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CHAPITRE IX. — LES LAMELLIROSTRES

La famille des Lamellirostres fait presque complètement défaut dans la partie de la région antarctique qui correspond à l’ancien continent, tandis qu’elle est amplement représentée dans la partie américaine de cette zone circumpolaire; elle y présente même des espèces fort remarquables à raison de la brièveté de leurs ailes, particularité qui parfois leur rend le vol extrêmement difficile sinon impossible. Il est également à noter que ces Palmipèdes ne jouent qu’un rôle peu important dans la constitution de la faune avienne de l’extrémité sud de l'Afrique, tandis que dansla partie australe du nouveau moude, ils sont à la fois très variés et extrêmement nombreux. La grande abondance des Oies et autres Lamellirostres dans di- . verses parties des terres magellaniques, a frappé l'attention de la plupart des navigateurs qui, vers le milieu du siècle dernier, visitèrent ces parages. Byron et Cook en parlèrent (1), et les marins ont donné les noms d’1le des Oies, Anse des Oies, etc., à des localités où ils avaient profité de cette circonstance pour se procurer des vivres frais (2).

À Kerguelen, l’ordre des Lamellirostres n’est représenté que par une petite Sarcelle désignée par M. Sharpe sous le nom de Querquedula Eaton (3). Get oiseau y niche et y esttrès commun. Il habite aussi les îles Crozet (4) ; mais il ne présente n1 dans sa conformation, ni dans son mode de coloration, aucun caractère saillant, et il ressemble extrêmement à une Sarcelle des côtes du Chili, des îles Magellaniques et des îles Falkland que

(4) Voy. Buffon, Histoire naturelle des Oiseaux, t. IX, p.67.

(2) Voy. Cook, Voyage dans l'hémisphère austral, t. IV, p. 59.

(4) Sharpe, Description of apparently New Birds. (Ibis, 1875, p. 328.) — Birds of Kerguelen (Ph. transac., t. 168, p. 105, pl. 6). — Coues et Kidder, op. cit. (Bull. of the U. S. nat. museum, N° 2, p. 4). — Cabanis et Reichenow, op. cit. (Journal für Ornithologie.)

(5) Sharpe, op. cit, p. 107.

King a appelée l’Anas creccoïdes (1). I a aussi beaucoup d’analogie avec là Querquedula gibberifrons qui habite la Nouvelle- Zélande, la Nouvelle-Calédonie et diverses parties de la Malaisie (2). Par conséquent, iln’ajoute à la faune antarctique aucun caractère important.

Aucun Lamellirostre n’a été trouvé à l’ile Saint-Paul, ni à l’île Amsterdam, et une seule espèce de cette famille a été rencontrée à l’île Campbell. C’est l’Anas superciliosa (3) qui est commun à la Nouvelle-Zélande et à lile Chatham ainsi qu’en Australie, et fréquente aussi d’autres parties de l’Océanie (4); mais l’île Auckland en fournit trois espèces dont l’une, la Nesonetta aucklandica (5), diffère notablement de toutes celles connues dans d’autres parties du globe. Elle a les ailes très courtes et les lamelles cornées de la mandibule supérieure pelites et très écartées entre elles. G. Gray à cru devoir en former un genre particulier (6).

L’Anas chlorotis qui habite la Nouvelle-Zélande (7), a été trouvé également à l’île Auckland (8).

Cette station est fréquentée aussi par un Harle, le Merqus Australis (9), et il est à noter que l'existence de cette espèce n’a été signalée ni à la Nouvelle-Zélande, n1 ailleurs.

(4) King, Animals of the straits of Magellan (The zoological Journal, 1828, t. IV, p. 99). — Abbott, Birds of the Falkland islands (The ibis, 1861, p. 460).— Gay, Hist. du Chili. Zool.,t. I, p. 453.

(2) Anas (Mareca) gibberifrons, S. Müller. — Schlegel, op. cit. Anseresf. p.58 — Querquedula gibberifrons, Gh. Bonaparte. Tableau (Comptes rendus. de l’'Academie des sciences, 4856, t. XXXXIIT, p. 650). — Buller, . Birds. of. New.-Zealand, p. 250.

(3) Superciliosus Duck, Latham, Synopsis,t. VI, p. 497. 45.—. Anas. superciliosa, Gmelin, op. cit, t. I, p. 537. — Anas leucophrys, Forster, Descripl. anim, p. 93. — Anûâs comes (Buller, Birds of New-Zealand, p. 245.)

(4). Le Muséum d'histoire d'histoire naturelle possède un exemplaire de: cette espèce rapporté de l’ile Campbell, par M. Filhol.

(3) Gray, Voyage of the Erebus. and Terror, Birds, Li 16, pl. 17.

(6) G&. Gray, Genera of Birds, t. II, p. 627. |

(1) Birds of New-Zealand, p. 248.

(8) Gray, Voyage of the Erebus and Terror, Bürds, p. 15, pl. 20. — Pelzeln, Novara,p. 138.

(9 Hombron et Jacquinot, Description de plusieurs espèces d'oiseaux nou-

Ainsi, malgré le peu de distance qui existe entre l’ile Auckland et l'extrémité sud du groupe Néozélandais, la faune avienne de la première de ces terres, a des caractères particuliers dont 1l convient de tenir note.

Al

Un des Ansériens les plus importants à signaler dans la région magellanique est le Canard à ailes courtes, lAnser cinerea (1), dont les anciens voyageurs ont souvent parlé

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comme ressemblant à un petit cheval de course plutôt qu'à un oiseau ordinaire (2). En effet, il est, en général, impossible à cet oiseau de voler (3), mais il nage avec une rapidité surprenante en s’aidant de ses ailes courtes et rappelant par leur forme ds véritables rames (4) ; à terre, sa démarche est, au contraire, si embarrassée que les matelots l’appellent communément le Lourdaud ou Leggerhead Duck. À l’exemple de Lesson, la plupart des ornithologistes les plus récents le considèrent comme devant être classé dans une

division particulière à laquelle on a donné le nom de Micropterus (5).

Cet oiseau niche aux îles Falkland (6), et sur divers points

veaux ou peu connus (Ann. des sciences naturelles, 2 série 1841, t. XVI, p- 320.) — Gray, Handlist, t. I, p. 91.

(1) Get Oiseau comme la plupart des autres a reçu plusieurs noms difrérents. C’est l’Anas cinerea de Gmelin, (Linn. syst. nat., édit. XIIL, t. I, p.506). — L’Anas brachyptera. (Latham, Index ornith., t. II, p. 834.) — L’Anas pteneres, de Forster. (Descript. animal. p. 338.) — L’Oidemia patagonica, King. (Proceed. Zool. Soc., 1831, t. I, p. 15.)

(2) The Race horse Duck, Pernetty, (Journal, p. 213). —Cook, Voyage, t. IV, p. 43.— Sieamers (Darwin, Narr. of the Surv. voyages of the Adventure and the Beagle, t. LU, p. 257).

(3) D’après Cunningham qui a eu l’occasion d’observer les allures de ces Oiseaux, les jeunes individus seraient aptes à voler un peu, mais cette facilité disparaîtrait à l’âge adulte (Notes on the natural history of strait of Magellan, p. 94).

(4) Darwin, op. cit., L. IIL, p. 257.

(5) Lesson, Traite d’ornithologie, p. 630.

(6) Quoy et Gaimard, Voyage de l’Uranie, Zool., p. 139,pl. 39. — Darwin Op. cit., t. III, p. 257.

des îles Magellaniques (1). Il est commun à Chiloé (2), et sur la côte ouest de l'Amérique méridionale.

L’Oie de Magellan (3) ou l’Upland Gaose des voyageurs anglais, constitue aussi un type sous-générique très distinct qui, à certains égards, établit le passage entre les Bernaches et les Céréopses et qui a reçu le nom de Cloephaga (4). 11 niche aux îles Falkland (5). En hiver, cette espèce descend sur les côtes du Chili (6).

Une autre espèce du même groupe sous-générique la Cloephaga poliocephala (7) est commune sur les côtes de la Patagonie et dans le détroit de Magellan (8) et se montre parfois aux iles Falkland (9).

On trouvedans les mêmes parages un quatrième représentant de ce type, qui figure dans les catalogues ornithologiques sous le nom de Cloephaga rubidiceps (10) et de Bernicla inornata (11).

Le naturaliste voyageur Forster a désigné sous le nom d’Oie antarctique (12) un Anséride qui diffère davantage de l’Oie de

(1) Notamment dans le canal de Noël sur la côte sud de la terre de Feu, près le cap Horn (Cook, op. cit., t. IV, p. 492) dans le Havre du Nouvel an sur la côte nord dela petite île appelée la terre des Etats (Cook, Op. cit, t. IV. p. 72). — Forster, Descriptiones animalium. p. 338. — Gray, Handlist, t. I, p. 89, et dans le détroit de Magellan (Sharpe, Birds collected by the Alert. Proced. Zool. soc., 1881, p. 13.)

(2) Micropterus cinereus (Gay, Historia de Chile, Zool., t. I, p. 457).

(3) Anas Magellanica, Gmelin, Linn., Syst. nat., édit. XIII, t. I, p. 505 et Anser picta. Gmelin, loc. cit., p. 504. — Oie des îles Malouines, Buffon, Oiseaux, t.IX, p. 69.

(4) Eyton, À Monographie of the Anatideæ, p.13 et p. 82.

(5) Abbott, op. cit. (Ibis, 1861, p. 157.) — Lecomte, Proceed. of the Zool. Soc., 1868, 527.

(6) Schlegel, op. cit. Anseres, p. 99. — Branta (Cloephaga) magellanica. Gray, Handlist, t. I, p. 77. — Bernicla magellanica, Gay, Hist. de Chile, Zool., t. Il, p, 443.

(7) Gray. List genra of Birds, p. 127.

(8) Cunningham, op. cit., p. 185. — Sharpe, Proc. zool. soc., 1881, p. 13.

(9) Abbott, op. cit. (Ibis, 1861, p. 159).

(10) Sclater, Proceed. Zool. soc., 1860, p. 387.

(11) Gray, Voyage of the Erébus and Terror. Birds, pl. 24.

(12) Antarctic Goose, Forster. — Cook, Voyage, t. Il, p. 186. — Anas antarctica, Gmelin. Les marins anglais désignent aussi cet Oiseau sous le nom de Kelp-Goose.

A4 AEPH. MILNE EDWARIS.

Magellan, mais qui appartient aux mêmes parages. Elle niche aux îles Falkland (1), aux îles Magellaniques (2) et à Pile Chiloé (3); elle fréquente aussi les côtes du Chili (4).

La tribu des Cygnes compte dans une partie de la région australe deux représentants très remarquables ; le Cygne à col noir et le Coscoroba ou Cygne anatoïde.

Le premier (5) niche sur les bords du détroit de Magellan et habite toute la partie sud du continent américain jusqu’à la Plata (6). Il se montre aux îles Falkland (7) et dans l’ile de la Terre de Feu (8); mais il n’est commun que sur la côte orientale de la Patagonie (9), au Chili (10) et dans la République argentine (11).

Le Coscoroba (12) habite les mêmes stations, notamment la Terre de Feu (13), les bords du détroit de Magellan, les îles Falkland (14) et le Chili (15). L'ile Élisabeth près la côte

(1) Bernicla antarctica, Gould, Birds of the Falkland islands (Proc. zool. soc., 1859, p. 96).

(2) Gay, Hist. de Chile. Zool.,t. NI, p. 443. —-Sclater and Salvin, op. cit: (Ibis, 1869, p. 289.)

(3) Branta (Tænidiestes) antarctica, Gray, Handlist, t. II, p. 76.

(4) C'est l’Anas hybrida.de Molina.

(5) Anas nigricollis, Gmelin, Syst. Nature, t. 1, p. 502. — Anas melanocoryphu, Molina, Hist. nat. du Chili, p. 207. — Cygnus melanocephalus, Vieillot. Encyclopédie méthodique, p. 352.

(6) Cunningham, Notes on the natural history of the strait of Mägellan; p. 267.

(7) Abbott, op. cit. (Ibid. 1861, p. 159.)

(8) Schlegel, op. cit. Anseres, p. 80.

(9) Cunningham, op. cit., p. 267. — Sharpe, op. cit. (Procedings of the zool..soc., 1881, p. 14).

(10) Gay, Historia de Chile, Zool.. t. IL, p. 446.

(11) Collection du Muséum.

(12) Anas Coscoroba. Molina, Hist. nat. Chile, p. 207

(13) Schlegel, op. cit., Anseres, p. 83.

(14) Sclater and Salvin, op. cit. (Ibid., 1861, p. 159).

(15) Gay, Op. cit. Zool., t. II, p. 46.

sud de la Patagonie est un de ses lieux de reproduction (1).

Le groupe zoologique des Anatides contribue aussi très largement à la composition de la faune avienne de la ‘portion américaine de la région australe. L’Anas cristuta (2) est une des espèces les plus communes dansle détroit de Magellan (3), il niche aussi aux îles Falkland (4), il fréquente les côtes du Pérou et de la Bolivie (9).

L’Anas chalcoptera (6) désigné par King sous le nom d’Amas specularis et d’'Anas specularoules est un Canard très voisin du précédent, mais qui s’en distingue par-son plumage; ilise trouve aussi dans le détroit de Magellan (7) et a été observé sur la côte ouest de l'Amérique méridionale, jusqu’en Bolivie.

On a trouvé aussi dans ces parages un Canard très voisin de nos Pilets, l’Anas (Dafila) spinicauda (8). Le musée de Leyde en possède des exemplaires provenant du Chili, des Falkland et du Brésil (9). Il à été trouvé aussi sur la côte occidentale à Talcahuano (10).

Un représentant de nos Canards siffleurs, le Wareca chiloensis (11) habite l’île Chiloé etles côtes du Chili (12) jusqu’à Coquimbo (15) ainsi que dans le détroit de Magellan (1%); 1l

(1) Cunningham l’a trouvé, nichant ainsi que le Cygne à col noir, à l’île Elisabeth près la côte nord du détroit de Magellan, op. cit., p. 267.

(2) Anas cristata, Gmelin, Systema Naturæ, t. 1, p. 540.

(3) Cunningham, Notes on the nat. hist. of the Strait of Magellan, p. 154. — Sharpe, op. cit. (Proced. zool. soc., 1881, p. 153.)

(4) Abbott, op. cit. (Ibid., 1861, p. 160).

(5) Le musée britannique en possède des exemplaires provenant de tous ces pays (Gray, Handlist, t. UT, p. 82).

(6) Kittlitz, Mém. de l’Acad: de Saint-Pétersbourg, 1835, t. IN, n° 471, pl. 5. — Jardine and Selby, Ilustr. Ornith., pl. 40.

(7) Gray, Handlist, t. TII, p. 82.

(8) Anas Oxyura, Meyen. Dafila oxyura, Gray. Handlist, t. IE, p. 81.

(9) Schlegel, Anseres, p. 88.

(10) Sharpe, op. cit. Proced. zool. soc., 1881, p. 14.

(11) King, Birds from the straits of Magellan (Proced. Zool. Soc., 1321, p. 15). — Eyton, Monograph of the Anatidæ, p.117, p. 21.

(12) Gay, Historia deGhile. Zool., t. T, p. 447.

(13) Sharpe, op. cit. (Proceed. zoo. soc., 1881, p. 15.)

(14) Sclater et Salvin, op. cit. Ibis, 1869, p. 284.

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se reproduit à Falkland (1) et il s'étend vers le nord de l'Amérique méridionale jusqu’à Cayenne (2), mais sa présence n’a pas été signalée dans l’extrème sud.

L’Anas urophasianus (3) qui appartient au même sous-genre et qui habite l'Amérique septentrionale paraît se trouver aussi à Falkland (4).

Indépendamment de la Querquedula creccoïdes qui est commune au Chili et qui niche en grand nombre aux îles Falkland (5), on voit dans cette station trois Sarcelles qui habitent le continent américain, savoir : la Querquedula versicolor (6), la Querquedula oxyptera (7) etla Querquedula cyanoptera (8). Cette dernière qui est rare dans le détroit de Magellan (9) se trouve aux îles Falkland (10) et aux îles Chiloé (11). Du reste, on la rencontre à la Nouvelle-Grenade (12) et jusqu’en Californie (13).

CHAPITRE X. — OISEAUX TERRESTRES DE LA RÉGION ANTARCTIQUE ET RÉSUMÉ GÉNÉRAL.

Ts

Les faits exposés dans les chapitres précédents de ce mémoire montrent que la région antarctique possède une faune avienne

(1) Abbott, Birds of the Falkland islands (Ibid., 1861, p. 160).

(2) Eyton, op. cût., p. 117.

(3) Vigors, Sketches in Ornithology (The on Journal 1829, t. IV, p. 357). — Dafila urophasianus, Eyton, Op. cit., p. 112, pl. 20.

(4) Dafila urophasianus, Abbott, Op. cit. (Did. 1861, p. 161.)

(5) Voy. ci-dessus, p. 40.

(6) Jardine et Selby, Ilustr., 10, pl. 23. — Anas Fretensis, King op. cal. (Proced. 3zool. soc., 1830-31, p. 15.) — Querquedula versicolor, Abbott, op. ct. (Ibid., 1861, p. 161.)

. (7) Sharpe, op. cit. (Proced. zool. soc., 1881, p. 14.)

(8) Vigors, Zool. Journ. supplém., pl. 29. — Jardine and Selby, op. cit. — S harpe, op. cit. (Proced. Zool. Soc., 1881, p. 14.)

(9) Cunningham, op. cit., p. 215.

(10) Querquedula cyanoptera, Abbott, Birds of the Falkland islands (Ibid,

(11) A. Rafflesi, King. op. cit. Zool. Jour., 1820, t. IV, p. 79.

(12) Verreaux, Notes manuscrites.

(13) Schlegel, op. cil., Anseres, p. 52.

FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. 47 spéciale, caractérisée par plusieurs types zoologiques fort remarquables et offrant à peu de choses près une composition similaire tout autour du globe, mais dont divers membres s'étendent à des distances très variables sur certaines parties adjacentes, de manière à exercer une influence plus ou moins grande sur les caractères de la population ornithologique de ces dernières régions.

Des mélanges en sens inverse ont eu lieu aussi, mais il sont en général de minime importance, et leur nature varie avec les relations géographiques qui existent entre les différentes parties de la zone antarctique et les terres habitées par des faunes aviennes particulières, notamment avec l'Amérique du Sud, avec l’Afrique, avec l'Australie et avec la Nouvelle-Zélande.

Tantôt ce sont des visiteurs qui se montrent ainsi dans quelque station antarctique sans s’y établir et y faire souche ; d’autres fois ce sont des émigrants qui y trouvent des conditions biologiques compatibles avec leur multiplication, s’y fixent et y fondent des colonies locales. Les oiseaux terrestres manquent complètement ou sont tout au moins fort rares dans les stations de la région antarctique. Ni le capitaine Ross, ni Dumont d'Urville, n1 les naturalistes de l'expédition commandée par Wilkes n’en ont aperçu sur les terres de l’extrème sud et, en lisant attentivement les narrations des autres marins qui ont visité les nombreux groupes d'iles situées au sud du cap Horn je n’y ai aperçu aucune indication de nature à me faire croire à l’existence d’oiseaux non aquatiques dans ces parages.

Les îles isolées qui sont situées très loin au sud de l’océan Indien, entre le trente-cinquième et le soixante-seizième degré de longitude est, savoir : l’île du Prince-Édouard et l’île Marion, les Crozet, Kerguelen, puis vers le nord-est, Saint- Paul et Amsterdam ne sont habitées aussi par aucun oiseau terrestre. Ainsi Jules Verreaux, qui visita Saint-Paul il y a environ cinquante ans, n’y aperçut que des Palmipèdes et les naturalistes de l’expédition autrichienne de la Novara n’y trouvèrent que les cinq espèces suivantes :

Le Manchot à aigrettes jaunes (Æudyptes chrysocoma); V’Alba-

tros à bec jaune (Diomædea chlororhyncha) et deux hirondelles de mer, la Séerna vittata et la Sierna melanorhyncha.

J'ajouterai que les observations faites récemment par MM. Vélain, Lantz et de L'Isle, pendant le long séjour de l'expédition astronomique française dans la même station, tout en allongeant notablement cette liste d'oiseaux pélagiens, n'ont rien changé aux connaissances que nous avions du caractère de la faune avienne de l'ile Saint-Paul et qu’en explorant l’île Amsterdam 1l n'y ont constaté l'existence que des mêmes espèces (1).

À Kerguelen, île moins petite et moins stérile, située beaucoup plus au sud-ouest, la faune avienneest un peu plus variée et participe davantage aux caractères de celle existant à Falkland, et sur les autres îles de l'Amérique australe.

En effet, on y trouve, outre les Manchots et les oiseaux de haut vol qui sont répandus presque partout dans la région

antarctique, des Chionis qui ne volent jamais au loin et qui ne nagent pas aussi bien que les Palmipèdes (2). I y a aussi à Kerguelen un oiseau qui est côtier plutôt que pélagique, c’est la Sarcelle d'Eyton (3); mais dans cette île, de même qu’à Saint-Paul, les oiseaux terrestres font complètement défaut et la faune est uniquement antarctique (4). Ce sont les Man-

(1) La collection faite a l’île Saint-Paul en 1875 par MM. Lantz, Velain et de l'Isle, pour le Muséum d'histoire naturelle se compose des espèces suivantes :

Eudyptes chrysocoma. Lestris antarcticus.

Diomædea eœulans. Ossifraga gigantea.

D. fuliginosa. Sterna vittata.

D. chlororhyncka. S. frontalis.

D. melanophrys. Prion vittatus.

M. Velain fait mention du Procellaria capensis et du P. Hæsitata, du Puffinus equinotialis comme s'y trouvant aussi. À l’île Amsterdam, ce dernier voyageur vit les mêmes espèces à l’exception du Prion vittatus (Vélain, op. cil., p. 48 et 96).

(2) Voy. ci-dessus, p. 24.

(3) Voy. ci-dessus, p. 40.

(4) Je rappellerai que depuis la rédaction de mon travail général sur la faune des régions australes déposé à l’Académie des sciences en 1873, l’histoire naturelle de Kerguelen a été l’objet d’études nouvelles faites par les

chots, les Albatros et les Procellariens qui donnent à sa population avienne ses principaux caractères (1).

Aux îles Crozet et à l'ile du Prince-Édouard, situées moins loin du cap de Bonne-Espérance, la faune avienne est à peu près la même qu’à Kerguelen. Un ingénieur anglais, M. Harris, quiavait habité pendant plusieurs mois l'ile du Prince-Édouard, rocher où les navigateurs n’abordent que rarement, a constaté que les oiseaux de mer y nichent en grand nombre et que l’on y trouve l’Albatros fuligineux, aussi bien que Albatros errant, le Stercoraire austral, le Procellaria géant, et quelques Canards que maintenant l’on sait être la Querquedula Eatoni, dont je viens de rappeler la présence à Kerguelen; enfin le Chionis.

Aux îles Crozet il y a aussi le Prion Branksi (2).

La petite ile Marion, située un peu au sud de Pile du Prince- Édouard, est aussi une station de reproduction pour les oiseaux pélagiens de la région antarctique, mais sa faune n’est que peu connue (3).

membres des expéditions anglaise, américaine et allemande pour l’observation du passage de Vénus devant le soleil en 1874, mais les faits dont la science est redevable à ces savants ne modifient en rien d’essentiel ce que j’en avais dit précédemment.

L'expédition plus récente du Challenger ne nous a rien appris de nouveau relativement à la composition de cette petite faune locale (Voy. : Sclater, On the Birds of Kerguelen island, Voyage of the Challenger z0ol., vol. IF, p. 113.)

(1) Voici la liste des espèces dont l'existence a été constatée à Kerguelen :

Chionis minor, Querquedula Eatoni, Larus dominicanus, Stercorarius antarcticus, Sterna virgata, S. vittata, Pelecanoides urinatrix, Daption capensis, Majaqueus œquinoxialis, Prionus Kuhli, Thalassoica tenuirostris, OEstrellata brevirostris, CE. Lessoni, OE. Mollis, Procellaria nereis, Oceanites tropica, O. oceanica, Prion vittatus, P. desolatus, Halobæna cœrulea, Ossifraga gigantea, Diomædea exulans, D. melanophrys, D. culminata, D. fuliginosa, Phalacocorax verrucosus, Tachypetes aquila, Aptenodytes longirostris, Pygoscelis papua, Eudyptes chrysolophas, E. chrysocoma.

(2) Voy. Hutton. Notes on some Birds inhabiting the southern Ocean (Ibid, 1865, $ 2, vol. I, p. 296).

(3) Dans la partie zoologique du voyage du Challenger, qui a paru récemment, on trouve l'indication des espèces suivantes recueillies à l'ile Marion 1° Aptenodytes Pennanti ou A. longirostris ; 2 Pygoscelis papua ou P. tœæniatus ; à Eudyptes chrysocoma, Prion Banksi, Diomædea exulans.

50 ALPH. MEILNE EDWARDS.

Sur les îles antarctiques de l’océan Pacifique qui, au point. de vue de la géographie physique, sont des dépendances de la région néo-zélandaise, l'influence du voisinage de la faune avienne de celle-ei se fait nettement sentir.

A l’île Campbell, les naturalistes qui accompagnèrent le capitaine Ross, dans son voyage aux terres antarctiques, ne rencontrérent aucun oiseau non nageur. Mais M. H. Filhol qui, en 1873, y séjourna pendant plusieurs mois, lors de l'expédition astronomique pour l’observation du passage de Vénus (1), en a rapporté un petit Passereau, le Zosterops lateralis qui fréquente en troupes nombreuses diverses parties de la Nouvelle-Zélande, et qui paraît être originaire de la Tasmanie (2).

À l’île Macquarie, située au sud-ouest de l’île Campbell, l'expédition américaine, commandée par Wilkes, trouva à côté des Manchots quelques Perruches qui sont venues probablement de la Nouvelle-Zélande, car elles paraissent ne pas différer spécifiquement du Kakiriki des Maoris. Ce dernier Oiseau dont la coloration varie notablement, même dans sa patrie originaire, à été désigné par les ornithologistes sous beaucoup de noms différents tels que Psitiacus pacificus, Psittacus Novæ Zelandiæ, Platycercus erythrotis et Platycercus Cookii, etc.; mais M. Finsch, qui a fait des Psittaciens une étude très attentive, n’admet pas ces distinctions et son opinion à cet égard est complètement partagée par M. Buller, dans son ouvrage sur la faune avienne de la Nouvelle-Zélande (3).

Il est également à noter que ce n’est pas seulement vers

(1) Les oiseaux nageurs trouvés à l'ile Campbell par ce naturaliste, sont : l’'Aptenodytes Pennanti, l'Eudyptes chrysocoma, VE. antipoda, le Diomædea exulans, l'Ossifraga gigantea, le Lestris antarcticus, le Larus dominicanus, le Puffinus tristis, le Phalacrocorax Campbelli et V'Anas superciliosa.

(2) Voy. Buller Hist. of the Birds of New-Zealand, p. 80.

(3) Voy. Finsch, Die Papageien, monographisch bearbeitet, B. Il, p. 273. = Buller, History of the Birds of New-Zealand, p. 58.

le sud que cette Perruche a colomisé; elle s’est établie vers l'est, à l’île Chatham (1) et vers le nord, à l’île Norfolk (2). Enfin elle ne diffère que très peu d’une Perruche de la Nouvelle-Calédonie, le Platycercus Saisseti.

L'île Auckland, située beaucoup plus près de la Nouvelle- Zélande que nele sont l'ile Macquarie et l’île Campbell, possède outre la Perruche dont je viens de parler une autre espèce ou variété du même genre qui est très commune à la Nouvelle- Zélande et qui a été appelée Platycercus auriceps (3). Le naturaliste Mac Cormick, qui accompagna Ross dans l’expédition anglaise vers le pôle sud et qui visita l’ile Auckland en 1840, dit que les Oiseaux terrestres y sont peu variés et même en petit nombre; cependant il y signala l'existence de plusieurs Passereaux (4), et les collections qu’il forma dans cette localité contenaient quatre espèces de cet ordre, (5) ainsi que deux espèces

(1) Les individus provenant de cette station ont été catalogués par G. R. Gray, sous le nom de Platycercus Rayneri (Ibid, 1862, p. 228). — Voy. Finsch., op. cit., p. 276.

(2) Les individus provenant de cette station ont été décrits par Charles Bonaparte sous le nom de Platycercus aucklandicus ; mais ne paraissent pas devoir être distingués spécifiquement du Psittacus pacificus de Forster (Descript. anim., p. 73, fig. Psitt, n° 4%, 46) appelé ensuite Psittacus Novæ Zeelandiæ, par Sparmann (Mus. Carls, pl. ?8) et Platycercus Novæ Zelandie, par Gray, Erebus and Terror, Birds, p. 9, et par Buller, Birds of New-Zealand, p. 61, pl. 6, fig. 2. |

(3) Kuhl, Conspectus Psittacorum, p. 46 ; Erebus and Terror, Birds. — Buller, op. cit., p. 61, pl. 6.

(4) Geological remarks on the antarctic continent by R. MCormick. (A Voyage of discovery in the southerm and antarctic region by, JS. C. Ross, tIl}p:412).

(5) Ces Oiseaux ont été décrits par G. Gray, Voyage of the Erebus and Ter-

ror, Zool. Birds, ce sont :

1° Certhia cincinnata, Forster, op. cit., p. 78. Merops Novæ Zeelanwie, Gmelin, op. cit., p.464. Prosthemadera Novæ Zeelandiæw, Gray, Erebus and Terror, p.3;

2 Certhia olivacea, Forster, op. cit., p. 19 (et icones ined, n° 62). — Certhia melanura, Sparmann, op. cit., pl. 5. — Philemon Dumerilii, Lesson. Voyage de la « Coquille », Lool., p. 644, pl. 21, fig. 2.—Anthornis melanura, G. Gray; Erebus and Terror, p. 4.

3 Turdus minutlus, Forst, op. cit., p. 83 (et icones ined, n° 149). — Parus macrocephalus, Gmelin, op. cit., p. 1013. — Miro Forsterorum, Gray, 0p.

92 ALPEH. MILNE EDVWARDS, d'Échassiers de rivage (4), et un Oiseau de proie, le Falco Nove Zelandiæ (2).

Je rappellerai aussi que le Chionis y habite et que parmi ces Oiseaux nageurs de l’ordre des Palmipèdes, il en est plusieurs qui n’ont pas été trouvés dans d’autres régions, notamment un grand Manchot dont j'ai parlé précédemment (3). Quant aux Pétrels et aux autres Oiseaux de haute mer quise montrent partout dans cette zone froide, 1l serait superflu d'y revenir ICI.

L'influence exercée sur la composition de la faune avienne., de la zore circumpolaire australe par le voisinage d’autres ré glons zoogéniques est mise encore mieux en évidence par l’exa= men comparatif des stations ormthologiques situées dans l'extrême sud de l’Atlantique. En effet cette comparaison fait,, voir que la dissémination des espèces terrestres est subordonnée à la grandeur des distances à franchir par les colonisateursy plus encore qu'aux différences de température entre laa patrie originaire de ces espèces et les stations où elles peuvent arriver.

L’Archipel Fuegien qui dépasse le cinquante- cinquième degré de latitude sud, et qui n’est séparé du continent américain 4 que par des bras de mer très étroits, possède une faune avienne mixte : les Oiseaux marins appartiennent presque tous à law

cit., t. Dieffenbach, Travels in New-Zealand.— Petroica macrocephala, Grass Erebus and Terror, Birds, p. 6.

(1) 1° Le Thinornis Rossi, Gray, Erebus and Terror, Birds, p. 12,pl. 44: — 2 Le Gallinago aucklandica, Gray, op. cil., p. 13, pl. 13. — Buller, Birdsw of New-Zealand, 196. |

(2) Gmelin, Syst. nat , p. 268. — Falco australis, Hombron et Jacquinot (op. cil., Annales des Sciences naturelles, 1841, p. 312)et Falco Novæ Zelan-1 diw. Voyage au pôle sud, Zool., t. 1, p. 47, pl. 1, fig. 1. — Buller, Birds of New-Zealand, ete., p. 1.

(5) Le Megadyptes antipodes, voy. chapitre If, article 4; la Nesonetta aucklandica ei le Mergus australis.

(a) Darwin et Gould, op. cit., p. 8. |

faune antarctique; mais les Oiseaux terrestres, au lieu de manquer complétement ou d'être en très petit nombre comme dans îes stations isolées de l'océan austral, s’y trouvent en nombre considérable et sont tous des représentants de types qurexistent en Patagonie, au Ghili et souvent aussi, beaucoup plusloin, vers le nord, dans ie nouveau monde. La Terre de Feu qui est la principale île de ce groupe et qui est très bien boisée, a été explorée par Ch. Darwin ainsi que par quelques autres naturalistes ; elle est habitée par beaucoup de Passereaux et par quelques Rapaces, tels que le Cathartes aura où Vultur

jotaæ des Chiliens (1), qui se montre sur le continent améri-

cain,. depuis le quarante-cinquième degré de latitude nord

Jusqu'à l’extrémité du groupe fuegien, par cimquante-cmq de-

grés-de latitude sud; le Caracara ou Polyborus brasiliensis (2), le Milvaugo pezoporus (3), le Buteo erythronotus (4) et un Oiseaw de proie nocturne, l’Ululu rufipes (5). Parmi les Passereaux de: cette localité, Je citerai une Grive (6) plusieurs espèces de la famille des Moucherolles (7); deux espèces de

(1) Gould. Birds. (Voyage of the Beagle, p. &.)

(2) Falco tharus, Molina, Storia nat. del Chili, t. AL p. 173. — Caracura vulgaris, Gay, Hist. du Chili, Zool., t.T, p. 207, pl. 1. — Polyborus caracara, Spix. aves Brasil, t. 1, pl. 1. — Polyborus tharus, Cassin, Illustrations of the Birds of California, p. 113. — Polyborus brasiliensis, Audubon, Birds of North America, pl. 161.

(3) Aquila pezopora, Mayen (Nova acta Acad. nat. 183%, suppl. pl. 6). — Milous pezoporus, Gould, Voyage of the Beagle. Birds, p. 15.

(4) Gay, op: cit., t. I, p. 215. — Buteo tricolor, d’Orbigny, pl. 3.

(5) Sérix rufipes, King, Animals of the Straits of Magellan, Zool., Journ. 1828, t. II, p. 426. — Ululà rufipes, Goulä, loc. cit., p. 34.

(6) Le Turdus Falklandicus, Pernetty, Hist. d’un voyage aux îles Malouines, t. I, p. 20. — Quoy et Gaimard. Voyage de l’Uranie. Zool., p. 104. — Darwin et Gould, Voy. of the Beagle, p. 59. C’est la femelle de cette espèce qui a

: été appelée Turdus magellanicus, par King (op. cit., Zool. Journ., t. WI,

p. 430).— Sharpe, Birds collected by the « Alert » Proceed. Zool. Soc., 1881, CAT:

(7) Savoir :

1° Le Myiobius albiceps où Muscipeta albiceps, d'Orbigny et Lafresnaye, Magaz: de Zool. de Guérin, 1837, p. 47. — Gould et Darwin, op. cit., p. 47).

2 Le Myiohius parvirostris, Gould (op. cit., p. 48).

3° Le Serpophaga parulus (Muscicapa parulus), Kittlhitz (Mem. de l'Acad. de

54 ALPH. MELNE HEDVWWARDS.

la famille des Fourniers ; l’Opetiorhynchus vulgaris (1) et l’'Opetiorynchus patagonicus (2). Un Roitelet (3), une Fauvette (4), plusieurs autres petits Passereaux et un Martin pêcheur (9).

Un peu plus au nord, sur le bord continental du détroit de Magellan, les colonies aviennes de provenance chilienne ou argentine sont plus variées et plus importantes. Ainsi on y trouve un des Oiseaux les plus caractéristiques de la faune sud-américaine, le Gygne à col noir.

De même que dans le sud de l’océan Pacifique, quelques représentants de la grande famille des Psittaciens s'étendent dans le nouveau monde jusque dans la région antarctique. Mais, ce sont des dérivés d’un type différent dont le foyer zoogénique se trouve plus au nord sur le continent américain et dont les dérivés ne se montrent ni dans l’ancien monde ni dans la région australienne ni dans l'Océanie. La présence de Perroquets dans un pays aussi froid est un fait dont les anciens navigateurs, dans le détroit de Magellan, ont parlé avec

Saint-Pétersbourg, 1831, pl. 9.— Culicivora parulus, d'Orbigny et Lafresnaye, (oc CL pin):

4° Le Muscicapa pyrope, Kittlitz (loc. cit , pl. 10) ou Xolmis pyrope, Darwin et Gould, op. cit., p. 955.

(1) Uppucerthia vulgaris, d’Orbigny et Lafresnaye (loc. cit., p. 23). — Opethiorhynchus vulgaris, Darwin et Gould (loc. cit., p. 66).

(2) Patagonian Warbler. Latham, Synopsis, t. IV, p. 634. — Motacilla Patagonica, Gmelin; Forster, Descrip. anim., p. 324. — Furnarius chilensis, Lesson, Voyage de la « Coquille»,t.1, p. 571.—Opethiorhynchus rupestris, Kittlitz (loc. cit., pl. 8). — Opethiorhynchus patagonicus, Darwin et Gould, DBOUENONOIE

(3) Le Troglodytes Magellanicus, Gould, Proceedings of the Zoological Society, 1856, p. 88; ressemble beaucoup à notre Troglodyte et s'étend depuis les parties chaudes de l'Amérique jusqu’à la Terre de Feu (Darwin et Gould, Op. Cil., p. 74)

(4) Scytalopus Magellanicus qui habite les Falkland, les îles de la côte ouest de la Patagonie et le Chili (Darwin et Gould, loc. cit., p. 74).

(6) L’Alcedo torquata de Gmelin ou Ceryle torquata, Ch. Bonaparte, qui est très commun à Chiloé et s'étend de la Plata, du Brésil ou même des Antilles jasqu’au Cap Horn où il se nourrit de Crustacés (Darwin et Gould, op. cit., p. 42).

FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. 99 surprise (1) et qui, en effet, est très digne d’attention, car il montre que les Oiseaux de ce groupe essentiellement tropical peuvent s’accommoder de conditions biologiques variées, sans subir dans leur organisation des modifications notables.

L’un de ces Perroquets des terres magellaniques est le Conurus patagonus où Conurus cyanolyseos qui habite la Patagonie, le Chili, (2) et la République argentine (3). Il niche sur la côte est de la Patagonie, par trente-neuf degrés de latitude sud à Bahia Blanca, (4) et sa présence a été constatée à Punta Arenas (9). Mais on ne sait pas s’il se reproduit dans cette localité. Au Chili, il est très commun (6). Une autre espèce du même genre, le Perroquet émeraude (7) ou Conurus smarragdinus (8), se trouve en Patagonie aussi bien qu'au Chi et à Port-Famine, sur la côte septentrionale de la Terre de Feu.

Les Oiseaux mouches qui abondent dans les parties chaudes de l’Amérique continentale et appartiennent exclusivement au nouveau monde s'étendent non moins loin vers le sud dans l’Archipel fuegien. Le voyageur King a vu à Port-Galand, sur le bord du détroit de Magellan, la plus grande des espèces de cette famille (9) que Vieillot a figuré la première fois sous le nom de Trochilus gigas (1C) et que les ornithologistes de nos jours considèrent comme devant être classée dans un genre particu-

(4) Olivier Van Noort; voyez : de Brosses, Histoire des navigations aux Terres australes, t. I, p. 299 (1756). — Spilbergen, voyez de Brosses, op. cit., t. I, p. 345. — Wood, Voyage through the straits of Magellan, in 1699.

Buffon révoqua en doute l’existence des Perroquets à des altitudes si élevées (Hist. nat. des Oiseaux, t. VI, p. 262).

(2) Maracana Patagon, Azara, Apuntam, t. Il, p, 420.

Psittacus patagonus, Vieïllot, Encyclopedie méthodique, p. 1400.

(3) Burmeister. Reise durch die La Plata Staaten, t. I. p. 441.

(4) Darwin, Zool. of the voyage of the Beagle, t. XXXVII. Birds by Gould,

i (5) Cunningham, Notes onthe Natural history ofthe strait of Magellan, p.16. (6) Gay, op. cit., Z.,t I, p. 367.

(7) Vieillot, Ornithologte, t. INT, p. 1398.

(8) King, op. cit. (Zool. Journal V, t. IT, p. 430).

(9) King, op. cit. (Zool. Journ., t. IL, p. 451).

(10) Galerie des Oiseaux, pl. 180. — Lesson substitua à ce nom celui d’Or-

| nismya tristis (Hist. nat. des Oiseaux-Mouches, p. 45, pl. 3).

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