RHIZOMES ET RACINES DE 8IGILLAIRES
L'étude des plantes ou portions de plantes désignées sous le nom àeStigmaria intéresse à la fois la Géologie et la Botanique.
Les Stigmariaj en effet, sont limités aux terrains primaires; dans les terrains plus récents que ceux de Tépoque permienne, on n'en trouve aucune trace. Ce sont donc des plantes propres à cette période, grande de siècles, pendant laquelle se sont succédé, les générations innombrables de végétaux les plus surprenants que la flore de notre globe ait eu occasion d'enregistrer.
Leur présence dans les grès ou schistes houillers est extrêmement fréquente. La position qu'ils occupent presque constamment au toit ou au mur des couches de houille, peut offrir quelques renseignements précieux sur le mode de formation de cette dernière et sur les intervalles plus ou moins longs qui se sont écoulés entre les moments favorables à sa production.
Souvent on a eu occasion de remarquer que là où ils sont encore en place et nombreux, les autres empreintes diminuent d'une manière frappante, comme si leur genre de vie était incompatible avec celui de la plupart des autres plantes. Les espèces de S%;wam ont dû être variées, malheureusement les caractères superficiels sont, la plupart du temps, trop mal conservés pour que Ton puisse en tirer des renseignements bien importants pour la distinction des nombreuses couches qui composent les terrains primaires.
Cependant les formes grôles à petites cicatrices, comme le St. pusilla, St. perlatay St. areolata, appartiennent exclusivement aux couches dévoniennes supérieures, et ne se rencontrent jamais dans les couches houillères moyennes ou supérieures.
ÂNN. 8C. GBOL. XII. i. — ART. h* i.
2 B. RBWAIJLT.
Le Stigmaria ficoides se rencontre en petite quantité dans le Culniy il est plus fréquent dans le terrain houiller moyen et diminue dans les couches supérieures. Quelques-unes de ces variétés, comme leS^ tmdulala^ se voient dans le terrain houiller
Inférieur (grauwache des Vosges), tandis que le St. stellata se montre dans la partie supérieure du terrain houiller et les couches permiennes.
Au point de vue botanique, l'étude des Stigmaria a peut-être une importance encore plus grande, leur parenté avec les SigillaireSf plantes dont la place dans le règne végétal soulève encore tant de discussions; leur forme, de longs rameaux (15 à 20 mètres), sans variation de diamètre, dont la surface portait de nombreux appendices cylindriques, disposés normalement, sur des spirales régulières, plongés dans l'épaisseur môme de Técorce et se désarticulant cependant avec la plus grande facilité, incapables de se soutenir par eux-mêmes à cause de la fragilité de leurs tissus, toute leur organisation enfin, présente un ensemble de caractères insolites parmi les plantes vivantes et fossiles, et contribue à leur donner un aspect mystérieux qui pendant longtemps a provoqué les recherches et stimulé l'imagination des naturalistes de tous les pays.
Nous allons exposer succinctement, en quelques pages, les opinions des savants qui se sont occupés plus spécialement de la nature des Stigmaria, soit au point de Vue de la position qu'ils affectent dans les couches où se rencontrent les bancs de houille, soit sous celui de la détermination de la place que ces plantes doivent occuper dans la classification du règne végétal.
Nous énumérerons rapidement les différents rapprochements que leur forme extérieure, conservée plus ou moins intacte ou altérée par la compression, a pu faire naître dans l'esprit des paléontologistes.
Les premiers observateurs, en effet, n'ont eu d'abord à leur disposition que des échantillons représentés par des empreintes souvent très incomplètes. Plus tard, quelques fragments à structure interne conservée, ayant une surface de
ÉTUDE sua LES 8TI6IIARIÂ. 3
Stigmaria indiscutable, se sont offerts à l'observation et ont pu servir de contrôle aux opinions diverses qu'avaient fait naître les empreintes.
Nous diviserons donc notre étude historique en deux parties : la première comprendra plus particulièrement les recherches faites sur les Stigmaria d'après leur forme extérieure ; la seconde» au contraire, renfermera celles qui ont eu pour objet la structure anatomique.