de l'apophyse coronoïde et le bord supérieur du condyle : 0'",036.

Espace vertical compris entre le sommet de l'apophyse coronoïde et le bord inférieur du maxillaire : 0"*,078.

Espace vertical compris entre le bord supérieur du condyle et le bord inférieur du maxillaire : 0'°,078.

Sur le deuxième maxillaire d'Ancodus Ayinardi ayant appartenu à un sujet bien adulte, l'origine du bord antérieur de la branche montante se fait à 0"',005 en arrière de l'extrémité de la dernière molaire.

Dans le chapitre relatif à la constitution du squelette des Ancodus je ferai connaître l'étal de nos quelques connaissances sur la taille, les proportions des os retrouvés ayant appartenu à VAncodtis Aymardi.

ANCODUS LEPTORHYNCHUS (Pomel).

(Voy. figure 91.)

Boihriodon leptorhynchus, Âymard. Ann. Soc, agr. du Puy, p. 184. — AncoM macrorhinuSf Pomel. — Ancodus leptorhynchuSy Pomel. CaiaL tneth, ta vertébrés fossiles du bassin supérieur de la Loire, i854, p. 92.

M. Âymard a signalé cette espèce sous le nom de Bothriodo% leptorhynçhus et s'est borné à attirer l'attention sur le grand allongement de la tête. M. Pomel a consacré dans son catalogue dos vertébrés fossiles du bassin supérieur de la Loire les quelques lignes suivantes à cette forme animale si étrange et si digne d'une étude spéciale : « Cette espèce a les arrière-mo-

laires moins larges que YAncodus VelauntiSj la tète très étroite et très allongée, car la série des molaires contiguës égale presque rétendue de la barre, et la première molaire, beaucoup plus avancée, est située au milieu de ce diasthëme. Les os des membres sont tous bien plus allongés et plus grêlés que dans VAncodw Velaunus. »

J'ai fait représenter, par la figure 94 de ce travail, Téchantillon type de cette espèce. Cette magnifique pièce fait partie des collections du Musée du Puy. Je n'avais trouvé dans aucune collection un maxillaire inférieur de cette espèce d'Ancodus et je pensais ne pouvoir décrire que la tête, quand j'ai eu la bonne fortune d'obtenir lors des fouilles faites pour moi à Ronzon les deux mandibules presque complètes. Grâce à cet échantillon bien conservé, tous les caractères de la tête de VAncodus leptorhynchus nous seront actuellement connus.

La tête que j*ai fait dessiner a été reproduite également par H. Kowalewsky dans son travail sur les Hyopotames, mais ce savant paléontologiste n'en a donné aucune description. Si l'on se rapporte à la figure donnée par M. Kowalewsky, figure comme celle faisant partie de ce travail aux deux tiers de la grandeur naturelle, l'on verra combien la seule tête d'Ancodus leptorhynchus trouvée à Ronzon est en mauvais état. Elle a été complètement écrasée et la voûte palatine seule ainsi que quelques parties du crâne peuvent encore en être étudiées. Quelques portions de la voûte palatine existaient suffisamment préservées pour qu'il m'ait été très facile de rétablir très exactement dans mon dessin l'aspect primitif de celte portion de la face. Malheureusement, il ne m'a pas été possible d'en faire autant pour le crâne qui a été très abîmé et je n'ai pu retrouver sa constitution que dans ses parties médianes. Les portions correspondant aux apophyses mastoïdes jugulaires et à l'articulab'on pour le maxillaire inférieuront étécomplètementanéanties et rien de ce qui en a subsisté ne peut servir utilement pour l'étude.

Les incisives supérieures allaient en diminuant de force de Ja première à la troisième. Toutes ces dents manquent sur Té-

150 H. VlLHOli.

chantillon du Musée duPuy et la portion de l'os inter-maxiUaire qui leur correspond est tellement écrasée qu'il m'a été impossible d'évaluer la profondeur des alvéoles. Ces dents étaient insérées à une distance sensiblement la même l'une de l'autre et nous ne retrouvons pas la disposition existant sur VAncodui Velaunus, Dans cette forme, la troisième incisive était placée à une assez grande distance de la deuxième et était contiguë à la canine. Ce mode d'agencement ne se retrouve pas sur l'i»codus leptorhynchitë chez lequel toutes les incisives comme sur VAncodus Aymar di sont disposées régulièrement à une distance égale les unes des autres. Les mesures relatives aux diamètres des alvéoles de ces dents sont :

l'* ine. S* ine. 9* îoc.

in m ni

Longueur 0,0105 0,0095 0,009

Largeur 0,0070 0,0060 0,005

La troisième incisive était séparée de la canine par un intervalle de O^yO^G. Â ce niveau le bord alvéolaire est épais et se détache un peu en saillie.

La canine est très forte et elle se rejette en dehors en se contournant en arrière comme chez les sangliers actuels. Cette disposition est fort différente de celle sur laquelle j'ai appelé l'attention en parlant de la dent correspondante des Ancodtu Velaunus eiAymardi. Les proportions de la canine sont les suivantes :

Longueur en ligne droite du bord antérieur 0,039

Longueur en ligne droite du bord postérieur, 0,0!29

Diamètre antéro-posléricur au niveau du bord alvéolaire 0,018

Diamètre transverse au niveau du bord alvéolaire 0,010

La deuxième prémolaire est située à une grande distance (^ la canine et se trouve absolument isolée sur un long diasthënr. s'étendant du bord postérieur de l'alvéole de la canine au bor# antérieur de la première prémolaire.

L'étendue de l'espace compris entre le bord postérieur d^ l'alvéole de la canine et la première prémolaire est de 0",085^ Cette dent ne diffère pas par sa forme des premières prémolaires appartenant aux deux espèces d'Ancodiis précédemment-

ARTICLI N* 3.

décrites ; ses proportions un peu plus fortes pourraient seules servir à la faire reconnaître. Elle est séparée de la deuxième prémolaire par un intervalle de 0'",034 et sur cette étendue le bord alvéolaire est moins soulevé^ moins détaché qu'il ne l'est au niveau de l'espace compris entre la canine et la première prémolaire. Cet isolement de la première prémolaire constitue un des caractères distinctifs devant servir à faire reconnaître YAncodus Uptorhynchus . Une disposition semblable se retrouve sur YAncodus Velaunus^ seulement il sera toujours facile de distinguer ces deux espèces Tune de l'autre en tenant compte de la moins grande largeur de la voûte palatine sur YAncodtis leplorhynchus au niveau de la première prémolaire en même temps que de la bien plus grande étendue de l'intervalle compris entre la canine et la deuxième prémolaire. VAncodus Ayniardi ne saurait être confondu avec les deux espèces précédentes, si l'on venait à trouver isolée la portion antérieure de la tète par suite du déplacement de la deuxième prémolaire portée en avant et ne se réunissant pas au reste de la série dentaire.

La troisième et la quatrième prémolaire ne sauraient être reconnues, si on venait à les trouver seules, que par leurs proportions supérieures à celles offertes par les prémolaires correspondantes des Ancodus Ayinardi et Velaunus. L'étendue de l'espace occupé par les prémolaires à partir du bord postérieur de la canine est de O^jlôe. Ce chiffre peut être décomposé de la manière suivante : espace compris entre le bord postérieur de la canine et la première prémolaire : 0'",084; espace compris entre le bord postérieur de la première prémolaire et le bord antérieur de la deuxième : 0™,034 ; espace occupé par la troisième et la quatrième prémolaire : 0",03S. Les mesures relatives aux prémolaires sont :

l^» prdm. S* prtfm. 3* prëm. 4*prëin.

Longueur oToUO oToi20 0^014 QfiU

Hauieup 0,0090 0,0100 0,012 0,0i2

Épaisseur 0,0006 0,0075 0,017 0,017

Les mêmes mesures prises sur un deuxième échantillon que

152 H. FULHOL.

j'ai recueilli fournissent les chiffres suivants pour les trois dernières prémolaires seules en place :

i* pr<<m. 8" prém. iPpréa.

Longaenr 0,011 0,015 0,013

Hauteur 0,009 0,012 0,012

Épaisseur 0,008 0,017 0,018

L'espace occupé par les molaires atteint sur l'exemplaire figuré 0",075 et 0™,074 sur un autre faisant partie de mes colleciions. Ces dents n'offrent rien de particulier dans leurstructuie et elles ne doivent être distinguées de celles des autres loi mes diAncodus du Puy que par leur force de beaucoup supérieure. Leurs dimensions sont :

Maxillaire figuré.

1» iBol. S* nol. > Bol.

Longueur 0,019 " 0,027 0.030

Hauteur 0,010 0,012 0,0U

Épaisseur 0,0±2 0,027 0,034

Maxillaire dans mes collections.

Longueur 0,020 07026 0,029

Hauteur 0,010 0,011 0,014

Épaisseur 0,023 0,027 0,033

Les chiffres relatifs aux épaisseurs ont été pris sur la colline antérieure et les chiffres correspondant aux hauteurs ont éL^

évalués sur la pointe interne postérieure de chaque dent. J'^^ dû estimer ainsi cette mesure par suite de l'usure presqa ^ complète des croissants ou pointes externes.

L'étude de la face inférieure de la tête de VAncodus leplorhyn^^ chus est excessivement curieuse par suite de la grande dispro-^ portion qui règne entre retendue de la face et l'étendue d^ la base du crâne. La longueur totale de la tète estimée suivante sa face inférieure est de 0'",450. Ce chiffre se divise ainsi : longueur de la voûte palatine à partir de l'espace inter-incisif jusqu'au miUeu du bord palatin postérieur : 0'",330 ; longueur de

base du crâne à partir du milieu du bord palatin postérieui squ'au bord inférieur du trou occipital : 0"*,420. Sur YAnlus Velaunus nous trouvons que la longueur totale de la tète . égale à 0°, 324 et que ce chiffre se décompose ainsi qu'il it : longueur de la voûte palatine à partir de l'espace in ternsif jusqu'au milieu du bord palatin postérieur : O^jSSS ; igueur de la base du crâne à partir du milieu du bord pala-

postérieur jusqu'au bord antérieur du trou occipital 0",406. s mêmes mesures recherchées sur VAncodus Aymardi sont : Igueur totale de la face inférieure de la tête : 0",285 ; loueur de la voûte palatine depuis l'espace inter-incisif jusqu'au lieu du bord palatin postérieur : 0"',i88; longueur de la e inférieure du crâne mesurée du milieu du bord palatin stérieur au bord antérieur du trou occipital : 0'",093. Si l'on utilise ces chiffres pour évaluer le rapport en loueur du crâne à la face, Ton trouve les nombres suivants : xodttë leptorhynchm : 2,75 ; Ancodus Aymardi : 2,02 ; eadus Velaunus: 2,15. D'après cette recherche l'on voit e sur les Ancodus Velaunus et Aymardi\a longueur de la base

crâne constituait à peu près le tiers de la longueur de la

e alors que sur VAncodus leptorhynchus elle n'en forme près-

e que le quart.

La partie antérieure de la voûte palatine jusqu'au niveau de

canine a beaucoup d'analogie avec la partie qui lui corres-

id sur VAncodus Aymardi. A partir du bord postérieur de la

une, le bord alvéolaire se creuse et il atteint son maximum

concavité au niveau de la première prémolaire. A partir du

•d antérieur de la troisième prémolaire il devient convexe

is tout le reste de son étendue. Les mesures relatives à la

geur de la voûte palatine sont les suivantes :

Largeur au niveau de l'espace compris entre la deuxième et

troisième incisive : 0'",041.

Largeur au niveau du bord interne de l'alvéole de la canine:

Largeur minimum, un peu au-dessus du bord antérieur de

première prémolaire : 0'",026.

154 H. FIUBieL.

Largeur au niveau du bord externe de la première prémolaire : 0-,034 .

Largeur au niveau du bord antérieur de la deuxième prémolaire : 0"*,050.

Largeur au niveau de l'extrémité antérieure du bord externe de la première molaire : 0",077.

Laideur au niveau de l'extrémité postérieure du bord externe de la dernière molaire : O"",! l^-

Largeur au niveau de la portion moyenne de la face interne de la quatrième prémolaire : 0'",051 .

Largeur au niveau de la pointe interne de la colline antérieure de la dernière molaire : 0",041 .

Les orifices palatins antérieurs étaient excessivement allongés et relativement fort peu développés en largeur. Ainsi leur longueur était de 0"*,040 et leur largeur était pour les deux réunis, cloison de séparation comprise, deO ,008.

Les trous palatins postérieurs étaient seulement au nombre de deux. Us correspondaient à la portion moyenne de la face interne de la dernière molaire.

Le bord palatin postérieur avait très peu de largeur et il présentait sur sa partie médiane une sorte d'épine osseuse bien détachée. Si cette petite apophyse ne s'observe pas sur les autres têtes dUAneodus représentées dans ce travail, cela tient seulement à ce qu'elle a été brisée. Il ne faut pas faire de sou absence ou de sa présence d'après les planches accompagnarv^ ces descriptions un caractère pouvant servir à faire distinga^^ les diflérentes espèces d'Ancodus de Ronzon.

Les apophyses ptérigoïdes étaient très allongées et ass-^ hautes. Leur portion terminale correspondait au sommet d^ bulles tympaniques. Leur longueur atteignait 0"*,066. Leuécartement au point où elles se détachaient du bord palati postérieur atteignait O^jOl? et il était de 0™,020 à leur poii# de terminaison. A leur portion terminale ces lamelles se déje^ taient assez fortement en dehors.

Les bulles tympaniques avaient la même forme dans toutes les espèces d'Ancodtis, leur volume proportionnellement à celu.

MAUBnFËRES FOSSILES DE RONZON. 155

de la tête semble avoir varié. Ainsi, si l'on se rapporte aux figures 91 et 94 de ce travail, Ton sera frappé de la grande différence existant dans le développement des bulles tympaniques de VAncodus Velaumis et de VAfwodus leptorhynchus. Les deux tètes sont représentées aux deux tiers de leur grandeur naturelle et la tête di^Ancodtis Velaunus étant beaucoup plus petite, ses bulles tympaniques sont pourtant beaucoup plus fortes que ne le sont celles de VAncodus leptorhynchus. L'explication de ce fait se trouve naturellement dans le très faible développement du crâne dans cette dernière espèce.

La longueur des bulles tympaniques est de O^jOSG ; leur largeur maximum est de 0°',020. Entre ces saillies osseuses la partie basilaire de l'occipital est légèrement bombée.

Tout à fait en avant des condyles de l'occipital l'on aperçoit très nettement sur la figure 92 l'orifice du trou condylien antérieur.

Vu le mauvais état de la seule tête assez complète d'Ancodus leptorhynchus trouvée jusqu'ici à Ronzon, j'ai dû borner là mon étude, car je n'aurais pu donner que des indications fort générales sur les caractères offerts par la tête examinée suivant ses faces supérieure et latérales.

Ainsi que je l'ai indiqué précédemment, j'ai pu obtenir un maxillaire inférieur d'Ancodus leptorhynchus presque complet. Cette pièce avait été trouvée en même temps qu'une portion de crâne dont j'ai parlé à propos des dimensions des molaires supérieures. Elle a été écrasée dans sa partie antérieure au niveau de l'espace compris entre le bord postérieur de la canine et la première prémolaire. Mais comme nous savons que sur tous les Ancodus le diasthème compris entre ces deux dents égalait à peu près en longueur l'étendue de la première prémolaire, il est facile de retrouver la longueur de la portion horizontale de la mandibule. Quant à la branche montante, toute la partie comprise en arrière d'une ligne passant par le bord postérieur de l'apophyse coronoïde a disparu. La longueur totale de cet échantillon est, en accordant à l'espace compris entre la canine et la première prémolaire une étendue égale à celle de cette

156 H. FILHOL.

dernière dent, de 0",347. Ce chiffre se décompose ainsi qu'il

suit :

Longueur de l'espace compris entre l'espace inter-incisif et le bord postérieur de la canine : 0'°,063.

Longueur de l'espace compris entre la canine et la première prémolaire : 0",020.

Longueur de l'espace compris entre la première et la deuxième prémolaire : 0"*,064.

Longueur de l'espace compris entre le bord antérieur de la deuxième prémolaire et le bord postérieur de la quatrième prémolaire :0™,062.

Espace occupé par les molaires : 0",084.

Espace compris entre le bord 4)ostérieur de la dernière molaire et une ligne verticale passant par le sommet de l'apophyso coronoïde et venant aboutir au bord inférieur du maxillaire (mesuré horizontalement) : 0",054.

Si l'on recherche d'après les rapports connus de la face et de l'étendue de la branche montante avec le corps du maxillaire, la longueur que devait avoir la partie terminale de la. mandibule qui manque, l'on trouve qu'elle devait être à peu prè& de 0",070. En ajoutant ce chiffre aux précédents l'on arrive à voir que le maxillaire inférieur de VAncodus leptorhynchus devait atteindre 0"',417 de longueur. La vérification de ce chiffre était facile à faire en mesurant sur la tête à^Ancodus leptorhynchm y représentée sur figure 91 , l'espace compris entre l'extrémité du bord incisif et la partie la plus reculée de la surface articulaire temporale pour le maxillaire inférieur; car le bord postérieur de la branche montante dépasse de très peu sur les Ancodm une verticale menée par le bord postérieur du condyle. En procédant ainsi, j'ai trouvé que le maxillaire de VAncodiis leptorhynchus dont la tête fait partie des collections du Musée du Puy devait avoir une longueur de 0'°,420. Ces chiffres diffèrent tellement peu que l'on doit considérer comme très exactes les quelques suppositions de longueur que j'ai dû faire pour arriver à retrouver l'étendue totale de la pièce dont je donne la description.

ARTrCIK N" 3.

Les incisives étaient dirigées directement en avant, à l'exception de la troisième dont la couronne était un peu déjetée en dehors. La forme de leur couronne a beaucoup d'analogie avec celle que Ton observe sur les incisives de V Anthraeotherium alsaticum. Ces dents sont, en effet, très peu élargies et leur face interne est très légèrement creusée alors que la face externe est convexe. La couronne est peu élevée par rapport à la racine qui la supporte. J'ai pu sur mon échantillon arriver à découvrir les racines de la deuxième et de la troisième incisive et j'ai vu que pour la première de ces dents la couronne mesurait seulement 0™,012 de hauteur alors que la racine qui la portait s'enfonçait de 0"*,045 dans l'intérieur du corps du maxillaire. Le chiffre relatif à la longueur de la racine de la deuxième incisive esl encore supérieur, car il atteignait 0% 064. Le diamètre antéro-postérieur de la racine au niveau du collet de la dent était pour les deux incisives dontje parle de O^jOlOet de 0",013. La forme et le volume si remarquables des incisives inférieures permettra, je crois, de distinguer très facilement les dents lorsqu'on les trouvera isolées, car je ne connais aucune espèce de mammifère fossile en possédant de semblables.

La couronne de la canine a malheureusement été brisée par les ouvriers au moment où ils ont découvert le maxillaire 3l il est difficile de dire dès lors si elle était constituée comme celle des maxillaires inférieurs à" Ancodtis Aymardi et Velaunus 3U si elle était développée comme celle qui lui correspondait en haut. Sa racine qui a subsisté me fait penser qu'il devait en Être ainsi ; car cette partie de la dent est excessivement forte. Elle mesurait à sa partie moyenne O^jOlô d'avant en arrière et 0",040 transversalement. D'après la position occupée par elle sur le maxillaire l'on peut être assuré que la couronne se projetait très fortement en dehors. Il n'existait pas d'intervalle entre la troisième incisive et la canine, ces dents avaient les mêmes rapports que sur VAncodus Aymardi.

En arrière de cette dent, le bord supérieur du maxillaire a été complètement brisé jusqu'au niveau de la première prémolaire. Je ne pense pas que l'étendue de cette partie de l'os ait

158 ■. FiUBieL.

dépassé 0",0^ d'étendue. La première prémolaire manque; . cette dent était biradiculée et Ton doit noter conmie sur l'Aitcodus Aymardi le peu de profondeur des alvéoles.

En arrière de cette dent le bord alvéolaire est lisse sur une étendue de 0*,064 et à ce niveau il est excessivement aminci et presque tranchant. La deuxième prémolaire était biradiculée et sa couronne ainsi que celle des deux prémolaires suivantes étaient absolument semblable à celles des maxillaires inférieurs diAncadus Aymardi décrits dans le chapitre précédent. Il n'existe aucune particularité spéciale dans la constitution des prémolaires de VAncodus leptorhynchtês et Ton devraL seulement chercher à reconnaître les dents isolées provenant.^ de cette espèce en s'appuyant sur leurs dimensions.

Les chiffres correspondant aux différents diamètres des^ prémolaires sont les suivants :

1** prém. 3*proiD. 3* prén. 4*prëm.

(AlTéolc.) m m m ra

Longueur 0,016 0,012 0,017 0,019

Hauteur > 0,009 0,011 0,013

Épaisseur 0,007 0,006 0,010 0,013

Je dois faire, au sujet des molaires, une observation semblable a celle que je viens d'indiquer pour les prémolaires. Ces dents sont absolument semblables par leurs formes à celles des autres espèces d'Ancodus du Puy et elles ne doivent être distinguées que par leui^s proportions. Les mesures relatives à ces différentes dents sont les suivantes :

i'* mol. 2* mol. 3* mol.

Longueur 0,019 0,023 0^039

Hauteur 0,009 0,010 0,010

Épaisseur 0,013 0,020 0,022

Un espace très considérable séparait le bord postérieur de la dernière molaire du bord antérieur de la branche montante. Cet intervalle atteignant 0",035 ne se retrouve pas sur les autres espèces dJAncodus. L'apophyse coronoïde me parait

ARTICLB N* 3«

avoirdû être très abaissée, mais mon échantillon est trop écrasé à son niveau pour que j'ose être affîrmatif ; il me semble bien pourtant qu'elle se détachait à cinq centimètres et demi du point d'origine du bord antérieur de la branche montante.

Pour terminer cette description il me reste à transcrire les mesures relatives à la hauteur du corps du maxillaire :

Hauteur de la branche horizontale au niveau de la première prémolaire : 0'",045.

Hauteur de la branche horizontale au niveau de l'espace qui sépare la quatrième prémolaire de la première molaire : 0-,047,

Hauteur immédiatement en arrière du bord postérieur de la dernière molaire : 0"*,050.

La face externe du maxillaire présente à sa partie inférieure à partir de la troisième prémolaire jusqu'au niveau de la prémolaireune dépression assez forte. C'est au fond de cette gouttière que l'on trouve différents orifices du canal dentaire. Le plus reculé correspond à la portion moyenne de la quatrième prémolaire; il est situé à 0",033 du bord alvéolaire. Le plus antérieur est placé au niveau de Ja première prémolaire et se trouve seulement à O^'yOSO du bord supérieur de l'os.

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