‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 102 sur 232 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

il paraîtra sans doute difficile de ne pas regarder comme contemporaines des restes de ces lézards, des dents qui se trouvent avec eux au milieu de la vaste formation de la montagne de Saïnt-Pierre , à 80 pieds de la surface , dins un énorme pilier, reste d’une couche que des travaux anciens ont emportée.

Voici cependant ce qu'un examen scrupuleux du terrain nous fit apercevoir, et ce qui nous fait pencher pour l’opinion que nos dents n'appartiennent pas à la même époque que les fossiles connus de la craie, et qu’elles ne se trouvent qu'accidentellement mêlées à ceux-ci.

1°. La couche où les dents se trouvent se distingue des autres par une plus grande humidité, et par une bien plus grande friabilité que celle de la craie. La pierre de cette couche n'offre presque aucune solidité, et n’est pas propre à servir de pierre de construction. Nous observerons cependant que la couche n’est pas tellement tranchée de la eraie , sur laquelle elle repose, ni de celle qui la recouvre, qu'on puisse distinguer des traces d’une séparation nette : le tout semble se fondre ensemble, et passer insensiblement à la masse crayeuse, qui ne diffère en rien de la pierre à bâtir;

2°, L'on y remarque beaucoup de veines, on de peuts amas de la substance brune , que l'analyse chimique nous a montré contenir un silicate de fer manganésifère;

3°. Elle renferme de petits creux remplis d'un sable siliceux, pur, blanc, à gros grains, ne faisant aucune effervescence avec les acides ;

4°. La couche ne se retrouve pas avec les mêmes cx-

ractères dans le pilier opposé ;

5°. Tout le terrain de la montagne parait crevassé; le plafond des galeries environnantes montre plusieurs de ces petites crevasses remplies de sable et de la matière ferrugineuse indiquée plus haut; 6°. À peu de distance de l'endroit où les dents ont été trouvées, des tuyaux d'orgue, remplis de diluvium, traversent les couches crayeuses ; 7°. En d’autres endroits l’on trouve, dans les couches supérieures des galeries, d'assez grands espaces où la craie , mêlée d’argile et de sable , forme des masses continues , et tranchées nettement par des lignes sinueuses de la véritable craie; 8°. Enfin , en un autre endroit nous avons observé au milieu d’une couche des excavations assez vastes, rem-

plies en partie de stalactites calcaires.

Toutes ces observations réunies nous portent à admettre la conclusion que là où actuellement les dents se trouvent entourées de la substance crayeuse, il existait autrefois une large excavation ; que les dents auparavant répandues sur le sol ont été emportées par les eaux, et ont coulés , avec la substance silicéo-calcaire de la montagne elle-même , par les fissures , jusque dans l’excavation, qui a été ainsi comblée par le détritus du sol crayeux , auquel ces dents étaient entremêlées. L'eau , entrée en même temps dans l’excavation , aura filtré par les fissures nombreuses inférieures, et la matière silicéo-calcaire, tassée et pressée par le poids énorme de l’eau élevée sur le sol de Ha montagne , et remplissant les fissures , aura repris l'aspect de la masse pieot de la montagne, qui, elle-même, ne consiste qu'en parti-

( 462) cules remaniées par les eaux, sans cependant recouvrer totalement sa solidité antérieure.

Ainsi s’expliquerait facilement, 1° la présence des dents au milieu d’une formation déposée originairentent, quand les Mammifères n’existaient pas encore; 2° pourquoi ces dents n’ont été trouvées que dans un endroit irès-circonserit ; 3° comment plusieurs d’entre elles sont divisées perpendiculairement, et enfin pourquoi la pierre qui les enveloppe possède une solidité bien moins considérable que celle qui sert de moellon , et qui provient des environs du même endroit.

Si ces conclusions sont exacies , les animaux dont nous venons d'examiner les restes ont vécu dans des temps bien moins éloigués de nous que les Tortues et les Mosasaurus, dont les mêmes carrières nous ont révélé l’existence; ils sont cependant bien antérieurs à l'énorme dépôt de diluvium que les eaux, descendant du faîte des Ardennes , ont étendue dans l’ancienne vallée de la Meuse , et sur Îles plateaux de la montagne de Saint- Pierre et des montagnes environnantes. Rien de ce qui s’y dépose actuellement ne pourrait pénétrer dans l’iniérieur de la montagne que par un de ces trous coniques et étroits, que l’on désigne sous le nom bizarre de tuyaux d'orgue; mais, dans ce cas, le corps porté dans la montagne serait entouré du diluvium qui remplit ordinairement les tuyaux d'orgue, et qui couvre tout le pla-

teau (1).

(1) Un de nous (M. Van Hees) possède dans sa collection un morceau de boïs de cerf trouvé dans l’intérieur de la montagne, eutremélé au gravier du diluvium, qui avait fusé d’un tuyau d’orgue ouvert par le bas.

Nos dents ont donc été déposées sur le plateau crayeux de Saint-Pierre, quand le diluvium ne le couvrait pas encore ; elles sont entrées avec la substance crayeuse remaniée par les eaux , soit dans des fissures , soit dans des tuyaux d'orgue alors encore vides, et ont été portées dans une de ces nombreuses cavités que la craie, en se déposant, avait laissées ouvertes. Ce ne fut qu'après leur dépôt que des courans d’eau , descendant des Ardennes , ont rempli les tuyaux d'orgue avec des blocs roulés quarzeux , et en ont étendu une masse considérable sur la surface du plateau.

Des Ruminans, des Pachydermes, des Carnassiers du genre chien, semblables à ceux qui existent encore aujourd’hui, vécurent donc avant que le diluvium fût dédéposé dans les environs des mêmes endroits où on les retrouve encore ; ces animaux furent donc déjà contemporains de ces Hyènes, de ces Ours , de ces Roïgeurs, dont on retrouve les ossemens déposés entre les couches de diluvium dans les cavernes et dans les fetes des rochers , et qui ont de même prolcngé leur existence jusque après le dépôt du diluvium, sur lequel l'on retrouve, dans nos cavernes, leurs ossemens renfermés dans des couches d’une origine plus récente.

Des animaux paisibles, peuplaient donc nos contrées avant et après notre diluvium, et servaient probablement de pature à ces animaux féroces, qui existaient en même temps dans les mêmes pays. N’est-il pas remarquable qu'aujourd hui l’on n’en retrouve plus que les genres utiles à l’homme, avec quelques petits Rongeurs , et ne serait-on pas tenté d’auribuer à l'augmentation de la

population , aux progrès de la civilisation en Europe ,.la

destruction des animaux nuisibles, destruction à laquelle n'auraient échappé que ces petits Rongeurs , auxquels leur taille, leur nombre considérable, et leur grande fécondité, permirent de lutter avec avantage contre les

poursuites de l’homme ?

Sur une nouvelle espèce de Phénicoptere os Flammant ( Phænicopterus igmipalhaius };

Par MM. Dessazines D OnrgBieny et Isip.

GEorFrroy SAINT-HirLAtrre.

Le genre Phénicoptère ou Flammant, l’un des plus remarquables de l’ordre des Échassiers, dans lequel il compose à lui seul une famille des plus tranchées, ne comprend encore que trois espèces , dont l’une n'est même bien connue que depuis un an environ. Ces trois espèces sont :

1°. Le PHÉNICOPTÈRE DES anciens, Geoff. S.-Hil., Bull. Soc. phil., tom. IT, p. 97; Phcænicopterus antiquorum, Tem., PI. col., 71° livr.; Phænicopterus ruber de Linné et de la plupart des auteurs. C'est ceite espèce qui, chaque année, vient visiter par troupes nombreuses nos côtes du midi;

2°, Le PHénicorrere rouGE, Phænicopterus ruber, Wilson, tom. VILLE, p. 45, pl. 66; Temum., PI. col., 71° live. Phœænicopterus Bahamensis, Catesb. , t. [, p. 73. - Cette espèce, long-temps confondue avec la précédente ,

est le Flammant d'Amérique de quelques auteurs mo-

{ 495 ) dernes, et sans doute aussi le Phænicopierus chilensis de Molina , quoique la description de cet auteur, évidemment inexacte à plusieurs égards, s'éloigne un peu de celle de Wilson ;

30, Le rerir PHÉNicoPpTÈre, Phænicopterus minor, Geoff. S.-Hil., Bull. Soc. phil., iom. IE, p. 97. Fieill. Gal. du Mus. Le Flammant Geoflroy, Lacépède. Le Flammant pygmée, Phænicopterus minor, Temw., pe col. 419. Cette espèce, dont l’adulte n’est connu que depuis très-peu de temps, habite le Sénégal et le Cap de Boune-Espérance, et non pas l'Amérique, comme le ferait croire une faute typographique qui s'est glissée dans la seconde édition du Règne animal.

À ces trois espèces il faut joindre une espèce nouvelle qui habite, comme le Phénicoptère rouge, l'Amérique méridionale , et qui n’esl pas moins remarquable que ses congénères par l'éclat de ses couleurs. Nous lui donnons le nom de PHÉNICORTÈRE A MANTEAU DE FEU, Phænicopterus ignipalliatus , à cause de ses aïles, qui sont de la couleur de celle d’un charbon ardent, È

Notre description est faite d’après l’examen de trois individus , dont deux adultes , et l’autre Jeune.

La iète, le cou, la queue, le dos et les parties inférieures sont généralement, chez les adultes, d’un rose pâle, quelques-unes des plumes du dos sont d’un rose plus foncé : sans doute dans les vieux individus le dos devient rouge comme les ailes, ainsi que cela a lieu chez les vieux individus de l'espèce commune. Les ailes, à exception des rémiges , qui sont noires , sont d’un rouge vermillon éclatant , très-diflérent par la nuance du rouge rosé qui

orne le plumage du Flammant ordinaire, et se rappro-

( 456 ) chent de la couleur d’uu charbon ardent. Les jambes sont d’un rouge brun dans la plus grande partie de leur longueur, mais d’un rouge vif dans le voisinage des articulations. Les doigts sont en entier de cetie dernière couleur. Le bec est coloré de rouge et de noir, comme chez le Flammant ordinaire; mais le noir s’éterd de la pointe jusqu'au delà de la courbure, et jusque tout près des narines , et occupe ainsi plus de la moitié du bec : caractère qui suflirait seul pour distinguer le P. ignipalliatus adulte de tous ses congénères.

Les jeunes ont le plumage d’un gris blanchätre parsemé de mèches brunes, avec quelques plumes roses aux couvertures des ailes. Le bec est noir à son extrémité, bleuâtre dans la plus grande partie de sa longueur. Les pieds sont entièrement brunätres.

Les caractères que nous avons indiqués sufliraient seuls à la distinction de l'espèce ; maïs d’autres, d’une beaucoup plus grande importance, restent à signaler. Le corps est presque de même volume que chez le Flammant ordinaire, et le cou est de même longueur, mais les jambes sont beaucoup plus courtes, comme le montreront les mesures suivantes. La jambe proprement dite, depuis le point où s'arrêtent les plumes , a 5 pouces, et le tarse 9, tandis que chez un Flammant ordinaire , de même volume, la jambe, depuis le point où s'arrêtent les plumes, a g pouces. et le tarse 1 pied. Le bec est aussi sensiblement plus court dans notre espèce nouvelle, principalement dans la portion comprise entre sa base et sa courbure. Du reste, la mandibule inférieure est de même forme que chez le Flammant ordinaïre et le Flam-

-mant rouge. Enfin , une dernière différence, qui ne doit

pas être oubliée, c’est que l’ongle du pouce est twès-peut. Les ongles des autres doigts sont au contraire aussi larges qu’à l’ordinaire , et peut-être même davantage.

Les dimensions de nos individus sont les suivantes. Longueur totale, depuis le bout de la queue jusqu'à l'extrémité du bec, 4 pieds 1 pouce. Longueur du bec, mesuré en ligne droite, 4 pouces :.

Le Phænicopterus ignipalliatus est commun dans a province de Buénos-Avres jusqu’à la Bahia blanca ; il est extrêmement rare à Corrientes. Il vit par grandes troupes au bord des lagunes ; mais on l’approche difficilement à cause de son naturel farouche. Les Espagnols le nomment Flamingo (Flammant): mais quelques Guaranis de Corrientes le connaissent sous le nom de Nahana, et les Indiens Buticud du Brésil l’appellent

Ponchen.

Descriprion d’un dépôt mixte de Gypse fibreux secondaire, et de Roches pyrogènes à Sainte- Eugénie, dans le département de l Aude ;

Par M. Tourxaz fils.

On n'avait pas encore observé, sur le versant septentrional des Pyrénées , de roches d’origine ignée ; cependant il en existe un grand nombre sur le versant méridional. Quelle que soit la cause de cette diffèrence, le fait est extrêmement remarquable : aussi, nous allons écrire avec quelque détail le seul exemple, qui soit à notre connaissance , de roches ignées sur le versant français des Pyrénées.

Au sud-ouest de Narbonne, à la hauteur de Pevyriac, en quittant la grante route de Perpignan pour suivre le ravin des Pigeonniers, à peine a-t-on quitté les forma-

uons d’eau douce pour marcher sur le calcaire marneux secondaire (las), que l’on rencontre subitement un amas de gypse fibreux secondaire , à couches sinueuses et bariolées de plusieurs couleurs, renfermant quelques couches subordonnées de marne , et de nombreux cristaux de quarz prismé biÿyramidal. Ces couches de gypse, quoique flexueuses, sout en général verticales, et dirigées au nord-est, c'est-à-dire, de la même manière que les roches qui établissent la continuation géognostique des Pyrénées avec les Cévennes.

Le terrain gypseux de Sainte-Eugénie a la plus grande analogie avec tous ceux que l’on observe dans les Corbières, à Ornaisons, Gléon, Durban, Coniza, etc., etc: Aussi je n'hésite pas à les lui assimiler.

Plusieurs auteurs ne sont pas encore bien d’accord sur la véritable position géognostique de ces gypses. Les uns en font une couche subordonnée au las , tandis que quelques autres pensent qu'ils sont contemporains du grès bigarré ; maïs cette distinction, comme nous l’a trèsbien fait observer M. Reboul , correspondant de l’Académie, qui a eu la bonté de visiter avec nous ce gîte intéressant, n'est pas d’une aussi grande importance qu'elle le paraît d’abord, car le muschelkalk n'existant pas dans les Pyrénées, le lias et le grès bigarré s’y trouvent à peu près en contact.

Avant d’atieindre la campagne de Sainte-Eugénie, on observe un amas de tufs et de wake, qui ont la plus grande analogie avec ceux des volcans anciens de la France méridionale. Ces tufs ne font pas eflervescence avec les acides ; ils sont ordinairement rougeâtres, souvent gris ou verdâtres, traversés par de petites veines de gypse, et renfermant de petites boules de zéolithe blanche, et des fragmens roulés de gypse. Quelquéfois les mêmes roches ignées sont extrêmement compactes, et renferment du peridot disséminé.

Cette formation, qui repose immédiatement sur Île lias, se prolonge au-delà de Sainte-Eugénie , dont les. murs sont assis au-dessus ; sa plus grande longueur a environ 2 ou 300 toises. Au-delà de Samte-Eugénie, ce gypse reparait encore et empâte des amas de wake, renermant des masses de basalte arrondi , qui se décompose

en couches contentriques , et qui renferme des cristaux de péridot; les mêmes boules basaltiques ont aussi été observées dans le gypse.

Aux environs de ce dépôt basaltique, en allant vers le roc du chevrier, on observe des amas d’une roche verte, analogues à quelques mélaphyres ou à quelques roches serpentineuses. Ces roches, d’origine ignée, paraissent avoir été soulevées en même temps que les wackes ei les basaltes ; elles reposent sur le calcaire secondaire ( lias ).

M. de Paretto, observateur infatigable, dont les importans travaux sont connus de tous les géologues , et qui a visité dernièrement avec moi Sainte-Eugénie, a observé un fait extrêmement intéressant, et qui peut aider à expliquer le mode de formation de ce terrain ; il a Vu que quelques-unes des roches secondaires qui supportent le gypse et les wakes étaient recouvertes d’un enduit igné, verdâtre, ressemblant à une couche de vernis que l’on aurait placé sur la roche. Ce phénomène s'observe très-bien en suivant le ravin qui conduit à la fontaine.

À quelques pas de ce ravin, en se dirigeant vers Pech redon, le gypse, avec les amas de roche ignée qu’il renferme, reparaît encore dans cette localité; il renferme de petits sillons de fer spathique, et quelques cristaux de fer oligiste.

Cet ensemble de dépôts est inséré entre deux sommités de lias, dont l’une, plus voisine des étangs (Pech redon), est confusément stratifiée, et l’autre se liant et adhérent à la masse des Corbières, montre des strates inclinés d'environ 45° vers le nord-est. On l'appelle roc du chevrier.

Le calcaire qui circonscrit et domine le dépôt gypseux, est généralement marneux , traversé par de petites veines spathiques , et se décompose en marne rougeûtre : les lossiles y sont très-rares. J'y ai cependant observé des fragmens de Madrépores , quelques individus de POrbitolites concaye , et les genres Térébratule et Podopsis.

Il est très-difficile d'expliquer la cause qui a formé le terrain mixte de Sainte-Eugénie , et cêtte difficulté tient aux nombreuses explications que l’on peut en donner.

Ainsi , il est possible que le lias recouvrit d’abord le

gypse, et que, par une expansion basaltique qui agissait de bas en haut, le lias ait été brisé , ct le gypse soulevé avec lui.

On peut encore admettre que le gypse et les roches volcaniques aient été apportés par des alluvions, qui auraient ainsi comblé une vaste faille existante dans le lias. Mais cette opinion ne me parait pas soutenable, parce que les roches de Saïinte-Eusénie ne ressemblent nullement à des matériaux transportés, mais bien à des roches formées en place ; il faudrait d’ailleurs , pour que cette théorie füt admissible, qu'il y eùt dans les environs quelque roche d’origine ignée.

Il n’est pas également probable, maïs je dois exposer cette opinion par suite de la tendance que lon a aujourd’hui de faire jouer un rôle important aux actions chimiques dans les phénomènes volcaniques, il n’est pas également probable, dis-je , que l'expansion volcanique des boues et des basaltes de Sainte-Eugénie, ayant été accompagnée d’un dégagement acide , phénomène assez commun dans les éruptions, le gypse se soit formé aux dépens de la roche calcaire.

Enfin, ne se pourrait-il pas que les choses existant dans l’état où elles se trouvent aujourd'hui, les roches ignées se füssent mises à jour à travers la masse du gypse, qui, dans ce cas, serait de beaucoup antérieur au phénomèêène volcanique.

Lorsque je visitai la première fois le gite de Sainte- Eugénie, M. Boué venait de publier son opinion sur lorigine ignée qu’il attribue à quelques dépôts gypseux des Alpes. Je crus que la nouvelle observation que je venais de faire pourrait donner un grand poids à cette manière d'expliquer les faits; mais depuis lors, et à force de visiter dans les plus grands détails la même localité, mes idées se sont beaucoup modifiées , et il me semble que la première opinion que j'ai émise est seule soutenable.

Je me résumerai donc en disant que Île terrain mixte de Sainte-Eugénie paraît s'être formé par une éruption boueuse et basaltique, qui agissait verticalement de bas en haut, et qui a redressé le calcaire et le gypse qui lui était inférieur.

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