B. RENAULT
Toutefois, leur organisation reste la même en effet dans la figure 11 qui représente l'un de ces faisceaux grossi. On distingue une partie centripète, b, dont les éléments sont petits, et disposés sans ordre, et une portion centrifuge, a, dans laquelle les trachéides plus volumineuses sont disposées en séries rayonnantes.
Suivant les échantillons et le degré de conversation, le bois centripète du faisceau est plus ou moins apparent; souvent il a entièrement disparu et il ne reste plus pour représenter le cordon, que le bois centrifuge généralement bien plus développé que le bois centripète.
La figure du cordon, qui est, comme nous l'avons dit, celle d'un triangle, dont la pointe plus ou moins obtuse est tournée du côté de la tige, est due presque uniquement à la portion centrifuge.
Dans les cordons foliaires des tiges de Sigillaires, au contraire, la partie du faisceau qui a pris le plus grand développement, est celle qui représente le bois centripète ; à peine quelques trachéides, placées sur les bords extérieurs de ce bois dont la section est également triangulaire, mais la base tournée du côté de l'axe, sont là pour représenter dans la tige la région centrifuge du cordon.
La forme des faisceaux foliaires dans les Sigillaires est donc déterminée ^ur/oMf par le bois centripète.
Les considérations qui précèdent; en établissant l'analogie profonde qui existe entre la constitution des faisceaux foliaires dans les Stigmaria et dans les Sigillaires, indique en même temps la cause de la différence apparente de leur orientation.
Sur une coupe tangentielle (fig. 13), faite dans l'intérieur du bois centrifuge d'un Stigmaria^ on reconnaît encore plus nettement que pour les Sigillaires, la double constitution du cordon foliaire : les quelques trachéides représentées en b appartiennent au bois centripète, et celles vues en a constituent le bois centrifuge. D'après cette similitude dans la constitution des tissus, il était facile, l'origine des cordons foliaires dans les
SigiUaires étant connue, de prévoir celle des cordons foliaires des Stigmaria.
Nous savons en effet que dans les SigiUaires le cordon foliaire parait prendre naissance entre les deux bois (1), et emprunter des éléments à la fois aux faisceaux centripètes et aux faisceaux centrifuges, mais en proportion différente pour chacun des deux systèmes.
La figure 1, pi. III, montre qu'il en est exactement de même dans les Stigmaria^ à cette différence près, que ce sont les éléments centripètes plus petits et plus grêles a' qui entrent pour la plus petite part dans la constitution du cordon, la partie la plus importante b' paraissant provenir de la région centrifuge du faisceau de la tige.
Dans cette figure on distingue nettement la différence de calibre des trachéides constituant les deux bois b et a, l'absence de rayons médullaires dans le premier, et leur présence, au contraire, dans le second.
Dans aucune des coupes, soit transversales, soit tangentielles^ faites en assez grand nombre dans le bois des échantillons précédemment décrits, on n'a rencontré de faisceaux pouvant se rapporter à des organes radiculaires, mais uniquement de nombreux cordons foliaires.
On peut conclure de cette particularité que ces portions de Stigmaria appartenaient à la partie antérieure du rhizome.
Sur une coupe tangeotielle passant dans la région extérieure de récorce de Tune de ces plantes (fig. 2, pi. III) de la même localité, nous trouvons l'indication de trois cicatrices, dont deux, a et &, sont occupées par des faisceaux vasculaires, la troisième est vide.
Le faisceau a que l'on voit plus grossi (fig. 3 et 5) est un cordon foliaire.
(1) Cette manière de dire n'est admissible que lorsqu'on examine des tiges d*un certain âge, il est clair qu'au moment de sa formation le cordon foliaire ne reçoit ni du faisceau centripète qui n'existe guère, ni du faisceau centrifuge qui n'existe pas, aucun des éléments qui le constituent. Cette remarque est importante pour éviter toute fausse interprétation.
ANN. se. GKOL. XII 3. — AHT. N» 1 .