PROVENANCE
Loc. ?
Albara.
Misch Mislhuc et Dana.
Sowerek et Haza (Kurdistan).
Loc.?
Antioche.
Homs et Antioche.
Antioche.
Bords du lac d'Homs.
Bords du lac d’Homs.
Antioche.
Antioche, Djeser esch Chogr, Bergri et Haza (Kurdistan).
Arto-Schag (Kurdistan).
Merdj Bihan, près Orfa.
Port de Kerzin, près de Biredjik, et Tadwan (Kurdistan).
Bitlis (Kurdistan).
Antioche.
Antioche, Biredjik et Golla, près le lac Van (Kurdistan).
Golla, près le lac Van et Bergli (Kurdistan).
Lac d’Homs.
Tadwan et Dillis (Kurdistan) et Bismil rive du Tigre.
Bismil, sur les bords du Tigre, au S. E. de Djarbekir.
Bergli, Kurdistan.
Lac d’Antioche.
Antioche.
Merdj Rihan, près Orfa, et Sowerek.
Lac d’Antioche.
Lac d’Antioche.
Biredjik et lac d’Antioche.
Djarbekir.
Lac Van.
Antioche.
Antioche et Biredjik.
Antioche.
Antioche.
Antioche.
Antioche.
Antioche.
Antioche.
À E. OUSTALET.
Les Perdrix tuées à Bitlis (Kurdistan) par M. E. Chantre se rapprochent davantage des Perdrix chukar (Caccabis chukar Gr.), de l'Inde, de l’Asie centrale et de la Chine, des Perdrix de roche (Caccabis saxatilis Tristr. et Bechst.) de la Syrie et dela Palestine, et des Perdrix de Perse (Caccabis sinaica Bp.), que des Perdrix grecques ou Bartavelles (Caccabis græca Briss.) de l’Europe méridionale. En effet, elles ont les parties supérieures du corps de teintes très claires, le dos fortement lavé de roux pâle, et le sommet de la tête d’un gris tirant au blanc du côté des sourcils. Le type de la Caccabis sinaïca, espèce que le prince Ch. L. Bonaparte a mentionnée dans ses Tableaux paralléliques de l’ordre des Gallinacés (1), mais dont il n'a pas, à ma connaissance, donné de description, le type de cette espèce, dis-je, a été envoyé de Perse en 1840, par M. Aucher Éloy. Cet Oiseau, qui paraît être une femelle, porie une livrée très claire, le dos étant gris cendré, les épaules et la région interscapulaire d’un roux pâle, tirant au rose, le milieu de la poitrine d’un gris perlé, l’abdomen d’une teinte saumon, les flancs de la même nuance avec deux raies transversales noires, distantes de 0",006 à 0,007, sur chaque plume, et quelques raies rousses, les ailes d’un gris roussâtre, avec du brun clair et du saumon pâle sur les grands rémiges, la queue grise avec les pennes externes d’un roux vif, la gorge blanche, encadrée d’üne bande noire assez étroite se prolongeant à travers l’œil jusque sur le front, le sommet de la tête d’un gris clair, les plumes auriculaires d’un roux vif. Sur l’exemplaire empaillé, le bec, qui est relativement assez orêle, est de couleur jaune, et les pattes, dépourvues d’éperon, sont jaunâtres avec les doigts et les ongles bruns. La longueur totale de Oiseau peut être évaluée à 0",315; l’aile seule mesure 0",163 ; la queue, 0,095 ; le bec (suivant l’arête supérieure ou culmen), 0",020 ; le tarse, 0,042; le doigt médian, 0",033.
Une perdrix, tuée sur les bords de la mer Caspienne et acquise, il y à une quarantaine d'années, par le Muséum, res-
(4) Compt. rend. de l'Acad. des sc., 1856, t. XLIT. ARTICLE N° 7,
semble à la précédente par son bec relativement grêle, mais a le dessus du corps de couleur moins claire, le collier et les raies des flancs un peu plus larges, le bas de la gorge nuancé de roux; un autre individu, provenant de Syrie et acquis à M. Blanche en 1850, possède, au contraire, un bec plus robuste, et par ce caractère se rapproche beaucoup des Perdrix tuées par M. Chantre, en même temps qu'il leur ressemble par la nuance rousse de sa gorge, par la largeur du cadre noir qui orne la partie supérieure du cou, par les dimensions relatives et l’écartement (0",007) des bandes qui marquent les flancs, et en général par la coloration et le dessin des parties inférieures de son corps. Mais dans l’imdividu de Syrie auquel je fais allusion, le vertex est gris cendré assez foncé et tirant au roux en arrière, et le dos est aussi d’une nuance moins claire et moins pure que chez les Perdrix de Bitlis. Celles-ci me paraissent offrir la plupart des particularités, d’ailleurs peu saillantes, que M. I. B. Tristram a constatées chez les perdrix de Syrie et de Palestine qu’il a proposé d'appeler Caccabis saxatilis, en leur réservant un nom proposé jadis par Bechstein et considéré depuis comme équivalent soit à Caccabis græca soit à Caccabis chukar (4). Les dimensions de ces Perdrix de Bitlis sont lessuivantes : longueur totale, 0",320 ; longueur de l'aile, 0",170 à 0%,175; longueur de la queue, 0",110; longueur de l’arête supérieure du bec, 0",020 à 0,029; longueur de tarse, 0",050 environ.
Il n’y aurait rien d'étonnant à ce qu’il y eût en Syrie et en Asie-Mineure une race particulière de Perdrix du type chukar, race à laquelle il vaudrait mieux, si le fait était bien établi, donner un autre nom que celui de saæutilis, afin d'éviter toute confusion; mais cette race existe-t-elle, c’est ce que les éléments que j'ai sous les yeux ne me permettent pas d'affirmer. Au contraire, en comparant à toutes les Perdrix auxquelles je viens de faire allusion et qui ont été tuées dans l'Asie occidentale, en Syrie et-en Perse, d’autres Perdrix qui proviennent des
(1) Voy. le Mémoire sur l’'Ornithologie ae la Palestine, inséré dans Je journal l’Ibis, 1868, p. 214.
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bords de la mer Caspienne, du Turkestan et de la Chine (Pékin, Setchuan, Chensi), et qui ont été données au Muséum par M. de Ujfalvy et par M. l’abbé A. David, je trouve entre elles des transitions nombreuses, de telle sorte que je puis à la rigueur toujours distinguer les Caccabis chukar de la Chine, de l'Inde, de la Perse, de la Syrie et des îles de la Grèce, des C. græca de l’Europe méridionale; je ne puis tracer des lignes de démarcations nettes entre les Caccabis originaires des diverses contrées de l’Asie. Sur ce point, du reste, je me trouve d'accord avec un ornithologiste anglais bien connu, M. Dresser, qui, dans ses Oiseaux d'Europe (1), a réuni les C.sinaïica Bp. et C. saxatilis Trist. à la C. chukar qu'il a considérée d’ailleurs comme distincte de la C. græca (appelée C. saxatilis).
L'Ibis chevelu (This comata Ehr.) avait, jusqu’à ces derniers temps, été considéré comme une forme africaine propre à l'Algérie et à l’Abyssinie; mais tout récemment un voyageur anglais, M. Danford, a signalé à M. H. E. Dresser la présence de cetie espèce dans la vallée de l’Euphrate, à Biredjik ou Biledjik (2). D’après M. Danford, les This chevelus arrivent chaque annéerégulièrement en mars et février à Biredjik, où ils sont accueillis avec joie par les habitants, qui les protègent et qui les laissent nicher en paix sur les rochers dominant ke cours du fleuve. Chose curieuse, 1l paraît que Biredjik est le seul point de la vallée de l’Euphrate où ces oiseaux établissent des colonies : ce qu’il y a de certain, c’est que c’est de cette même localité, et de cette localité seule, que proviennent les Ibis chevelus que M. Chantre a obtenus quelques mois après de M. Danford. D'une part, l’Tbés comata n’a point été observé par M. H. B. Tristram dans son voyage en Palestine (3).
(1) À History of the Birds of Europe (1871-1881), article Caccabis chukar, tone 0TE (2) H. E. Dresser, À History of Birds of Europe (1811-1881), article bis comata, t. VE, p. 329.
(3) Voy. dans le journal l’Ibis (1866, 1867, etc.) H. B. Tristram, On the Ornilology of Palestine.
Enfin, après avoir minutieusement comparé les Anhingas, adultes et jeunes, tués par M. Chantre aux environs d’Antioche, d’une part avec les Anhingas africains (Plotus Levaillantii Licht.), d'autre part avec les Anhingas de l’Inde, de l’Indo-Chine et de la Malaisie (P{. melanogaster Penn.), je pense qu’il y a lieu de considérer les premiers de ces oiseaux comme les types d’une espèce nouvelle, que je propose d’appeler PI. Chantrei. Les Anhingas d’Antioche ont, en effet, les raies argentées des ailes et de la région Imterscapulaire très marquées et très larges, le devant de la gorge extrêmement clair, presque blanc, le dessus de la tête et la nuque d’un roux tiqueté de noir, limité de part et d’autre par une raie noire, très nette, qui part de l’œil et qui descend en arrière le long du cou, et marqué au milieu, dans la partie inférieure du cou, d’une autre tache noire triangulaire ; enfin en raison de la teinte pâle de la gorge, la raie latérale blanche qui part de l’œil chez le PI. Levaillantii et qui suit les côtés du cou est ici beaucoup moins distincte, quoiqu’elle soit représentée par une série de plumes blanches, soyeuses, très brillantes, un peu redressées et rappelant celles qui existent chez les Grèbes de chaque côté de la tête. Cette série de plumes commence au-dessus de l’œil, ou plutôt à la base du bec, car elle existe déjà sous la forme d’une ligne étroite à la base des plumes frontales, contourne l'orbite, rejoint une autre raie qui suit le bord de la commissure, puis descend en s’épanouissant le long du cou jusqu’à une distance de 0,08 de la commissure, pour cesser brusquement en ce point. Tous ces caractères sont parfaitement nets chez les individus adultes qui présentent les dimensions suivantes :
Longueur totale deloiseau- "2"... 0,900 à 0,910 M de VAE Een DONS. tn 0,340 à 0,350 — de queue SL MERE Le 0,260 à 0,270 — dubec} (cu men) ere at ee HE 0,080 à 0,082 — dHAtarSe CRE nee. Due 0,042 — du doigt médian (sans l’ongle)....... 0,007
Chez les jeunes individus, les teintes des diverses parties du
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plumage sont naturellement moins vives et moins tranchées, et les plumes latérales blanches ne forment point touffes sur les côtés du cou comme chez les adultes.
Voici, du reste, en quelques lignes la diagnose latine de cette espèce nouvelle :
PI. Chantrei, n. sp., PI. Levællantii et Pl. melanogastro affinis, sed diversa 1° penicillis plumarum albis, sericeis, colli latera decorantibus et linea alba periophthalmica usque ad frontem prominente; 2 colli regione antica alba, vix flavo tincta; 3 vwitlis argenteis alas et dorsum exornantibus denstoribus et latioribus.
P. S. — Cette note était déjà livrée à l'impression quand j'ai reçu le dernier fascicule des Proceedings de la Société zoologique de Londres pour 1881, qui contient précisément des remarques du Rév. chanoine Tristram au sujet des Anhingas du lac d’Antioche. En présentant quelques dépouilles de ces oiseaux à la Société zoologique, M. Tristram a fait savoir que les Anhingas s’établissent, pendant la belle saison, en compagnies nombreuses sur les îlots, qu'ils construisent des nids semblables à ceux du Cormoran pygmée (Haliœus pygmœus), et que, au dire des gens du pays, ils quittent la contrée aussitôt que leurs jeunes sont en état de voler, pour ne revenir que l’année suivante. M. Tristram a insisté avec raison sur Ce fait que, jusqu'ici, aucun Anhinga n’avait été signalé en Asie-Mineure, en Syrie, en Mésopotamie ; il a rappelé que le Plotus Levaillantii, qui habite une grande partie de l’Afrique, ne s’avançail probablement pas du côté du nord-est jusqu’en Égypte, et cependant c’est à cette dernière espèce qu’il a rapporté, sans hésitation, dit-il, les exemplaires soumis à la Société zoologique de Londres. Sur ce point je ne puis être d'accord avec M. Tristram et je persiste à croire que les Anhingas d’Antioche appartiennent à une espèce nouvelle (Plotus Chantrei) qui a même, à mon avis, plus d’analogies avec le Plotus melanogaster de l'Asie orientale qu'avec le Plotus Levaillanti.
NOTE
SUR