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lier (4). Probablement ces Trochiliens n’y sont que des visiteurs temporaires, car, même au Chili où ils nichent, on les voitarriver vers le mois d'avril etrepartir pour le nord après:trois mois de séjour dans ce pays (2), Il est aussi à noter qu'ilsont les ailes extrêmement longueset qu'ils fréquentent non seulement les côtes.et les montagnes de:là région du sud, mais aussi les: parties élevées des Andes, dans le Pérou.et dans l'Équateur. Les Passereaux collectés sur les bords du détroit de Magellan:
ou sur quelques points adjacents dela côte patagonienne: par
M. Cunningham, appartiennent à des espèces qui, presque toutes, habitent aussi Le Chili (3).
Le Condor n’est pas rare à Punta-Areñas (4), et plusieurs autres Rapaces dont l’existence n’a pas été signalée plus aw sud, se montrent aussi sur la partie extrême de la Patagonie continentale (5).
Je dois citer également, parmi les Oiseaux qui fréquentent l'extrémité sud de la Patagomie continentale, l’Attagis, le Thr-
‘ (1) Patagona gigas, G. Gray, Hand-List,.t. I, p. 150, n° 1945. (2) Gouid, Monograph of the Trochilidæ, t. 4, pl. 232. (3) Voici la liste que MM. Sclater et Salvin en ont dressé (bis, 1868, p. 185):
Turdus falkiändicus; Mimus patagonicus; Troglodytes magellanicuss,
Hirundo Meyeni; Zonotrichia canicapilla: Phrygillus Gayi: P. formosus ; P. fruticeli : P. meianoderus : P. æanthogrammus: Sycalis arvensis; Chrysomitris barbata; Sturnella militaris ; Carœus aterrimus: Cinclodes fuscus ; C. patagonicus: Upucerthia dumetoria; Eremobius phœnicurus: Oxyurus
spinicauda ; Synallaæis sordida : S. anthoïides ; S. aegithaloïdes; Scytalopus:
magellanicus: Agriornis maritima ; À. microplera: Tœænioptera pyrope; Muscisaæicola mentulis ; Centrites niger ; Anæretes parulus : Serpophaga parwvirostris ; Elainea modesta. |
Aucune addition importante n’y a été faite par les voyages plus récents, notamment par l'expédition de l’Alert dont les collections ornithologiques:ontrété étudiées par M. Sharpe. (Account of the zoological collections made during the survey of H: M. S. « Alert » in the straitsof Magellan and on the coast of Patagonia (Proceed. zool. soc., 1881, p. 6.)
(4) Cunningliam, Letter (Ibis, 1868, p. 125).
(5) MM. Sclater et Salvin (Jbid, 1868, p. 188) ont reconnu dass les-collèetions formées dans le détroit de Magellan, par M. Cunningham, outre le Poly-
borus caracara, les espèces suivantes : — Puteo erythronotus ; — Accipiter chilensis; — Tinnunculus sparverius ; — Circus macropterus; — Bubo magellanicus; — Glaucidium nanum; — Olus brachyotus; — Pholeoptynx cunicularia.
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nocore et plusieurs Echassiers, notamment un Flamant (1), un Vanneau (2), un Pluvier (3), un Huitrier (4), une Bécasse (5), un Chevalier (6), et un Râle (7).
Sur le groupe des îles Falkland qui est situé moins loin vers le sud que le détroit de Magellan, mais qui est séparé de l'Amérique par un bras de mer large d'environ cent lieues, et par conséquent moins facile à coloniser par les oiseaux terrestres de la Patagonie, les oiseaux pélagiens abondent, mais les oiseaux non nageurs y sont peu variés. Cette petite faune avienne à été étudiée attentivement 1l y à plus d’un demisiècle, d’abord par Quoy et Gaimard (8), puis par Garnot (9) ; récemment elle a été examinée par plusieurs ornithologistes anglais, au nombre desquels je citerai en première ligne Ch. Darwin, M. Sclater et M. Abbott (10), elle est donc assez bien connue et cependant la liste de ses espèces est très courte (11).
(4) Phœnicopterus ignipalliatus.
(2) Vanellus cayennensis.
(3) Eudromias modesta.
(4) Haematopus leucopus.
(5) Gallinago Paraguaie.
(6) Tringa fuscicollis.
(7) Rallus antarcticus (Sharpe, op. cit.).
(8) L. de Freycinet, voyage à bord de l’'Uranie, Zool., p. 48.
(9) Remarques sur la zoologie des iles Malouines (Ann. des sciences natur., 1826, t. VIE, p. 39). |
(10) Gould, List of Birds from the Falkland Islands collected principaly | by Cap Abbott (Proceed. Zool. Soc., 1859, p. 93). — Notes on the Birds of the | Falkland Islands (Ibis, 1861, p. 149). — Sclater Catalogue of the Birds of | the Falkland Islands (Proceed. Zool. Soc., 1860, p. 382). | (41) Les espèces suivantes y ont été observées par les naturalistes de l’expét dition de la Coguille et enregistrées par Garnot (Remarques sur la zoologie | des îles Malouines, Annales des sciences naturelles, 1826, t. VII, p. 41). La | plupart d’entre elles y ont été collectées plus récemment par M. Abbott.
Un Vautour, Vultur aura Nieillot.
Une Buse, Falco polyosoma Quoy et Gaimard, op. cit., pl. 14.
Un Busard, Falco histrionicus Quoy et Gaim., op. cit., pl. 15 et 16.
Un Caracara, Falca brasiliensis.
Une Chouette indéterminée.
Une Grive, Turdus Falklandiæ Q. et G.
Une Grive, Grive guivron.
À la Géorgie, quiestsituée à peu près sous le même parallèle :
que la Terre de Feu, mais à plus d'environ 25 degrés de latitude à l’est de l’archipel fuegien, il ne paraît y avoir que peu d'espèces d'oiseaux terrestres.
Tristan d’Acunha (ou si l’on veut écrire plus correctement ce nom, Tristan da Gunha) est un groupe de trois petites îles d’origine volcanique, fort rapprochées entre elles et pour ainsi dire perdues au milieu du grand océan Atlantique, car elles se trouvent à distance presque égale de l'Amérique
Une Fauvette, Sylvia Macloviana ; Muscisaxæicola macloviana Abbott, loc. cit.
Une autre Fauvette ressemblant à la S. Cisticola.
Un Bruant, Emberiza melanodera Q. et G. 109; Phrygillus melanoderus Abbott, loc. cit.
L’Étourneau magellanique de Buffon, Sturnus militaris Gm., Sturnella militaris Abbott, loc. cit.
Un Grimpereau, Certhia antarctica Garnot, Cinclodes antarctica Abbott, lot-Neit:
Un Pluvier, Charadrius pyrocephalus Garnot.
Un Vanneau, Tringa Urvillei Garnot.
Deux espèces d'Huîtriers, l’'Hematopus leucopodus Garnot, et l’'Hematopus niger.
Le Bihoreau pouacre.
Une Bécassine, Scolopax longirostris.
Un Sanderling, Charadrius calidris.
Le Chionis. À "Divers palmipèdes, dont j'ai parlé précédemment.
M. Abbott n’y a trouvé que les espèces suivantes dont la plupart figurent dans la liste précédente (voy. Abbott, Notes on the Birds of the Falkland Islands, in The Ibis, 1861, p. 149) :
Turdus Falklandicus Q. et G.
Cistothorus platensis Gm.
Anthus correndera Vieill.
Sturnella militaris Gm.
Phrygilus melanoderus Quoy et G.
P. æanthogramma.
Chrysomitris magellanica Gm.
Cinclodes antarcticus Garnot.
Muscisaxicola macloviana Garnot.
Attagis malouinus.
FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. 99 et de l'Afrique, sans être reliées à l’un ou à l’autre de ces continents par des stations intermédiaires. Elles sont situées beaucoup-moins au sud que Falkland; cependant leur faune avienne est constituée principalement par les oiseaux pélagiens propres à la région australe, savoir : des Manchots, des Albatros et d’autres palmipèdes de haute mer, mais elles ne sont pas complètement dépourvues d'oiseaux essentiellement terrestres, ceux-c1 appartiennent à trois espèces différentes et ne sont aptes m1 à nager, ni à bien voler, car tous ont les ailes courtes et leurs habitudes sont sédentaires.
D’après le nom donné à l’une de ces iles, on pourrait supposer qu’elle est habitée par des Passereaux chanteurs analogues à Ceux qui viennent au printemps nicher dans nos bois, car les marins anglais l’appellent Nightingale Island, mais ce n’est pas à raison des Rossignols que l’on yaurait trouvés, c’est parce que sa découverte a été faite par un petit navire hollandais de ce nom.
Les oiseaux non nageurs que l’on trouve à Tristan d’Acunha sont un Râle, une Grive et un Conirostre voisin des Moineaux. |
La présence de ces oiseaux non nageurs ne peut être expliquée que de trois manières : en supposant que ce petit groupe isolé a été un foyer zoogénique spécial, en admettant que jadis il était relié à d’autres terres aujourd’hui disparues sous les eaux, ou bien qu’il y a là une colonie de provenance lointaine dont les caractères réputés spécifiques ont été modifiés d’une manière particulière.
La première de ces hypothèses me paraît inacceptable, car elle serait en désaccord avec la tendance de l’ensemble des faits fournis par l’étude de la distribution géographique des animaux.
Aucun fait connu ne militerait en faveur de la seconde supposition. Tristan d’Acunha est séparée du reste du monde par une mer extrêmement profonde et d’une vaste étendue, et si ces îlots étaient les restes d’un ancien continent ou d’un grand archipel comme paraissent l’être les îles Mascareignes, on y
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retrouverait probablement des représentants de types zoologiques très différents de ceux connus ailleurs.
Voyons donc jusqu’à quel point la troisième hypothèse est compatible avec ce que l’on sait relativement aux colonisations aviennes, et aux modifications que les membres d’une même lignée peuvent subir peu à peu.
Si ces oiseaux terrestres étaient de puissants voiliers, comme le sont les Hirondelles et beaucoup de Rapaces, la fondation de colonies de cet ordre paraîtrait devoir être facile ; mais ils ont tous les ailes courtes ou médiocres, et pour juger . de la valeur de l'hypothèse en question, il faut examiner d’abord si l’accomplissement de longs voyages serait admissible pour les représentants des types dont 1ls seraient les dérivés.
Un de ces oiseaux terrestres appelé par les habitants de Tristan d’Acunha la Poule de l’intérieur « Inland Hen », appartient au genre Gallinula et ressemble beaucoup à notre - Poule d’eau commune (G. chloropus), ainsi que M. Sclater a pu s’en assurer par l’examen d’un individu vivant reçu au Jardin de Zoologie de Londres en 1861 ; mais en étudiant attentivement ce Rallide, cet ornithologiste y a reconnu des particularités à raison desquelles 1l l’a séparé spécifiquement. I] lui a donné le nom de Gallinula nesiotis (1). Les caractères qui ui sont propres sont fournis principalement par la grande brièveté des aïles, par le développement plus considérable des : pattes et par quelques modifications des os du bassin et de l'appareil sterno-scapulaire en rapport avec la conformation des membres. Cet oiseau se tient dans la région élevée de l'ile et l’on assure qu'il peut à peine voler. D’après quelques renseignements recueillis par sir Wyville Thomson, il habiterait aussi l’ile Gouch, petite terre située fort loin au sud de: Tristan d'Acunha, et 1l y aurait à l'ile [naccessible une espèce différente du même genre (2).
(1) Sclater. On the Inland-flen of Fristan d’Acunha (Proceed. Zool. Soc., 1861, p. 260, pl. 30).
(2) W. Thomson, Voyage ofthe Challenger in the Atlantic, t. I, p.185 (1877). ARTICLE N° 4.
Un autre de ces oiseaux tristaniens est une espèce de la famille des Grives, que le voyageur Carmichael auquel on doit les premières observations méthodiques sur la faune de ces iles, considère comme pouvant être rapportée au genre Turdus (1) ; mais elle en diffère notablement et Gould a cru devoir le ranger dans un genre spécial sous le nom de Nesocichla eremita (2), mode de classification adopté aussi par M. Sharpe qui a donné de cette espèce une très bonne figure (3).
Enfin un second Passereau trouvé à Tristan d’Acunha par Carmichael a été rapporté par cet auteur à l’Emberiza brasiliensis de Gmelin (4). M. Cabanis l’a appelé Nesospiza Acunhæ (5). L'expédition du Challenger en a constaté l’existence à l’île Inaccessible ; mais il y a lieu de croire que cet oiseau a disparu de la terre principale du groupe tristanien (6).
Nous voyons donc que Tristan d’Acunha ne possède en propre aucun type avien particulier et que les oiseaux terresires sont en très petit nombre, qu'ils appartiennent tous à des types très répandus, non seulement en Afrique et dans l’Amérique méridionale, mais aussi sur beaucoup d’autres parties du globe, et que les particularités par lesquelles ils diffèrent de ceux-c1 n’ont que peu d’importance zoologique ; elles sont de l’ordre de celles qui paraissent être compatibles avec une origine commune et pouvoir être dues à l’influence de certaines conditions biologiques. Les trois espèces tristaniennes ont les grandes plumes des ailes plus courtes que d’ordinaire, et l’on sait par maints exemples que l’inactivité fonctionnelle d’un organe tend à en amener l’amoindrissement ou même l’atrophie. M. Wallace a fait remarquer la fréquence de parti-
(1) Some account of the Island of Tristan da Cunha (Trans. of the Linnean Society, vol. XIL, p. 483).
(2) Gould, On some new species of Bird collected by M. Mac Gillivray (Proc. Zool. Soc., 1855, p. 165).
(3) Voyage of the Challenger, Zool., vol. IX, p. 111, pl. 25.
(4) Loc. cit.
(5) Journal für Ornithologie, 1873, p. 154.
(6) Voyage of the Challenger, Lool., t. IL. p. 112.
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cularités de cet ordre chez les animaux insulaires ; il les attribue à la vie sédentaire de ces êtres, et ses vues à ce sujec me paraissent être, dans certaines limites, très admissibles. J'incline donc à croire que les oiseaux terrestres de Tristan d'Acunha constituent des races locales ou des espèces dérivées , dont les ancêtres n'avaient pas exactement le même mode de conformation et étaient des émigrants venus de l’un des continents adjacents. La distance que ces colons auraient eu à franchir pour passer de l'Amérique ou de l’Afrique à cette station insulaire, aurait été, 1l est vrai, très considérable et un tel voyage n'aurait pu s'effectuer que sous l’mfluence de vents d’une violence rare; mais des faits analogues ont été constatés pour d’autres oiseaux médiocres voiliers et d’habitudes sédentaires. Ainsi Jules Verreaux, naviguant au milieu de l'océan Atlantique à plusieurs centaines de lieues des côtes les plus voisines, à vu plusieurs petits oiseaux faibles voiliers chercher refuge sur son navire; il a reconnu l’Emberiza ca et VE. citrinella qui habitent l’Europe, le Sylvia ruticilla quise trouve sur ce continent et dans l'Afrique occidentale, vlusieurs espèces de Grives et divers autres Oiseaux terrestres.
La flore de Tristan d’Acunha ressemble beaucoup à celle des Falkland et les oiseaux pélagiens de cette station appartiennent à la faune marine de l'Amérique australe ; mais les o1seaux terrestres paraissent être plutôt des descendants des espèces correspondantes qui habitent l'Afrique, et j'incline à croire que la petite colonie avienne dont l’étude vient de m’occuper, est originaire de cette partie de l’ancien monde.
Quoi qu'il en soit à cet égard, la faune ornithologique de Tristan d’Acunha ne présente rien qui ne soit en accord avec la tendance générale des faits constatés dans les autres parties. de la région antarctique.
En résumé, nous voyons que la région antarctique, tout en étant fort pauvre en oiseaux terrestres et n’en possédant aucun
qui ne puisse être considéré comme étant originairement de ARTICLE N° 4.
FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. 63 provenance étrangère, est nettement caractérisée par ses oiseaux nageurs dont plusieurs constituent des types zoologiques très importants.
Ni les influences biologiques connues, ni la sélection naturelle opérant sur les descendants d'animaux issus d’une même souche, ne peuvent expliquer la diversité des organismes qui s’y trouvent réunis.
Cette faune pélagienne spéciale paraît s'être étendue progressivement du continent polaire, situé sous le méridien de l’Australie, vers le nord et vers l’est de manière à gagner, en se divisant en deux branches, d’une part les parages de la Nouvelle- Zélande, d'autre part les îles américaines antarctiques, puis les iles de la région kerguélienne, les côtes du sud de l’Australie, et la région neo-zélandaise, en jalonnant cette route par diverses espèces restées en chemin.
Nous voyons également que là où les communications entre la région antarctique et les régions zoologiques adjacentes ne sont pas faciles, cette faune avienne spéciale est restée presque pure et ne s’est que peu étendue au delà de ses limites générales, mais que sur quelques points elle a envahi plus ou moins loin les parties adjacentes du globe, tandis qu'ailleurs elle a été modifiée par l'établissement de quelques colonies venues les unes de l'Amérique continentale où de l’Afrique du sud, d’autres de la Nouvelle-Zélande, suivant les relations géographiques qui existent entre ces terres et les stations antarctiques peuplées de la sorte.
L'extension de la faune antarctique vers le nord s’est effectuée principalement par le bord oriental du grand océan Pacifique, et le mélange de cette faune avec des colonies progressant en sens inverse, à eu lieu principalement dans la région magellanique où les communications entre les terres antarctiques et les continents adjacents sont plus faciles que partout ailleurs.
Quant aux connexions de la faune avienne antarctique avec celle d la région océanienne, elles n’ont pu être indiquées que d’une manière très incomplète dans le mémoire que je viens de
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présenter, mais je me propose de revenir prochainement sur ce sujet, en détachant du travail présenté à l’Académie en 1873, le chapitre relatif aux oiseaux de la Nouvelle-Zélande et des îles adjacentes. R